00:00Nous étions en direct avec l'ancienne secrétaire d'État chargée de la Ville et de la Citoyenneté, Sabrina Agresti-Roubach,
00:05qui était au plus près de la famille Kessassi tout au long de la semaine, mais également hier après-midi.
00:11Et il y a un décalage entre ce que peuvent dire les médias depuis hier après-midi, c'est-à-dire une foule compacte.
00:18Quand vous dites une foule, vous imaginez, dans Marseille, 800 000 habitants, plusieurs dizaines de milliers de manifestants.
00:246 500, c'est 0,74% de la population marseillaise.
00:286 500, c'est un dixième du stade Vélodrome qui est rempli en totalité un week-end sur deux quand il y a des matchs à domicile.
00:35Donc on a besoin de comprendre pourquoi, pourquoi si peu de monde.
00:39Est-ce que parce que les Marseillais ont peur ? Est-ce que les Marseillais n'ont pas confiance dans les élus qui étaient présents pour la photo ?
00:46Et je mets de côté encore une fois Sabrina Agresti-Roubach qui s'est mobilisée tout au long de la semaine pour être au plus près de la famille.
00:54Mais tous les autres élus ?
00:55Moi je pense que la peur a joué. J'ai encore en mémoire l'appel très courageux d'Amine Kessassi qui avait dit
01:02« On peut s'en prendre à une personne, on peut tuer une personne, mais on ne peut pas tuer tout un peuple ».
01:06Donc lui, il pensait vraiment qu'il allait avoir le peuple marseillais derrière lui.
01:11Et vous avez raison, il se retrouve avec 6 500 personnes. Mais pourquoi ?
01:14Mais parce que je pense que cette terreur diffusée par les narcotrafiquants est en train d'infuser jusque, y compris à Marseille, où il y a quand même des morts et des victimes collatérales sans arrêt.
01:25Donc oui, moi je pense que cette peur, après cet assassinat d'avertissement, tout est dit. Assassinat d'avertissement.
01:35Donc on avertit les gens.
01:36Donc on peut être d'accord avec tous ceux qui ont refusé aussi de venir.
01:42La trouille peut-être, mais céder à la trouille, c'est laisser les rues marseillaises et les rues françaises au narcotrafique.
01:48On est en direct avec Mohamed Benmedour. Alors vous êtes, Mohamed, éducateur spécialisé.
01:54Merci d'être en direct avec nous, cher Mohamed. Vous avez participé à cette marche hier.
02:00Vous êtes éducateur spécialisé dans les quartiers nord de Marseille.
02:04Et vous considérez, c'est intéressant justement, parce que vous, vous considérez que c'était une mobilisation conséquente.
02:10Oui, bonjour. Effectivement, je considère que c'était une mobilisation conséquente. Pourquoi ?
02:18Parce qu'avec Amine et le collectif des familles et tant d'autres associations, la Maman de Sokaïna, etc.
02:26Bon, on en est à la énième marche funéraire, malheureusement.
02:30Mais à chaque fois, ça a mobilisé pas plus de 200 personnes.
02:33Cette fois-ci, avec le retentissement national et l'émoi que ça a provoqué dans le pays,
02:39c'est vrai que, attention, il y a un climat aussi de terreur et de peur et de psychose.
02:43Ça, je ne le renie pas.
02:45Bien sûr.
02:45Cette fois-ci, on avait 6200 personnes.
02:48Amine avait une espérance d'avoir 100 000 personnes à travers l'ensemble du pays.
02:54C'est déjà quelque chose d'assez positif.
02:59Mais la question qu'on se posait hier, c'est l'après.
03:02Vous êtes là, il y avait l'ensemble de la classe politique présente.
03:06Vous avez mentionné Mme Sabrina Gressi-Roubage, d'ailleurs, qui a été prise à partie à la fin du rassemblement,
03:13puisqu'elle-même avait coupé les subventions de l'association Conscience à Amine Kessassi
03:20parce qu'il avait refusé de faire de la politique auprès d'elle.
03:26Et ça, il faut le relever.
03:28C'est très important.
03:29Et c'est peut-être un élan d'espoir.
03:32Amine a dit, comme disait sa maman, je suis là, je suis debout.
03:35Puis il a dit, on ne peut pas s'attaquer à tout un peuple.
03:38Mais il faudrait une continuité de cette action et un réel consensus national avec les autorités de ce pays.
03:46Non mais la question du après, elle est essentielle.
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