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  • il y a 2 mois

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00:00Actu locale, musique et bonne humeur.
00:05Ici Roussillon, ici Roussillon.
00:07Premier sur l'actu locale en pays catalan.
00:10Ici Matin, Matin.
00:127h46, comment vit-on aujourd'hui en 2025 avec le VIH,
00:16en cette journée mondiale de lutte contre le SIDA ?
00:18Votre invité Simon est séropositive.
00:19Bonjour Catherine.
00:21Bonjour.
00:21Vous faites partie de l'association Les Fées Militantes, c'est à Perpignan.
00:25Et vous êtes, Catherine, ce qu'on appelle une survivante.
00:27Vous êtes séropositive depuis 41 ans maintenant.
00:31Depuis 1984, vous aviez alors 25 ans.
00:35Vous avez été contaminée lors d'un rapport sexuel.
00:37Pouvez-vous d'abord nous expliquer comment vous avez appris que vous étiez porteuse du VIH ?
00:42Alors, j'ai appris qu'à partir du moment où j'ai été enceinte,
00:47j'ai été à l'hôpital pour faire des examens un peu plus poussés.
00:51Et c'est là qu'on m'a diagnostiqué le VIH.
00:54Donc, le médecin qui me l'a annoncé a été très très fair play.
01:00C'est-à-dire qu'il m'a dit, en fait, ne faites pas de projet, vous allez mourir.
01:03Et c'est à partir de ce moment-là que tout m'est tombé sur la tête.
01:10Le ciel m'est tombé sur la tête.
01:12Donc, je suis rentré chez moi.
01:14Et j'avais qu'une idée en tête.
01:16Ça a été me faire avorter, bien sûr.
01:17Parce qu'à l'époque, j'étais incapable de mettre quelqu'un au monde,
01:21d'avoir cette responsabilité-là, en sachant que je pense qu'il aurait été contaminé.
01:28Vu qu'on n'était complètement pas de médoc.
01:32Vous avez donc fait le choix de ne pas garder cet enfant.
01:36Le médecin, vous l'a annoncé brutalement ?
01:37Comme ça, oui.
01:39Il n'y a pas d'accompagnement à l'époque ?
01:41Non, pas du tout.
01:41En 1984 ?
01:43Une semaine après, j'ai été tout de suite allé à l'hôpital me faire avorter.
01:49J'ai eu le rendez-vous assez rapide.
01:51Et là, on m'a isolée dans une chambre un petit peu.
01:53On m'a mis un saut.
01:55Et je ne pouvais pas bouger de la pièce.
01:58Donc, c'était un petit peu...
01:59On vous a mis un saut pour...
02:00Pour faire mes besoins.
02:02Enfin, pour ne pas sortir de cette chambre.
02:06Et finalement, la peur à l'isolement.
02:10À cette époque-là, c'était vraiment ça.
02:12On était isolés, on était pestiférés, on était...
02:15Les traitements se mettent en place rapidement ou pas ?
02:19Non.
02:19Moi, j'ai pris de l'AZT en 1987.
02:23Mais je n'ai pas du tout supporté.
02:24Donc, je ne l'ai pris que trois mois.
02:27Voilà.
02:28Vous dites que le ciel vous tombe sur la tête.
02:30Oui.
02:30Vous venez de nous dire.
02:31Oui.
02:31On entend qu'il n'y a pas d'accompagnement au niveau des médecins.
02:34Pas du tout.
02:35Est-ce que votre famille est là ?
02:37Est-ce qu'il y a des ailes ?
02:37Alors, moi, j'ai rejoint mon compagnon qui a été très soutenant à ce moment-là.
02:41qui lui était séronégatif.
02:44Ça s'est bien passé.
02:46Mes parents, je ne leur en ai pas parlé tout de suite.
02:49Je leur en ai parlé peut-être un an après.
02:52Moi, j'étais sur Toulouse après.
02:54Donc, ça a été accepté sans qu'il y ait trop de dialogue sur le sida.
03:02Vous ne vouliez pas les inquiéter ?
03:03Moi, je ne voulais pas les inquiéter.
03:05J'étais loin aussi.
03:06Je suis partie après sur Toulouse.
03:08Donc, j'ai fait ma vie en quelque sorte avec mon compagnon.
03:12Le médecin vous annonce que vous allez mourir rapidement, qu'il ne faut pas faire de projet.
03:15Voilà.
03:1641 ans plus tard, vous êtes là encore.
03:18Oui.
03:18Donc, moi, en fait, il y a deux émotions qui s'entrechoquent.
03:21C'est la vie et la mort.
03:24Donc, qu'est-ce que je fais avec ça ?
03:25Je suis plutôt partie du côté de la vie.
03:28Et ça m'a un peu bloquée sur mon...
03:33J'avais envie à ce moment-là de faire une formation d'éducatrice.
03:36Évidemment, quand on vous annonce ça, vous vous dites
03:38« Bon, je préfère peut-être profiter de la vie. »
03:41Donc, avec mon compagnon, on est parti en voyage en Inde pour se faire du bien.
03:50Enfin, ça m'a vraiment fait du bien.
03:53Et j'ai un peu oublié tout ça.
03:54Mais aujourd'hui, vous êtes toujours là.
03:56C'est parce qu'il y a des traitements qui se sont mis en place aussi ?
03:58Oui.
03:59Alors, maintenant, j'ai pris jusqu'à 20 médicaments à l'époque.
04:05Et là, aujourd'hui, je prends une bithérapie.
04:10Ça veut dire quoi, donc ?
04:11Alors, bithérapie, c'est deux molécules.
04:14Et ce n'est plus du tout les traitements qu'on avait avant.
04:18Hyper balèze, avec énormément d'effets secondaires.
04:22Vous les avez vêtus, vous, ces médicaments.
04:23Oui.
04:24Vous avez des effets secondaires terribles.
04:25Oui.
04:26Et aujourd'hui, vous vivez...
04:28Est-ce qu'on peut dire normalement ?
04:31Normalement, oui, avec tout ce que le VIH peut...
04:36Enfin, on a quand même un corps qui vieillit beaucoup plus vite
04:39que la majorité des gens, des personnes.
04:43Donc, je pense que moi, j'ai quand même des effets secondaires
04:46qui sont toujours là, malgré le sport, malgré beaucoup de disciplines.
04:53Parce que je le dis, là, pour ceux qui nous écoutent à la radio,
04:56vous avez 66 ans, mais vous semblez totalement en forme.
05:02Voilà, vous faites du sport dans la vie, vous souriez.
05:06Enfin, je n'ai pas le sentiment que vous êtes malade.
05:08Vraiment, il faut le dire, ça.
05:09Bon, j'ai peut-être un côté aussi comme ça, très positif.
05:12Déjà, j'ai ça dans mes gènes, certainement.
05:15Je suis passée par beaucoup de difficultés.
05:18Donc, je ne sais pas, j'aime la vie.
05:20Je pense qu'il faut...
05:22Voilà, c'est moi, c'est mon carré.
05:24C'est ma façon d'aider, de m'aider sûrement.
05:27Et vous êtes la preuve qu'on peut vivre avec le VIH.
05:29Parce que les associations, aujourd'hui, de lutte contre le SIDA,
05:31en cette journée mondiale, insistent sur un point précis.
05:36Il y a une vraie différence entre le VIH, être porteur du VIH,
05:39être porteur du SIDA.
05:40Quand on a le SIDA, c'est que le virus est quasiment incontrôlable.
05:44Il y a des traitements et des conséquences très lourdes sur la santé.
05:47Le VIH, en revanche, c'est différent.
05:49Oui, le VIH, c'est une condition chronique.
05:51C'est-à-dire que si on est traité avec une thérapie,
05:55trithérapie, bithérapie,
05:56on ne va pas développer la maladie.
05:59Que le SIDA, c'est en fait, si on n'est pas traité,
06:02on va développer des maladies opportunistes
06:05qui peuvent atteindre tous les organes du corps
06:08et finir par la mort.
06:12On l'a entendu, les traitements ont beaucoup évolué,
06:15évidemment, depuis 1984.
06:17Il y a quelque chose qui change peu, en tout cas,
06:19qui semble changer peu,
06:20c'est le regard sur les malades,
06:23sur les séropositifs, les mentalités, les idées reçues.
06:26Elles ne changent pas ?
06:27Non, elles sont toujours là.
06:29Il y a encore des gens qui pensent qu'en buvant dans un verre,
06:31on peut attraper le SIDA,
06:32en serrant la main à quelqu'un, on peut attraper le SIDA.
06:35Je pense que ça reste toujours une maladie honteuse.
06:38Et c'est dommage.
06:40Il y a même parfois des témoignages de séropositifs
06:42qui ont des difficultés pour trouver un rendez-vous médical.
06:44chez le gynéco, chez le dentiste.
06:46Oui, les dentistes, oui.
06:47C'est incroyable, en 2025.
06:49Chez des soignants qui sont formés,
06:50qui ont fait des études.
06:51Tout à fait, les dentistes en particulier,
06:53je pense que sur Perpignan...
06:54Ça vous est déjà arrivé ?
06:55Moi non, personnellement.
06:56Voilà, encore une chance.
06:57Non, non, non.
06:58Je n'ai jamais eu ce refus.
06:59D'ailleurs, j'ai un dentiste à Perpignan
07:01qui n'a aucun souci.
07:03En cette journée mondiale de lutte contre le SIDA,
07:06vous allez te mobiliser, vous, votre association,
07:08les Fais Militantes.
07:09Vous êtes à l'hôpital ce matin.
07:11Il y a un chiffre dont je voulais parler avec vous.
07:14C'est le rapport des jeunes avec le préservatif.
07:18Des études montrent qu'il y a un jeune sur six
07:20qui estime que mettre un préservatif,
07:24c'est un signe de faiblesse aujourd'hui.
07:27Alors, je pense que...
07:29Oui, enfin, la jeunesse...
07:32Je pense qu'ils ont plutôt...
07:36Ils y pensent...
07:37Voilà, pour eux, c'est une maladie...
07:38Je pense qu'ils se disent que la maladie se soigne,
07:42qu'il y a des traitements.
07:43Donc, il y a vraiment un laxisme là-dessus.
07:47Et...
07:47Est-ce que vous avez envie de leur dire ?
07:49Moi, j'ai envie de leur dire de se protéger,
07:51de continuer, de venir s'informer,
07:54de venir au 52 Avenue Foch,
07:58là où on a notre local pour les réunions
08:01une fois par mois.
08:04Et que quand on est testé,
08:05on n'est pas seul.
08:07On n'est pas seul,
08:08on est là pour parler,
08:09pour les réconforter,
08:12pour les aider.
08:13Merci beaucoup de votre témoignage, Catherine.
08:16Vous êtes donc tout à l'heure
08:17à l'hôpital de Perpigny,
08:18entre 10h et midi,
08:19avec l'association Les Fées Militantes.
08:22Excellente journée à vous.
08:23Merci beaucoup.
08:23Vous écoutez ici,
08:29on a la musique maintenant,
08:30c'est Benson Boone.
08:31Sous-titrage Société Radio-Canada
08:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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