00:00Lui est à la tête du Real depuis 7 mois et demi désormais.
00:02C'est Xabi Alonso d'être soulagé.
00:04Il passera peut-être Noël finalement dans la capitale espagnole.
00:07Edgar, il est sûrement passé à 15 minutes de se faire virer dimanche soir chez Alaves,
00:12sauvé par un but de Rodrigo à la 76e minute de jeu.
00:15Sinon, on a revu un Real poussif, moyen, mais qui repousse le sursis au-dessus de la tête de son entraîneur.
00:23Exactement. Je pense qu'en cas de défaite, il aurait très sûrement été viré.
00:28En cas de défaite en Coupe du Roi cette semaine, il sera sûrement viré.
00:31Et en cas de défaite face à Séville lors du dernier match de l'année, il sera sûrement viré.
00:36En tout cas, il est sous pression à tous les matchs maintenant et ce sera le cas jusqu'à la Supercoupe d'Espagne début janvier.
00:43Maintenant, il y a une situation avec Xabi Alonso qui est complètement paradoxale.
00:48Aujourd'hui, ce qui sauve Xabi Alonso, ce sont les individualités.
00:52Ce sont les Kylian Mbappé, ce sont les dribs de Vinicius.
00:55Ce sont des buts des joueurs qui viennent de qualité individuelle.
01:00Donc, les individualités le sauvent.
01:02Mais en même temps, le fait de reposer sur ces individualités, c'est ce qui fait que la crédibilité de son projet de jeu recule.
01:11Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, son projet de jeu est de moins en moins visible.
01:16Parce qu'il a décidé aussi.
01:17Parce qu'il a décidé, il s'est adapté finalement.
01:19Mais parce qu'évidemment, quand tu joues ta tête à chaque match, évidemment qu'au bout d'un moment, si Mbappé te met deux matchs ou si tu peux dire à Vinicius, dribble et fait la différence et que ça va sauver ta tête,
01:30évidemment que tu vas miser sur tes meilleurs joueurs et que tu ne vas pas dire j'ai le temps, au pire on prend un point, mais au moins on va construire une identité de jeu et ça va nous servir dans trois mois avec des champions.
01:38Non, là il faut être performant à tous les matchs, sans faute, sinon c'est fini.
01:43Mais la victoire hier à Vitoria sur la pelouse d'Alaves, c'est typiquement un match où on ne voit pas finalement, on ne voit pas ce qu'a voulu faire Xabi Alonso.
01:54Et c'est typiquement un match qu'on aurait pu voir la saison passer.
01:57C'est-à-dire un but, un très très beau but de Kylian Mbappé, un exploit individuel de Vinicius Junior qui fait une passe décisive magnifique pour Rodrigo.
02:05Et finalement, dans le jeu, pas grand-chose et on ne retrouve pas beaucoup des choses que voulait mettre en place Xabi Alonso au début de saison.
02:14Et on a la sensation quand même que Xabi Alonso, sur les dernières semaines, peut-être depuis le Classico plus ou moins,
02:21il a cédé finalement à beaucoup des choses qu'on pouvait reprocher au Real Madrid de la saison passée et à céder aux individualités aussi.
02:31Edgar, est-ce qu'il ne paye pas finalement son ambition, son projet de jeu ?
02:35Je suis désolé, tu me dis qu'il est sauvé par ses individualités.
02:38Je pense que Carl Ancelotti, avec tout le respect qu'on lui doit pour son palmarès, n'avait pas un projet de jeu hyper défini non plus.
02:44Sauvé aussi à sa manière par ses individualités énormes.
02:47Peut-être supérieure, plus expérimentée que celle dont dispose Xabi Alonso.
02:50Zidane également et s'est appuyé sur ses individualités.
02:55Qu'est-ce qu'on lui reproche en fait ? De ne pas arriver à mettre en application son ambitieux projet de jeu ?
03:02Parce qu'au final, le problème des individualités, c'est quelque part, c'est un problème de tous les clubs.
03:07Si tes 4-5 meilleurs joueurs ne sont pas au niveau ou sont au niveau, c'est grâce à toi ou pas grâce à toi.
03:12Peu importe, ça tient à ça aussi au reste d'une saison.
03:15Bien sûr, mais le Real Madrid n'a pas recruté Xabi Alonso pour faire du Zidane, pour faire du Ancelotti ou même pour faire du Mourinho.
03:23Ils ont recruté Xabi Alonso parce qu'il le connaissait, c'est quelqu'un de la maison et donc ils lui font confiance.
03:29Mais aussi parce qu'il avait une identité de jeu bien à lui, des idées bien à lui, des idées fortes qu'il voulait mettre en place
03:36et qui allaient justement casser avec ce que proposait Carlo Ancelotti la saison passée.
03:41Carlo Ancelotti, on en parle et souvent c'est, je pense, exagéré, c'est un manager avant tout, etc.
03:49Mais c'est évidemment aussi un fantacticien, sinon il n'aurait pas fait la carrière qu'il a faite.
03:53Mais c'est aussi quelqu'un qui permettait à ses meilleurs joueurs d'être au meilleur niveau au moment où il le fallait.
03:58Et cette fois-ci, on a misé avec Xabi Alonso du côté du Real Madrid sur un entraîneur qui, avant tout, allait proposer une identité.
04:07Et cette identité, elle n'est pas là. Si ce qu'on voulait du côté du Real Madrid, c'était un entraîneur qui allait bien s'entendre avec tous les joueurs,
04:15qui allait aligner Vinicius, Rodrigo, Bappé et Bellingham comme il l'a fait ce week-end et qui allait plaire à tout le monde.
04:23Si c'est ça qui a été recherché par le Real Madrid, jamais de la vie, il serait allé chercher Xabi Alonso, jamais de la vie.
04:29Et Xabi Alonso, ils sont allés le prendre pour autre chose. Et cette autre chose, on l'a vu sur les premiers mois, on ne le voit plus aujourd'hui.
04:36Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, oui, les individualités le sauvent, mais sur le long terme, elles ne peuvent pas le sauver à jamais.
04:42Parce qu'il y aura toujours cette frustration du côté de la direction de se dire on a recruté quelqu'un pour faire quelque chose
04:48et il n'est pas en train de faire ce qu'il nous avait promis et ce pourquoi on l'avait recruté.
04:53Pourquoi il le garde en fait ? Parce que là, on a un mec qui a la tête sur le bio, qui attend de voir si la lame va trancher son coup.
05:01On l'attend au coin du bois. S'il perd contre Talavera en coupe, il saute.
05:04S'il gagne, il continue pour un match. S'il perd contre Séville, il saute. S'il gagne, on le verra début janvier.
05:09À quoi bon le maintenir en place si tout le monde semble convaincu, vestiaire compris, une partie du vestiaire compris,
05:16et de la direction qu'il n'est pas l'homme de la situation.
05:20J'ai du mal à comprendre cette technique-là, cette philosophie-là en fait, de se dire prochain match, il perd et il saute.
05:24Si tu ne crois plus en lui, tu arrêtes.
05:25Tu ne peux pas travailler dans ces conditions-là. Si tu n'as pas la confiance de ta direction,
05:31d'un moment, tu ne peux pas construire quelque chose sur des mois et des mois.
05:35Je pense que s'il gagne la Super Coupe d'Espagne, même s'ils ne sont pas favoris,
05:38celle-là, ça lui donnera un vrai sursis et il pourra de nouveau commencer à travailler plus sereinement.
05:44Mais jusque-là, oui, c'est très compliqué de construire quelque chose.
05:48Et c'est aussi une question, tu as raison de poser cette question, Nico,
05:51parce que c'est une question que se posent beaucoup de journalistes espagnols,
05:54de se dire quel est l'intérêt de maintenir quelqu'un si tu laisses fuiter dans la presse aussi
05:59que Arbeloa ait le prochain successeur ou alors que ce sera Solari.
06:04Quel est l'intérêt de laisser aussi fuiter dans la presse que à chaque match, la guillotine peut tomber ?
06:11Quel est l'intérêt de tout ça ? À quel moment c'est productif ?
06:15Maintenant, tu es le Real Madrid et tu es obligé de montrer qu'il y a une pression
06:18et tu ne peux pas virer les 11 joueurs, donc c'est plus facile de virer le coach.
06:22Mais quel est l'intérêt et comment tu peux travailler en tant que coach ?
06:25Et moi, je me pose aussi la question, et c'est là aussi que je me tourne vers vous dans les autres pays,
06:29est-ce qu'on voit très souvent des coachs être autant menacés, avoir leur poste autant menacé,
06:35et finalement réussir à complètement renverser la tendance et être performant ?
06:40Je me souviens qu'Arteta, à certains moments, a été très très critiqué et finalement, il arrive à être performant.
06:45A Morim, Robin A Morim, on a l'exemple aussi. Je ne sais pas si ça allait aussi loin, Julien.
06:50C'est un contexte différent aussi.
06:51C'est un contexte différent. Manchester n'a pas tendance à lourder un coach en pleine saison aussi.
06:56Bon, en tout cas…
06:57Non, je pense que Mareska, ça a été tendu la saison dernière par exemple.
07:00Chelsea, c'est peut-être un moment, en tout cas un moment, ça a été le club qui se rapprochait le plus du Real,
07:06dans le sens République des joueurs en fait, le pouvoir des joueurs, le player power.
07:09Parce que si les joueurs n'étaient pas contents avec un entraîneur, ça allait directement à Abramovic,
07:13comme là tu peux aller directement à Florentino, et derrière ça sautait.
07:16Mais aujourd'hui, c'est déjà moins le cas déjà, et puis ça ne reste pas non plus quand même le Real Madrid.
07:21Le Real Madrid, c'est quand même assez unique à ce niveau-là.
07:24Non mais oui, c'est vrai que c'est assez rare, des coachs tout proches d'un licenciement qui arrivent à se relancer,
07:28à relancer leur équipe en tout cas.
07:29Chez nous, on a Habib Bey avec Rennes, qui était même viré pendant une heure, il y a un mois et demi,
07:34et qui finalement est cinquième de Ligue 1 aujourd'hui.
07:37Vous avez des exemples en tête ou pas ?
07:38Le feuilleton est interminable.
07:39Daniel, tu as des exemples ou pas ?
07:41Non, parce qu'il est viré, c'est tout.
07:44L'Italie, ils n'ont pas beaucoup de patience.
07:49Ferguson a ses débuts à Manchester, ou même Wenger au début, c'était compliqué à l'époque, je m'en souviens.
07:53Non, Arsène Patro, plus Ferguson, mais bon, c'était les années 80, c'était autre chose.
08:00Polo, pas d'exemple comme ça, de coach qui arrive à renverser totalement la vapeur au bord du précipice ?
08:05Mais pas spécialement dans les grands clubs allemands.
08:08Une fois que ça commence à sortir dans la place, c'est compliqué.
08:13C'est plus dans les clubs en dessous où finalement on réussit à s'en sortir, mais comme ça.
08:18Mais je suis sûr que j'ai plein d'exemples, et tu vois, c'est là où la mémoire défaille.
08:21Je suis sûr que j'en ai plein, je cherche là.
08:24Tu peux chercher, t'inquiète pas, Polo.
08:25Mais t'as raison de parler de la différence entre les très grands clubs et les clubs qui ont peut-être de moins grandes ambitions.
08:31Parce que là, Tchabialanto, réussir au Real Madrid, ça voudrait dire quoi ?
08:33Ça veut forcément dire gagner la Ligue des Champions et gagner plusieurs championnats.
08:37Donc ça veut dire que t'es passé pendant un mois, on laissait fuiter des noms dans la presse,
08:41on posait des questions en conférence de presse pour dire qu'est-ce que tu penses d'Arbeloas s'il venait prendre ta place,
08:44et après tu viens gagner la Ligue des Champions et la Liga, ce serait un exploit assez dingue.
08:50Assez dingue, et presque il est dit dans l'histoire du Real bien sûr.
08:53Bon, voilà pour le Real, je le disais, Talavera en coupe, ce sera dans 3 jours, mon cher Edgar, 2 jours, mon cher Edgar, mercredi.
09:01Et donc Real Madrid, Céville FC, ça ce sera ce week-end, dernière journée de Liga de l'année civile.
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