00:00Je pense que vous avez bien expliqué, c'est compliqué, et plus personne ne sait vraiment ce qui se passe.
00:04En réalité, on a un plan qui est sorti un peu de nulle part, qui avait été préparé à la Trump,
00:08en discussion avec les Américains, mais c'est normal, les échanges sont permanents,
00:11et ce Trump a été mis sur la table violemment, de la même manière que le plan pour Gaza avait été mis violemment.
00:15Vous vous souvenez, à l'époque, c'est que le plan pour Gaza, finalement, il survit, difficilement, mais il survit.
00:21Celui-ci a surpris tout le monde, en particulier, il a surpris les Européens, et il a surpris les Ukrainiens.
00:25Donc aujourd'hui, l'idée de manœuvre, c'est de faire un contre-plan, ou de faire évoluer ce plan,
00:31pour lequel les Américains ne sont pas totalement opposés.
00:33On voit que Marco Rubio a fait des concessions, il s'est réuni avec les Européens,
00:37de manière à ce que, en gros, les éléments de ce plan les moins inacceptables soient devenus inacceptables.
00:42En gros, il y a trois types d'éléments un peu compliqués dans le plan, mais je vais les simplifier.
00:45Le premier, c'est la question des territoires occupés et des frontières.
00:49Où est-ce qu'on arrête les combats, le cessez-le-feu ?
00:51Est-ce qu'on l'arrête sur la ligne de front ?
00:52Où est-ce qu'on commence déjà à reconnaître que Poutine aura des territoires qu'il n'a pas conquis ?
00:56Puisqu'il n'a pas conquis la totalité des territoires du Donbass.
00:59Voilà un point important.
01:00C'est un peu difficile de donner à Poutine des territoires qu'il n'a pas conquis.
01:03Mais enfin, comme c'est lui qui décide d'arrêter la guerre,
01:05et que pour l'instant, il est plutôt en position de force, il a quand même un levier.
01:08La deuxième question, ça va être la question de comment les Européens sont associés,
01:12les Ukrainiens, à ces discussions.
01:13C'est difficile, ça se fait dans la douleur, mais ça se fait quand même petitement.
01:17Et surtout, la question la plus essentielle de tout ça,
01:19en réalité, c'est ce qu'on appelle les garanties de sécurité.
01:22Vous allez voir, ce n'est pas très compliqué à comprendre.
01:23En fait, les garanties de sécurité, c'est trois choses.
01:26La première, c'est la capacité.
01:27Une fois qu'on a arrêté les combats, une fois qu'on a cessé le feu,
01:30une fois qu'on aurait un éventuel accord de paix ou pas,
01:32c'est permettre à l'Ukraine d'avoir une armée suffisamment forte
01:35de manière à contrer la Russie, si dans quelques années,
01:37Poutine décide de repartir à l'avant.
01:39Donc, une armée, une ukrainienne forte, ce n'est pas prévu dans le plan de paix.
01:41Mais l'Ukraine doit couper son armée en deux.
01:44C'est la possibilité que les Européens mettent en place
01:48ce qu'on appelle la coalition des volontaires,
01:49une espèce de force de dissuasion, qui ne sera à mon avis pas du tout en Ukraine,
01:52mais qui sera aux frontières de l'Ukraine, en Pologne, dans les pays baltes,
01:55qui seraient prêtes à intervenir en soutien de l'armée ukrainienne
01:57s'il y avait une nouvelle offensive des Russes sur l'Ukraine.
02:01Et dernier point, et c'est le plus compliqué,
02:03c'est que les Européens veulent, pour leur force de sécurité,
02:06pour leur propre garantie, la garantie que les Américains seront là
02:09si jamais ça tourne mal.
02:10Donc voilà, les trois points qu'ils sont en train de discuter,
02:12et ces trois points sont extrêmement compliqués.
02:15On a le sentiment quand même qu'on n'est pas certain que Poutine
02:18ne veut effectivement la paix, il continue à mener des bombardements intensifs,
02:21mais dans les discussions c'est toujours comme ça,
02:23tant qu'il n'y a pas un accord de cessez-le-feu, les combats continuent.
02:26Donc la question c'est effectivement, pour les Européens,
02:28de s'imposer dans les négociations,
02:31alors qu'en réalité, ils sont en position de faiblesse,
02:33et Zelensky, justement, de donner point,
02:35sait très bien qu'il a besoin du soutien des Américains,
02:37quelle que soit la position des Américains,
02:39sinon ce n'est pas un petit bout de l'Ukraine qui va perdre,
02:41c'est la totalité d'Ukraine dans les mois qui viennent.
Commentaires