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  • il y a 4 semaines

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00:007h-9h, Europe 1 Matin.
00:02L'édito-politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:09Vincent, ce matin il faut encore et toujours parler du budget.
00:12La commission mixte paritaire se réunit aujourd'hui.
00:15Qu'il y ait accord ou non, on a compris que le Sénat et l'Assemblée ne s'entendraient pas
00:18et qu'il faudrait probablement une loi spéciale et un nouveau débat en janvier.
00:22Tout ça pour ça.
00:23Vous voulez que je vous dise mon sentiment profond Dimitri ?
00:26Quand un Français entend le mot budget, il sort son oreiller.
00:30Le désintérêt profond pour les dernières péripéties du projet de loi de finances
00:33est peut-être l'un des rares points qui peut réunir nos concitoyens.
00:37Comme le disait tout à l'heure l'éditorialiste Olivier Delagarde, la France s'en fout.
00:41Et ceux qui comme nous s'acharnent à suivre ont compris qu'il faudrait une loi spéciale,
00:45sans doute un débat en janvier, peut-être les retrouvailles avec le 49-3.
00:48Mais tous les autres ont depuis très longtemps intégré le triptyque du renoncement de ces textes,
00:54pas d'économie, beaucoup plus d'impôts et le sacrifice de la réforme des retraites.
00:58Un budget que la députée macroniste Astrid Panosian qualifie de passéiste et électoraliste.
01:03L'ancienne ministre sauve l'honneur d'un bloc central qui débloque.
01:07Mais vous croyez que ces débats provoquent de l'indifférence, de la colère, peut-être les deux en alternance ?
01:12C'est un mélange de fatigue et d'exaspération devant le spectacle franchement médiocre
01:16indonné par une assemblée nationale transformée en conseil général.
01:19En privé, les plus honnêtes protagonistes de cette histoire,
01:21voire qu'ils soient députés ou membres du gouvernement, confient même un sentiment de honte.
01:26Il faut dire que rien n'est reluisant dans cette affaire.
01:29La capitulation sur le fond, mais aussi l'acharnement à se présenter sur la forme
01:33comme les sauveurs d'une patrie en danger.
01:35Déjà, on doit subir l'augmentation de la dette et des taxes,
01:37mais en plus, Dimitri, il faut voir comment on nous parle.
01:40On nous inflige une bouille sémantique de fortune,
01:43une éloquence qui est aussi entre le maire de Champignac et le sabir techno-managérial.
01:47Dans un festival de celles et ceux, le Premier ministre et son adjoint Olivier Faure
01:51ont cherché des bougées, car pour la stabilité, il fallait un chemin vers l'indispensable compromis.
01:58La traduction en bon français est plus simple.
02:00Tout cédé aux socialistes avec l'accord tacite des LR pour tenir au moins jusqu'au municipal.
02:04Vous pensez donc que la rentrée politique sera particulièrement tendue ?
02:07Il suffit de regarder le mouvement des agriculteurs pour comprendre
02:09que l'exercice du pouvoir ne se résume pas à négocier des amendements
02:13pour satisfaire le parti socialiste.
02:14Le Mercosur reviendra en janvier, tout comme l'insécurité, l'immigration, la fermeture des usines.
02:20Vous savez, François Bayrou aime à dire que le soir de Noël, autour du Chapon,
02:23se cristallise le sentiment politique commun.
02:26Quand les familles se retrouveront dans quelques jours,
02:28il est peu probable qu'entre deux bouchées, on entende les mots stabilité ou compromis.
02:33En revanche, on risque fort de retrouver chez les jeunes, les moins jeunes,
02:35les cousins de droite et de gauche, le ras-le-bol d'un pouvoir qui s'achève dans la petite tambouille.
02:40On risque de vérifier que la politique n'est plus une espérance,
02:42mais une entrave, une impasse dont tout le pays voudrait enfin sortir.
02:46Mais finalement, Sébastien Lecornu a atteint son triple objectif, tenir, tenir, tenir.
02:51Vu sous cet angle, c'est indiscutable.
02:53La gauche s'est finalement vendue à très bon prix.
02:56La droite, toujours bonne pomme, elle, elle s'est donnée gratuitement.
02:59LFI et le RN se sont frottés les mains en voyant tomber les dividendes de l'opposition.
03:03Mais pendant ce temps, les urgences françaises, et Dieu sait s'il y en a, ont carrément été oubliées.
03:07On est passé de gouverner ses prévoirs à gouverner ses subirs.
03:10La politique a rétréci, elle s'est vidée de sa substance,
03:13en se configurant au seul exercice budgétaire, sans même parvenir à ses fins.
03:18Alors au terme de ces trois mois parlementaires déprimants et assommants,
03:21on attend impatiemment les fêtes de fins d'ennui.
03:24L'édito politique sur Europe 1.
03:26Merci beaucoup Vincent Trebolet de Villers.
03:27Merci beaucoup.
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