00:00Mais oui, mais c'est qu'il faut laisser un peu de temps à Eugénie Bastier, votre seconde signature du vendredi.
00:05Bonjour Eugénie.
00:06Bonjour à tous.
00:07Vous voulez revenir ce matin sur la natalité française en Berne selon des données de l'INSEE publiées il y a quelques jours.
00:12Le nombre de naissances baisse de 2,3% par rapport à 2024, c'est beaucoup.
00:16Et oui, le cauchemar de la dénatalité continue.
00:19Après un pic à deux enfants par femme en 2010, le taux de fécondité décroche depuis 2015.
00:24Il a atteint un taux historiquement bas l'année dernière et nous sommes bien partis pour battre ce record en 2025.
00:30Plusieurs causes sont avancées pour expliquer ce déclin.
00:33L'écologie, l'économie, l'angoisse des nouvelles générations dans un monde en crise.
00:38Ou encore des raisons plus pragmatiques, la fin de l'universalité du système des allocations familiales.
00:42Décidée en 2012 par François Hollande qui a certainement joué un rôle notamment pour le troisième enfant.
00:48Et la question du logement évidemment est clé.
00:49Il est devenu inabordable dans les grandes villes pour les familles.
00:52A Paris, je cite un article du Parisien, un jeune au salaire médian a perdu 30 mètres carrés de surface habitable en 25 ans.
00:58et 30 mètres carrés de surface habitable.
01:01Et bien ce sont deux chambres d'enfants.
01:03J'en sais quelque chose puisque moi-même j'ai dû déménager en banlieue pour la naissance de mon troisième enfant.
01:07Mais enfin Eugénie, est-ce que les facteurs économiques expliquent-ils tout ?
01:11Mais je ne crois pas. Vous savez l'humanité en a vu bien d'autres sans pour autant renoncer à engendrer.
01:16Rappelons que le baby-boom commence en France en 1942 au cœur de la seconde guerre mondiale.
01:21A l'époque c'était pas folichon.
01:23Et puis on observe que ce recul de la fécondité est mondial.
01:26Aucun pays développé ne semble y échapper sauf Israël qui est dans une posture de guerre démographique.
01:32Il y a quelque chose de métaphysique dans ce déclin.
01:34C'est comme si mystérieusement notre espèce, qui avait lutté pendant des millions d'années pour sa survie,
01:39avait décidé de se suicider au moment même où elle atteignait un niveau de confort inégalé.
01:44Alors ce qui est intéressant c'est que ce décrochage de la fécondité intervient à partir du milieu des années 2010.
01:49Alors même que ça fait plusieurs décennies que les techniques de contraception sont généralisées.
01:53Mais c'est le moment où se répand une nouvelle technologie, celle des réseaux sociaux.
01:57Alors peut-être que l'accès à ce monde virtuel, qui nous éloigne du monde réel, est l'une des raisons de ce grand décrochage.
02:04Le jeune intellectuel Maxence Karsana, qui signe un livre brillant sur la relation homme-femme, avance une autre explication.
02:11Et si ce n'était pas le manque qui nous poussait à avoir moins d'enfants, mais l'abondance ?
02:15Nous avons désormais trop le choix, ce qui paralyse notre décision d'enfanter.
02:19Nous voulons tout tester, tout vivre, faire le tour du monde, avoir trouvé le boulot de nos rêves avant de nous établir et d'avoir des enfants.
02:25Résultat, nous ajournons sans cesse notre désir d'enfant jusqu'à ce que la fenêtre de l'horloge biologique se referme.
02:31Mais au-delà des causes, il va maintenant falloir gérer les conséquences de cette dénatalité.
02:36Oui, et c'est là que débute la consternation.
02:38Si on peut comprendre l'impuissance sur la relance de la dénatalité, il est inexcusable de ne pas en anticiper les conséquences.
02:44La démographie, c'est le destin.
02:46Et celui d'une France vieillissante devrait nous inquiéter.
02:49Or, l'aveuglement est total.
02:51Comme l'a relevé l'économiste Maxime Zbahi, la Cour des comptes, dans un rapport, montrait que les enjeux démographiques représentaient seulement 0,05% des occurrences dans les documents de programmation budgétaire ces dix dernières années.
03:04Alors même que 45% de nos dépenses publiques sont sensibles au vieillissement de la population.
03:10Pendant que nos berceaux se vident, notre classe politique démagogue veut rétablir la retraite à 62 ans.
03:15Gouverner, c'est prévoir.
03:17Hélas, nos politiques pressent le jus du citron France, sans aucun souci des générations futures.
Écris le tout premier commentaire