00:00C'est l'histoire d'un avocat parisien qui aurait emprunté beaucoup d'argent à ses voisins.
00:05Mes parents se sont fait voler pratiquement 700 000 euros au total.
00:08À ses confrères et même à un ancien client.
00:11Je lui ai versé un peu plus de 100 000 euros, 101 734 précisément.
00:16Des emprunts qu'il promettait de rendre avec des intérêts conséquents.
00:20Mais plusieurs victimes attendent toujours les sommes promises
00:23et l'accusent désormais d'escroquerie.
00:25Vous n'avez plus nous connu.
00:26En fait, vous n'avez pas vos coordonnées.
00:28Donc c'est sur internet.
00:30Dans cette ville, qu'au sud des Yvelines où il habite,
00:33cet avocat aurait fait le tour de tout son voisinage pour des prêts d'argent.
00:37À ses voisins d'en face, il doit 8 800 euros.
00:40À ceux d'à côté, des septuagénaires dont le mari l'accuse d'abus de faiblesse,
00:45il doit près de 700 000 euros.
00:47On se trouve dans ma maison familiale.
00:49Depuis que j'ai l'âge de 11 ans, j'habite ici.
00:51Comme vous pouvez le voir sur la table et au niveau des valises,
00:55des divers cartons qu'on a dans la maison,
00:57on est en train de déménager.
00:58On est contraints, malheureusement, de vendre la maison.
01:01Suite à cette escocquerie de M. Kazat, de la somme de pratiquement 700 000 euros,
01:05on est écroué de dettes.
01:06M. Kazat, on l'a rencontré il y a un peu moins d'une dizaine d'années.
01:10On peut voir que, clairement, on a cette proximité.
01:13En fait, à chaque fois qu'il rentre et qu'il part de chez lui, on le voit.
01:17C'est une boule au ventre qu'on a constamment.
01:18Cette histoire, elle a officiellement commencé au mois d'octobre 2024.
01:23Quand il a approché mon père, il était très paniqué.
01:26Il avait besoin d'argent.
01:28Pour lui, c'était vraiment une question de vie ou de mort.
01:31Donc, mon père, par gentillesse, il a accepté de lui prêter une première somme.
01:35Son titre d'avocat fait en sorte que, normalement, c'est une personne à qui on peut avoir confiance.
01:40Mais par la suite, il est revenu à la charge, plusieurs fois, en inventant une histoire d'investissement.
01:46Il pouvait lui dire des choses comme,
01:49« Si tu ne nous donnes pas, aujourd'hui, avant-midi, les 20 000 euros qui restent, tout va foirer. »
01:55Franchement, on n'a que tu ne sois pas seul.
01:57On n'a pas regardé ton son.
01:58Ça garde tout ça.
01:59Mais ce n'est pas un problème.
02:01On n'a rien à cacher.
02:02On n'a rien à cacher.
02:04Non, mais raccrochez, raccrochez, s'il vous plaît.
02:06Il n'y a jamais eu des documents, il n'y a jamais eu de preuves.
02:13On est pratiquement sûrs à 100% que cette histoire, elle est montée de toute pièce.
02:18À cette époque, la famille de Suzanne traverse une période très difficile.
02:21Sa mère devient paraplégique à la suite d'une chute,
02:24pendant que son père se soigne pour un cancer.
02:27Étant donné que mon père, il était isolé,
02:28il a fait en sorte de devenir un peu l'ami de mon père.
02:33Et clairement, c'est pour ça qu'on parle d'abus de faiblesse.
02:35C'était une forme d'harcèlement.
02:37À venir à notre domicile, à lui envoyer à répétition des messages,
02:43à répétition des appels, si mon père ne répondait pas
02:45parce qu'il avait besoin d'un virement.
02:47Raccrochez, c'est fini.
02:48Oui, c'est fini.
02:49Effectivement, si on n'arrive pas à boucler tout à l'heure, c'est fini.
02:52Là, on a la gueuleur du truc et on ne trouvera plus.
02:55On s'en a fait des miracles absolus pour trouver ces 180.
02:57C'est vrai.
02:58Là, on a besoin de toi une dernière fois et tu as besoin de nous
03:00pour récupérer ton argent.
03:02Qu'est-ce qui ne va plus ?
03:03Quel est le problème ?
03:04Dis-nous, quel est le problème ?
03:05La personne ne comprend pas.
03:08Moi non plus.
03:10C'est ça ?
03:11Moi non plus.
03:12Moi non plus.
03:13Les conditions sont bloquées.
03:15Mais laissez-moi, laissez-moi, s'il vous plaît.
03:19Laissez-moi.
03:21Laissez-moi maintenant.
03:22C'est fini.
03:22C'est fini.
03:23Ça me donne envie de pleurer.
03:29Ce qui me touche, c'est qu'il a profité de la situation que mon père,
03:38enfin que ma famille subissait déjà.
03:40Et en fait, d'entendre dans cet audio que mon père, il n'en peut plus,
03:46qu'il est fatigué,
03:48que pendant tous ces mois, il en avait marre
03:51et que s'il pouvait se retracter, il l'aurait fait.
03:55Et en fait, on entend vraiment qu'il est à bout
03:59parce que c'était une pression psychologique tous les jours
04:02jusqu'à appeler une dizaine de fois devant le commissariat
04:06le jour où on a déposé plainte.
04:08L'avocat en question, c'est lui, Xavier Cazotte.
04:10Il est spécialisé en droit des affaires
04:12et nous sommes allés le rencontrer en caméra cachée
04:15au cabinet Pardot, avenue de Wagram,
04:18où il dispose d'un bureau.
04:21Bonjour.
04:23Je suis journaliste parisien.
04:26Je me permettais en fait de vous déranger.
04:28On cherchait effectivement à faire un long article
04:32racontant l'argent emprunté à gauche, à droite.
04:37Donnez-moi votre carte et je vous remonte.
04:39Bien sûr.
04:40Pourquoi cette escalade finalement,
04:42tant dans le voisinage que dans le milieu professionnel ?
04:46Qu'est-ce qu'on prend peut-être un peu le tourpoint ?
04:48Un peu déposé.
04:49Oui, j'imagine.
04:50Ok, mais vous avez un avril.
04:52Très bien.
04:54Merci encore.
04:56Selon nos sources, ces dettes ne s'arrêteraient pas qu'au voisinage.
04:59L'avocat serait même allé jusqu'à solliciter un ancien client
05:02qui lui a prêté plus de 100 000 euros.
05:05Il m'a appelé un soir à 8h30 pour me demander
05:07si je me souvenais de lui d'abord
05:09et puis si je pouvais le dépanner de 2 000 euros.
05:12Il en avait un besoin absolument urgent, c'était essentiel
05:15et qu'il me les rendrait au maximum dans deux semaines.
05:18J'avais confiance en maître Xavier Cazotte.
05:21Deux semaines passent, évidemment, rien ne se passe.
05:23Et quand je le contacte, il commence à me parler un petit peu
05:26de l'opération, entre guillemets,
05:28qui est sous-jacente.
05:29C'est-à-dire qu'il me dévoile qu'il sont en train de libérer
05:32des fonds très importants pour lesquels il y a des taxes à payer,
05:36des frais de conservation.
05:38La première fois qu'il me parle de cette opération,
05:41c'est pour me dire que c'était une opération considérable
05:44sur laquelle lui-même avait allé faire des bénéfices considérables
05:48et qu'il avait juste besoin que je lui permette
05:50de réaliser son opération
05:52et qu'il saurait s'en montrer reconnaissant.
05:56Il m'explique juste qu'il y a beaucoup de cash et de l'or,
06:01ce qui serait tout à fait compatible
06:02avec des avoirs étrangers bloqués en Europe.
06:05Et il me demande de ne plus en parler.
06:07Hello Francis, je sais que j'abuse.
06:09J'ai rendez-vous à 17h.
06:10Si tu peux compléter jusqu'à 10, ça fera chiffre rond
06:13et je fais 2,5.
06:14Crois-moi, c'est important et justifié.
06:16Et après, tout ce qu'on s'est dit.
06:18Franchement, je ne peux pas. Je n'ai pas.
06:20Tu confirmes retour au milieu fin de semaine ?
06:22Je peux faire 1 000, mais je suis à sec.
06:24Ok, c'est très bien déjà. Je trouve le soldat ailleurs.
06:26Alors voici l'ensemble des prêts réalisés
06:28à Xavier Cazotte au cours de l'année 2024.
06:31Le total, il est là. 101 143.
06:33J'ai 450 échanges WhatsApp.
06:36On a eu au moins 100 conversations sur le sujet.
06:39Et chaque fois, il arrive à me convaincre
06:40que ce ne serait peut-être pas demain,
06:42mais au plus tard, samedi midi.
06:44Francis, dès que j'ai, tu seras le premier informé
06:46et remboursé.
06:47Ça ne m'amuse pas du tout
06:48et j'ai parfaitement conscience de tes difficultés.
06:51continue à me faire confiance
06:52et tout ce que je t'ai annoncé va être fait.
06:54Oui, mais quand Xavier est ce jour ? Demain ?
06:56Jusqu'à la fin, ou presque jusqu'à la fin,
06:58j'y ai cru.
06:59Ça s'appelle une mystification.
07:01J'en suis conscient.
07:02Le mot exact est en prise.
07:04Cet ancien camarade à la fac de droit
07:06est confrère de Xavier Cazotte,
07:08dit n'avoir jamais récupéré
07:09les 5 000 euros qu'il lui a prêtés
07:11en juillet 2024.
07:13Fin août 2024,
07:15le remboursement n'est pas intervenu.
07:17Et j'appelle une amie commune
07:19qui me dit
07:20« il t'a appelé donc ».
07:23On lui a tous prêté
07:24depuis déjà plusieurs mois
07:26et on attend que ça revienne.
07:27Elle l'évoque
07:29environ 5 ou 6 personnes
07:31qui auraient prêté
07:32essentiellement des confrères.
07:34Dure dizaines de milliers
07:35qui lui ont été prêtés.
07:38De tout ce qu'il a pu dire,
07:39de tout ce que les gens peuvent dire sur lui,
07:40sujet à caution,
07:42on ne sait pas trop en fait.
07:43Ce gars-là,
07:44il vit dans un mensonge
07:46depuis des années.
07:47Et pour rassurer ses créanciers,
07:49Xavier Cazotte rédige même
07:50plusieurs reconnaissances de dettes.
07:52Mon père a eu énormément confiance
07:54sur cette personne
07:55sans donner qu'il s'est dit
07:56un avocat,
07:57des redevances de dettes
07:58qui sont signées.
07:59On ne savait pas
07:59que des redevances de dettes
08:01non signées chez un notaire
08:03ça ne valait pratiquement rien.
08:04À notre connaissance,
08:06au moins 6 personnes
08:07ont engagé une procédure
08:08pour escroquerie,
08:09abus de faiblesse,
08:10abus de confiance
08:11ou harcèlement
08:12à l'encontre de Xavier Cazotte
08:13qui reste présumé innocent.
08:15Et depuis octobre 2023,
08:17les signalements à ce sujet
08:19se seraient multipliés
08:20à l'ordre des avocats
08:21qui n'a jusqu'à aujourd'hui
08:23pris aucune sanction
08:24à son encontre.
08:25J'avais commandé un relevé
08:26de situation hypothécaire
08:27sur sa maison
08:28à Marlis-le-Roy.
08:29Sur le document,
08:30il y avait 800 000 euros
08:31d'inscription hypothécaire
08:32au bénéfice de crédit logement,
08:34100 ou 150 000 euros
08:36au bénéfice du trésor public.
08:38Il ne restait pas grand-chose
08:39à saisir.
08:39Et puis surtout,
08:40trois personnes physiques.
08:41Et d'ailleurs,
08:41il m'avait même dit que,
08:42et s'il ne les rendait pas,
08:43que je pourrais toujours
08:44prendre une hypothèque
08:44sur sa maison.
08:45Ce que j'ai fait,
08:46mais apparemment,
08:47ça ne sert à rien.
08:48Donc on est en plus
08:49dans l'organisation
08:49de l'insolvabilité.
08:50Plusieurs jours
08:51après notre visite,
08:53Xavier Cazotte
08:53a accepté de nous rencontrer.
08:55Bonjour,
08:56nous avons rejoints
08:56avec le maître Cazotte.
08:58Puis s'est rétracté
09:00juste avant l'entretien.
09:01Par mail,
09:02il nous explique
09:02avoir été amené
09:03à faire des emprunts
09:04personnels
09:05à plusieurs personnes
09:06de ses amis
09:07et de son entourage
09:08avec l'intention ferme
09:09de rembourser
09:10et pour certains,
09:11en les rémunérant
09:12de façon plus qu'importante.
09:13Je ne me suis jamais caché
09:15ni utilisé
09:15de manœuvre détournée.
09:16C'est juste une question de temps
09:18et je vous assure
09:18que père de famille,
09:19trois enfants,
09:20je ne risque pas
09:21de me transformer en escroc.
09:22Loin s'en faut.
09:23Je suis conscient
09:23que je mets certains d'entre eux
09:25dans l'embarras
09:25et cela me fait beaucoup de peine.
09:27Ce n'était pas l'objectif
09:28et je vous assure,
09:29vivre une période horrible.
09:30Quelques jours
09:31après notre sollicitation,
09:33l'ordre des avocats
09:34a clos son instruction
09:35et annoncé aux victimes
09:37une audience
09:37le 3 décembre.
09:38Audience qui sera renvoyée
09:40puisque Xavier Cazotte
09:41sera jugé
09:42du 1er au 19 décembre 2025
09:45dans un procès
09:46pour une affaire
09:46de corruption
09:47et de tentative
09:48d'escroquerie
09:49visant Total Énergie.
09:51Affaire ou Xavier Cazotte,
09:52présumé innocent,
09:53affirme qu'il n'était
09:54qu'un simple collaborateur
09:56d'avocats à l'époque.
09:57Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires
1