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00:00Soyez les bienvenus dans ce magazine.
00:05D'abord, la colère des éleveurs bovins.
00:07Deux syndicats agricoles au monde ont appelé au blocage d'axes routiers tout au long de ce week-end.
00:11Ils dénoncent une décision du gouvernement préconisant comme seule solution l'abattage des troupeaux infectés par la dermatose nodulaire.
00:18C'est une infection virale et contagieuse.
00:20Et l'Etat annonce par ailleurs la vaccination d'un million de bovins.
00:24Écoutez.
00:26Il faut réagir et arrêter ce massacre, cet hécatome de vache.
00:30Et voir toutes nos bêtes se faire abattre, je vous promets qu'humainement, c'est inadmissible.
00:35On demande la vaccination totale et l'abattage sélectif simplement des animaux malades.
00:39Et puis de surveillance des troupeaux pour voir l'évolution.
00:44Où on va ? On marche sur la tête.
00:46Et puis on abat des animaux sains.
00:49On en vient maintenant à cette séquence filmée qui a particulièrement fait réagir cette semaine.
00:54La première dame a insulté un groupe de militantes féministes du collectif Nous Toutes,
00:59venu interrompre le spectacle d'Aria Bitant, un comédien accusé de viol, mais qui a bénéficié d'un non-lieu indigné et en colère.
01:05Des actrices, des anonymes et des militantes féministes ont depuis une semaine relayé le hashtag
01:10« Je suis une sale conne ».
01:11C'est leur réponse.
01:13A Brigitte Macron pour nous accompagner cette semaine, la journaliste Lorraine Descartes.
01:16Bonjour à vous Lorraine.
01:17Merci d'être avec nous.
01:19Vous travaillez sur ces questions de violences sexistes et sexuelles faites aux femmes.
01:23Vous êtes notamment l'autrice de cet ouvrage « Nos absentes ».
01:26Dans ce livre, vous reconstituez le parcours de ces femmes qui meurent sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints.
01:32Et on en compte plus de 2000 ces 15 dernières années.
01:35Voilà la couverture de votre ouvrage.
01:37Merci d'être avec nous.
01:39On va d'abord peut-être commencer par expliquer au plus grand public et surtout ceux qui nous suivent depuis l'étranger à Lorraine.
01:44Qu'est-ce que ce collectif « Nous toutes », quelle est leur mission ?
01:47Oui, effectivement « Nous toutes », en fait, c'est un collectif qui est composé entièrement de militantes bénévoles
01:53et qui est emblématique des courants féministes actuels, qui est très influent sur les réseaux sociaux.
02:00Il est suivi par plus de 560 000 personnes, par exemple, sur Instagram.
02:05Sur les réseaux sociaux, il y a aussi beaucoup de contenu de pédagogie pour diffuser des savoirs, faire de la prévention.
02:12Mais c'est aussi, en fait, un collectif qui est très influent dans la rue,
02:16puisqu'en fait, depuis 2019, chaque 25 novembre, il y a plus de 100 000 femmes et hommes qui marchent dans les rues
02:22à l'occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes par les hommes.
02:27Et en fait, c'est ce collectif « Nous toutes » qui a relancé ce grand rendez-vous en France
02:31où, avant 2019, il y avait quelques milliers de participantes seulement.
02:35Et puis, le collectif met à jour certaines données, notamment le nombre de femmes tuées en raison de leur genre.
02:42On sait qu'en 2024, elles sont 141 femmes à avoir été tuées en raison de leur genre.
02:47On va voir les chiffres à l'instant contre 136 en 2023.
02:50C'est un chiffre qui diffère de celui du ministère de l'Intérieur, selon lequel 107 femmes, au moins, ont été victimes de féminicides.
02:59D'abord, comment est-ce qu'on peut l'expliquer, cette différence de chiffres ?
03:01Ils ne considèrent pas la même chose.
03:04En tout cas, les données sont différentes en raison des paramètres.
03:07Alors, en fait, c'est important de savoir que, depuis quelques années,
03:10le concept de féminicide est devenu présent dans la scène médiatique, la scène politique,
03:16dans le vocabulaire courant des Français, mais aussi des magistrats.
03:19Et en fait, l'un des éléments qui a permis cette popularisation, on va dire,
03:25c'est les décomptes militants qui sont notamment organisés par le collectif Nous Toutes,
03:30avec l'inter-orga des féminicides, et qui comptent en fait tous les meurtres en raison du genre,
03:35tous les féminicides, dans le contexte conjugal, mais aussi d'autres cas de figure dans la sphère infamiliale
03:42ou entre personnes inconnues, mais quand il y a le mobile du genre qui rentre en ligne de compte,
03:48le gouvernement organise depuis 2006, en fait, chaque année, publie un rapport extrêmement important.
03:54C'est une source extrêmement importante qui s'appelle le rapport sur les morts violentes au sein du couple
04:00et dans lequel, en fait, il est aussi décompté le nombre de femmes victimes.
04:04Depuis 2006, il y a environ 2500 femmes en France qui ont été assassinées dans un contexte ou tuées dans un contexte conjugal.
04:10Il faut savoir que le rapport du gouvernement ne va pas donner, par exemple, le décompte, le nom des victimes, etc.
04:17Ce que fait, par exemple, le collectif Nous Toutes, où ça individualise chaque affaire au cas par cas.
04:23Le rapport du gouvernement, quand je dis qu'il y a eu 2500 femmes qui ont été tuées dans un contexte de féminicide conjugal depuis 2006,
04:29il faut savoir que c'est environ 2500 tombes, mais c'est encore plus et c'est un chiffre massif, en fait, de familles qui sont concernées, d'orphelins
04:38qui doivent grandir avec des mères absentes, de voisins parfois qui sont traumatisés, etc.
04:45Et c'est toujours important pour moi de rappeler le travail que font aussi les associations de familles de victimes.
04:50Je pense par exemple à l'Union nationale des familles de victimes, où là, il me semble que c'est une photo de l'association de Sylvain Grévin que vous avez mise derrière moi.
04:58Ce sont des associations qui font un gros travail de plaidoyer auprès des institutions publiques du gouvernement
05:04et qui, par exemple, mettent en avant le fait qu'il ne faut pas oublier, par exemple, ces orphelins et ces orphelines de féminicides
05:10qui sont très souvent, en fait, laissés sur le carreau sans aide.
05:13Certains, les jeunes majeurs, se retrouvent à la rue, etc.
05:16Et ça, c'est quelque chose qu'on a du mal à comprendre aussi dans le temps médiatique, dans l'actualité, quand on compte les féminicides au cas par cas.
05:24C'est important de le souligner et pourtant le constat, il est effroyable.
05:28Quand on regarde les chiffres, ce ne sont pas que des chiffres.
05:30On parle de vie humaine et de famille brisée, mais les chiffres sont une donnée.
05:33Quand on les compare, Lorraine, on se rend compte que c'est en constante augmentation, en tout cas sur ces deux dernières années.
05:39Comment est-ce qu'on l'explique alors même qu'il y a eu des dispositifs mis en place ?
05:43On avance un peu, mais pas suffisamment vite ?
05:45C'est un problème de fond, c'est un problème qui est enraciné dans la culture française, en fait.
05:53Donc, effectivement, il faut de la patience, il faut de la ténacité.
05:57Ce n'est pas seulement quelque chose qui doit de temps en temps apparaître dans l'agenda médiatique.
06:02C'est quelque chose qui doit être présent tout le temps, y compris, je parle pour moi en tant que journaliste dans le traitement médiatique.
06:08Je pense que c'est aussi important de dire qu'il y a, depuis quelques années seulement, le gouvernement qui calcule aussi les tentatives de féminicide.
06:16Et en 2024, il y en a eu plus de 1 200.
06:19Donc, c'est parfois aussi des femmes qui sont mutilées et tout autant de drame dans l'entourage derrière.
06:26Depuis le Grenelle sur les violences conjugales, il y a eu une mobilisation des pouvoirs publics.
06:32Les associations vont très souvent dire qu'il manque des moyens financiers ou que parfois, ce sont des belles paroles.
06:39C'est vrai que la réaction de la première dame dans cette vidéo, qui était donc une vidéo tournée par ses services de communication,
06:46ce n'est pas du tout une vidéo filmée à son insu, montre que parfois, il y a une discordance entre les discours publics et la parole hors...
06:56Et les promesses faites. On se souvient tous de cette cause érigée en priorité du quinquennat.
07:02D'en finir avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes.
07:06Et quel bilan, vous, vous faites ? Vous travaillez sur cette question-là. Quel bilan vous faites aujourd'hui ?
07:10Il y a eu des avancées. Je pense que ce qui est important de rappeler dans cette affaire,
07:15c'est qu'en fait, il reste un abîme énorme, en fait, et abîme dans tous les sens de ce terme,
07:22entre en fait la réalité des violences qui est vécue et qui est déclarée par les femmes victimes.
07:27Par exemple, on va parler des violences sexuelles et des agressions sexuelles.
07:30En 2023, il y a 277 000 femmes qui se déclarent victimes de viol et de violences sexuelles.
07:36Ce sont des chiffres qui sont donnés, en fait, par l'agence statistique du ministère de l'Intérieur.
07:41À votre avis, il y a eu combien de condamnations pour viol en 2023 ? 1800.
07:48Donc ça veut dire, en fait, qu'il y a un écart extraordinaire, un abîme, en fait,
07:53entre la réalité des violences qui sont dénoncées par les femmes, les violences sexuelles, les agressions sexuelles,
07:58et la réalité, en fait, des tribunaux, tout en sachant que pour les cours d'assises, les cours criminels, par exemple,
08:04c'est, en général, le gros de leur activité de traiter des violences sexuelles.
08:09Merci beaucoup, Lorraine Descartes, et je renvoie à votre livre « Nos absentes »,
08:12dans lequel vous reconstituez justement le parcours de ces défuntes.
08:14Un grand merci d'être passée par notre plateau.
08:16Nous partons maintenant pour Mayotte, où il y a tant à faire un an après le passage du cyclone Chido.
08:21Un bilan officiel établi à 40, le nombre de personnes tuées dans la tempête.
08:24Les dégâts sont considérables et des familles ont absolument tout perdu.
08:28Aujourd'hui encore, les conséquences de cette catastrophe sont bien visibles.
08:31Voyez ce reportage de nos confrères de France Télévisions.
08:34Les eaux claires de Mayotte.
08:36Gurvan Stéphan les arpente depuis son enfance.
08:40Mais aujourd'hui, quand il part en mer,
08:43cet organisateur de sorties touristiques doit naviguer entre les bâtiments éventrés.
08:47C'est l'hôtel Le Rocher.
08:50Ravagé.
08:51Et les carcasses échouées.
08:53Tu vois, là, il y a un bateau qui est sous l'eau.
08:55Le lagon maorais, réputé l'un des plus beaux du monde,
08:59est à l'entendre méconnaissable.
09:00Ce qu'on montre aux gens, on montre des bateaux explosés dans les rochers.
09:04Ça fait un an que ça dure, que personne les enlève.
09:07C'est pas cool pour la vision de Mayotte.
09:12Désormais, chaque sortie en mer lui rappelle ce 14 décembre 2024.
09:15Lorsque le cyclone Shido et ses vents à 250 km heure ont balayé Mayotte.
09:22J'ai pris de maison.
09:24J'ai pris de maison.
09:26C'est l'une des pires catastrophes de ces 100 dernières années en France.
09:30Shido a fait officiellement 39 morts, 5000 blessés
09:33et des dizaines de milliers de sinistrés.
09:35Parmi eux, la famille Haribou, qui tenait ce restaurant,
09:41sur la corniche de Mamoudzou.
09:44Les stocks étaient là, mais tout est parti.
09:47Un an après, les murs menacent toujours de s'effondrer.
09:51L'électroménager est à terre.
09:54Il y a 500 000 euros de dégâts.
09:56J'ai fait très mal.
09:58J'ai fait très très mal de voir ça.
10:00J'ai énormément mal au cœur, parce que c'est des années d'investissement
10:03que maman avait fait sur ce lieu, qui était très apprécié.
10:11La famille ignore si elle pourra rouvrir un jour,
10:15suspendue à l'obtention d'autorisation et au versement des assurances.
10:19À Mayotte, des centaines de logements attendent toujours d'être reconstruits
10:24en raison de conflits entre leurs propriétaires et les assureurs.
10:28Un an après Shido, il y a tant à faire.
10:32La tâche est titanesque, mais elle n'efferait pas Thibaut Fongkokshin.
10:38Avec son association, ce bûcheron tente de donner une seconde vie
10:41aux milliers d'arbres que le cyclone a déracinés.
10:44Des cocotiers, des manguiers notamment.
10:47C'est tout ce que Shido a mis par terre et que nous, on va essayer de valoriser.
10:51Une fois récupéré, le bois sera travaillé dans cette scierie mobile
10:54que l'association vient d'acquérir.
10:56Les coupes seront ensuite fournies à des particuliers ou à des collectivités.
11:02C'est entre 60 et 100 000 charpents qui seraient soit à réparer, soit à remplacer.
11:06Donc les besoins sont gigantesques.
11:07Et il y a des endroits où la forêt est tombée à 80%.
11:09Donc en fait, il y avait vraiment une quantité de matière incroyable,
11:12des besoins immenses.
11:13Et entre les deux, il y avait besoin d'un outil comme celui-ci.
11:15La scierie se déplacera au gré des chantiers et des besoins sur l'île.
11:20Lancée il y a quelques jours, elle croule déjà sous les commandes.
11:26Et puis avant de refermer ce magazine, cette consécration pour le jeu vidéo France
11:29est clair, obscur, expédition 33.
11:31Cette production du studio Sandfall Interactive a brillé au Game Awards
11:36au point de décrocher 9 trophées sur 11, dont celui du meilleur jeu de l'année.
11:41Et c'est un record.
11:42On se quitte sur ces images.
11:45Merci d'avoir suivi ce magazine.
11:46– Sous-titrage FR –
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