00:00On va parler maintenant de Marseille et malheureusement du narcotrafic qui continue de gangréner la ville et de semer la mort dans les rues.
00:07Cette fois c'est un corps qui a été découvert dans une voiture incendiée.
00:10C'était hier après-midi à Septembre-les-Vallons, c'est proche des quartiers nord de Marseille.
00:14Un homme a également été retrouvé blessé par balle sur place. Les précisions de Sarah Fenzari.
00:20Même la nuit de Noël n'a pas épargné Marseille.
00:23Un corps carbonisé a été retrouvé dans le coffre d'une voiture.
00:27Dans le même temps, un homme d'une quarantaine d'années, grièvement blessé par balle à la mâchoire, a été transporté à l'hôpital.
00:34Il y a deux véhicules qui ont été retrouvés d'ailleurs calcinés à côté du parc Caliste dans le 15e arrondissement.
00:42Et on se rend compte qu'il n'y a pas de jour férié, il n'y a pas de trêve dans ce milieu.
00:46Même si les chiffres montrent une légère baisse, en ne tenant pas compte du corps retrouvé calciné,
00:5218 personnes ont perdu la vie contre 24 l'an dernier.
00:55Ce n'est pas parce que nous avons moins de morts que le trafic a baissé.
00:59En 2023, je crois qu'on avait dépassé les 50 personnes décédées sous fond de trafic de stupes.
01:04Et vous multipliez ces chiffres par 4 quand on doit comptabiliser les personnes blessées.
01:09Des profils de victimes, de plus en plus jeunes, des mineurs, parfois à peine majeurs, recrutés comme guetteurs, nourris ou tireurs.
01:17De la moitié des jeunes qui sont touchés de près directement ou indirectement par le narcotrafic sont des mineurs.
01:24Pour les forces de l'ordre, la menace est devenue permanente.
01:28Les réseaux sont structurés, parfois pilotés depuis l'étranger.
01:32Les policiers dénoncent des moyens encore insuffisants face à l'ampleur du phénomène.
01:37Si on veut lutter, il faut se donner les moyens à l'international.
01:40Il faut donner les moyens aux douaniers.
01:41Et quand on touche sur le blanchiment d'argent, là, on commence à les faire mal.
01:45Souvenez-vous, le 13 novembre dernier, la mort de Mehdi Kessassi, petit frère du militant écologiste et anti-narcotrafique Amin Kessassi, avait bouleversé Marseille.
01:56Marseille qui achève son année comme elle l'a commencé, sous tension.
02:01Malheureusement, Hubert Coudurier, alors effectivement, 19 morts liés au narcotrafic contre 24.
02:08Mais malheureusement, c'est autant de blessés.
02:10C'est ce que dit Bruno Bartocetti.
02:11Il faudrait multiplier environ par 4 le nombre de morts pour trouver le nombre de blessés.
02:14Une ville qui a bien du mal à se débarrasser de ce narcotrafic.
02:19Il y a eu des opérations place nette, il y a eu le plan Marseille en grand.
02:21Il y a eu beaucoup d'initiatives.
02:23Ça a pu améliorer un peu, sans doute, la situation.
02:26Mais c'est un peu un pansement sur une jambe de bois.
02:28Le président de la République a avoué son appétence pour Marseille.
02:35Marseille en grand, c'était ça aussi.
02:37Bon, finalement, il n'y a pas eu énormément de mesures.
02:40Il y a quand même eu 5 milliards qui étaient théoriquement débloqués.
02:45Ils ont dépensé un peu moins de 40% des sommes.
02:49Mais si vous voulez, bon, moi je me souviens de la guerre contre la drogue
02:53déclenchée, décrétée par Reagan.
02:56C'est une guerre sans fin.
02:58Alors avant ça, il y avait Dillinger au moment de la prohibition.
03:01On sait très bien que pour essayer d'y mettre un terme,
03:04il faut taper les chefs, il faut taper au portefeuille.
03:08C'est ce qui commence.
03:10Maintenant, semble-t-il, il y a des accords de coopération internationale,
03:13même avec Dubaï, qui est quand même un émirat
03:15qui a eu pris l'habitude d'accueillir les oligarques
03:19et qui n'est pas forcément très coopératif.
03:21Ce sera le seul moyen à terme de pouvoir réduire,
03:24autant que faire se peut,
03:26ce qui est devenu une économie parallèle,
03:29une économie presque nécessaire dans une ville qui est pauvre, en fait,
03:33et qui vit de ça,
03:35et qui malheureusement n'offre pas d'autre avenir
03:40à ses enfants, pour certains d'entre eux.
03:43Et on va voir s'il se passe quelque chose aux municipales.
03:47Le Front National, enfin le Rassemblement National,
03:49maintenant, fait un peu moins le malin,
03:52il fanfaronne un peu moins par rapport à la dernière fois.
03:55Donc sur les municipales, il reste très prudent.
03:57Nous, c'est Perpignan, Nîmes...
03:59Oui, on ne va pas tout miser sur Marseille.
04:01Mais Marseille reste, malgré tout,
04:03alors il y a Toulon, ça semble-t-il acquis,
04:05mais Marseille reste un enjeu.
04:06Et de fait de l'alliance entre Stéphane Ravier et Franck Galizio,
04:11il y a une petite chance que ça bascule.
04:14C'est vrai que Bernard Cuanadat,
04:15comme le disait à l'instant Hubert Coudurier,
04:17au niveau national, bien sûr qu'il faut agir,
04:19mais il faut étendre cette lutte contre la narcotrafic
04:21à l'échelle internationale.
04:23Premièrement, parce que les têtes de trafic ne sont pas chez nous,
04:26ou en tout cas rarement chez nous,
04:28parce que l'argent de ce narcotrafic aussi part à l'étranger.
04:32C'est important qu'il y ait une vraie coopération internationale,
04:34parce que si on veut couper les têtes de réseau,
04:35il faut voir plus loin que nos frontières.
04:37Oui, et puis il faut toucher au porte-monnaie,
04:38vous l'avez dit, c'est 7 à 8 milliards en France de revenus de la Danque.
04:41C'est aussi une armée mexicaine sociale,
04:45c'est-à-dire qu'on fait vivre des familles,
04:47on fait vivre un monde,
04:48c'est une économie parallèle,
04:50et elle a des ramifications à l'international,
04:53parce qu'effectivement,
04:54les têtes de réseau ne sont pas toutes ici.
04:56Il y a une lutte des mafias sur le territoire français
04:59pour pouvoir utiliser et récupérer du territoire et donc de la chalandise,
05:04faire en sorte que plus on est présent dans les quartiers,
05:07plus on n'est pas dans certaines zones, plus on vend.
05:09Et puis il y a cette guerre économique qui permet au réseau de pouvoir vivre.
05:16C'est vraiment un enjeu financier,
05:18donc toucher les biens immobiliers,
05:20toucher les biens immobiliers des trafiquants,
05:22geler les comptes bancaires,
05:25fermer un certain nombre de points de vente
05:27qui sont de nourrice ou de recyclage de l'argent
05:31qui n'est pas réel, quand je vais dire déclaré.
05:35Tout ce qu'on appelle ces petites boutiques
05:38dont je ne citerai pas le nom,
05:39mais qui ont une activité éphémère.
05:42On le voit dans toutes les villes.
05:42Vous parlez des barbeurs en l'occurrence ?
05:44Pas uniquement, un certain nombre de boutiques,
05:45un certain nombre de ventes de magasins de chaussures,
05:51de taxiphones, etc.
05:53Où il peut y avoir du cash qui est distribué.
05:56Et ce n'est pas uniquement à Marseille, Elodie.
05:58Ah non, c'est sûr, c'est 79% du territoire.
06:00Vous venez ce qu'on a vécu à Poitiers,
06:01sur l'Aldal de Poitiers il y a quelques mois,
06:04à Limoges, à Nantes.
06:07Toutes les villes petites, moyennes et grandes,
06:10y compris certaines zones rurales, sont touchées.
06:11Et puis il y a les complicités dans l'administration,
06:15dans la police, parfois dans la justice.
06:19On a aujourd'hui un vrai enjeu.
06:22Mais si on touche, comme l'a dit bien du Uber,
06:24au porte-monnaie des trafiquants,
06:26sur leurs investissements,
06:28y compris mobiliers et immobiliers,
06:30on arrivera.
06:31Mais c'est du long terme.
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