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[#Interview] Karl Maure : Bouema, un geste de mémoire et de transmission pour le cinéma gabonais


Dans une interview exclusive, le réalisateur gabonais Karl Maure revient sur la création de Bouema, un documentaire profondément humain consacré à Patrick Bouémé, figure essentielle du cinéma au Gabon. Pendant 15 minutes, il dévoile l’origine du projet, ses choix artistiques, l’impact de Bouémé sur son parcours et la place centrale de la transmission dans son œuvre. Entre archives, confidences et réflexions sur l’état actuel du cinéma gabonais, Karl Maure signe un hommage puissant aux bâtisseurs de lumière qui ont façonné l’image du pays. Une rencontre à découvrir avant la présentation officielle du film, le 20 décembre à Libreville.


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Transcription
00:00Que dirait Patrick Bouhémé s'il regardait ce film à vos côtés ?
00:04Si il regardait ce film à mes côtés, il ne dirait pas grand-chose, il serait en train de pleurer, en train de sourire et de pleurer.
00:17Bonsoir à tous. Ce soir, nous recevons un réalisateur qui fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes gabonais
00:24capable de transformer une caméra en instrument de mémoire et de transmission.
00:30Formateur, journaliste, reporter d'images, pilote de drone et monteur,
00:35Karl Mohr maîtrise toute la chaîne de création audiovisuelle et s'en sert pour raconter l'humain avec une précision rare.
00:44Fondateur de studio H264, il a signé plusieurs œuvres sensibles et exigeantes,
00:50dont, au cœur de ma vie, souffle équatorial est aujourd'hui Bouhémé,
00:55un documentaire portrait qui rend hommage à l'une des figures majeures du cinéma gabonais, Patrick Bouhémé.
01:01À travers ce film, Karl Mohr ne cherche pas seulement à filmer un homme,
01:05il interroge la transmission, l'héritage et la lumière de ceux qui ont bâti notre cinéma, souvent dans l'ombre.
01:11Un regard moderne, une rigueur de journaliste, une sensibilité d'artiste.
01:15Voilà la signature de notre invité, Karl Mohr est avec nous.
01:20Bonsoir Karl Mohr.
01:21Bonsoir.
01:23Alors, Karl Mohr, dites-nous, Bouhémé est un portrait puissant et sensible.
01:29Avant qu'on entre dans le vif du sujet, pour vous, qui est Patrick Bouhémé ?
01:34Merci déjà de me donner la parole.
01:37Eh bien, Patrick Bouhémé, pour moi, c'est un réalisateur, c'est un mentor et c'est une figure emblématique pour le cinéma gabonais.
01:50Donc, c'est quelqu'un qui a voué sa vie au cinéma, à l'évolution du cinéma gabonais.
01:56Dans le pitch du film, on a pu le lire, il parle d'un voyage au cœur d'un homme et d'un pays.
02:04Qu'est-ce qui vous a touché au point de transformer ce voyage en documentaire ?
02:09Ce qui m'a touché particulièrement, c'est la vie d'abord du réalisateur.
02:15Comme je le disais tantôt, c'est un réalisateur qui a décidé de vouer sa vie au cinéma.
02:22D'accord. Donc, Patrick Bouhémé a décidé de consacrer littéralement sa vie au cinéma.
02:29Ça fait plusieurs années qu'il œuvre pour l'évolution du cinéma gabonais en réalisant plusieurs films, plusieurs séries.
02:41Voilà. Donc, ayant vu tout cela, ça m'a motivé, en fait, à faire un documentaire sur lui qui fait partie des figures emblématiques du cinéma gabonais.
02:54Donc, c'est particulièrement cela qui m'a motivé.
02:57Vous dites également dans la note d'intention du film que ce film est né d'un besoin, celui de dire merci.
03:08À quel moment ce merci est devenu un projet long de 52 minutes ?
03:14Pourquoi merci ?
03:15Ce que je peux dire, c'est merci parce que, déjà, les films de Patrick Bouhémé, par exemple,
03:24moi, je les ai suivis étant plus jeunes.
03:28Donc, aujourd'hui, je le dis humblement, étant aussi réalisateur comme M. Bouhémé,
03:34M. Bouhémé, voilà.
03:36Donc, c'est une façon, déjà, de dire merci à cet homme pour la consécration qu'il a,
03:43la consécration qu'il fait, parce que c'est toujours le cas, pour le cinéma gabonais.
03:48Un merci, non seulement pour moi, mais façon de remercier, par le canal, de remercier,
03:55façon pour les autres de remercier par mon canal.
03:57Donc, merci pour sa consécration, merci pour son travail réalisé et son travail qu'il continue d'abattre jusqu'à aujourd'hui,
04:06parce que, dans quelques jours, il va sortir un nouveau film.
04:11Il sort pratiquement un film ou une série chaque année.
04:16Il y a des années où il tombe malade pendant plus de six mois,
04:20mais malgré ça, il sort quand même un film chaque année, réellement chaque année.
04:23Donc, pour moi, il faut honorer, il faut remercier, j'aime le dire, il faut remercier les anciens,
04:32il faut honorer les anciens.
04:33Et c'est une façon d'honorer Patrick Bouhémé, qui est aussi un ancien dans le cinéma gabonais.
04:39Le film a été tourné à Libreville, on va en parler.
04:43Mais avant ça, comment avez-vous pensé, comment c'est arrivé,
04:47comment avez-vous pensé cette écriture visuelle,
04:49pourquoi était-il important de ne pas le glorifier, donc Patrick Bouhémé,
04:54mais plutôt d'écouter et de comprendre ?
04:57Le but recherché principalement, c'est déjà de rendre hommage à cet homme, à ce réalisateur,
05:06mais aussi, ce film aussi a pour but d'être un vecteur de transmission quelque part,
05:13un vecteur de transmission d'expérience.
05:15Voilà. Donc, dans ce film, on retrouve tantôt des images sur le terrain.
05:25On voit Patrick Bouhémé en pleine réalisation de l'un de ses films.
05:30On retrouve des images d'archives et on retrouve aussi des interviews.
05:36Donc, ce film aussi est un vecteur de transmission,
05:39parce que par ce canal, Patrick Bouhémé transmet.
05:42Il transmet non seulement son expérience, mais des conseils aussi et bien d'autres.
05:49Donc, le film a été tourné, on l'a vu à travers le making-of,
05:52qu'il a été tourné à Libreville.
05:55Quel est le moment qui a été le plus fort et le plus difficile du tournage ?
05:59Je ne dirais pas qu'il y a vraiment eu un moment difficile, d'accord ?
06:03Pourquoi ? Parce que moi, je suis d'abord un homme de terrain aussi.
06:05Je suis d'abord quelqu'un qui aime le terrain.
06:07Je peux tourner trois jours durant, d'affilée, sans m'arrêter.
06:11Je ne serai pas fatigué, parce que c'est aussi dans ma nature.
06:16Maintenant, le moment le plus fort, c'est un moment que j'ai raté.
06:21Que j'ai raté comment ?
06:23C'est lors de notre première prise de contact.
06:27Nous nous sommes assis.
06:29Je ne voulais pas encore enregistrer totalement.
06:31J'ai placé juste une caméra témoin, un micro témoin.
06:36Et là, je commençais à poser les questions.
06:38C'était la première prise de contact.
06:40Et lorsqu'il s'est exprimé, je ressentais tellement d'émotion dans ce qu'il disait.
06:46Il parlait avec une telle force que je me suis dit, waouh, j'ai raté ça.
06:51J'aurais dû placer directement tout le matériel.
06:54On l'en sait une bonne fois.
06:56J'enregistrais correctement une bonne fois.
06:57Les prises qui ont suivi, il y avait toujours de l'émotion, mais ce n'était plus comme au début.
07:04Là, ça a été un moment pour moi, un moment très fort, que je me suis dit, ouf, j'ai raté cette prise.
07:10Donc, j'ai raté certaines émotions, certaines expressions ce jour-là.
07:15Bien évidemment, après, il en a exprimé de nouvelles.
07:18Mais juste dire que les premières, je les ai loupées.
07:21Mais à quel moment du tournage, vous vous êtes dit, là, je tiens mon film.
07:29Là, j'ai mon film.
07:31C'est aussi à la partie du...
07:33Lorsque j'ai tourné, j'ai fait, disons, leur making-of.
07:37J'ai pu voir son univers, comment il travaille avec les acteurs.
07:41Donc, il y a certaines paroles que j'ai pu enregistrer aussi là-bas, certaines actions.
07:53Donc, par moment, lui, c'est un peu dans sa manière.
07:57Il se fâche très vite.
07:59Il exprime beaucoup son caractère.
08:01Et c'était des moments très importants aussi pour mon film,
08:03parce qu'il s'agissait aussi de montrer le réalisateur dans son élément,
08:09de montrer réellement comment il est, son caractère aussi, ses points forts et ses faiblesses.
08:15Vous parlez de son caractère.
08:18On découvre un nombre de rigueur, de doute, de conviction.
08:21Quel visage de Patrick Bouhémé vous teniez absolument à montrer que le public ne connaît pas encore ?
08:27Eh bien, le visage que je cherchais à montrer, c'était cet homme endurant, cet homme persévérant.
08:33Parce qu'en discutant avec lui, justement, de son vrai nom, Bouhémé,
08:40parce que c'est son vrai nom, Bouhémé, c'est son vrai nom,
08:44ce qui est aussi le titre du film, justement.
08:46Bouhémé, ici, signifie, quand on recherche un peu, la rigueur, la persévérance,
08:53la persévérance, l'endurance et la force.
08:56C'est totalement ce qui définit M. Patrick Bouhémé.
09:00C'est un homme de rigueur, un homme de persévérance, comme il le dit dans le film.
09:06Même si, ça c'est une phrase que j'ai retenue,
09:09même si je perds mes roches, même si je perds les films, je vais recommencer.
09:16C'est un homme qui n'abandonne pas.
09:18Malgré la difficulté, malgré tout, il n'abandonne pas.
09:21C'est vraiment ce que je voulais aussi partager aux cinéphiles.
09:27La question du documentaire, c'est qu'est-ce qu'on transmet quand on consacre sa vie aux autres ?
09:34Et moi, je vous pose la question, qu'est-ce que Patrick Bouhémé transmet selon vous ?
09:39M. Bouhémé transmet aussi une part de lui-même.
09:43Une part de lui-même.
09:44Dans ses films, ce que j'ai pu retenir, M. Bouhémé porte un point particulier à la dénonciation.
09:56Chaque réalisateur a un univers.
09:59Et celui de M. Bouhémé, c'est aussi la dénonciation.
10:03Donc, lorsqu'on consacre sa vie à réaliser des films,
10:07il y a toujours un aspect de soi-même qu'on partage.
10:09Donc, chez M. Bouhémé, j'ai beaucoup remarqué la dénonciation.
10:15Vous-même, Karl Mort, vous êtes formateur, animateur de Masterclass depuis 2022.
10:20Est-ce que ce film n'est pas aussi un acte de transmission de votre part ?
10:24Ce film, pour moi aussi, est un acte de transmission.
10:26Pourquoi ?
10:27Parce que M. Bouhémé est un ancien.
10:31Donc, peu importe ce qu'on dira,
10:34il a quelque chose à transmettre à la nouvelle génération,
10:37à laquelle j'appartiens justement.
10:39Il a quelque chose à transmettre.
10:41Il a une expérience, il a une connaissance à transmettre.
10:45Donc, ce film aussi est un canal par lequel
10:48il passe aussi justement pour transmettre cet héritage-là,
10:53pour transmettre cette expérience-là et ses conseils.
10:56Donc, à travers Bouhémé, vous filmez aussi 30 ans de cinéma gabonais.
11:01Vous voyez, vous avez une sorte de parcours à travers l'histoire de Bouhémé, Bouhéma.
11:10Et aujourd'hui, selon vous, quel est l'état du cinéma gabonais, ses forces et ses faiblesses ?
11:16Et ses urgences, je vais ajouter.
11:17L'état du cinéma gabonais.
11:20Ce que j'aime beaucoup, c'est que le cinéma gabonais d'aujourd'hui est en plein essor.
11:26D'accord ?
11:28Mais ce n'est pas encore suffisant.
11:30Ce n'est pas encore suffisant.
11:31Il y a une phrase que j'ai aussi retenue de M. Bouhémé.
11:34Il disait, on le découvrira dans le film,
11:38mais il disait que la jeunesse, aujourd'hui, est légère.
11:43C'est-à-dire qu'il n'y a pas de persévérance.
11:48Lorsqu'un jeune, par exemple, fait un film,
11:49si ça n'a pas marché, si ça a été difficile,
11:52si personne ne vient sous son film, il abandonne.
11:54Donc, il le dit, justement, que la jeunesse,
12:00il n'y a pas de persévérance, en fait.
12:02Donc, c'est ce que je peux dire du cinéma.
12:05Le cinéma gabonais est en plein essor.
12:07Il y a des œuvres qui naissent ici et là.
12:10Cette fin de l'année 2025,
12:12il y a beaucoup d'œuvres cinématographiques qui ont vu le jour.
12:16Mais il en faut plus.
12:17Il en faut plus.
12:18On a besoin, dans le cinéma gabonais, de soutien.
12:21On a besoin de soutien.
12:22Le cinéma gabonais a besoin de producteurs aussi
12:27pour pouvoir faire naître certains projets cinématographiques.
12:34Un soutien aussi de l'État.
12:36Il ne serait pas de refus parce que dans d'autres pays, c'est le cas.
12:39En France, on a, par exemple, le CNC
12:41qui soutient les œuvres cinématographiques.
12:45Donc, c'est quelque chose de très important,
12:49selon moi, pour le Gabon, pour le cinéma gabonais.
12:53Et donc, si le public devait retenir une seule chose de ce film, laquelle serait ?
13:00Une seule chose à retenir de ce film.
13:04La persévérance.
13:06Voilà.
13:07Le titre du film, c'est Bouéma,
13:09qui signifie aussi la persévérance,
13:13l'insistance, l'endurance.
13:15Donc, la persévérance dans ce qu'on fait,
13:19notamment dans le cinéma.
13:20On parle du cinéma ici.
13:22La persévérance...
13:23La persévérance dans la croissance, je vais dire.
13:28Voilà.
13:29On doit persévérer,
13:31mais chercher aussi à croître, à progresser.
13:34Donc, c'est tout ce que moi,
13:36je peux conseiller à tout un chacun de retenir.
13:40Et c'est ce que ce film transmet principalement.
13:42Moi, je vais vous poser une dernière question
13:45et on va clore cette émission.
13:47Que dirait Patrick Bouémé
13:48s'il regardait ce film à vos côtés ?
13:51Si il regardait ce film à mes côtés,
13:56il ne dirait pas grand-chose.
13:59Il serait en train de pleurer.
14:01En train de sourire et de pleurer.
14:04Parce qu'on a déjà visionné ensemble
14:07et c'est laissant sa réaction.
14:09Il pleura après, il a dit stop, ça stop,
14:11je vais ouvrir le tout à l'avant-première.
14:13Donc, je crois que ce sera ça, sa réaction.
14:17Merci.
14:17Merci à vous, Karl Mor,
14:19pour ce regard généreux
14:20et cette œuvre qui restitue avec justesse
14:22la mémoire d'un homme,
14:24mais aussi celle d'un pays
14:26qui apprend encore à reconnaître
14:27ses bâtisseurs de lumière.
14:30Bouéma n'est pas seulement un film,
14:32on l'a dit,
14:33c'est un geste
14:34et on l'a compris à travers cette interview
14:36que c'est un geste de transmission,
14:37un hommage,
14:38un rappel de ce que le cinéma
14:40peut avoir de plus noble
14:42lorsqu'il se met au service
14:43de la vérité, de l'héritage.
14:46Le public gabonais aura d'ailleurs
14:47l'occasion de découvrir
14:48ce documentaire attendu.
14:50Bouéma sera présenté
14:52le 20 décembre à Libreville.
14:55Peut-être nous rappeler le lieu ?
14:57Le lieu sera communiqué
14:58dans les jours à venir.
15:00On reviendra justement
15:01sur l'une de vos émissions
15:03pour en parler.
15:04Pour l'instant,
15:04on garde encore
15:05l'information secrète.
15:08D'accord.
15:09Donc, on retient que ce sera,
15:10Bouéma sera présenté
15:11le 20 décembre à Libreville.
15:14Une date à retenir
15:15pour tous ceux
15:16qui veulent comprendre,
15:17apprendre et surtout
15:18ressentir la force
15:19d'un parcours réceptionnel.
15:21Merci encore,
15:22Karl Mor,
15:22d'avoir été avec nous.
15:23Merci à vous.
15:24Ici, chaque invité
15:29porte une parole
15:30qui engage.
15:31Sur le Canapé Rouge,
15:32nous prenons le temps
15:33d'écouter,
15:34de comprendre
15:34et d'interroger.
15:36Des voix qui comptent,
15:37des échanges qui éclairent.
15:39Je suis Morel Mounjou Mouiga.
15:41Bienvenue dans
15:42le Canapé Rouge.
15:43Le Canapé Rouge,
15:44c'est en direct
15:45tous les lundis
15:45à partir de 21h
15:47sur GMT-TV.
15:48Merci à vous.
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