00:00Entre ici, Jean Boulin !
00:02Tout le monde a vu les images du Panthéon lors des grandes cérémonies solennelles
00:07où la nation française, la République, rend hommage à ses hommes et ses femmes illustres.
00:12Mais qui connaît vraiment l'histoire de ce monument ?
00:15Venez, suivez-nous pour pénétrer dans les secrets du Panthéon.
00:19Nous voici dans le Saint-Dessin avec Édouard Bueno.
00:22Donc vous, vous connaissez tout de ce monument ?
00:25Presque tout.
00:26Il a été construit à quelle époque ?
00:27Et la première paire, c'est 1754, c'est un vœu de Louis XV.
00:31Et c'est une église qui est dédiée à la patronne de Paris, qui est donc Sainte Geneviève.
00:34C'est une église abbatiale.
00:36On construit également une crypte pour accueillir les moines qui vont être inhumés dans cette crypte.
00:41Et donc cette crypte est conservée une fois que le monument devient Panthéon.
00:45En 1789, quand la Révolution éclate, le monument est terminé, c'est-à-dire que la coupole est achevée.
00:52C'est quand même le bâtiment le plus élevé de Paris jusqu'à la construction de la tour Eiffel.
00:54Et puis en 1791, les révolutionnaires vont chercher un endroit pour inhumer Mirabeau et Voltaire, qui sont les deux premières entrées.
01:03Mais je crois par exemple que Geneviève de Gaulle-Antonioz est enterrée toujours dans le cimetière de Bosset, en Haute-Savoie, à côté de son mari.
01:11Donc le cercueil ici est vide en fait ?
01:13Oui absolument, c'est ce qu'on appelle un catafalque.
01:16Mais ce n'est pas la seule d'ailleurs, il y a Geneviève de Gaulle-Antonioz, il y a aussi Germaine Tillon, il y a Joséphine Baker, Mme Robert Badinter.
01:23En fait, ne sont pas dans leur cercueil.
01:25Des contemporains en fait ?
01:26Absolument, c'est peut-être un changement des temps où on pense, où la famille préfère que leurs ascendants restent dans le cimetière familial.
01:34Bon ben on y va, oui, il ne faut pas faire trop de bruit, il ne faut pas réveiller les morts.
01:37Nous on a tendance à dire qu'il y a 83 cercueils, d'accord ?
01:44La plupart d'entre eux, c'est-à-dire 42, sont entrés sous l'époque napoléonienne.
01:51Il ne faut pas croire que, parce qu'aujourd'hui on voit les images des entrées au panthéon, ça semble assez consensuel, c'est de grandes cérémonies télévisuelles.
01:59Ça n'a pas toujours été le cas et c'est pour les Isola, l'entrée au panthéon a été très difficile et il y a même eu des échauffourées dans le quartier.
02:04C'est la figure de l'intellectuel, parce qu'il décrit le j'accuse et donc dans une époque où il y a une bataille entre les dreyfusards et les anti-dreyfusards,
02:13il y a énormément de personnes qui s'opposent à son empré au panthéon.
02:19On n'est pas dans une église, bien compris, mais parfois les personnes déposent, alors parfois c'est dans le cadre de cérémonies assez protocolaires,
02:28donc on va déposer une gerbe et puis parfois ce sont des personnes anonymes qui déposent quelque chose sur le caveau
02:34et à l'époque du bac français vers l'ombre à l'humain juin, on voit parfois des petits mots sur la tombe de Victor Hugo,
02:40comme si les étudiants venaient demander un petit peu de l'aide ou un conseil.
02:43Donc c'est ici que se trouve Robert Badante.
02:46Absolument.
02:46Voilà, il est en face de Condorcet, auquel il avait consacré un livre marquant d'ailleurs avec Elisabeth Badante.
02:52Absolument.
02:53Et on voit des petits pierres précieuses.
02:57C'est en fait une évocation du rite juif, la matricule des cailloux sur les tombes.
03:03C'est aussi le cas sur la tombe de Simone Veil.
03:05Donc là il y a Simone et Antoine Veil, on peut le voir sur les autres tombes,
03:09il y a le prénom, le nom, la date de naissance et la date de mort.
03:13Il n'y a pas d'évocation de la date d'entrée.
03:15Il y a une particularité sur celui de Simone Veil, il y a un chiffre qui est posé à côté,
03:20c'est son numéro de matricule dans l'écran.
03:22Pourquoi il a fallu attendre autant de temps en fait, pour que les femmes rentrent au Panthéon ?
03:26Il y en a très peu.
03:27Il y en a très très peu.
03:28En fait il y a Marie Curie, Jeanne-Lette de Gaulle-Antonio, Germaine Tillion, Simone Veil et Josephine Bakker.
03:33Le Panthéon ne devance pas la société, elle l'accompagne.
03:38Mais c'est sûr que le déséquilibre est très très fort au Panthéon,
03:41parce que pendant plus de deux siècles, c'était les hommes qui étaient aux commandes.
03:48Ici nous sommes en face du cœur de Cambetta.
03:51Et pourquoi le cœur de Gambetta est ici ?
03:53Il a été mis ici en 1920.
03:55Ça a été une volonté parce qu'il a été quelqu'un qui a compté beaucoup sur la Troisième République.
03:59Donc en fait on a mis son cœur ici.
04:01Et puis il y a aussi encore beaucoup de places en fait.
04:03Il y a beaucoup de places.
04:04Combien à peu près ?
04:05Encore 250 places.
04:07D'accord.
04:07Ça laisse encore beaucoup de possibilités.
04:10Il faut d'abord que ce soit un choix du président.
04:13Il faut aussi qu'on porte les valeurs de la République,
04:16aussi bien dans sa vie intellectuelle, dans son travail,
04:19que dans sa vie de citoyen.
04:20Parce que toutes les personnes qu'on a croisées,
04:22évidemment, ce n'est pas non seulement des vies exemplaires,
04:25ce ne sont pas des héros, ce ne sont pas des martyrs,
04:27ce sont des grands hommes ou des grandes femmes.
04:29C'est-à-dire des personnes qui portent les valeurs de la République.
04:32qui incarnent quelque chose à un moment donné.
04:34En clair, n'entre pas là qui veut.
04:36N'entre pas qui veut.
04:37Absolument.
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