00:00Oui, tout à fait. Les deux affaires que vous venez d'évoquer, que ce soit à Toulon ou Marseille, sont encore deux nouveaux drames liés au refus d'obtempérer.
00:08Alors, pour le premier de Toulon, vous avez vu que c'était certainement un vol de véhicule avec de l'alcool au volant.
00:13Pour le deuxième, on ignore encore les motivations de cet individu. Mais en tout état de cause, nous avons des policiers qui, encore une fois, ont été soumis à rude épreuve,
00:22qui ont vu leur vie basculer, que ce soit dans le Var ou à Marseille, parce qu'ils ont été ou blessés et ils ont pris des risques considérables
00:31pour assurer la sécurité des concitoyennes, tout simplement, et juste pour faire leur boulot.
00:35Et on a, on le répète assez chez Allianz Police Nationale, chaque fois qu'on a l'occasion de parler, et très souvent sur votre antenne,
00:43on a cette lassitude, ça devient insupportable. On est excédé, nos collègues n'arrivent plus à faire leur travail sans prendre des risques,
00:51démesurés au quotidien, et on a des drames. Malheureusement, de plus en plus souvent, et partout en France,
00:58moi, en tant que responsable de la région, et l'actualité nous montre que la région PACA est bien évidemment exposée
01:05de manière exponentielle, et on a ce fléau, et on n'arrive plus, on n'arrive plus, on ne sait plus quoi faire,
01:12parce qu'on a des tirs, quand on a des tirs, on a des policiers en garde à vue, on a des policiers blessés,
01:17et on n'a toujours pas de doctrine claire, on a des risques qui sont encourus,
01:23on a une réponse pénale qui est toujours insuffisante, et clairement, on en a ras-le-bol.
01:27Voilà, chez Allianz Police Nationale, on n'en peut plus, de voir nos collègues souffrir,
01:31de voir nos collègues à l'hôpital, c'est tout simplement devenu insupportable.
01:35– Mais Sébastien Graderon, ce qui est quand même très inquiétant, c'est de vous entendre dire
01:38qu'on ne sait plus quoi faire, en fait, aujourd'hui, on est désespérés face à ces refus d'obtempérer,
01:42quelle serait la solution, parce que j'ai du mal à voir comment s'en sortir,
01:46à part peut-être faire peur aux gens en disant, vous allez forcément faire de la prison ferme
01:51à partir du moment où vous faites un refus d'obtempérer, à part ce type de sanctions,
01:54je ne vois pas ce qui pourrait empêcher les gens, en tout cas ce qui pourrait les freiner un peu.
01:59– Il y a plusieurs choses, alors je ne suis pas là pour faire de la politique politicienne,
02:04je suis représentant du personnel.
02:05– Non, mais justement, c'est pour protéger les policiers.
02:07– Voilà, les policiers, en fait, déjà, ils veulent une doctrine claire
02:11dans le cadre des poursuites, des chasses, vous appelez ça,
02:15puisque plusieurs termes sont employés, quelle est l'attitude que doit adopter
02:19un policier de manière claire et précise, et qu'il soit protégé juridiquement
02:23et administrativement, s'il se passe quelque chose, s'il y a des dommages collatéraux.
02:28Aujourd'hui, les consignes que nous avons, on peut poursuivre, mais c'est timide,
02:33mais c'est de la responsabilité du chef de bord, voilà, déjà,
02:37ça, ce n'est pas clair, c'est-à-dire que, refus d'obtempérer,
02:40neuf fois sur dix, le policier ne sait pas pourquoi, ça peut être juste parce qu'il n'a pas d'assurance
02:44ou pas de permis, comme parce qu'il vient de commettre un narcomicide.
02:48Donc déjà, la première chose, c'est une doctrine claire, voilà.
02:51C'est-à-dire, si je suis, s'il se passe quelque chose, je suis protégé au niveau législatif et au niveau administratif,
02:57je n'aurai pas de sanctions.
02:59Vous voyez, mes collègues de Toulon, ils ont essuyé déjà une garde à vue.
03:02Je peux vous assurer que c'est un choc pour un policier d'aller être placé en garde à vue
03:05alors qu'il vient de vivre une situation tragique.
03:07Première chose.
03:08Et deuxième chose, il faut que les Français, et là, c'est politique, une réponse politique,
03:12il faut que les gens dans la rue se disent, si je commets un refus d'obtempérer, ça va très très mal se passer.
03:20La police mettra tout en œuvre pour m'interpeller et je serai lourdement sanctionné.
03:24Peu importe les répercussions, il ne faudra pas trouver d'excuses.
03:28J'avais 16 ans, j'avais 14 ans, j'avais 22 ans, mais c'était parce que si, c'était parce que là.
03:33À partir du moment où la police vous demande de vous arrêter, vous obtempérez.
03:38Sinon, vous allez en prison.
03:39Il faut que ça soit clair, net et précis.
03:40Je pense que c'est les deux mesures essentielles dans un premier temps.
03:45Ça règlera partout, mais je peux vous assurer qu'à partir du moment où l'État tape fort
03:49et où l'État fait peur, ce n'est pas terroriser les gens.
03:53Les citoyens normaux qui travaillent, qui sont honnêtes,
03:56s'il y a un contrôle de police, vous et moi, si vous êtes contrôlés, vous vous arrêtez,
03:59vous donnez vos papiers.
04:00Il faut que la peur change de camp, tout simplement.
04:03Il faut que les gens sachent, les délinquants sachent que s'ils refusent d'obtempérer,
04:08il va y avoir des lourdes sanctions.
04:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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