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  • il y a 3 mois

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00:00On est avec François Durugy, Éric Nolot, avec Alexandre Devecchio et Geoffroy Lejeune,
00:04Noël, on va en parler dans un instant avec Mgr Dominique Rey,
00:07qui va nous rejoindre sur le plateau.
00:09Mais c'est vrai qu'on a un petit peu de mal, mon cher François Durugy,
00:12à se dire que dans ce pays, il faut désormais faire des efforts
00:16pour défendre notre patrimoine culturel et identitaire,
00:19et que tout est prétexte à stigmatiser.
00:23En fait, non, on a le droit d'assumer, d'être heureux, de fêter Noël.
00:27On le disait au début de l'émission,
00:28mais j'y reviens parce qu'on verra sans doute ce message de la part de Mgr Rey,
00:31mais c'est important quand même de ne pas se brider,
00:33de ne pas s'auto-censurer, est-ce que c'est le cas ?
00:35Oui, mais est-ce que ce n'est pas aussi parce qu'il y a un discours
00:38qui prend une place beaucoup plus importante
00:40qu'elle n'est en réalité dans la société française,
00:43où il y aurait en effet des gens qui hésiteraient à dire Noël
00:46ou qui feraient exprès de dire bonne fête de fin d'année
00:49parce qu'ils voudraient éviter qu'il y ait cette espèce de politique,
00:52ce mélange de politiquement correct, de walkies, de cancel culture,
00:55on peut appeler ça comme on veut,
00:56mais on voit bien que ça, c'est assez présent.
00:59Dans certaines élites médiatiques et politiques,
01:01moi je pense que dans la France,
01:03qu'elle ce soit la France des villages, des grandes villes, des quartiers, etc.,
01:07les gens sont assez loin de ça,
01:08et en revanche ils sont assez proches de choses simples comme Noël,
01:11tout simplement,
01:12et ils ont des envies simples de se retrouver en famille,
01:15ce qui n'est pas toujours facile.
01:16On a parlé aussi il y a quelques jours sur un autre plateau
01:19des familles divisées, parce qu'on dit recomposées,
01:22mais c'est souvent en fait qu'elles sont divisées avant d'être recomposées,
01:24et donc oui, pour certains ça peut être la chance de fêter deux fois Noël,
01:28mais pour d'autres ça peut être aussi des Noëls qui ne sont pas vraiment en famille.
01:31Moi je pense que c'est plutôt ça la réalité des Français,
01:33que le fait de se dire, en fait, on ne pourrait plus dire joyeux Noël en France.
01:38Je veux dire, qui se dit qu'on ne peut pas dire joyeux Noël en France,
01:41dans la France de 2025 ?
01:42Il y en a quelques-uns, il y en a quelques-uns qui tentent, Eric Nolot.
01:45On s'est porté par un parti politique, moi je trouve ça inquiétant,
01:47que ça fasse partie d'un programme,
01:49le programme de liquidation des racines d'un pays,
01:52de ce qu'est un pays.
01:54Il faut un homme nouveau, qu'on appellera l'homme créolisé,
01:57on ne peut plus parler de langue française,
01:58on ne peut plus dire joyeux Noël.
02:00Écoutez, ce sont vraiment des esprits totalitaires,
02:03sous une espèce un peu,
02:05on ne peut pas dire que M. Coquerel soit effrayant,
02:06mais en fait ce qu'il dit est effrayant, moi ça m'effraie.
02:08C'est vrai que moi c'est la première année que je pense que j'ai toujours dit joyeux Noël
02:14de manière assez évidente, etc.
02:16Et depuis que j'ai pris conscience de cette bataille de Noël,
02:18je le dis en ayant l'impression d'être coupable quasiment.
02:21Donc je pense que tout à l'heure, hors antenne,
02:23quelqu'un a dit, je pense que c'était François ou Eric,
02:27ça va faire porter une culpabilité, une responsabilité à ceux qui disent joyeux Noël,
02:32alors que c'était quelque chose qui était avant écrit dans les rues, etc.
02:35Et on a l'impression de porter exactement un discours politique,
02:38en le disant, c'est très bizarre, mais ça me donne envie de continuer du coup.
02:41– Évidemment, et on accueille Mgr Dominique Ré, bonsoir à vous.
02:45– Bonsoir.
02:45– Vous venez nous parler de votre livre,
02:46« Mes choix, mes combats, ce que je crois » aux éditions Artège.
02:48Vous entendez ce débat que nous avons sur joyeux Noël
02:51et le fait que certains veulent censurer même cette expression.
02:55Qu'est-ce que vous pensez ?
02:55Qu'est-ce que ça dit de l'état de notre société, Mgr ?
02:58– Fondamentalement, une société ne peut se comprendre qu'à partir de ses racines.
03:02– Bien sûr.
03:03– Et non pas pour faire de la nostalgie et les yeux braqués sur le rétroviseur,
03:09mais parce que fondamentalement, elle nous explique.
03:13Et je dirais qu'on soit chrétien ou pas chrétien,
03:15naturellement, ce passé formé par plusieurs siècles de christianisme,
03:201500 siècles de christianisme, c'est quand même quelque chose
03:24qui marque notre société à travers, ne serait-ce que les appellations
03:29dans des villages, les églises sur le territoire qui sont là.
03:36C'est une mémoire qui existe pour nous, notre responsabilité.
03:40– Donc on ne peut pas la renier, évidemment, on ne peut surtout pas la nier,
03:44mais quand même, on est dans une société fracturée,
03:46et vous le savez ô combien, on est dans une société où on s'antagonise,
03:52les gens sont antagonisés.
03:54La lumière qui nous est apportée par ces fêtes de fin d'année et de Noël,
03:58elle n'est pas évidente pour tout le monde, Mgr Rey.
04:01– Oui, bien sûr.
04:01Il y a un oubli du passé, un reniement parfois du passé.
04:06On va s'exonérer de ce qui a marqué notre identité
04:10depuis des siècles pour construire un monde nouveau.
04:13Mais c'est un leurre.
04:16– Oui, parce qu'on ne peut pas se construire sans savoir d'où on vient.
04:20– Exactement, savoir d'où l'on vient pour aller où on va.
04:23– Absolument, un proverbe évident.
04:26Eric Nolo, peut-être une question à Mgr Rey ?
04:28– Oui, justement, par rapport à ce mouvement de déni,
04:31on dit qu'il y a une forme de regain, d'évocation aussi de la pratique.
04:35Est-ce que vous la mesurez ?
04:37– Alors, on constate effectivement, en même temps qu'il y a,
04:40comme disait Hervé Léger, une exculturation du christianisme,
04:44une désaffiliation, on constate en même temps,
04:48au niveau des nouvelles générations, un regain de demande
04:51pour entrer dans l'Église, découvrir ou redécouvrir l'Église,
04:55qui est nette dans toutes les communautés.
04:58C'est un phénomène qui n'était pas du tout attendu, prévu.
05:03Et cela…
05:04– Mais c'est vraiment d'une ampleur remarquable ?
05:06– C'est d'une ampleur, non, je ne dirais pas que c'est une ampleur considérable,
05:09mais c'est un flux qui semble très profondément marquer
05:13la plupart des communautés chrétiennes,
05:15qui sont très étonnées de ce phénomène-là,
05:18et qui montre qu'on a besoin de se retrouver,
05:22comme on le disait tout à l'heure, une identité, un sens,
05:24derrière l'identité chrétienne, la quête spirituelle,
05:28il y a des aspirations de sens, de transcendance, d'intériorité,
05:31qui ne sont pas honorées.
05:32– Et est-ce que c'est pour vous, Monseigneur Ré,
05:34une réponse au dynamisme d'autres religions,
05:36la vivacité d'autres religions, je pense à l'islam,
05:40est-ce que c'est une réponse, une forme de réponse ?
05:42– Il y a profondément, je pense profondément,
05:45qu'il y a une attente spirituelle inscrite profondément
05:49dans le cœur de l'homme.
05:51La question de Dieu est inhérente à la condition humaine,
05:54l'homme ne peut pas ne pas se poser la question de Dieu,
05:57c'est-à-dire que tout ça, c'est la question du sens,
05:59la transcendance et de la finalité de la vie.
06:03Alors, effectivement, il y a des propositions religieuses
06:06diverses et variées,
06:08mais le substrat chrétien qui marque notre société,
06:13aussi, est une invitation à redécouvrir cette antécédence.
06:18– Jean-François Lejeune, une question à Monseigneur Ré.
06:20– Pour rester sur la question de Noël,
06:23est-ce que, puisqu'on a été évidemment forgé par le christianisme,
06:28notre histoire, notre culture sont profondément imprégnées,
06:30Noël c'est quelque chose de très important pour les Français,
06:32et pourtant la pratique baisse énormément,
06:34il y a de moins en moins de catholiques,
06:37on sent que peut-être ce qui a accompagné notre pays
06:41pendant des années est en train peut-être de disparaître,
06:44est-ce que vous pensez que la période qu'on est en train de vivre
06:46en ce moment est propice à ce que les gens retrouvent la foi
06:49ou se rapprochent de l'Église,
06:51ou est-ce qu'on a basculé dans autre chose
06:54qui serait simplement culturelle
06:56et déconnectée de la question religieuse ?
06:58– Je pense que c'est un temps, tu dirais,
07:00de purification, aussi, pour les chrétiens,
07:03dans le sens qu'aujourd'hui,
07:05être chrétien procède d'un choix personnel,
07:07mais plus porté par un environnement
07:10qui nous conduit à cela,
07:12c'est un choix de vie,
07:15et de ce point de vue,
07:17c'est peut-être un temps extrêmement propice
07:19pour un rebond du christianisme.
07:21Quand on voit l'histoire comme l'histoire des sociétés,
07:23ce n'est pas, il y aurait une croissance rectiligne,
07:26c'est passer par des...
07:28– Des hauts et des bas.
07:28– Et des relèvements et des rebonds,
07:30c'est ce que je constate aujourd'hui,
07:33d'une certaine manière.
07:33– Dans ce livre, vous dites aussi,
07:34dans ce monde privé de raison de vivre
07:36et en perte de sens,
07:37l'Église rappelle un certain nombre de choses,
07:39la valeur sacrée de toute vie humaine et de la famille,
07:42l'impératif d'une solidarité entre riches et pauvres,
07:44qu'il s'agisse des personnes, des nations
07:46ou entre les générations,
07:47et la nécessité d'une vraie justice
07:49promotrice du bien commun.
07:51Ce sont des messages essentiels
07:53que parfois notre société oublie, Mgr Rey.
07:56– Aujourd'hui, il y a le défi de l'identité
07:59aussi bien personnelle que collective.
08:03Qui je suis ?
08:04Il y a une espèce d'errance actuellement,
08:06savoir comment me découvrir.
08:12Et je crois fondamentalement,
08:14c'est l'apport de la vie chrétienne,
08:17c'est nous permettre d'advenir à nous-mêmes,
08:19découvrir profondément qui nous sommes.
08:20Et pour cela, il faut un regard
08:22qui nous sollicite,
08:24qui nous espère.
08:25Et c'est celui du Christ.
08:27Et en même temps,
08:28la question de l'identité
08:30est une question aussi collective.
08:31On voit aujourd'hui,
08:33dans une fragmentation de la vie sociale,
08:36mais aussi une atomisation des modes de vie,
08:37une privatisation du chacun pour soi,
08:39de l'individualisme.
08:41Et donc, on a difficulté de faire du nous,
08:43du collectif.
08:45Et lorsque l'Église parle du bien commun,
08:48c'est cette requête de pouvoir construire
08:51une identité aussi à l'échelle d'une nation,
08:55à l'échelle ne serait-ce que d'une commune.
08:57D'une commune locale.
08:59François de Rugy,
09:00une question à Mgr. Cré peut-être.
09:01Oui, j'avais envie de poser une question,
09:02alors qu'il est peut-être un peu politique
09:04à certains égards,
09:05mais qu'est-ce que vous pensez,
09:07si vous vous sentez de vous exprimer là-dessus,
09:09par rapport au nouveau pape,
09:11qui est assez discret finalement,
09:13par rapport à son prédécesseur,
09:14est-ce que vous voyez des différences
09:16dans le discours qu'il porte,
09:18que ce soit sur la pratique,
09:19les rites,
09:20ou tout simplement sur le message
09:21de l'Évangile,
09:23tel qu'il est porté par le pape actuel,
09:24par rapport au pape François ?
09:26Moi, je pense que le pape Léon,
09:30aujourd'hui,
09:31est, je dirais, en face d'un défi
09:34qui est l'unité,
09:36dont je parlais il y a quelques instants.
09:38La question de la fragmentation
09:40touche aussi l'Église.
09:42Et son propos,
09:44c'est de rétablir un climat de paix
09:46entre les différentes sensibilités,
09:48entre les différentes spiritualités.
09:50Et ça, c'est un très grand défi aujourd'hui.
09:55Comment faire là aussi
09:57une véritable communion
09:58qui soit symphonique ?
09:59Il ne s'agit pas simplement
10:00d'être sur la même tonalité
10:03de tout le monde.
10:04Il y a le racinement de la foi,
10:06la doctrine de la foi,
10:07et en même temps une expression
10:08qui peut être extrêmement variante,
10:10suivant les situations,
10:12suivant les aspirations de chacun.
10:15Donc c'est faire la paix.
10:16Et puis une attitude, je dirais,
10:17aussi très prudentielle,
10:18par le fait que,
10:21tant le pape François
10:22qui avait des visions
10:24parfois très prophétiques,
10:25mais il était dans une gouvernance
10:27très personnelle, subjective.
10:30Et autoritaire.
10:30Et autoritaire.
10:32Et il voulait quand même
10:33camper les positions de l'Église
10:34sur la doctrine de la foi.
10:37Puisque le racinement
10:38ne serait-ce que
10:39lié à son propre parcours,
10:40puisque saint Augustin
10:42marque sa vie religieuse personnelle.
10:44Monseigneur,
10:45vous racontez d'ailleurs
10:45dans ce livre
10:46ce qui s'est passé
10:47avec le pape François
10:49qui vous a demandé
10:50de démissionner
10:51de votre poste
10:52Fréjus-Toulon.
10:53Peut-être que je ferai
10:53le jeune là-dessus.
10:55Revenir.
10:56Parce que c'est aussi
10:56l'un des motifs de ce livre.
10:58Vous expliquez vraiment
10:58mes choix,
10:59mes combats,
11:00ce que je crois.
11:02J'imagine que cette histoire
11:03pour vous
11:04est une blessure.
11:05Mais elle ne l'est pas
11:06que pour vous.
11:07Elle l'est aussi
11:07pour des catholiques
11:08dont je fais partie,
11:09si vous voulez.
11:10Moi, j'ai grandi
11:11dans le sud de la France
11:11et j'ai beaucoup
11:13été confronté
11:14quand vous étiez
11:14évêque de Toulon
11:15à ce que vous faisiez
11:16dans votre diocèse.
11:17C'est-à-dire que,
11:17pour résumer,
11:18pour les gens
11:18qui n'ont pas vécu ça,
11:20Monseigneur Ré était connu
11:21pour donner, par exemple,
11:22leur chance
11:23à beaucoup de communautés
11:24très dynamiques,
11:25qu'ils soient des communautés
11:25très nouvelles
11:26ou plus traditionnelles,
11:27mais dans les deux sens.
11:29Et donc,
11:29quand on était un jeune,
11:30moi j'habitais à Avignon,
11:31mais ce n'était pas si loin.
11:33J'ai beaucoup été
11:33avec des communautés
11:36que vous avez implantées là-bas.
11:38Et je vous remercie d'ailleurs
11:38parce que ça m'a beaucoup
11:39formé quand j'étais jeune.
11:42Et pour ça,
11:43vous avez été durement combattu
11:44pour votre franc-parler,
11:46pour certaines de vos positions
11:49qui étaient, je pense,
11:49simplement les positions
11:50de l'Église
11:50et votre manière
11:51de les défendre.
11:52Et vous avez finalement été,
11:53vous êtes devenu,
11:54j'ai l'impression,
11:54en tout cas,
11:55de là où j'étais,
11:56une cible.
11:57Et je fais partie des gens
11:58qui ont été heurtés
11:59par cela.
12:00Ça a été une forme
12:02de chemin de croix,
12:02ça a duré longtemps.
12:04Et aujourd'hui,
12:04je voudrais vous demander,
12:06je fais aussi partie des gens
12:07qui trouvent que l'Église de France
12:08n'est pas réellement au niveau
12:09où elle devrait être aujourd'hui.
12:10C'est-à-dire qu'on est très souvent
12:11déçus par la tiédeur
12:14ou par le manque d'engagement
12:16dans la cité de nos évêques.
12:19Vous, vous étiez l'inverse de ça
12:20et vous avez été,
12:21entre guillemets,
12:22un peu puni pour ça.
12:23Est-ce que vous pensez
12:24qu'il y a aujourd'hui
12:24la place dans l'Église de France
12:26pour le feu ?
12:28Le feu a commencé à la Pentecôte
12:31et il ne s'est pas éteint encore,
12:34j'espère.
12:34Mais c'est vrai qu'il y a sans doute
12:37des conversions à vivre
12:38à tous les niveaux
12:39et au niveau de la hiérarchie
12:42aussi de l'Église
12:43pour que,
12:44je dirais,
12:44par rapport à ces réalités
12:45qui marquent notre société,
12:48l'accueil des nouveaux convertis,
12:50l'accueil des différentes sensibilités,
12:53etc.
12:54Un travail qui est
12:55de mieux prendre en compte
12:57toutes ces réalités,
12:58non pas pour les bénir
12:59n'importe comment,
13:00mais pour pouvoir les accueillir,
13:02les accompagner,
13:03aider à leur cheminement
13:04et à leur intégration
13:05dans la vie de l'Église.
13:06Il y a parfois eu
13:07des attitudes
13:08de latéralisation
13:09de ces réalités
13:11ou d'exclusion
13:12qui ne semblaient pas
13:13du tout adaptées.
13:15Tout notre effort,
13:15c'est précisément
13:16d'aider
13:17toutes ces réalités,
13:19les différentes manières
13:19de vivre la foi,
13:20de pouvoir s'exprimer
13:21d'une manière concertée
13:23et avec l'attachement
13:25à l'enseignement de l'Église
13:27pour que ce soit,
13:28comme je l'ai dit tout à l'heure,
13:29une communion symphonique.
13:30Une question d'Alexandre Devecchio
13:32qui n'a pas encore pris la parole.
13:33Peut-être sur la question
13:35de l'euthanasie,
13:37parce qu'elle risque
13:38de revenir sur le tapis.
13:41Qu'est-ce que l'Église
13:42peut dire,
13:43y compris en sortant
13:44d'un discours
13:45peut-être purement religieux,
13:48sans avoir l'air
13:48de prêcher pour sa paroisse,
13:50mais de prêcher vraiment
13:51pour le bien commun ?
13:52Alors vous allez peut-être
13:52me dire que le rôle
13:53de l'Église
13:53est de prêcher
13:54pour le bien commun,
13:55mais comment vous parleriez
13:57à des gens
13:58qui n'ont pas forcément
13:59la foi,
14:00qui s'interrogent
14:01sur cette question-là ?
14:03Le christianisme
14:03offre une découverte
14:07de Dieu,
14:08mais aussi une découverte
14:09de ce qu'est l'homme,
14:10l'humain,
14:10ce qu'il fait l'humain.
14:12Et je dirais,
14:12le grand péril,
14:13c'est quand une société
14:14décide qui mérite de vivre
14:16et qui doit mourir.
14:18Je me rappelle toujours
14:19cette rencontre
14:20que j'avais eue
14:21dans le cadre
14:22d'une visite
14:24à un hôpital,
14:25d'une personne
14:26que j'avais rencontrée,
14:27c'était en plein Covid,
14:29elle disait,
14:30on ne pouvait pas
14:30bénéficier de visites,
14:32pour m'empêcher de mourir,
14:33on m'empêche de vivre.
14:35Et donc je crois
14:37que c'est cette attache
14:39à l'humain,
14:39ce qui fait l'humain,
14:40qui est essentiel
14:42dans le propos
14:43de l'Église
14:43par rapport
14:44aux défis anthropologiques
14:45aujourd'hui
14:46qui nous menacent.
14:47Et sur ces questions
14:48d'euthanasie,
14:50d'abortement,
14:51le début de la vie
14:52et la fin de la vie,
14:53l'Église rappelle,
14:54et ça c'est pas seulement
14:55pour elle-même,
14:56mais aussi pour la société,
14:58la vie est un don de Dieu,
15:00on doit la respecter,
15:01on n'a aucune raison
15:03de dire
15:05cette vie ne vaut plus
15:07la peine d'être vécue.
15:08Quel titre ?
15:09Enfin, on se prend pour Dieu,
15:10quoi.
15:11Vous dites,
15:12la vie mérite
15:13d'être vécue
15:14jusqu'au bout d'elle-même,
15:15ce qui requiert
15:15le soutien
15:15et la sollicitude des proches.
15:17Tout est dans la fin
15:18de cette phrase,
15:18c'est-à-dire,
15:19si vous êtes seul
15:19et abandonné,
15:21évidemment,
15:21et si vous êtes au contraire
15:23entouré et porté
15:24par votre entourage ?
15:25Une des premières personnes
15:26que Jésus,
15:27tout petit enfant,
15:28a rencontré,
15:28c'est Anne et Siméon,
15:29des vieillards.
15:31C'est-à-dire que
15:31lorsque la petite enfance
15:33rencontre,
15:34la grande vieillesse,
15:35c'est un message aussi,
15:37au-delà des mots
15:38qui ont été prononcés.
15:39Éric Nolot ?
15:41Oui, il y a quelque chose
15:42qui m'a beaucoup frappé
15:42dans le cadre du pape François.
15:45Évidemment,
15:45ce n'était pas le premier
15:46à incarner cette contradiction,
15:47mais entre les messages
15:48fondamentaux du christianisme
15:49et les réalités du terrain,
15:51si j'ose dire.
15:52C'est-à-dire que
15:52vous pouvez,
15:53et c'est conforme
15:54au message christique,
15:55dire qu'il faut accueillir
15:57tout le monde
15:58de manière inconditionnelle
15:59et puis ça se heurte
16:00à des réalités politiques,
16:02géopolitiques,
16:03au fait que les pays
16:05accueillent avec plus ou moins
16:06de bonne volonté
16:07justement ces migrants.
16:09Est-ce que vous pensez
16:09que ça doit évoluer
16:10ou qu'on doit rester
16:11dans ce message christique absolu ?
16:13Le message,
16:14c'est que l'Église
16:16accueille tout le monde
16:17et on doit être dans cette ouverture.
16:18Ça, c'est l'Église.
16:19C'est une règle fondamentale.
16:21Ensuite,
16:22il y a des attitudes
16:23à l'intérieur de l'Église
16:24qui sont les attitudes pastorales
16:25ou de prudence
16:26dans le cadre de la vie civique
16:28pour voir dans quelle manière
16:29on peut
16:30et suivant quelle modalité,
16:32quelle règle on se donne
16:33par rapport à cet accueil
16:34pour que cet accueil
16:35ne soit pas déstabilisant.
16:37D'où ce qui a été rappelé
16:39par le pape Léon XIV,
16:41la nécessité dans les pays
16:43de pouvoir permettre
16:45à des personnes
16:45qui seraient tentées de partir
16:46de donner les possibilités
16:48de rester sur place.
16:49C'est pas ce que j'entendais
16:50chez le pape François.
16:51Vous avez l'air d'être
16:52dans une ligne
16:53un peu différente, non ?
16:54Je soulignais justement
16:56la différence du propos
16:57par rapport à ce qu'a dit Léon XIV.
16:59Vous avez l'air d'être plus proche
17:00du nouveau pape que de l'ancien.
17:01Léon XIV, c'est justement,
17:02attention, première réalité,
17:06c'est d'aider les personnes
17:07qui sont tentées de partir
17:09pour des raisons économiques,
17:10on peut comprendre,
17:11de pouvoir trouver des solutions
17:12pour rester sur place.
17:15Et sinon, on a une espèce
17:17de tremblement de terre
17:20où on se déplace
17:21comptuellement,
17:22où il n'y a plus de stabilité,
17:23il n'y a plus d'identité.
17:24Et on reste dans une logique
17:26de flux, de circulation.
17:28Et je crois que ce n'est pas bon
17:30pour notre humanité.
17:32François Drugier.
17:33Oui, j'aurais envie
17:34de connaître aussi,
17:36Monseigneur,
17:36votre sentiment
17:37par rapport à un phénomène
17:38dont on parle assez peu
17:40en France,
17:40mais qui en réalité
17:41est assez important,
17:43qui est l'essor
17:43de communautés protestantes.
17:45Je dis de communautés
17:46parce que souvent,
17:47ça se matérialise.
17:48On le voit d'ailleurs
17:49dans l'espace public,
17:50dans nos villes,
17:51il y a des paroisses
17:53qui se créent un peu
17:54comme ça
17:55au coin de la rue,
17:56quasiment.
17:57C'est-à-dire,
17:58c'est parfois
17:58des anciens commerces
17:59ou des anciens hangars
18:00qui deviennent
18:01des communautés protestantes,
18:03mais qui d'ailleurs
18:04souvent bousculent
18:05un peu
18:05la fédération
18:06des protestants
18:08de France
18:09qui, elle,
18:09avait
18:10une autre forme
18:12d'organisation.
18:13Comment est-ce que
18:13vous voyez ça ?
18:13Parce que c'est une forme
18:14de christianisme
18:15qui vient un peu
18:16concurrencer aussi
18:17la religion catholique
18:19et souvent liée,
18:20d'ailleurs,
18:20on peut le dire aussi,
18:21à l'arrivée
18:22de populations
18:23d'origine étrangère
18:24qui portent,
18:26importent aussi un peu
18:28des traditions
18:28qui existent
18:29dans d'autres régions
18:30du monde,
18:31notamment en Amérique
18:32ou en Afrique.
18:33Oui, alors, quand on parle
18:35d'univers protestants,
18:36c'est une nébuleuse
18:37entre les églises
18:38attachées à l'église réformée,
18:39des luthériens,
18:40des calvinistes,
18:42des églises évangéliques
18:43très nombreuses.
18:44En réalité,
18:45ce phénomène
18:46est très présent,
18:49effectivement,
18:49dans des lieux
18:50d'immigration,
18:51en particulier,
18:52on la voit
18:52dans les lieux parisiennes
18:54et ailleurs,
18:56mais c'est lié,
18:57je crois,
18:58à des choses
18:58qui sont
18:59très fondamentales
19:00qu'on retrouve
19:01dans ces églises évangéliques,
19:03d'abord,
19:04une approche
19:05très affective
19:06de la foi
19:08par rapport
19:10à l'isolement
19:11dans lequel
19:11ces populations
19:12peuvent se retrouver.
19:13C'est un lieu
19:13non pas de mixité sociale,
19:16mais, je dirais,
19:17de pouvoir trouver
19:19une fraternité,
19:20construire une fraternité
19:21alors que ce sont
19:21des personnes isolées.
19:24Donc, c'est des lieux
19:24de fraternisation,
19:26on pourrait dire,
19:26ces communautés.
19:27Et puis, je dirais,
19:29c'est une expression
19:29très libre,
19:31parfois très émotionnelle
19:32de la foi,
19:34très directe aussi.
19:35On dit dans le langage
19:37chrétien
19:38qu'érigmatique
19:38l'annonce
19:39« Dieu m'a touché,
19:40Dieu veut toucher »
19:41et voilà.
19:42Des choses
19:43qui sont très directes
19:44et très simples
19:45qui doivent aussi
19:47nous interpeller,
19:48nous,
19:49dans une foi
19:49qui est parfois
19:50un peu formelle,
19:52un peu rituelle
19:53et qui manque
19:54d'expressivité.
19:56Mais c'est un phénomène
19:58qu'on a du mal
20:00à saisir
20:01parce que ces églises
20:02ne sont pas hiérarchiques.
20:05Et alors,
20:05il y a des collaborations
20:06parfois qui se trouvent
20:08mises en place
20:09sur le terrain,
20:10mais c'est quelque chose
20:11qui nous interpelle,
20:12effectivement.
20:13Merci beaucoup,
20:14Mgr Dominique Red
20:15d'être revenu ce soir
20:16parler de ce livre
20:16« Mes choix,
20:17mes combats,
20:17ce que je crois »
20:18avec la contribution
20:19de Samuel Pruvot
20:20et Enric Lindel.
20:22C'est bien cela ?
20:23C'est ça.
20:23Et c'est aux éditions Arte.
20:24Merci à vous,
20:25merci François de Rugy,
20:26Éric Nolo,
20:27Alexandre Vecchio,
20:28Merci beaucoup Laurence.
20:29Merci beaucoup,
20:29Mgr Lejeune, Mgr Rêpe.
20:30Joyeux Noël à vous.
20:31Joyeux Noël.
20:32C'est vous qui allez nous le dire
20:33peut-être pour terminer,
20:34Mgr.
20:35Voilà.
20:35Joyeux Noël.
20:36Mais bien sûr,
20:37joyeux Noël.
20:38Et à travers l'avènement
20:40du Bessie Sauveur
20:40sur le visage
20:41d'un petit enfant,
20:42ça nous invite,
20:43comme le disait Bernanos,
20:44à retrouver l'enfant
20:44qui est en nous.
20:46Voilà.
20:46Magnifique.
20:46C'est une belle grâce
20:48et un beau signe d'espérance
20:50que personnifie l'enfant.
20:51Merci beaucoup
20:52pour ce message d'espérance.
20:53Dans un instant,
20:54c'est Pierre de Villeneuve
20:55qui va continuer à le porter
20:56chez Europe 1
20:56et bien sûr Christine Kelly
20:58sur CNews.
20:58Bonne soirée à vous
20:59et joli Noël.
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