00:00C'est grave docteur ?
00:01Non.
00:02Non ? Ça peut s'améliorer ?
00:04Non.
00:05Non !
00:05Non !
00:06Alors ?
00:07Non, mais c'est un signe de maturité finalement.
00:10La France était un pays exceptionnel en matière démographique,
00:13depuis deux siècles en fait,
00:15et la France rentre dans le rang.
00:17Mais il faut bien voir qu'autour de nous,
00:18on a des pays qui ont des soldes naturels, déficitaires,
00:22de 300, 400 000 personnes par an.
00:25Ah, voilà, c'est juste chez nous.
00:26L'Allemagne, chez nous on est à zéro.
00:27Mais en Allemagne, ça fait 50 ans qu'ils connaissent cette situation.
00:30Vous voyez, l'Allemagne n'est pas en train de disparaître.
00:33Donc non, non, c'est pas grave,
00:34c'est juste l'évolution tout à fait normale,
00:36attendue et prévisible d'un pays européen.
00:39Alors c'est pas grave, mais ça a quand même des conséquences.
00:41Il faut juste les anticiper,
00:42parce que la démographie, on peut voir sur plusieurs années,
00:45évidemment, techniquement,
00:46comment se transforme la pyramide des âges.
00:48Est-ce que ça change quand même toutes nos prévisions
00:50en matière d'économie, de croissance, d'emploi ?
00:53Non.
00:54Et de modèle social, j'allais dire.
00:55Non, parce que l'économie, pour le coup,
00:58c'est quelque chose de beaucoup plus compliqué
00:59à prévoir que la démographie.
01:01Et donc là, il y a plein de variables
01:02qui peuvent impacter le moyen terme économique.
01:06Et donc la donne démographique
01:08n'est pas vraiment importante.
01:11Elle est prévue.
01:12C'est bon.
01:12Il y a une question du solde général de la population,
01:15du solde migratoire,
01:16qui va venir impacter l'évolution de la population.
01:19Va-t-on perdre de la population
01:20ou gagner de la population ?
01:22Clairement, chaque année,
01:23on a un solde migratoire positif,
01:25de l'ordre, l'année dernière,
01:26je crois, de 150 000 personnes.
01:28Il faut savoir que tous les pays européens font ça.
01:30C'est comme ça qu'ils se maintiennent à flot.
01:32Donc il n'y a absolument pas d'inquiétude
01:34à avoir sur le moyen terme.
01:37Là, en revanche, je suis beaucoup plus pessimiste.
01:40C'est que là, vous avez la photographie.
01:42Mais le taux de fécondité, à mon avis,
01:45qui est de 1,6 en ce moment
01:47et qui est donc le plus bas depuis la guerre,
01:49à mon avis, va continuer à baisser.
01:50Il va continuer à baisser pour vous ?
01:51Alors, quelles sont les raisons
01:53pour lesquelles on fait moins de bébés ?
01:54Alors, on fait moins de bébés,
01:55déjà, ce sont des raisons absolument partagées
01:58par le monde entier.
01:59Le monde entier fait moins de bébés.
02:00Donc il y a des gens qui partent à 7,
02:01ils en font 4 maintenant.
02:02Il y a des gens qui étaient à 2,
02:03qui en font 1,5 maintenant.
02:05La Corée en fait 0,7.
02:06Donc chacun descend d'une position différente.
02:09Donc c'est l'urbanisation,
02:10c'est l'éducation des femmes,
02:11c'est le fait qu'elles ont le choix,
02:12c'est le coût de l'éducation,
02:14c'est le fait que le coût,
02:15c'est le coût du logement,
02:16tous les coûts associés à la famille ont augmenté.
02:19On est plus riches,
02:20notre pouvoir d'achat est plus grand
02:21qu'il y a 30 ans ou 40 ans,
02:22mais notre pouvoir d'achat éducatif immobilier a baissé.
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