00:25Vous êtes directeur adjoint du programme alimentaire mondial en RDC.
00:28On va parler de l'aspect humanitaire avec vous.
00:31Tout d'abord, quelle est la situation alimentaire sur place ?
00:34Vous avez peut-être des chiffres à nous communiquer.
00:38La situation alimentaire de façon particulière mais la situation humanitaire de façon générale est extrêmement difficile aujourd'hui à l'est de la RDC.
00:47Au moment où on vous parle, il y a plus de 500 000 personnes qui sont en mouvement envers différentes directions.
00:54Il y a plus de 32 écoles qui ont été occupées.
00:57Ces personnes, principalement, vont dans des familles.
01:00Elles ont été déplacées souvent de façon brusque.
01:02Donc, elles n'ont pas vraiment eu le temps d'apporter quoi que ce soit les mains vides que nous les recevons dans certains centres d'accueil.
01:08Et aujourd'hui, c'est une situation humanitaire extrêmement difficile pour ces millions de personnes qui ont besoin d'une assistance alimentaire d'urgence pour pouvoir faire face à leurs besoins de bagnes.
01:20Est-ce que la famine guette aujourd'hui sur place ?
01:24Déjà, il faut savoir qu'avant même cette situation, la situation alimentaire et nutritionnelle était extrêmement difficile dans le sud.
01:31On avait presque un million de personnes qui avaient du mal à satisfaire leurs besoins alimentaires de base.
01:39Donc, c'est pour vous dire qu'aujourd'hui, avec le déplacement qui s'en est suivi, donc qui est extrêmement massif,
01:45et aussi la dégradation importante de certaines des réserves alimentaires que certains avaient, du détail qui a été aussi décimé.
01:52Donc, évidemment, la situation alimentaire et nutritionnelle, c'est davantage compliqué et davantage difficile pour ces millions de personnes qui sont dans l'est du Congo.
02:02Pour vous donner une note de grandeur, on est aujourd'hui autour de 10 millions de personnes dans l'ensemble de l'est du Congo qui ont une situation alimentaire et qui vivent une situation alimentaire et nutritionnelle extrêmement difficile.
02:14Vous qui connaissez bien la région, de quoi les populations locales ont-elles le plus besoin aujourd'hui ?
02:18Quelle est la spécificité de cette région en matière d'aide humanitaire ?
02:22Alors, avec les déplacements massifs, il faut voir que c'est une population quand même, pour certaines des personnes que nous avons accueillies,
02:30principalement des enfants et des femmes qui ont marché pendant deux, trois jours avant d'atteindre certains sites d'accueil,
02:37ils ont pratiquement tout perdu. Donc, ces populations ont pratiquement besoin de tout.
02:41Et lorsque nos équipes qui ont été sur le terrain pour faire des évaluations, discuter avec ces communautés,
02:46principalement, elles ont mentionné le besoin de nourriture, la nourriture pour pouvoir satisfaire aux besoins des enfants qui sont pour la plupart
02:55les plus affectés dans cette situation. La nourriture pour des femmes enceintes à l'étendre qui ont été aussi énormément éprouvées.
03:02Donc, en plus de cela, il faut bien sûr que ces personnes puissent s'abriter, puissent trouver un logement.
03:08Pour l'instant, les écoles ont été temporairement occupées, mais cela inclut que, évidemment, les écoles sont fermées,
03:15donc les enfants ne vont pas à l'école. Donc, il faut pouvoir aussi remettre en place tout ce système éducatif
03:20pour permettre aux enfants d'aller à l'école. Il faut que les gens aient accès à l'eau potable,
03:24à la fois pour boire, pour la cuisson des aliments. Donc, on est vraiment dans une situation humanitaire extrêmement complexe,
03:30extrêmement difficile. Et pour le programme alimentaire mondial aujourd'hui, la réponse immédiate est nécessaire.
03:37Il faut pouvoir répondre à ces besoins. Nous planifions pour les six prochains mois
03:43environ 200 000 personnes qui doivent être touchées. Et le programme alimentaire mondial
03:48appelle à la solidarité internationale pour pouvoir mobiliser 350 millions de dollars
03:53sur les six prochains mois pour répondre à ces besoins humanitaires.
03:56Vous demandez, on l'imagine aujourd'hui, aux différents acteurs du conflit d'ouvrir au plus vite
04:01des couloirs humanitaires. Il y a urgence ?
04:05L'accès humanitaire est extrêmement important. Sans cet accès, nous ne pourrons pas accéder à ces populations.
04:11Nous avons mené des évaluations aujourd'hui sur deux axes. Et sur ces deux axes, nous sommes en train de nous préparer
04:16pour débuter l'assistance. Le rôle du programme alimentaire dans ce contexte spécifique,
04:22c'est de s'assurer que l'assistance alimentaire arrive et sauve des vies des millions de personnes
04:28qui sont dans cette situation. Et donc, l'accès humanitaire est extrêmement utile et important pour nous à ce jour.
04:34Comment vous arrivez à travailler sur place s'il y a une réelle inquiétude aussi concernant la sécurité de vos équipes ?
04:42Alors, il faut savoir que nous avons des équipes un peu partout dans l'est de la RDC.
04:46Nous avons des équipes à Ovira, nous avons des équipes à Bukabu.
04:49Une partie des équipes qui étaient à Ovira ont été partiellement relocalisées au Jumura.
04:55Mais cela n'a pas empêché nos capacités opérationnelles.
04:59Donc, on continue de pouvoir, malgré la situation de sécurité extrêmement complexe et extrêmement difficile,
05:04les équipes restent sur le terrain parce qu'il y a des millions de populations qui ont besoin du travail
05:10que le programme alimentaire réalise.
05:12Et nous travaillons pour pouvoir répondre aux besoins de ces populations aujourd'hui,
05:17qui restent notre principale priorité.
05:19Merci beaucoup, Olosib, de nous avoir accordé quelques minutes de votre précieux temps.
05:24Merci infiniment d'avoir répondu à l'invitation de France 24.
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