00:00Souvenez-vous, nous étions en début d'année 2024, un incident qui s'était déroulé à l'Institut supérieur de technologie à Ondimba dans la zone d'Oloumi.
00:10Le plafond qui s'était effondré sur un apprenant, ce qui avait engendré un mouvement d'humeur de la part des étudiants.
00:18L'État a pris la mesure de l'urgence et donc a délocalisé le site vers un complexe privé.
00:25Nous sommes ici au complexe universitaire de technologie de Bikele, qui abrite le nouveau siège de l'IST.
00:35Ici, habituellement, c'est un site qui grouille d'apprenants.
00:41Nous sommes arrivés ce matin, portail fermé, salle de classe vide.
00:50Nous avons tenté de comprendre ce qui se passe.
00:54Suivez-nous.
00:56Ici, dans ce bâtiment principal, nous avons 12 salles de classe en bas, nous avons 12 salles de classe en haut, 24 salles de classe.
01:05Nous avions en bas un bloc sanitaire, nous avons une salle de prof à gauche.
01:14En haut, nous avons une salle de reprographie et tout en haut, au fond, nous avons une salle multimédia.
01:23Voici M. Epiémende Ogoulet-Pierre. Il est l'entrepreneur qui a construit ce complexe, un site de presque un hectare comprenant plusieurs bâtiments.
01:34En 2024, il en a loué les locaux à l'Institut supérieur de technologie.
01:40Ce jeudi 20 novembre 2025, il a décidé d'en interdire l'accès aux étudiants, faute de paiement de la part de l'État.
01:47Nous avons voulu comprendre les raisons de cette décision.
01:52On a signé ce premier contrat le 24 mars, je crois, de 2024.
01:58Les enfants sont installés.
02:00J'ai mis, j'ai dû mettre de l'argent, encore près de 80 millions, pour que les enfants puissent s'installer déjà.
02:05L'école était faite, bon, mais ce n'était pas fait, fini, fini, pour pouvoir encaisser les gens.
02:13Donc j'ai dû mettre des fonds pour que les enfants puissent s'installer.
02:17Donc de 2024 à 2025, jusque-là, je n'ai même pas obtenu, même la caution, ni l'avance sur le loyer.
02:27Je n'ai rien reçu, même pas un centime, jusqu'à ce jour.
02:32J'ai essayé, et donc l'année dernière, oui, ça va faire un an, là, j'ai dû m'endetter parce que il fallait,
02:45cette année, il devait y avoir 1 000 élèves, je crois, 1 000 ou 1 200 élèves,
02:49il fallait multiplier la capacité d'accueil.
02:55J'ai dû m'endetter pour ce bâtiment à hauteur de 400 millions, ce bâtiment.
03:04Donc 400 millions, j'ai mis, c'était 10 salles de classe en bas, 10 salles de classe en haut,
03:11pour une capacité de près de 1 000 élèves.
03:15Avec le DG, non, mais on a besoin de grandes salles pour faire des amphis et tout,
03:18donc on a dû modifier le bâtiment pour faire une salle de près de 200 ici
03:23et une salle de près de 300 là-bas, avec 11 bureaux et une salle d'incubation en bas.
03:32Les enfants sont à l'intérieur.
03:35Tout ça là, je n'ai même pas encore reçu un centime.
03:37Donc le contrat 2024, l'année 2024 a arrivé à sa fin, en 2025.
03:46De 2025, de mars 2025 à ce jour, je ne sais pas si l'année 2025 a été engagée.
03:54Le seul engagement qu'on a eu, c'est 2024, où j'ai l'OP, qui devait être payé en juin 2024.
04:03Jusqu'en novembre 2025, je n'ai toujours pas reçu un centime.
04:08Et quelles sont les démarches que vous avez entrepris par la suite pour rentrer dans votre dû ?
04:16Je me suis rapproché du patrimoine, parce que nous avons signé le contrat avec le patrimoine de l'État.
04:22Au niveau du patrimoine, ils ont fait leur travail, c'est au niveau du trésor public.
04:27J'ai écrit, j'ai écrit au ministre, j'ai écrit au ministre d'État, l'actuel, toujours pas de réponse.
04:40Il y a trois semaines, j'ai écrit au vice-président, chargé du gouvernement.
04:45Je n'ai toujours pas de réponse.
04:48Donc, j'ai dit, je ne vais pas continuer.
04:50Apparemment, je n'ai plus d'interlocuteur de l'autre côté.
04:53Donc, je fais quoi ?
04:54Je ferme, peut-être qu'il y aura des gens qui vont réagir.
04:57Donc, ce matin, vous confirmez que l'établissement est bien vide, les apprenants ont été renvoyés chez eux ?
05:06Aujourd'hui, M. Ogoulet est un homme profondément éprouvé.
05:13Le défaut de paiement dont il est victime l'a placé dans une situation intenable.
05:18Les banques qui lui avaient accordé ses prêts ont déjà bloqué ses comptes
05:22et menacent désormais de saisir l'ensemble de son patrimoine.
05:26Pour cet entrepreneur qui a investi toutes ses économies dans ce complexe,
05:32la pression financière et personnelle est immense.
05:35Une réalité qui illustre à quel point les retards de paiement peuvent briser des initiatives privées,
05:41pourtant essentielles au pays.
05:43Si je ne perds pas dans les délais, ils vont vendre, ils vont récupérer tout le complexe,
05:51ils vont le vendre et ils vont récupérer leurs sous.
05:55S'il reste de la monnaie, ils vont me restituer.
05:57S'il ne reste pas, si le brade, ça veut dire que peut-être que c'est moi encore qui va,
06:01qui restera le jour de vape.
06:04Voilà, le risque sur lequel je me suis engagé.
06:07Et aujourd'hui, quel message vous souhaitez passer aux autorités ?
06:12Le message que je souhaite, c'est que l'État, les responsables publics, me payent.
06:19C'est tout ce qu'on veut, qu'ils me payent,
06:22que moi je puisse honorer mes engagements près de la banque, qu'ils m'accompagnent.
06:27Face à cette situation, c'est désormais près d'un millier d'étudiants
06:31de l'Institut supérieur de technologie qui se retrouve privé de cours.
06:36Un simple défaut de paiement de la part de l'État entraîne ainsi un double impact.
06:42Il compromet l'apprentissage de jeunes Gabonais en quête d'avenir
06:46et fragilise un entrepreneur local qui se retrouve aujourd'hui au bord du précipice.
06:52Une réalité qui pose des questions sur les délais administratifs de l'État payeur
06:57et sur la capacité du pays à accompagner dans la durée
07:01ceux qui construisent ces infrastructures et participent à la formation de la jeunesse.
07:07Sous-titrage Société Radio-Canada
07:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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