00:00Vous savez, ce qui nous distingue, je crois, au fond, de beaucoup de nos adversaires politiques, c'est le sens de l'honneur.
00:06Moi, j'ai des principes, je me les applique et je les applique aussi à mes adversaires politiques.
00:11Mes adversaires politiques ne seront jamais pour moi des ennemis.
00:13Et c'est très certainement ce qui fonde notre différence avec beaucoup de partis, notamment avec des partis de gauche.
00:19À chaque fois qu'un responsable politique français, quel qu'il soit, qu'il soit de droite, de gauche ou du centre,
00:24à chaque fois que l'un d'eux est pris à partie, agressé, insulté,
00:27à chaque fois qu'il est attaqué, y compris dans sa vie personnelle, j'ai toujours pris position,
00:33je me suis toujours exprimé pour prendre sa défense parce que je ne supporte pas la violence,
00:37j'ai le sectarisme en détestation et je n'aime pas la manière de rejeter avec virulence des gens qui ne pensent pas comme vous.
00:43Or, c'est vrai que cette manière de faire, on la voit beaucoup à gauche et je ne comprends pas depuis 24 heures, honnêtement, ce grand silence.
00:51Quand un responsable politique de gauche, de droite ou du centre est pris à partie,
00:55je prends position, je prends la parole et je le condamne avec la plus grande fermeté
01:00en demandant que non seulement l'enquête puisse désigner des coupables,
01:03mais qu'elle puisse exiger des sanctions qui soient les plus dures et les plus implacables possibles.
01:09Quand ça me concerne, quand ça concerne un dirigeant du Rassemblement national,
01:12quand ça concerne une femme politique comme Marine Le Pen, il n'y a plus personne.
01:16Je veux dire, moi j'ai entendu hier quelques voix s'exprimer,
01:19j'ai entendu Marion Maréchal, j'ai entendu Sarah Knaffo et le parti Reconquête prendre position.
01:24La porte-parole du gouvernement Maudrejon ce matin.
01:27La porte-parole du gouvernement et j'ai même entendu il y a quelques minutes sur une chaîne concurrente,
01:31Raphaël Glucksmann, qui a été mon adversaire socialiste pendant la campagne des élections européennes,
01:35prendre position en condamnant cette violence.
01:38Mais où est Gabriel Attal ? Où est Édouard Philippe ? Où est Bruno Retailleau ?
01:43Où est M. Mélenchon ? Où sont les responsables politiques d'Europe Écologie Les Verts ?
01:48Pourquoi est-ce que quand cette violence, elle s'exerce contre des représentants du Rassemblement national,
01:52soit on se tait, ou pire encore, on légitime, on excuse, on banalise ?
01:59Pardon, moi j'ai entendu hier sur une chaîne concurrence, BFM TV, une journaliste qui s'appelle Nesrine Slaoui,
02:05expliquer que, en gros, grosso modo, le fait que j'ai été agressé physiquement
02:10pouvait se légitimer par les positions politiques que je peux tenir.
02:14Mais est-ce que c'est ça le sens d'une démocratie ?
02:17Est-ce que c'est ça le sens d'un pays dans lequel des journalistes,
02:21dans lequel des dirigeants politiques vivent sous protection policière
02:25parce que leur liberté d'expression, leur liberté de ton et leur liberté de parole
02:28coûtent aujourd'hui extrêmement cher ?
02:30Donc, faire de la politique, c'est un sacerdoce.
02:33Rien ne me fera jamais taire.
02:34Et je sais qu'à mesure que les élections s'approchent,
02:36que ce soit les élections municipales, législatives ou présidentielles,
02:39je sais que nous serons naturellement des cibles pour des gens
02:43qui contestent le fonctionnement de la démocratie.
02:45Et heureusement, ces gens-là sont aujourd'hui une minorité.
02:48Mais tous les responsables politiques ont une responsabilité.
02:52Moi, je les appelle à ne pas fermer les yeux.
02:53Parce qu'aujourd'hui, c'est moi.
02:55Et demain, malheureusement, ça peut être eux à leur tour.
02:57Je...
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