- il y a 8 mois
Kaylia Nemour, gymnaste, autrice de “L’ombre de l’or” (Alisio), est l'invitée du Grand Portrait. Médaillée d'or aux JO de Paris, elle n'a pas pu fêter sa victoire… Et ça a été un tournant dans sa vie : la prise de conscience d'années de maltraitances par ses entraîneurs. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-jeudi-04-decembre-2025-9321619
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00:00De la sueur, des larmes et au bout, la gloire.
00:03Une gymnaste française se voit refuser le droit de représenter la France aux Jeux Olympiques
00:08en cause officiellement des blessures non cicatrisées menaçant sa santé.
00:12Voilà la petite athlète tentant le tout pour le tout et concourant au JO sous la bannière algérienne.
00:17C'est le pays de son père, une patrie que, elle, elle n'avait jamais foulée.
00:20La voilà qui décroche une médaille d'or et qui devient une héroïne des deux côtés de la Méditerranée.
00:26Elle s'appelle Kayla Nemours, elle est aussi championne du monde de gymnastique.
00:31Une figure incroyablement difficile, exécutée au bar, asymétrique, porte désormais son nom.
00:38Kayla Nemours est-elle au bout de ses rêves ? Non.
00:41Derrière le haut du podium, plane une ombre, celle d'un entraînement féroce qui a failli la détruire
00:48comme tant de jeunes gymnastes avant elle.
00:51Il est des coachs qui exercent un pouvoir phénoménal sur les enfants sportifs,
00:56sur leur corps, sur leur mental, sur leurs parents, sur leur club.
01:00Alors, quand vient la médaille d'or, soit il s'écroule, soit il se lève et il se casse.
01:07C'est ce qu'elle a fait, la petite Nemours.
01:09Elle s'est levée, elle s'est cassée, ses premiers pas sur le chemin de la liberté.
01:13Portrait numéro 58.
01:15Bonjour, Kayla Nemours.
01:21Qu'est-ce qu'un Nemours ?
01:23Un Nemours.
01:25Cette figure incroyable qui vous a valu l'or aux Jeux Olympiques.
01:29Oui, c'est incroyable, j'arrive toujours pas à y croire.
01:31D'abord, d'avoir mon nom dans le cas de montage.
01:35Vous pouvez nous la raconter ?
01:36Évidemment, oui.
01:37Cette figure ?
01:38Alors, ça va être techniquement un petit peu compliqué.
01:41Non.
01:41Mais, en fait, je passe le corps complètement tendu au-dessus de la barre.
01:47Je fais un vol plané complètement au-dessus de la barre.
01:50Et la particularité du Nemours, c'est que je rentre les deux pieds serrés entre mes bras et la barre pour ressortir.
01:58Et je n'ai pas l'appui des pieds sur la barre pour me propulser.
02:01C'est ce qui fait toute sa difficulté.
02:04C'est ce qui fait que cette figure, elle est classée G.
02:06Exactement.
02:07Que vous l'avez inventée, que vous l'avez fait répertorier, qu'elle porte votre nom.
02:13Ce qui fait que vous êtes entrée dans l'histoire de votre sport.
02:16Incroyable.
02:17C'est rarissime, ça, d'entrer dans l'histoire de son sport.
02:20Oui, c'est rare et c'était une grande fierté.
02:26Et de me dire que ça restera jusqu'à jamais, c'est fou, en fait.
02:30C'est fou.
02:31Jusqu'à jamais.
02:32C'est génial.
02:33Elle peut le faire.
02:34Allez, Galia.
02:35Allez.
02:38Pulse.
02:40Superbe, là.
02:41Le Nemours, lâcher de barre.
02:43Allez, il faut que ça enchaîne.
02:45Allez, allez, ça va chercher.
02:46Allez.
02:46Allez.
02:47Allez, on va au bout.
02:52Allez, on ne lâche pas.
02:53L'émotion magnifique de Kélian Nemours pour ses premiers Jeux olympiques.
02:59C'est exceptionnel.
03:00Bravo, Thaïla.
03:01Là, on est aux Jeux olympiques de Paris.
03:04Et surtout, là, on vous voit attendre la note sur le bord du tapis.
03:10Et la note, elle est un peu longue à venir.
03:13Oui.
03:14La note était longue.
03:15Il y avait surtout une musique d'attente assez stressante.
03:19Oui.
03:20C'était fait exprès, je pense.
03:21Mais j'avais qu'une hâte, c'était de savoir la note.
03:26Dès que j'ai fini mon mouvement, je me suis dit, ça y est, au moins je l'ai fait.
03:30J'ai tout donné.
03:30Donc maintenant, il faut attendre la note.
03:31Et au moment où vous finissez le mouvement, vous pensez quoi ?
03:33Vous pensez quelle note ?
03:34Je n'avais pas de note en tête.
03:37Mais je me suis dit, quand même, la Chinoise avant moi a quand même fait 15-5.
03:40Aux qualifications, il me semble que j'avais fait 15-6.
03:43Au final, concours général, j'avais fait 15-5 aussi.
03:45Alors là, je me suis dit, j'espère que, normalement, le mouvement était mieux.
03:49Donc j'espère que ça fera au-dessus de 15-5.
03:52La Chinoise a obtenu 15-500.
03:55Il faut faire mieux pour rêver d'or, pour rêver d'Olympe.
03:58Ça doit le faire, ça doit le faire.
04:00Oui, c'est devant !
04:01C'est devant !
04:02C'est devant !
04:03C'est devant !
04:03Exceptionnel !
04:0615-700 !
04:08Mais qu'est-ce qu'elle nous a fait, Kélia ?
04:10Mais qu'est-ce qu'elle nous a fait, Kélia ?
04:12Il y a quelque chose que vous n'avez jamais raconté, Kélia Nemours,
04:15c'est qu'en réalité, vous avez traversé tous les Jeux avec une sale douleur.
04:19Vous aviez très très mal.
04:20Oui, en effet, le jour de l'entraînement podium,
04:25donc il me semble que c'était le 28 juillet,
04:27je me suis mal réceptionnée au saut de cheval,
04:30et ma cheville, elle a gonflé, elle est devenue bleue,
04:34je ne sais pas à l'heure d'aujourd'hui ce que je me suis réellement fait.
04:38Mais oui, j'ai fait ces jeux avec cette douleur qui m'a gênée,
04:41mais qui en même temps, on va dire, était entre guillemets,
04:44entre gros guillemets, anesthésiée par l'adrénaline quand je passais.
04:46Mais c'est vrai que quand j'étais au village, j'avais mal à la cheville.
04:54Alors, ces jeux, c'est aussi l'histoire d'une victoire que vous n'avez pas fêtée.
05:01En effet.
05:02Oui.
05:02Ça a l'air de rien, et pourtant, en réalité, ça va être un séisme.
05:09C'est-à-dire qu'après une médaille d'or, vous allez dîner à la cantine du village olympique,
05:17et puis le soir, vous allez vous démaquiller, sagement, mettre votre pyjama,
05:22poser la médaille dans un coin de votre chambre au village olympique,
05:26et vous coucher toute seule.
05:28Et ça, c'est une immense tristesse.
05:32Bah, ouais, c'est...
05:34Je regrette d'avoir fait ça le soir de cette médaille,
05:39mais en même temps, c'est pas forcément moi qui ai choisi non plus.
05:42Non.
05:43C'est vrai que, du coup, je suis rentrée au village.
05:47Je sais plus, il n'était pas très tard.
05:48Mais je suis rentrée, et on m'a dit qu'il y avait l'appel du président à attendre.
05:54Le président algérien.
05:55Vous avez défilé sous les couleurs algériennes.
05:57Oui, c'est ça, exactement, à attendre.
05:59Donc, bon, on me dit ça, évidemment, j'attends.
06:01J'attends, donc, on ne savait pas le temps qu'il fallait faire,
06:04mais bon, en attendant, j'ai fait mes petits trucs.
06:06Le coup de fil est passé, voilà, ça a duré pas très longtemps.
06:10Et puis ensuite, ouais, je suis allée manger,
06:15et ouais, je suis allée manger comme d'habitude à la cantine.
06:18Je suis revenue au village.
06:19Et peut-être que là, c'est le début d'une rupture, en réalité.
06:23Parce que vous dites, cette victoire, on me l'a volée.
06:27J'ai 17 ans, j'aime la vie, j'aime les gens, j'aime la musique, j'aime la fête.
06:33Les Jeux Olympiques, ça doit être une fête.
06:35Et moi, j'ai été privée de fête.
06:38Et peut-être que c'est de la part de vos entraîneurs,
06:41peut-être que c'est la décision de trop qui fait que vous allez vous rebeller ?
06:46Bah, c'est vrai que ça fait partie, en fait, c'est un petit peu un tout.
06:52Et ça, c'est des petits trucs qui ne semblent rien, en fait,
06:55qui, au fur et à mesure, mis bout à bout, ça fait beaucoup.
06:57Et c'est vrai que ça, je ne regretterais jamais de ne pas avoir fêté ça,
07:03rien qu'avec mes proches, parce qu'ils étaient là.
07:05Il y avait ma mère, il y avait mon père, il y avait mon kiné,
07:09il y avait ma chorégraphe, il y avait vraiment tout le monde.
07:11Il y avait des amis.
07:13Et finalement, en fait, je les ai vus.
07:16J'avais peut-être même pas le droit de les voir,
07:19mais je suis allée les voir au grillage.
07:21Et ensuite, je suis rentrée, quoi.
07:22Votre papa, Jamel Nemours, il s'était fait fabriquer un t-shirt.
07:26« Je suis un papa, fier d'une fille super géniale ».
07:29Incroyable, ça.
07:30Il me semble que c'est moi qui l'avais offert.
07:32C'est vrai, oui.
07:35Donc, Eliane Nemours, vous publiez un livre,
07:38qui est donc un récit bouleversant et très courageux,
07:41qui s'appelle « À l'ombre de l'or ».
07:42Oui.
07:43Voilà.
07:44Dans lequel vous racontez vraiment à cœur ouvert
07:48tout ce que vous avez enduré en entraînement depuis plusieurs années.
07:53À quel point elle a coûté cher, cette médaille,
07:55elle vous a coûté cher physiquement,
07:57elle vous a coûté cher mentalement.
07:59D'abord, vous racontez le pouvoir immense
08:03qu'exercent vos entraîneurs sur vous,
08:06sur votre famille, sur le club d'Avoine Beaumont.
08:11Oui, ça a été compliqué.
08:17Mais en fait, quand on est dedans, on ne se rend pas compte.
08:21On ne se rend pas compte de tout ça.
08:22En fait, c'est complètement normal.
08:24Surtout moi, en fait, qui suis rentrée dans ce club à l'âge de 4 ans.
08:27En fait, j'ai commencé là-bas.
08:29Et jusqu'à mes 17 ans, 18 ans,
08:32on m'a toujours répété que la gym de haut niveau, en tout cas,
08:36c'était comme ça, c'était comme ça qu'il fallait faire,
08:39c'était ses méthodes, c'était ses règles
08:42et qu'autrement, on ne peut pas y arriver.
08:44Et juste que, en fait, le haut niveau, c'est ça.
08:45Donc, quand on ne connaît que ça
08:46et qu'on n'a jamais vu autre chose,
08:48c'est normal, on écoute.
08:50Alors, le haut niveau, c'est quoi ?
08:51C'est avoir faim tout le temps ?
08:53Apparemment, mais je garantis que...
08:56Non, mais c'est ça que vous racontez.
08:57Oui.
08:58Vous dites que la faim m'oppresse.
09:00Tous les jours, mes coachs me répètent
09:02« Fais attention à ce que tu manges,
09:03tu dois être légère pour passer ton mouvement à la barre. »
09:06Et donc, votre poids de forme, c'est 51 kilos.
09:10Et c'est encore trop, selon vos entraîneurs.
09:12C'est vrai que tous les jours,
09:15surtout la dernière année avant les JO,
09:20c'était vraiment sans exception,
09:21comme je le dis à chaque fin d'entraînement,
09:25c'est « Kélia, n'oublie pas, fais attention ! »
09:27ou « Kélia, fais attention ! »
09:28ou juste en plein milieu de l'entraînement,
09:30comme ça, une petite phrase en disant
09:32« Là, il faut faire attention parce que... »
09:34« Tu grossis, tu grossis, tu grossis. »
09:35« Voilà, il y a les JO, là, ça ne va pas. »
09:37Et en fait, une fois, de temps en temps,
09:41je peux comprendre pour...
09:42Il faut faire attention parce qu'on travaille avec notre corps,
09:44mais quand c'est répété tous les jours,
09:45ce n'est pas normal et mentalement, c'est difficile.
09:48Et puis, vous dites aussi que c'est un entraînement quasi militaire.
09:51que parfois, vous restez agrippée à la poutre,
09:55les muscles tétanisés,
09:57avec les paupières qui s'alourdissent,
09:59c'est-à-dire que vous êtes en quasi-burnout,
10:01d'épuisement total.
10:03Il y a des entraînements où j'étais épuisée, épuisée, épuisée.
10:07Donc, oui, il faut travailler.
10:12Des fois, ça sert de travailler avec la fatigue
10:13parce que comme ça, en compétition,
10:15on est habitué à cette fatigue et on peut faire.
10:18Parce que des fois, il y a des compétitions,
10:19elles se passent à 22, 23 heures.
10:21Mais quand, vraiment, physiquement,
10:23il y a des moments où j'étais à bout de force...
10:26En larmes.
10:26Oui, effectivement.
10:28Et on me disait quand même qu'il fallait que je continue.
10:32Et c'est ces moments-là où c'est tellement dur
10:34parce que c'est dur physiquement,
10:38c'est dur mentalement,
10:38parce qu'il faut monter sur la barre
10:39alors qu'on sait que notre corps, il est à bout.
10:42Mais Kéliane Mour, vous dites aussi
10:44à quel point vous avez tiré plusieurs fois
10:47la sonnette d'alarme sur les douleurs
10:48que vous ressentez dans votre corps
10:50et que ça laisse vos entraîneurs de marbre.
10:53Vous dites quand je les alerte
10:55sur mes probables blessures,
10:57ils interprètent cela comme un manque d'envie,
10:59un manque de ténacité.
11:01C'est-à-dire qu'on vous dit tout le temps
11:02que vous allez être trop faible ?
11:03En fait, on n'avait pas vraiment de règle
11:07comme quoi on n'avait pas le droit de dire
11:10qu'on avait mal.
11:12Mais en fait, quand on le dit,
11:14on a l'impression que c'est notre faute
11:16et qu'en fait, on n'a pas le droit d'avoir mal.
11:20Et donc, ce qui fait qu'en fait,
11:21on ne nous croyait pas forcément.
11:24Moi, il y a plusieurs fois,
11:25on ne m'a pas cru.
11:28Et au bout du compte, c'était véridique.
11:31Et donc, vous le dites dans ce livre
11:33qu'en réalité, il n'y a pas de garde-fou
11:35dans ces situations-là.
11:38Parce qu'il y a eu un procès retentissant,
11:41par exemple, il y a deux ans à Marseille
11:42où un entraîneur, pareil,
11:44s'adressait comme ça aux petites gymnastes,
11:46très très jeunes,
11:47qu'il avait face à lui
11:48avec énormément de brutalité,
11:50d'humiliation répétée.
11:53Vous vous dites, il faudrait
11:54qu'il y ait des garde-fous
11:54dans tous les clubs ?
11:57En fait, c'est compliqué.
12:01Mais quand on est dedans
12:06et qu'on ne s'en rend pas compte,
12:07c'est vraiment compliqué.
12:10Parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure,
12:12c'est...
12:13En fait, on nous dit...
12:15Ce sont nos coachs.
12:16Donc, on est sans avoir confiance en eux.
12:19Donc, quand ils nous disent des choses,
12:21on l'écoute et on croit.
12:23On a confiance.
12:24Et donc, pour nous, c'est OK, quoi.
12:26Même si c'est dur,
12:27on se dit, bon, c'est dur,
12:28mais...
12:29En fait, on se répète...
12:30Enfin, moi, je me répète cette phrase
12:31qu'ils me répétaient à moi-même.
12:32C'est dur, mais c'est ça, le haut niveau.
12:33C'est ça, le haut niveau.
12:34Vos parents sont aux premières lignes.
12:37Votre maman, elle est très investie
12:38dans le club.
12:40Et pour elle aussi ?
12:42Oui, parce qu'on lui répétait aussi ça, en fait.
12:44En fait, ça se base sur une confiance, en fait.
12:49Donc, quand on a confiance dans la personne,
12:51ça fait des années que j'étais là-bas, etc.
12:54Donc, on les croit.
12:55On croit à ce qu'ils disent.
12:57Voilà, c'est normal.
12:58J'avoue que les pages sur le saut de cheval,
13:02c'est-à-dire que vos entraîneurs
13:03ont fabriqué des rouleaux
13:04qui mettent au-dessus du cheval.
13:07C'est ça, si j'ai bien compris ?
13:08Oui, sur la piste.
13:09Voilà, pour que ça soit plus compliqué
13:11pour vous de sauter.
13:12Et ça déclenche chez vous
13:13une phobie, une peur.
13:15Mais vraiment, vous êtes en tétanie
13:17à l'idée de devoir sauter.
13:19Vous avez subi je ne sais pas combien
13:20de séances d'hypnose.
13:21Et pourtant, vous ne pouvez pas sauter
13:23tellement vous avez peur.
13:24C'est resté un cauchemar.
13:25Oui, c'était dur cette période
13:28parce que je ne savais pas
13:29pourquoi je faisais ça,
13:32pourquoi j'ai eu une sorte de blocage
13:36avec ça.
13:37Et ça a duré longtemps.
13:40Là, on va écouter votre victoire
13:43absolument incroyable,
13:45là aussi, à Jakarta.
13:47C'est les championnats du monde.
13:51Évidemment, c'est en anglais
13:52parce que vous êtes en train
13:53de devenir une star mondiale.
13:55Est-ce qu'on l'a à Jakarta ?
13:56On l'écoute ?
13:56On l'écoute.
13:57La star, la première athlète
14:21du continent africain aussi
14:23à atteindre ce niveau-là.
14:25Il faut raconter ce qui s'est passé.
14:27C'est-à-dire que la Fédération française
14:29n'a pas voulu de vous
14:30pour les Jeux Olympiques de Paris
14:32et vous avez concouru
14:33sous bannière algérienne.
14:35Pays que vous ne connaissiez pas ?
14:37C'était le pays de votre père ?
14:38C'est ça, exactement.
14:40Je n'y étais jamais allée.
14:41Je n'avais pas forcément connaissance.
14:44Et c'est vrai qu'au début,
14:46j'avais un petit peu peur
14:48de rencontrer le staff,
14:50d'y aller.
14:51Je ne savais pas à quoi m'attendre.
14:52Mais ça a été l'une des meilleures décisions
14:54de ma vie en fait.
14:56Ben oui.
14:56Non seulement vous avez concouru,
14:57vous êtes médaille d'or
14:58et en plus vous êtes devenue
14:59une héroïne, je le disais,
15:01des deux côtés de la Méditerranée.
15:04Et je suis soutenue,
15:05mais au quotidien,
15:06comme jamais je n'aurais pensé
15:07être soutenue.
15:07Et en fait,
15:08je ne peux être que heureuse.
15:10Qu'est-ce que vous diriez ?
15:12Parce que vous avez des frères et sœurs.
15:14Vous avez une grande sœur
15:15qui, elle, a abandonné la gym.
15:18Je ne dirais pas
15:20qu'elle a abandonné la gym.
15:21En tout cas,
15:22une carrière professionnelle.
15:23Oui.
15:24Après,
15:25c'était son choix.
15:26Elle n'avait pas envie
15:27de faire de gym de haut niveau,
15:28mais elle a quand même fait
15:29de la gym
15:29dans les catégories nationales.
15:33Elle a arrêté,
15:33il me semble,
15:34à 18 ans,
15:34ce qui est assez jeune,
15:36mais ça va.
15:37Mais vous avez une petite sœur.
15:38Une petite sœur.
15:39Vous avez une petite sœur
15:40très talentueuse.
15:41Oui.
15:42Apparemment.
15:42Très fière d'elle.
15:43Et vous dites quelque chose
15:44de très joli.
15:45vous dites
15:46qu'elle appréhende le danger.
15:48Elle hésite encore parfois
15:50à lâcher la barre
15:51pour une acrobatie
15:52en plein vol.
15:54Oui.
15:55C'est vrai que ma petite sœur,
15:57je pense qu'elle a un peu plus peur
15:59que moi
15:59que quand j'étais petite
16:00pour lancer les acrobaties.
16:01Elle appréhende plus,
16:02etc.
16:03Mais je suis là derrière elle
16:04à l'entraînement.
16:06Je la soutiens.
16:07Je l'encourage.
16:07Mais en fait,
16:08c'est ça l'histoire
16:09que vous êtes en train
16:09de nous raconter ce matin.
16:11C'est qu'il ne faut plus avoir peur.
16:12Il faut lâcher la barre.
16:14Il faut la lâcher,
16:14cette barre.
16:15Il faut la lâcher,
16:15cette barre.
16:16Il n'y a que comme ça
16:17qu'on a l'or.
16:19Oui.
16:19Et il n'y a que comme ça
16:20qu'on devient libre dans la vie.
16:22Oui.
16:22Il faut se relever.
16:25Et c'est ce message aussi
16:26que je vais faire passer
16:27derrière ce livre.
16:29C'est la résilience.
16:32Savoir...
16:33Comment dire ?
16:35Il y a des obstacles
16:36sur la route.
16:38Et il faut savoir
16:38les enjamber
16:39pour aller de l'avant.
16:41Croire en soi.
16:41et de toute façon,
16:44si le choix est fait
16:45avec le cœur,
16:46ça ne peut être que le bon.
16:48Et puis,
16:49il y a aussi,
16:50c'est aussi l'histoire
16:51d'une très jeune fille
16:51qui aime beaucoup les gâteaux.
16:53Oui.
16:53Qui n'a jamais eu le droit
16:54d'en manger.
16:54ou enfin très très peu.
16:57Voilà.
16:59Qu'est-ce que vous aimez
17:00comme gâteau ?
17:00J'aime tout.
17:02J'adore les entremets
17:03aussi,
17:04à base de fruits.
17:06Il y a un CAP pâtisserie
17:07dans l'air.
17:08Oui,
17:08il y a un CAP pâtisserie
17:09dans l'air
17:09et j'ai plein de projets
17:11dans ce domaine-là.
17:12C'est-à-dire ?
17:13Je ne peux pas en dire plus encore.
17:15Mais j'ai des projets...
17:17Mais si vous rêvez
17:18de l'ouvrir,
17:18votre pâtisserie ?
17:20Un rêve.
17:21Un rêve.
17:22Un rêve.
17:22C'est-à-dire que là,
17:24vous avez commencé la gym
17:24à 4 ans.
17:254 ans.
17:25Vous avez 18 ans.
17:27Ça fait donc tellement d'années.
17:32Si je fais 18 moins 4,
17:33ça fait donc 14 ans
17:35que vous êtes privée de sucre.
17:36En gros, à peu près.
17:37J'en mange.
17:37Oui, mais toute petite
17:38on vous disait déjà
17:39que vous étiez boulotte.
17:41Oui, c'est vrai que petite,
17:42je n'étais pas très fine.
17:45Et à la fin,
17:46ça se conclut par l'ouverture
17:47d'une pâtisserie.
17:48C'est quand même très très beau
17:49comme histoire.
17:50Oui, c'est beau.
17:51Et en fait,
17:52c'est l'une de mes passions.
17:54Donc, depuis que j'ai 10 ans,
17:57je sais que plus tard,
17:58comme métier,
17:59je vais être bâtissière.
18:00Et si je n'ai jamais lâché ça,
18:02et je suis contente
18:03d'avoir jamais lâché ça,
18:04parce que j'ai toujours su
18:05ce que je voulais faire
18:05de mon avenir,
18:06ce que je voulais faire plus tard.
18:08Et j'ai hâte.
18:09Donc, vous ne lâchez jamais rien.
18:11Jamais vos rêves,
18:12jamais vos envies.
18:13Quand j'ai un objectif,
18:14je fais tout pour y aller.
18:14Bon, merci,
18:16Céline Nemours.
18:17Merci.
18:18Bravo pour ce témoignage
18:19très courageux.
18:21À l'ombre de l'or,
18:22c'est le livre que vous faites
18:24paraître aujourd'hui,
18:26qui raconte les dessous
18:27de ce sport absolument fascinant.
18:30Et en même temps,
18:31voilà, vous n'êtes pas la première.
18:33Il y a Simone Biles
18:35qui a ouvert la voie,
18:36cette immense athlète américaine,
18:38et qui peut-être vous a donné
18:39à toutes le courage de parler,
18:42et le courage de se relever,
18:43le courage de se casser,
18:45comme on dit.
18:45Merci beaucoup.
18:46Merci beaucoup.
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