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  • il y a 7 semaines
Pierre Ippolito est l’invité du grand entretien de la rédaction à voir en vidéo. L’ex-président de l’Union pour l’entreprise des Alpes-Maritimes ne cache plus sa volonté de « peser » autrement sur le débat public.
Pierre Ippolito, 37 ans, dirige depuis onze ans le groupe Ippolito, entreprise familiale fondée en 1968 dont il représente la troisième génération. À son arrivée à sa tête en 2014, celle-ci, basée à Villeneuve-Loubet, ne comptait qu’une activité, la mobilité industrielle, et 250 salariés. Onze ans plus tard, le groupe fédère cinq branches supplémentaires (industrie, tourisme, immobilier, environnement et solutions RH) et emploie 1 200 personnes dans l’ensemble de la région. Au-delà de ce développement spectaculaire, il est aussi connu pour avoir présidé l’Union pour l’entreprise des Alpes-Maritimes, l’antenne départementale du Medef, de 2022 à 2025. Il est toujours actif dans la mobilisation patronale, en coulisses, et à la coprésidence du Club ETI Sud, une instance de représentation des entreprises de taille intermédiaire, qui emploient entre 250 et 5 000 salariés. Pierre Ippolito est l’invité de L’Interview à la une, notre émission vidéo

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Transcription
00:00Bonjour, bienvenue dans l'interview à la Une, le grand entretien de la rédaction de Nice Matin,
00:18une émission que j'ai le plaisir chaque semaine de présenter avec Nicolas Gallup,
00:21rédacteur en chef de Nice Matin. Bonjour Nicolas. Bonjour Frédéric.
00:25Avec nous aujourd'hui, chef d'entreprise Pierre Hippolyto. Bonjour. Bonjour.
00:29Pierre Hippolyto, vous avez 37 ans, vous dirigez depuis 11 ans.
00:32Le groupe qui porte votre nom, le groupe Hippolyto, entreprise familiale, fondée en 1968,
00:37dont vous représentez la troisième génération, je crois.
00:39Tout à fait.
00:40A votre arrivée à sa tête en 2014, celle-ci, basée à Villeneuve-Loubet, ne comptait qu'une activité,
00:46la branche industrielle, la mobilité industrielle en particulier, et 250 salariés.
00:5111 ans plus tard, le groupe fédère 5 branches supplémentaires,
00:55industrie, tourisme, immobilier, environnement et solutions RH.
00:59N'hésitez pas à m'arrêter si je me trompe.
01:01Et 1250 salariés dans l'ensemble de la région.
01:05Au-delà de ce développement, on va dire, spectaculaire,
01:08vous êtes aussi connu pour avoir présidé l'Union pour l'entreprise des Alpes-Maritimes,
01:12l'antenne départementale du MEDEF de 2022 à 2025.
01:16Et vous êtes toujours actif dans la mobilisation patronale,
01:19dont les coulisses, on va le voir lors de cette émission,
01:21mais aussi officiellement à la coprésidence du club ETI Sud,
01:26une instance de représentation des entreprises de taille intermédiaire,
01:29celle qui emploie entre 250 et 5000 salariés.
01:32Est-ce que j'ai tout bon ?
01:33Vous êtes tout bon. Parfait. Impeccable.
01:35Il n'est pas mal.
01:37On va commencer, je me le dis, par l'actualité.
01:39Une question liée donc effectivement à ce qui s'est passé cette semaine.
01:43Vous, le chef d'entreprise, qu'est-ce que vous êtes allé faire dans une manif lundi,
01:46place Garibaldi à Nice ?
01:48Écoutez, quand j'étais président du PE à l'époque,
01:51je voulais déjà pouvoir manifester et montrer que les chefs d'entreprise sont visibles
01:55et pas que dans des beaux discours ou dans des salons.
01:59Et je pense que c'était important pour moi d'être solidaire avec ce mouvement
02:02pour exprimer ce ras-le-bol, cette incompréhension du gouvernement,
02:07de certains politiques envers l'entreprise,
02:10avec ces lois de finances qui sont encore anti-entreprise,
02:12avec des inquiétudes qui se vivent au quotidien jour après jour auprès de mes collaborateurs
02:19où il faut qu'on explique pourquoi on ne peut pas augmenter,
02:21pourquoi il y a des charges supplémentaires et ça devient vraiment insupportable.
02:25J'ai beaucoup de clients également qui subissent des difficultés
02:28et ça fait mal au cœur quand on voit des entreprises familiales,
02:30notamment locales, qui existent depuis 30, 40, 50, 60 ans,
02:34qui me demandent des échéanciers sur 2, 3 mois parce qu'ils n'arrivent plus à payer les factures.
02:37C'est la réalité aujourd'hui de nos territoires et c'est important que je puisse exprimer cette solidarité envers...
02:43On l'a vu, il y avait du monde, c'est une manifestation qui a connu un vrai succès,
02:47plusieurs centaines de chefs d'entreprise.
02:50Concrètement, qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui ?
02:53Une simplification vraiment...
02:57C'est la liberté de pouvoir entreprendre,
03:00la liberté de pouvoir créer de la valeur et la liberté de pouvoir la distribuer.
03:04C'est-à-dire trop de taxes, si on schématise...
03:06Pour 2 000 euros de salaire, vous en payez 4 000 ?
03:09Aujourd'hui, un salarié, il touche 1 600, ça coûte 2 300 à l'entreprise.
03:13Donc forcément, ça coûte plus d'argent à l'entreprise et le salarié, il en touche moins.
03:17Et chaque année, ça empire.
03:18C'est logique que ça coûte davantage à l'entreprise pour un salaire qui est forcément net
03:22et moins important que le salaire brut, ça c'est logique.
03:25Oui, mais le salaire brut, c'est ce que le salarié paye de sa part,
03:28donc il touche 2 000 euros bruts.
03:30Sur ces 2 000 euros bruts, il ne touche que 400 euros
03:32et l'entreprise paye 300 euros pour les charges patronales.
03:36Donc ça veut dire que l'entreprise prend sa cote-part
03:38et le salarié paye aussi le modèle social, notamment, et les retraites principalement.
03:45On a beaucoup parlé d'une explosion des taxes votées à l'Assemblée nationale.
03:49Est-ce que ça veut dire que les chefs d'entreprise ont l'impression
03:51d'être la variable d'ajustement des recettes de ce pays ?
03:53Clairement, je pense que l'entreprise est la variable d'ajustement
03:56puisque c'est une variable d'ajustement qui est calme,
03:58qui manifeste très rarement, puisque c'est tous les 15 ans à peu près
04:02et dans le calme sans bloquer, sans poser de problème à l'activité économique.
04:07D'ailleurs, on était tellement peut-être trop poli par rapport à quelques dizaines de VTC
04:12que la couverture médiatique est plus importante pour des VTC
04:16qui ne pèsent que quelques centaines d'emplois et quelques peu de recettes fiscales.
04:20Et nous, on était plusieurs milliards de chefs d'affaires,
04:23plusieurs dizaines de milliers d'employés représentés.
04:26Et en tout cas, la couverture médiatique n'était pas à la hauteur
04:28de ce qu'on pesait économiquement.
04:29Ce que vous dites aussi, c'est qu'on défend les entreprises,
04:32mais du coup, on défend les salariés.
04:33C'est votre credo.
04:35Je pense que c'est vraiment ce qu'il faut retenir,
04:37c'est que le chef d'entreprise, avant tout,
04:38d'abord, il est salarié, il est travailleur,
04:40mais il défend aussi ses travailleurs, ses salariés.
04:43Parce que quand on ne peut pas les augmenter,
04:44vous savez, la semaine dernière, j'étais en négociation annuelle
04:46avec mes représentants du personnel.
04:47Quand je leur explique que je dois me battre pour 0,1%,
04:51que je ne peux pas les augmenter à 0,1% près,
04:530,1% c'est 2 euros en moyenne d'augmentation de salaire par mois.
04:57Donc aujourd'hui, je dois expliquer que j'ai du mal,
04:59je dois jouer à 2 euros près pour trouver l'équilibre financier.
05:03Il n'y a pas un peu de pinguerie là-dedans ?
05:04Non, il y a une réalité, c'est que si, à 2 euros près,
05:07on peut passer dans le rouge aujourd'hui une entreprise,
05:09comme la mienne.
05:10Et juste, je vous donne l'exemple,
05:12l'augmentation de la mutuelle,
05:14sans la taxe encore qui a été proposée,
05:17c'est 4 euros de surcoût pour le salarié.
05:19C'est-à-dire qu'il va y avoir une baisse de pouvoir d'achat de 4 euros.
05:22Et moi, je suis obligé de faire attention à 2 euros près
05:24quand je négocie mes augmentations.
05:26Et la réalité, c'est que nos représentants le comprennent.
05:30Alors, on va augmenter plus que 2 euros, bien sûr,
05:31parce qu'on a les moyens, etc.
05:32Mais on doit faire attention à 2 euros près par mois.
05:35On en est là aujourd'hui en tant que chef d'entreprise.
05:36Vous imaginez le temps qu'on perd pour discuter de 2 euros
05:39alors qu'on doit créer des millions d'euros de fiscalité contributive,
05:44des milliers de salariés.
05:46C'est vachement frustrant pour un chef d'entreprise comme moi,
05:48une entreprise familiale.
05:50Et c'est très frustrant auprès de mes collaborateurs.
05:52Et vous savez ce qui est le plus frustrant ?
05:53C'est qu'ils le comprennent et qu'on est dans le même bateau.
05:55Sur la question de l'entreprise,
05:58il y a la majorité des entreprises qui sont dans votre cas.
06:03Et puis, il y a quand même des entreprises qui font des super profits.
06:07Est-ce que elles, ces quelques entreprises-là,
06:10ne doivent pas quand même contribuer un peu plus ?
06:12Moi, je pense qu'il faut contribuer en fonction de la création de la valeur qu'on crée.
06:17Je vais vous prendre un exemple.
06:18Aujourd'hui, moi, j'ai 1 200 collaborateurs.
06:20On ne reverse quasiment pas de dividendes.
06:22Tout est reversé dans l'entreprise, dans les augmentations de salaire.
06:25Il y a un modèle d'entreprise où si je vends un fonds de pension,
06:28je serai 100 fois plus riche que ce que je suis aujourd'hui, à titre personnel.
06:32Et je pourrais très bien vivre avec deux assistantes qui font mes factures d'immobilier.
06:37Je ne créerai pas de valeur et je gagnerai plus d'argent.
06:38Là, c'est normal de contribuer.
06:40Par contre, quand on crée 1 200 emplois, c'est aussi normal d'être rémunéré.
06:44Donc, je pense qu'il faut faire la part des choses.
06:46Et davantage prendre en compte, effectivement, la création de richesses.
06:48Exactement.
06:49La contribution à notre pays.
06:50Aujourd'hui, un entrepreneur qui contribue à son pays doit pouvoir le faire.
06:54Il doit pouvoir être non-spoilier.
06:55Et un entrepreneur qui ne contribue très peu à son pays, c'est normal qu'il soit taxé.
06:59Moi, taxer les rentiers, je n'ai pas de problème.
07:01Est-ce que finalement...
07:02Taxer le travail, ça me pose problème.
07:03Le travail des entrepreneurs également.
07:04Est-ce que finalement, ça ne veut pas dire que nos politiques comprennent mal l'entreprise ?
07:07Parce que si on vous écoute, en fait, il y a autant de types d'entreprises que d'entreprises qui existent.
07:12Ça veut dire que la réalité pour vous n'est pas celle de Virbac ou d'Amadeus dans la région, par exemple.
07:18Oui, tout à fait.
07:19Ou de LVMH ou de Paris, si on prend des exemples extrêmes.
07:23Mais oui, il y a autant d'entreprises, de modèles d'entreprises, de modèles de chefs d'entreprises que d'entreprises.
07:28Donc forcément, il faut la connaître.
07:29Il faut creuser.
07:30Et quand vous discutez avec beaucoup de parties, ils vous disent qu'il faut taxer l'entreprise.
07:34Quand vous dites, non, mais on est des PME, des commerçants.
07:36Non, mais vous, si vous n'êtes pas des entreprises, on ne compte pas.
07:38On ne part pas pour vous.
07:39Non, mais à un moment, il faut être cohérent.
07:40Donc oui, il faut faire de la pédagogie.
07:41Création de richesse, contribution territoriale, contribution à un autre pays.
07:46Exactement.
07:47C'est la contribution qui compte.
07:48La création de valeur.
07:49Pierre-Hippolito, sur la taxe Zoukman, il n'y avait absolument rien à sauver.
07:53On rappelle le grand principe, un impôt planché de 2% sur les 1800 plus hauts patrimoines.
08:00Vous êtes contre ?
08:01Moi, je suis contre taxer le patrimoine.
08:04Je suis pour taxer les revenus du patrimoine.
08:06C'est deux choses qui sont différentes.
08:07C'est-à-dire que vous avez un appartement, on ne taxe pas votre appartement.
08:11Par contre, vous avez des loyers.
08:12Au-delà d'un certain montant de loyers, je suis pour le taxer.
08:16Parce que vous avez un revenu et vous pouvez payer une taxe et un impôt.
08:18Donc, c'est ça la différence qui n'a pas été bien construite dans la taxe Zoukman.
08:21C'est qu'on taxait un patrimoine qui ne dégageait pas de liquidités ni de revenus.
08:24C'est comme un appartement.
08:25Vous héritez d'un appartement.
08:26Si vous ne pouvez pas payer vos frais de succession, vous êtes obligé de le vendre.
08:30Par contre, si vous avez un appartement avec des loyers qui rentrent,
08:32vous pouvez payer des impôts sur les loyers et déduire les impôts de ces loyers.
08:35Donc, en réalité, vous demandez un petit peu plus de dentelle dans l'élaboration du barème et des taxes.
08:43Il faut payer en fonction de ce qu'on contribue et de ce qu'on touche réellement.
08:48Au-dessus des très hauts salaires, c'est normal qu'on ait des impositions qui augmentent.
08:54Au-dessus de certains montants de revenus locatifs, ça ne me pose pas de soucis.
08:57Moi, vous savez, je fais partie de chefs d'entreprise qui se disent qu'au-delà d'un certain montant de rémunération,
09:03on n'est pas plus heureux.
09:04Donc, ça ne me pose pas de problème de le taxer.
09:08La proposition...
09:09Amasser les fortunes sans fin.
09:12Mais sans fin.
09:13Et vous le voyez d'ailleurs, la plupart des grands milliardaires font après des fondations,
09:16font des dons et veulent déshériter une partie de leurs enfants.
09:18Donc, ils ont compris qu'au bout d'un moment, ça détruit de la valeur d'avoir trop d'argent.
09:23Donc, je pense que ça, c'est un débat de société qu'il faut qu'on ait.
09:26Il y avait une proposition à l'époque de dire qu'il faut limiter à 15, 20, 30 fois le salaire du patron
09:30par rapport au plus bas salaire de l'entreprise.
09:32Ça me semble être des pistes de discussion.
09:34Après, les grands talents, il faut qu'ils puissent vivre correctement.
09:37Et puis, il faut surtout qu'on soit dans un marché mondial.
09:39Donc, si la France fait une règle et que c'est pour que nos talents aillent gagner 30 fois plus ailleurs,
09:45ça posera problème.
09:45On n'aurait pas gardé Mbappé si c'était un chef d'entreprise.
09:49Pour revenir à cette manifestation de lundi, est-ce qu'elle n'a eu lieu qu'à Nice ?
09:53On a eu le Var qui a initié ça la semaine d'avant, l'union patronale du Var qui avait montré la voie.
09:58Il y a quelques autres territoires qui commencent à se poser des questions.
10:00Mais pour l'instant, on est dans le sud plutôt des gens motivés, engagés, plus que dans d'autres territoires.
10:05Ça veut dire que la situation est pire ici ?
10:07Non, je pense qu'on est plus engagés et qu'on est plus courageux.
10:09D'accord. Il y a davantage de mobilisation des patrons.
10:12Et vous y avez pris goût aux manifestations ?
10:15Parce qu'effectivement, vous parlez d'impact médiatique, mais c'est peut-être le début d'une machine et d'un mode de revendication aussi ?
10:24En tout cas, on ne s'interdit rien. Moi, je ne suis que le conseiller du président maintenant, donc j'ai toutes les fonctions complètement statutaires à l'UPE.
10:29Mais pour avoir échangé avec Franck Kanata, il est clair qu'on va continuer à surveiller le dossier.
10:38Si on n'est toujours pas entendu et que ça continue dans ce sens-là, je pense qu'il y aura d'autres mouvements qui seront peut-être sur une autre forme.
10:44Là, on a été très poli et très mesuré. Je pense qu'il y a quand même une grande frange de nos chefs d'entreprise qui ont envie qu'on aille beaucoup plus loin, qu'on soit beaucoup plus fort.
10:51Je vais prendre les exemples des agriculteurs qui sont des chefs d'entreprise.
10:54Je le rappelle quand même, qui gèrent des exploitations agricoles et qui n'ont rien de différent à part un capital sympathique plus important qu'un patron de TME ou de TI.
11:04Mais eux, ils sont sur des méthodes différentes et a priori, l'Europe les écoute quand on dépose du fumier devant le Parlement européen.
11:10On n'est plus écouté que quand on fait un rassemblement, place Garibaldi, sans fumier.
11:13En préparant cette émission, votre entourage m'a dit que 2025 avait été une année très compliquée au niveau des affaires. Pourquoi ?
11:20Le monde économique est difficile. Comme je vous le disais, il y a une grosse difficulté dans les entreprises, c'est la trésorerie.
11:26Aujourd'hui, on a une activité économique qui se maintient. On a un investissement qui diminue.
11:30C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui ne croient plus forcément en l'avenir.
11:33Et donc, quand on ne croit pas en l'avenir, si je prends par exemple les camions, on n'achète pas un camion pour les dix prochaines années, on va se dire on verra l'année prochaine.
11:38Donc, on a des marchés qui diminuent. Nous, on a beaucoup de clients qui ont été fragilisés.
11:43Et donc, forcément, quand nos clients sont fragilisés, nous-mêmes, on est fragilisés.
11:47On a la chance d'être, moi, je suis la troisième génération, donc on a pu mettre de côté, donc on s'en sort.
11:52Mais c'est difficile tous les jours.
11:54Aujourd'hui, mes équipes, on se bat tous les jours pour essayer de pouvoir continuer à investir, continuer à regarder l'avant.
12:00Et on a, pour l'instant, gelé nos investissements.
12:03Oui, bien sûr. Et pourtant, quand on lit le rapport de la Banque de France qui est paru hier, on se rend compte qu'il y a encore des perspectives de croissance.
12:09On a l'impression qu'il y a une décorrélation entre les ambitions, les réalités, les concrétisations économiques, la réalité économique, effectivement, et puis l'ambiance politique générale.
12:20On a l'impression que les patrons sont plus résilients.
12:22Alors, l'entreprise est plus résiliente que la politique en ce moment, ça, c'est une certitude.
12:25Après, vu le niveau de la politique, je ne suis pas certain qu'on doit s'en satisfaire.
12:28Quand on voit les perspectives de croissance, on parle de 1%, 1,2%, 1,5%.
12:32Il faut savoir qu'en tout 2%, on ne paye pas les intérêts de notre dette.
12:37C'est-à-dire qu'on s'en dette plus.
12:38Donc, on est quand même potentiellement en décroissance.
12:41Les chiffres, on en fait toujours dire ce qu'on veut et les politiques sont très fortes pour ça.
12:45Donc, nous, en tant qu'entrepreneurs, on est dans notre quotidien.
12:48Et à un moment, de toute façon, il faut payer les salaires à la fin du mois.
12:50Donc, on n'a pas le choix.
12:51Vous avez toujours du mal à recruter ?
12:53Il y a toujours un peu des tensions de recrutement.
12:55Alors, forcément, comme il y a moins de besoins parce qu'il y a moins de dynamique économique,
12:58il y a un peu moins de difficultés.
13:01Pour autant, il y a des métiers qui sont en forte tension.
13:03Les métiers techniques restent des métiers très compliqués.
13:06Les comptables, par exemple, ce sont des métiers qui sont aussi très compliqués pour le recrutement.
13:11Donc, oui, ça reste une difficulté majeure.
13:12Il y a du boulot, en gros, mais peu de candidats.
13:14Oui, nous, on a encore une vingtaine d'offres d'emploi pour voir dans le groupe, par exemple.
13:18Sur ces métiers-là, techniques, comptables.
13:21Après, on était à 60-70-80.
13:23À propos de votre groupe, 2026 s'annonce comme une année historique parce que vous avez changé de statut.
13:29Alors, qu'est-ce que ça signifie ? Qu'est-ce que vous visez ?
13:31Écoutez, on a toujours eu, comme toutes les entreprises familiales, une logique sociétale.
13:35La RSE, ça s'appelait.
13:37Ça s'appelle toujours, d'ailleurs.
13:38Et nous, il y a un autre concept qui me plaisait bien.
13:41C'est la RTE, la Responsabilité Territoire des Entreprises.
13:43C'est-à-dire qu'une entreprise, elle est attachée à son territoire, elle vit dans son territoire et elle ne peut pas s'en passer, en fait.
13:49Et donc, pour aller plus loin, on va devenir société à mission.
13:51Nos statuts ont été déposés cette semaine.
13:54Et donc, on a une raison d'être et on a formalisé des objectifs et le pourquoi on existe en tant qu'entreprise Groupe Hippolito.
14:01Quel est notre but sociétal ?
14:03Et notre but sociétal, c'est de développer notre territoire, de maîtriser nos chaînes de valeur et de contribuer à ce que notre territoire rayonne, grandisse.
14:10Parce que s'il grandit, on grandira.
14:12Et si on grandit, nos collaborateurs et les citoyens de ce territoire grandiront.
14:16Et que ça va changer concrètement ?
14:17Ça nous impose des objectifs qui seront contrôlés par des organismes extérieurs pour voir si notre discours et nos statuts sont conformes à nos actions.
14:26Vous n'avez pas de doute là-dessus ?
14:27Si on s'engage, c'est qu'on est prêt à le tenir.
14:29Évidemment, bien sûr.
14:31Une question difficile maintenant, Pierre Hippolito.
14:34À vos yeux, qu'est-ce qui est le plus important ? Un client ou un collaborateur ?
14:38Vous pouvez dire les deux, ce sera accepté.
14:40Dans mes discours, je dis les deux parce que sans client, on n'a pas de collaborateur et sans collaborateur, on n'a pas de client.
14:50Donc les deux sont intrinsèquement liés.
14:51Je dirais que c'est les plus importants.
14:52Avant les partenaires, avant la rentabilité, c'est le client qui est le roi.
14:58C'est lui qui décide et il a le pouvoir de nous virer tous, plus que le patron.
15:00Et le collaborateur, parce que s'il n'est pas là, on n'arrive pas à produire.
15:04Donc une entreprise, c'est des clients et des collaborateurs.
15:08Vous pensez que votre génération a changé de ce point de vue-là, sur ce rapport-là, par rapport à ceux qui vous ont précédé à la tête de l'entreprise ?
15:14Je ne pense pas.
15:15Je ne pense pas pour avoir beaucoup...
15:17Moi, j'étais très éduqué par mon grand-père qui avait un fonctionnement d'entreprise patrimoniale, paternaliste.
15:23En fait, quand on a un management paternaliste, on s'intéresse à nos collaborateurs, c'est notre famille.
15:28On a juste changé le format, maintenant on lui met des rapports, on est obligé de le formaliser.
15:33Mais l'état d'esprit...
15:33Il y a une mission dans le privé, peut-être, aujourd'hui, par rapport au paternalisme de l'autre fois ?
15:37Moi, je crois au management paternaliste.
15:40Après, ça dépend de comment on le transmet, comment on le met en avant.
15:44Mais moi, je trouve que l'important, c'est l'épanouissement de nos collaborateurs,
15:48quel que soit notre management et quelle que soit notre forme.
15:51Je reprends souvent l'exemple de Michelin et Clermont-Ferrand.
15:54Il y avait un fonctionnement totalement paternaliste où on logeait les gens, on les éduquait, on faisait les loisirs.
16:00Ricard, pareil.
16:02Compagnie de la naissance jusqu'à la mort.
16:03Et toute la famille.
16:05Et je pense qu'ils étaient heureux.
16:06Je ne pense pas qu'ils étaient moins heureux qu'aujourd'hui, un collaborateur qui est complètement détaché de son entreprise.
16:11Donc, l'important, je pense, c'est notre fil conducteur, c'est comment on peut épanouir nos collaborateurs,
16:15comment ils peuvent être heureux, et comment ils peuvent se développer financièrement
16:18pour construire une évolution pour leur famille.
16:21Alors, vous en avez dit un petit mot sur le changement de statut,
16:25parce que pour moi, c'est lié, mais une petite explication de texte quand même.
16:28Vous êtes très attaché à la responsabilité territoriale de l'entreprise.
16:31Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que ça signifie ?
16:34Une entreprise, elle vit dans un endroit.
16:36Comme vous habitez dans un quartier, une entreprise, elle est dans un quartier, dans un territoire.
16:41Vous, c'est Vinov-Loubet.
16:41Nous, le siège, c'est à Vinov-Loubet, on rayonne dans toute la région, principalement dans les Alpes-Maritimes,
16:45et puis dans toute la région Sud.
16:47Globalement, quand vous êtes dans ce quartier-là, vous êtes intéressé par ce quartier-là.
16:51Vous avez votre boulangerie, vous faites vos courses, vous avez vos loisirs, enfin voilà, c'est votre lieu de vie.
16:56Une entreprise, c'est pareil.
16:57Elle ne peut pas se couper de son territoire.
17:00Si elle se coupe de son territoire, elle ne peut pas recruter les bonnes personnes,
17:04elle contribue dans les clubs de sport, elle contribue du mécénat auprès de la culture,
17:09elle paye des impôts, et en fait, une entreprise, elle est altément liée à son territoire.
17:13S'il n'y a plus de territoire, il n'y a plus d'entreprise, comme s'il n'y a plus de...
17:16Je mettrais client, collaborateur, territoire.
17:18C'est ça qui nous doit donc guider, c'est le triptype.
17:21Sur la question de l'écosystème, est-ce que notre région, notre département, sont suffisamment business-friendly ?
17:29Ça veut dire pro-business, on ne s'en parle pas.
17:32Globalement, on est un territoire qui est plutôt assez ouvert pour les entreprises.
17:37On a des politiques plutôt libérales depuis maintenant plusieurs décennies,
17:40que ce soit dans l'ensemble des agglomérations et au département, la région y compris.
17:45Donc, on ne peut pas dire qu'on n'est pas écouté de ce côté-là et qu'on n'est pas favorable.
17:51Après, on a quand même le tourisme, qui est des fois l'arbre qui cache la forêt.
17:55Et il est important de dire que l'économie, ce n'est pas que le tourisme.
17:58C'est d'autres choses.
18:00Et donc, c'est aussi important de comprendre comment on peut mettre un terreau fertile
18:03pour que les entreprises hors tourisme puissent se développer.
18:06Et pour ça, il y a deux choses importantes.
18:08C'est la disposité du foncier.
18:09C'est-à-dire qu'il faut un terrain pour que l'entreprise puisse se développer.
18:12Et il faut des emplois et des formations qui correspondent à notre tissu économique.
18:18Parce que si on n'a pas les bons collaborateurs formés, ça ne marche pas.
18:20Et puis, il faut des taxes qui soient acceptables.
18:23Et pas plus de taxes que dans d'autres régions.
18:25Parce qu'il y a certaines taxes, vous le savez.
18:28Par exemple, le versement de mobilité régionale, c'est un sujet que j'ai porté fort.
18:30Il n'y a pas toutes les régions.
18:32Alors, je ne vais pas spoiler la suite.
18:33Mais en tout cas, il faut qu'on soit équilibré en termes de fiscalité également.
18:37Votre groupe a-t-il des ambitions nationales, internationales ?
18:40Non, pas du tout.
18:41Nous, on a une culture territoriale.
18:43Comme on veut être proche de notre territoire, on veut le connaître.
18:45On veut être proche de nos collaborateurs, on veut être proche de nos clients.
18:48La limite de ça, c'est qu'on ne peut pas s'étendre dans le monde entier.
18:51Donc, vous apprenez le japonais pour le plaisir.
18:52C'est uniquement pour le plaisir, mon cher.
18:54Tout à fait.
18:55Juste un petit mot, parce que vous l'avez fleuré.
18:58Vous savez, vous considérez qu'il y a assez d'appréciation pour l'industrie dans ce département, dans cette région ?
19:04Est-ce qu'on n'en fait pas beaucoup pour le tertiaire qui est moins consommateur d'espace, moins polluant ?
19:09Est-ce que vous qui êtes sur ces deux métiers, est-ce que vous considérez que les industriels sont suffisamment bien traités dans le département ?
19:17On est plutôt bien vu par nos politiques et par le débat national-politique.
19:22Après, il y a le discours et les réalités de fait.
19:25Alors juste, les industries ne sont pas toutes polluantes.
19:26Il y a des industries qui polluent moins que le tertiaire.
19:28Donc, il ne faut pas non plus toujours faire des raccourcis, c'est important de le dire.
19:33Donc, je pense que le problème, c'est le foncier qui nous crée des problèmes.
19:36On n'a pas une culture industrielle parce qu'on a un foncier qui est cher.
19:39Ça, c'est une réalité.
19:39On ne sera jamais une terre industrielle comme le nord de la France.
19:43Par contre, on peut avoir des industries de proximité pour avoir des savoir-faire industriels.
19:48Nous, on a repris des entreprises qui allaient fermer, qui n'avaient pas de repreneurs avec 7, 8 salariés
19:52parce que c'était trop compliqué, parce qu'il n'y avait pas de foncier disponible.
19:56Et nous, on a pu mutualiser les choses, donc on a réussi à le faire.
20:00Et je pense que ce savoir-faire industriel, même dans notre territoire, il faut qu'on arrive à le conserver.
20:04On a eu le Amagnan pour les Niçois ou dans la vallée du Payon.
20:10C'était des terreaux industriels qui sont quand même désindustrialisés à cause de la pression foncière.
20:14Donc, il ne faut pas abandonner.
20:16Par contre, il faut peut-être qu'on pense à l'industrie de demain et à l'industrie de proximité.
20:20A propos de l'avenir, le 17 octobre, vous avez organisé une réunion publique dans vos locaux de Villeneuve-Loubet
20:24pour, disiez-vous, construire une nouvelle gouvernance.
20:27D'abord, comment s'est passée cette réunion ?
20:29Très bien passée.
20:30Écoutez, moi, c'était important parce que je connais bien les sphères de l'entreprise, du monde économique,
20:34mais on a des fois un peu dans l'entre-soi, donc c'était aussi important de pouvoir discuter avec le grand public.
20:38C'était ouvert à tous.
20:39C'était ouvert à tous.
20:40Il y avait des fonctionnaires, il y avait des travailleurs du public, du privé,
20:44il y avait des chefs d'entreprise aussi, bien sûr, des professions libérales, des médecins.
20:47Et donc, en fait, je voulais pouvoir échanger un peu de mon expérience à l'UPE
20:52dans un monde un peu plus large pour voir s'il y avait des convergences d'idées.
20:57Et le sujet majeur qui en est ressorti, c'est qu'au final, on n'a pas un problème d'idées en France
21:01ou dans nos territoires, on a un problème de gouvernance qui empêche de mettre en place ce qu'on devrait faire.
21:06Donc, je suis maintenant contre le débat d'idées, je suis pour un débat de gouvernance,
21:10et malheureusement, dans la politique, personne ne porte un sujet de gouvernance.
21:13Est-ce que la Ve République, est-ce que nos instances parlementaires,
21:17est-ce que notre fonctionnement, notre millefeuille administratif
21:19entre la région, le département, les collectivités,
21:22a du sens pour pouvoir changer et réformer notre pays ?
21:25C'est le fonctionnement que vous pouvez proposer de rénover.
21:27Voilà, et je suis convaincu, c'est même ma vraie...
21:30Ma conviction, c'est de se dire qu'aujourd'hui,
21:33on n'a pas le fonctionnement qui nous permet de changer et de nous réformer.
21:37Elle va les bouger sur quoi, cette réunion ?
21:39Écoutez, il y en a beaucoup qui en veulent en faire d'autres,
21:41qui veulent les élargir.
21:43Après, j'ai beaucoup d'engagement,
21:45et donc, à un moment, je ne peux pas tout faire non plus.
21:48Et puis, c'était censé être aussi un mouvement collectif,
21:50donc le but, je n'ai pas vocation à prendre le leadership dans ces réunions.
21:54Moi, j'ai insufflé la chose, mais...
21:57C'est un lancement politique ?
21:58Ce n'est pas un lancement politique,
21:59c'est un lancement pour peut-être peser sur la politique.
22:02Et je pense que c'est ça qui est important,
22:03c'est que quand on est des citoyens engagés,
22:06quand on voit dans quelle situation on est,
22:07à un moment, on a une responsabilité individuelle peut-être de s'engager,
22:10on a une responsabilité peut-être collective de faire évoluer les choses.
22:13C'est trop facile de critiquer, de s'immigrer.
22:16À un moment, il faut...
22:16Moi, je veux pouvoir critiquer.
22:18Je veux pouvoir critiquer,
22:19mais pour pouvoir critiquer et me regarder à la glace,
22:21il faut s'engager.
22:23À le maximum.
22:24Justement, on vous dit très friand de politique,
22:26hésitant à vous engager, c'est vrai ?
22:29C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai.
22:30Vous savez, quand vous êtes engagé dans le monde patronal,
22:33dans le monde syndical,
22:34que vous fréquentez les élus,
22:35que vous proposez des plans,
22:36que vous proposez des choses
22:37qui, certaines fois, aboutissent
22:38et d'autres fois, qui n'aboutissent pas,
22:40c'est la frustration du chef d'entreprise.
22:42Quand je suis dans mon entreprise,
22:43j'ai les libertés d'action
22:44pour pouvoir faire à peu près tout ce que je veux.
22:47Quand on est obligé de discuter avec les politiques,
22:48c'est la politique qui tient le silo à la fin,
22:51avec ses contraintes.
22:51Vous avez des horizons plus larges
22:53pour votre gestion d'entreprise.
22:55L'entreprise est dans un territoire
22:56et mon territoire dépend aussi des politiques de ce territoire
22:59et des politiques de la France,
23:00mais des politiques du territoire.
23:01Donc forcément, à un moment,
23:03je veux pouvoir peser
23:04pour que les choix politiques soient les bons
23:06pour mon entreprise,
23:07pour toutes les entreprises
23:08et pour les travailleurs de ce territoire.
23:10Si on parle politique,
23:11est-ce que vous êtes de droite ?
23:13Moi, je trouve que droite-gauche,
23:16c'est un clivage qui est as-been.
23:18Les partis ne parlent plus aux gens.
23:20Il y a des très bonnes idées à gauche,
23:22il y a des très bonnes idées à droite.
23:24Je vais prendre des exemples.
23:25Un peu plus loin que les partis,
23:26c'est un grand courant de pensée.
23:28Je suis plutôt libéral.
23:29Je suis libéral.
23:30Est-ce qu'être libéral,
23:32c'est être de droite ?
23:33Je ne sais pas.
23:34Il me semble qu'on avait des libéraux de gauche.
23:36Il fut un temps.
23:38Mais voilà,
23:39moi, j'écoute aussi beaucoup
23:41ce qui peut se dire à LFI
23:42avec qui je ne partage pas forcément
23:43beaucoup d'idées économiques.
23:46Mais je pense qu'il y a des sujets
23:47sur lesquels,
23:48sur par exemple la taxation
23:51des plus hauts revenus,
23:53la répartition de la richesse.
23:54Ce sont des sujets qui sont des sujets sociétaux
23:55qu'il faut mettre sur la table.
23:56Et je pense que la droite,
23:58en tout cas,
23:59devrait pouvoir aussi poser ces questions-là
24:01ouvertement
24:01et qu'on ait un débat sociétal,
24:03ça ne veut pas dire qu'on est pour.
24:04Et concrètement,
24:05sur l'engagement.
24:05Alors voilà,
24:06sur l'engagement,
24:06on va vous poser les questions clairement.
24:08Pierre-Épollito,
24:09est-ce que vous serez candidat
24:10à Villeneuve-Loubet au municipal ?
24:11Non.
24:12Non ?
24:12Non,
24:13j'ai que mon entreprise à Villeneuve-Loubet,
24:14moi j'habite à Nice
24:15et j'ai effacé...
24:16Alors, bah tiens,
24:16attendez la perche,
24:17Nice,
24:18on en parle aussi,
24:19votre nom circule,
24:20c'est exclu,
24:21d'être sur une liste,
24:21peut-être pas...
24:22Non, non,
24:22moi ce qui m'a surpris,
24:23c'est que déjà,
24:23moi j'ai une personne qui m'en plaît
24:25me disant que j'étais sur des sondages
24:26sur le milieu de...
24:26Ah oui,
24:27on va parler aussi.
24:28Ça vous a flatté d'être...
24:29Alors,
24:29ça m'a surpris,
24:30flatté,
24:31je ne dirais pas jusque-là
24:41effectivement votre nom était cité
24:43parmi les personnes à...
24:46parmi les personnes du sondage.
24:48Oui.
24:49Bon, ça ne fait pas de mal à l'ego,
24:50je pense que ça,
24:51tout le monde le prend,
24:52mais pour autant,
24:53c'était plutôt la surprise
24:53parce que c'est vrai que jusqu'à présent,
24:55j'ai toujours été à côté de la politique
24:57ou au-dessus de la politique.
24:59Donc, forcément,
25:01ça m'a surpris,
25:01ça m'a questionné,
25:02je me dis mais pourquoi ?
25:04Vous l'avez pas mal pris ?
25:05Non, je l'ai pas mal pris.
25:07Ce qui est certain,
25:07c'est que je pense que tous les citoyens
25:09en fait peuvent s'engager,
25:10sont légitimes pour faire de la politique
25:12et c'est pas parce que je suis chef d'entreprise
25:13que je suis plus ou moins légitime,
25:15je suis avant tout un citoyen
25:16donc ça ne m'a pas surpris.
25:19Vous pourriez être sur une liste en mars ?
25:20Si je m'engage en politique,
25:21ça sera uniquement sur le territoire métropolitain,
25:25oui, pas sur...
25:26Donc ça veut dire que vous serez sur une liste ?
25:27Non, ça ne veut pas dire ça.
25:29Ça veut dire que si je m'engage en politique,
25:30ça sera plutôt sur le territoire de Nice
25:31parce que la métropole,
25:33c'est celle qui a la compétence économique,
25:35c'est là où on a un poids économique plus important.
25:37Mais du coup,
25:38vous serez sur une liste en mars ?
25:39Non, aujourd'hui 31 décembre
25:41et c'est ce que j'ai dit
25:41parce que j'ai échangé sans indiscrétion,
25:44j'ai échangé avec les deux candidats principaux
25:46pour la ville
25:48que je connais, que j'ai côtoyés,
25:50que je respecte bien évidemment,
25:52qui m'ont pour certains proposé beaucoup de choses.
25:55Je leur ai dit et je vous dis la même chose,
25:57jusqu'au 31 décembre,
25:58je clôture mon année,
25:59je m'occupe de mon entreprise.
26:01En janvier, février, mars,
26:03je pense que je m'impliquerai
26:04d'une façon ou d'une autre
26:05pour peser dans le débat politique
26:07sur les volets qui me concernent,
26:09c'est-à-dire le volet économique,
26:10emploi par exemple.
26:12Est-ce que ça sera sur une liste ?
26:14Probablement pas.
26:15Est-ce que ça sera en tout cas
26:17dans le périmètre politique ?
26:18Probablement que oui.
26:19La présidence de la CCI,
26:20ça peut vous intéresser ?
26:22La CCI,
26:22il y en a aussi beaucoup qui...
26:24Ce n'est pas des sondages,
26:25mais...
26:25C'est pour ça qu'on vous pose la question.
26:29Parce que ça n'intéresse personne,
26:30la CCI du grand public.
26:31La vraie question,
26:32c'est est-ce que les CCI parlent aux gens ?
26:34Est-ce que les CCI ont de l'avenir ?
26:36La Chambre de commerce et l'industrie.
26:37La Chambre de commerce et l'industrie.
26:38Emmanuel Macron a plutôt réduit
26:40ses capacités d'investissement.
26:43C'est le monde économique,
26:44la Chambre de commerce.
26:45Donc, on a de la Chambre,
26:46d'avoir une Chambre de commerce qui est...
26:47Ça vous intéresse moins
26:48que la politique aujourd'hui ?
26:49Je pense qu'on a plus de capacités
26:51à agir en politique
26:51qu'à la Chambre de commerce.
26:53Il y a une question très indiscrète,
26:55mais vous êtes donc inscrit
26:56sur la liste électorale à Nice.
26:57Pour qui vous voteriez aujourd'hui
26:59au municipal ?
27:00S'il y a ce sondage
27:01pour lequel on vous appelait,
27:02vous voteriez pour qui
27:03dans les candidats connus ?
27:05Pierre Hippolyto.
27:06Ah, ben voilà !
27:08Ça veut dire que vous ne serez pas
27:10forcément sur la liste d'un autre,
27:11mais peut-être votre propre liste.
27:12Pourquoi un titulaire
27:13peut monter sa liste aussi ?
27:15Après, on a un contexte
27:16qui est compliqué aussi,
27:17mais oui...
27:19Il a déjà les pirouettes
27:21de l'homme politique.
27:22Bravo, Pierre Hippolyto.
27:24Une dernière petite question,
27:24puis après on vous montrera
27:25une galerie de portraits
27:26avec Fred Maurice.
27:29C'est un autre sujet
27:29depuis le printemps.
27:31Vous êtes réserviste
27:32des armées.
27:34En quoi ça consiste
27:35et pourquoi ce choix ?
27:36D'ailleurs, ça vous a devenu
27:37une blessure, si j'ai dit ça.
27:38Oui, une blessure, tout à fait.
27:40Écoutez, j'ai toujours
27:41eu une sensibilité militaire
27:42puisque j'ai voulu faire Saint-Cyr
27:44quand j'étais jeune.
27:45Finalement, j'ai eu une carrière
27:45dans l'entrepreneuriat,
27:46c'est très bien aussi.
27:48J'ai noué des relations
27:49assez fortes avec l'armée
27:50quand j'étais à l'UPE 06
27:52pour rapprocher
27:54le monde militaire
27:54du monde civil.
27:57Et je voulais déjà
27:59pouvoir m'engager aussi
28:00pour mon pays,
28:01au-delà de ce que je peux faire
28:02en tant que chef d'entreprise
28:03ou bénévole
28:04dans des associations.
28:06Finalement,
28:06c'était le bon moment
28:07pour moi de m'engager.
28:09La réserve,
28:09il faut savoir
28:10que tout le monde
28:10peut s'engager en réserve,
28:11quel que soit son profil,
28:12quel que soit ses diplômes.
28:13c'est un temps à louer
28:16dans l'année,
28:17donc c'est entre 10
28:18et 100 jours par an.
28:20Donc c'est assez flexible
28:21aussi les contrats
28:21en fonction de ses compétences,
28:23en fonction de son profil.
28:25Il y a forcément
28:25un besoin à l'armée.
28:27Et donc,
28:27sur mon profil,
28:29je voulais aussi montrer
28:30l'exemple
28:30que les chefs d'entreprise
28:31peuvent s'engager
28:31dans l'armée
28:32en tant que réservistes.
28:34Moi, je suis au 3e régiment
28:36d'artillerie marine
28:37à Cange-Werse,
28:38donc les canons César
28:39qui ont fait la une.
28:40donc je ne vais pas dire
28:42que ce n'est pas moi
28:43qui mets les obumes
28:43parce que je n'ai pas le physique,
28:44mais en tout cas,
28:45j'essaye d'amener
28:46ma compétence,
28:47mon regard extérieur
28:48dans l'armée,
28:49dans une situation
28:50avec des codes différents
28:51et pour moi,
28:52c'est aussi contribuer
28:53à mon pays
28:54d'une certaine façon.
28:54Comment vous trouvez le temps ?
28:56Le temps, on l'a toujours après.
28:57Quand même,
28:57votre entreprise doit vous prendre
28:58déjà beaucoup de temps
28:59en plus de vos engagements syndicaux.
29:01Alors, pour l'armée,
29:02on est entre 20 et 30 jours,
29:03donc déjà,
29:04on peut faire un peu
29:04le week-end aussi,
29:05ça, ce n'est pas interdit.
29:07Et oui, forcément,
29:08j'ai des grosses journées,
29:09mais quand on est engagé,
29:10passionné,
29:11on ne voit pas le temps passer
29:12et la fatigue,
29:13elle est souvent dans la tête
29:14quand on est malheureux.
29:15Quand on est heureux
29:16et passionné,
29:16on n'est jamais fatigué.
29:17Très bien,
29:18on va enchaîner,
29:18si vous voulez bien,
29:19effectivement,
29:19comme vous l'a dit Nicolas,
29:20avec une galerie de portraits,
29:21une phrase pour chacun
29:22des portraits
29:23qu'on va vous présenter,
29:24si vous voulez bien.
29:24On commence,
29:25si vous voulez bien,
29:25par Eric Ciotti.
29:28Une phrase à chaque fois.
29:29Qu'est-ce qui vous inspire ?
29:30Qu'est-ce que vous avez
29:30envie d'en dire ?
29:31Il m'inspire
29:32un courage politique certain
29:34et une envie d'avancer.
29:38Christian Estrosi.
29:40Un bâtisseur visionnaire.
29:42Jean-Pierre Rivère.
29:46Un des rares
29:46qui a réussi dans le sport.
29:48Vous comprenez son engagement ?
29:51Ça ne risque pas
29:52de nuire
29:55à sa carrière,
29:57à sa réputation,
29:58à sa notoriété ?
29:59Quand on s'engage
29:59en politique,
30:00quand on s'engage
30:01dans la société,
30:01quelle qu'elle soit,
30:02on se fait des ennemis.
30:04Donc forcément,
30:04il y en a qui aiment,
30:05il y en a qui n'aiment pas.
30:06Donc forcément,
30:07une partie nuira
30:08à son image
30:09et une autre partie aimera.
30:10Donc je pense que c'est
30:11un acte courageux
30:12qu'il a fait.
30:12L'oblite chapeau.
30:13Je dis,
30:14c'est un acte courageux,
30:15bravo.
30:15On rappelle donc
30:16les candidats sur la liste
30:18d'Éric Ciotti
30:19aux élections municipales
30:19de Nice
30:20pour devenir premier adjoint.
30:21Et ancien président
30:22de l'OGC Nice.
30:23Lionel Lucas,
30:24à présent,
30:25Pierre-Hippolito,
30:26le maire de Villeneuve-Loubet.
30:27Voilà,
30:27le maire des républicains
30:28de Villeneuve-Loubet.
30:28Un homme libre,
30:29courageux,
30:30de proximité,
30:31indéboulonnable.
30:33Avec une personnalité
30:33un peu particulière
30:34parce que c'est quelqu'un
30:35qui brouille les pistes.
30:36Par exemple,
30:36c'est quelqu'un qui révalue
30:37les impôts chaque année
30:38à Villeneuve-Loubet.
30:40C'est un homme politique libre
30:41au-delà de tout parti
30:41et qui du coup
30:42a ses convictions personnelles
30:43qu'il assume.
30:44Et pour moi,
30:44c'est ça la politique,
30:45c'est d'assumer ses convictions.
30:48Autre portrait
30:48à vous montrer,
30:49celui de Renaud Muselier,
30:50le président
30:56sur le versement
30:57en mobilité régionale,
30:58une taxe,
30:58donc mobilité.
31:00Un homme engagé,
31:02un Marseillais de cœur.
31:05Ce n'est pas un défaut.
31:06Ce n'est pas un défaut.
31:07Pour l'histoire.
31:08Pour l'histoire,
31:08ce n'est pas un défaut.
31:11Qui a besoin
31:16d'être assuré
31:18de l'ensemble de soutien
31:21et qui n'est pas très ouvert
31:22à un débat
31:24et à des critiques.
31:25Ah, quand même.
31:27Et là,
31:27vous pensez en particulier
31:28au versement
31:28en mobilité régionale
31:29avec lequel vous avez fait.
31:30Je parle de mon expérience personnelle.
31:32Je pense qu'on doit pouvoir
31:34être en désaccord
31:35sur certains sujets,
31:36pouvoir débattre
31:37sans pour autant
31:38être dans des relations
31:40d'ennemis.
31:41Moi, je ne suis pas ennemi
31:42avec Renaud Muselier.
31:43Il a fait plein de bonnes choses
31:44pour la région.
31:45Mais en tout cas,
31:46le versement en mobilité régionale
31:47a été une erreur
31:48et une grosse erreur.
31:50Finalement,
31:51il n'a pas été mis en œuvre.
31:53Oui, il a été mis en œuvre.
31:53Dans la totalité du projet.
31:55Il a été mis en œuvre
31:55en 2025
31:56et il a été réduit
31:57de moitié en 2026.
31:58Oui, c'est pour ça.
31:59Donc, reconnaître
32:00deux mois après
32:01la mise en place
32:02que je le réduis
32:02de 50%
32:03montre une incohérence
32:05clairement
32:06de ligne de conduite.
32:07Allez, autre portrait.
32:08David Lysnard,
32:09le maire
32:09Les Républicains
32:10de l'énergie de Cannes.
32:11La personne
32:12avec laquelle
32:12peut-être intellectuellement
32:13je suis le plus aligné
32:14qui essaye de faire
32:18un pas de côté
32:18en politique
32:19dans le programme,
32:20dans le contenu,
32:20dans la vision.
32:21Il parle beaucoup
32:21de gouvernance
32:22si vous regardez.
32:23Absolument.
32:24Plus que d'idées
32:25et je pense que
32:26son approche
32:26sur la gouvernance
32:27et sur la simplicité
32:29des choses
32:29me paraît du bon sens
32:31que j'apprécie particulièrement.
32:32Sébastien Lecornu,
32:35notre premier ministre.
32:36Un réserviste.
32:37Oui, absolument.
32:38Un très bon ministre
32:39des armées
32:39qui est engagé
32:41pour son pays
32:42avec qui j'ai
32:43le plus grand respect.
32:45Pour autant,
32:46aujourd'hui,
32:47je pense qu'il est
32:49dans une gouvernance
32:49qui ne permet pas
32:50de...
32:51Il ne peut pas réussir
32:52et s'épanouir
32:53et en tout cas,
32:54aujourd'hui,
32:54ce n'est pas un succès.
32:56Emmanuel Macron,
32:58président de la République.
32:59Président brillant
33:00intellectuellement.
33:02Mais est-ce
33:04un homme de conviction
33:05et est-il prêt
33:06à se sacrifier
33:07pour son pays ?
33:07Je ne sais pas.
33:08Il a dépassé
33:08les clivages
33:09que vous fustigez
33:10tout à l'heure.
33:10Oui, clairement.
33:11Il a réussi
33:12à faire ce pas de côté
33:13pour créer
33:13un nouvel esprit politique.
33:17Après...
33:17Est-ce que la France
33:18va mieux qu'il y a 9 ans ?
33:20Je ne pense pas
33:20que la France aille mieux.
33:21Donc, en tout cas,
33:22si on regarde ce volet-là,
33:23ce n'est pas un succès.
33:24C'est sa responsabilité ?
33:25Quand on est le numéro 1,
33:26on est responsable.
33:28On est tous responsables
33:29collectivement
33:29de beaucoup de choses.
33:30Mais plus on monte
33:31dans une chaîne hiérarchique,
33:32plus on est responsable
33:33et plus on doit assumer
33:34ses actions et ses actes.
33:36C'est le cas dans l'entreprise,
33:37c'est le cas dans la politique.
33:38Donc, oui,
33:38il est responsable.
33:40Jordan Bardella,
33:41un impétrant,
33:42président de l'Assemblée nationale.
33:44Et plus jeune que moi.
33:46Maintenant, en politique,
33:46ils sont tous plus jeunes que moi.
33:47Quasiment,
33:48disons-moi avec vous.
33:50Je ne le connais pas.
33:52Bon, en tout cas,
33:52quelqu'un qui parle bien,
33:55qui défense ses idées,
33:56qui m'a l'air d'être engagé.
33:58Sur l'économie,
33:59vous inquiète ?
34:00Pour l'instant,
34:01ça reste encore un peu flou.
34:02C'est ça le problème ?
34:03C'est que...
34:04Mais tout pour tous les partis.
34:05Voilà.
34:05À la limite,
34:06c'est LFI
34:06qui a le programme
34:06le plus clair économique.
34:08Les autres,
34:08il y a quand même
34:08encore un petit flou.
34:09Justement,
34:10Jean-Luc Mélenchon,
34:11c'est le suivant.
34:11Jean-Luc Mélenchon,
34:12un orateur brillant
34:14avec qui je ne partage
34:17pas beaucoup d'idées
34:18et qui aurait pu travailler
34:23un peu dans le privé
34:24avant de pouvoir peut-être
34:25faire des généralités.
34:26À gauche,
34:27Marine Tondelier.
34:30J'ai eu l'occasion
34:32de l'écouter
34:33à la REF,
34:34la rencontre du MEDEF
34:36à Paris,
34:36à Roland-Garros,
34:38qui,
34:40comme beaucoup d'écologistes,
34:42a du bon sens,
34:43mais qui,
34:44des fois,
34:44fait un peu trop
34:45de politique
34:45et de calcul politique
34:47malheureux.
34:48Georgia Meloni,
34:51première ministre.
34:51Présidente du Conseil italien.
34:52Oui,
34:53président du Conseil.
34:55Une femme engagée
34:57qui a appliqué ses idées
34:59et qui s'est entourée
35:00d'un monde économique
35:01qui a construit
35:03un programme
35:04dont elle a délégué
35:05la responsabilité
35:06et qui a plutôt,
35:07pour l'instant,
35:08plutôt bien marché.
35:08C'est la bonne méthode.
35:10En tout cas,
35:10quand je pense,
35:11quels que soient
35:11les partis politiques,
35:12s'ils laissent
35:13les chefs d'entreprise
35:14construire les programmes
35:16économiques,
35:16je pense que c'est
35:17une piste de réflexion
35:17intéressante
35:18parce qu'au moins,
35:19on sait de quoi on parle.
35:20Peut-être des technocrates.
35:21Il nous en reste trois
35:22à vous montrer.
35:24Fred ?
35:24Ursula von der Leyen,
35:26la patronne
35:28de la Commission européenne.
35:31On vous la souvient
35:32notamment
35:32en question
35:33de l'accord sur le Mercosur
35:33parce qu'on vient
35:34de reporter
35:35la ratification.
35:37Le Mercosur,
35:38je pense que c'est
35:39un sujet assez touchy.
35:41Je n'ai pas d'avis sur elle,
35:42je ne la connais pas.
35:44Mais sur le Mercosur,
35:45par exemple,
35:45qu'est-ce que ça vous inspire
35:46comme chef d'entreprise ?
35:47Je pense que ça,
35:49c'est typiquement,
35:49ça fait dix ans
35:50quand même
35:50que c'est dans les tuyaux
35:51avant qu'on s'excite maintenant,
35:53mais je pense que ça mérite
35:54un vrai débat sociétal
35:55parce que la réalité,
35:57c'est que économiquement,
35:58en création d'emplois,
35:59on gagne,
36:00la France,
36:00je parle,
36:01on gagne à faire cet accord.
36:02Absolument.
36:03Très largement.
36:04Très largement.
36:04pour autant,
36:06il y a certains secteurs
36:07qui peuvent perdre.
36:09Mais élevage en particulier.
36:11Et quand on parle en pourcentage,
36:12ça reste ridicule.
36:13Donc c'est du symbolique.
36:14C'est du symbolisme.
36:15C'est important le symbole.
36:17Mais le problème,
36:18c'est qu'on n'explique pas
36:19et on ne fait pas
36:19de la pédagogie aux gens
36:20parce que la réalité,
36:22si les Français
36:23ne veulent pas acheter
36:24la viande de là-bas,
36:25ils n'achètent pas
36:25à leur supermarché,
36:26le supermarché n'achète pas
36:27la viande de là-bas
36:28et il n'y a pas de problème en fait.
36:30Sauf que les éleveurs disent
36:31la compétitivité
36:32nous est défavorable,
36:34ils vont arriver
36:34avec des prix inférieurs
36:35aux nôtres.
36:35Mais c'est déjà en chèteront
36:36parce que c'est moins cher.
36:37Donc le Français,
36:38il dit qu'il veut protéger
36:38son agriculteur,
36:39il doit pouvoir acheter
36:40sa viande plus chère.
36:42Ça, c'est une réalité
36:42qui aujourd'hui est factuelle.
36:45Après, ce qui est un peu
36:46pour moi qui me perturbe
36:47dans ces accords-là,
36:48c'est qu'on impose
36:48à la France
36:50et aux agriculteurs français
36:51une réglementation
36:52qui n'est pas celle
36:52de ces pays-là.
36:54Donc le produit sur le marché
36:56doit être soumis
36:56à la même réglementation.
36:57Sinon, il y a une distorsion
36:58de concurrence
36:59et c'est ça qui est injuste.
37:01Ce n'est pas tant
37:01que la viande,
37:02elle vienne d'ailleurs,
37:03c'est qu'elle vienne d'ailleurs
37:03avec d'autres contraintes
37:04et d'autres réglementations,
37:05notamment sur la norme d'hygiène.
37:07On va finir avec
37:09le portrait de Donald Trump.
37:11Qu'est-ce qui vous inspire ?
37:14Donald Trump est quelqu'un
37:16de libre, courageux,
37:18qui va au bout de ses idées.
37:20Pour ça, je le respecte,
37:21qu'elle soit bonne ou mauvaise.
37:22Je trouve que c'est bien
37:23d'avoir des gens
37:23qui vont au bout de ses idées.
37:24Moi, j'ai toujours été élevé
37:25dans un débat
37:26avec des gens très à gauche,
37:29des gens très à droite
37:30dans un même de ma famille.
37:31Le débat n'est pas possible.
37:32Chez lui, en tout cas,
37:33il a ses idées,
37:33il les assume,
37:34même si ça déplait au système.
37:37Oui, quand c'est
37:38Royaume-Muselier,
37:38vous trouvez qu'il est trop fermé ?
37:40Je ne suis pas d'accord avec lui.
37:43En tout cas,
37:45moi, je ne suis pas d'accord
37:46avec ses méthodes.
37:47Ce que je peux dire de Donald Trump,
37:48c'est qu'il défend ses citoyens
37:50avant toute chose.
37:51Et je pense que c'est ça
37:52qu'on doit oublier en France.
37:53C'est qu'on est président de la France
37:55au Premier ministre des Français
37:56avant des autres.
37:58Au détriment,
37:59éventuellement,
37:59du commerce libre.
38:01Vous savez,
38:01on m'a posé une question
38:02en me disant
38:02« Qu'est-ce que vous pensez
38:03de la guerre en Ukraine ?
38:04Vous êtes plutôt ukrainien ou russe ? »
38:07D'abord,
38:07je n'ai pas les infos,
38:08mais ce qui est certain,
38:08c'est que si j'étais
38:09président de la République,
38:11je regarderais
38:13l'intérêt des Français
38:13avant l'intérêt des Russes
38:14et des Ukrainiens.
38:15Oui,
38:15l'intérêt pas forcément immédiat,
38:17mais celui des années à venir aussi.
38:18Des Français.
38:19Et des menaces
38:19qui se présentent
38:20à l'année dernière.
38:20Des Français.
38:21C'est plus complexe aussi
38:22que le discours du juste...
38:24Enfin,
38:24immédiat.
38:25Exactement.
38:26Mais je pense que
38:26ce que fait Trump très bien,
38:27c'est que lui,
38:28il n'en a rien à faire
38:29des intérêts des Européens,
38:30des Chinois.
38:31Lui,
38:31il regarde l'intérêt des Américains.
38:33Et je pense qu'un homme politique
38:34ou un maire
38:35doit regarder l'intérêt
38:36uniquement de ses citoyens.
38:37La première fois,
38:38on pourrait dire
38:38que c'est du court-termisme.
38:39Parce que peut-être
38:39que l'intérêt,
38:40c'est peut-être
38:40de défendre l'Europe
38:42dans un peu plus long terme.
38:44Parce que si chacun pense à soi,
38:45ça ne mène pas au conflit aussi.
38:46L'intérêt général
38:48de ses citoyens,
38:50je précise du coup,
38:51pas l'intérêt personnel,
38:52ce n'est pas l'intérêt court terme.
38:55C'est l'intérêt...
38:56Ça peut être un intérêt long terme.
38:57Bien sûr.
38:57Et ça, c'est vrai
38:58que les choses sont plus complexes.
38:59Vous pouvez faire un référendum
39:00à court terme
39:00qui explique qu'il ne faut pas le faire
39:03et que pour autant,
39:04la responsabilité du chef d'État
39:04c'est de le faire
39:05parce qu'à 10 ans,
39:06c'est ce qu'il fallait faire.
39:06Tout à fait.
39:07Absolument.
39:08Très bien.
39:09On va finir cet entretien,
39:10si vous voulez bien,
39:10avec la question perso
39:11que vous avez posée
39:12par Nicolas Gallup.
39:20Donc, Nicolas...
39:21Oui, pardon.
39:22Pierre Hippolito,
39:23à la présidence de l'Union
39:24pour l'entreprise
39:25des Alpes-Maritimes,
39:25le PE06,
39:262023-2025.
39:28Vous avez pris la lumière.
39:30C'est ce qui vous a révélé.
39:31Qu'est-ce que ça a changé en vous ?
39:34Ça m'a permis
39:36d'être de plus en plus engagé
39:37et de comprendre
39:37les rouages de notre pays
39:38pour les bons côtés
39:40et les mauvais côtés
39:41et de comprendre
39:42que le territoire
39:44est le plus important
39:45au-delà de la macro-économie
39:47ou des gros discours
39:48grandioses.
39:50C'est le terrain qui compte,
39:51c'est la proximité
39:52et c'est cet engagement
39:53qui m'a donné encore envie
39:54de m'engager encore plus
39:55pour essayer de changer les choses
39:56à la fois dans mon entreprise
39:58et puis à la fois
39:58pour mon territoire.
39:59Merci Pierre-Hippolito.
40:01Merci de votre participation
40:02à cette émission.
40:02Merci à vous, merci beaucoup.
40:04Merci Nicolas
40:04de l'avoir co-animé.
40:05Merci Frédéric.
40:06Merci en régie
40:06à Sophie Doncet
40:08et Philippe Bertigny
40:09pour la réalisation
40:10de cette émission.
40:10Merci à tous
40:11de l'avoir suivi,
40:12d'avoir été fidèle
40:13à tous les rendez-vous
40:13de cette année.
40:15On observe la trêve
40:17des Confiseurs,
40:18donc pas d'émission
40:18pour les deux semaines
40:19qui viennent.
40:19On se retrouvera
40:20à la rentrée
40:21à Langue-Kévin.
40:22Comme on dit,
40:23merci à tous
40:24et très belle fête.
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