00:00Il y a une sorte de banalisation de ce gaz qu'on appelle d'ailleurs dans le langage courant gaz hilarant,
00:05donc ça fait rire, on se sent désinhibé, euphorique, mais ce n'est pas sans risque du tout pour la santé.
00:11Et ça, les jeunes consommateurs ont tendance à l'oublier, ça peut entraîner tout un tas de symptômes
00:16parce que ça va perturber le fonctionnement du cerveau, des signes neurologiques avec une perte de sensibilité,
00:21des troubles cognitifs, des troubles de la mémoire, du langage, de l'attention.
00:25Il peut y avoir aussi des troubles cardiovasculaires, des thromboses veineuses, des troubles du rythme cardiaque,
00:28des manifestations psychiques notamment, ça peut donner lieu à des hallucinations ou bien à de la tristesse,
00:35une certaine irritabilité, sans parler des risques pour les autres.
00:38On a déjà parlé des risques aussi d'accidents de la route puisque l'actualité récente nous a prouvé que ça pouvait être le cas.
00:43Et on va retrouver Christian Tessèdre, merci beaucoup d'être avec nous.
00:46Donc vous, vous avez décidé de légiférer sur cette question, vous avez décidé à Rodez d'interdire la consommation de ce stupéfiant,
00:54enfin qui n'est pas encore considéré comme un stupéfiant, mais de ce gaz hilarant ?
00:57– Oui, vous avez parfaitement raison et votre journaliste a bien résumé le cadre de référence aujourd'hui
01:03de l'utilisation du protoxyde d'azote.
01:06En fait, nous, ce qu'on a vu, ce qu'on a constaté, c'est que dans les rues, il y avait de ces bouteilles de protoxyde d'azote
01:12et que là où il y avait des gens qui étaient en difficulté, surtout des jeunes,
01:17ils nous ont été signalés soit par les habitants dans les quartiers, soit par la police municipale.
01:21Et j'ai pris cet arrêté pour protéger les jeunes.
01:24Moi, ce que je regrette aujourd'hui, c'est qu'ils soient vendus surtout la nuit, dans les épiceries de nuit.
01:30Donc c'est bien de prendre un arrêté pour l'interdire la vente,
01:34mais aussi, j'ai demandé à la préfète de fermer certaines épiceries de nuit.
01:39Parce qu'en France, je ne sais pas qui va acheter les pâtes à 10h ou à mi-demi le soir,
01:43mais ces épiceries de nuit, c'est là où se vendent le plus de protoxyde d'azote.
01:49Restez avec nous, Christian Tessède, Marco de Frouville, un mot justement sur la consommation.
01:53On voit qu'à Arrodès, c'est devenu un problème.
01:55Le maire nous explique qu'il y avait ces petites bonbonnes qui traînaient un peu partout dans les rues.
01:59Est-ce qu'on a une idée de la fréquence de sa consommation ?
02:01Alors, il n'y a pas de données nationales ultra récentes,
02:04mais selon la dernière enquête qui avait été menée par Santé publique France,
02:06on avait 14% des jeunes de 18 à 24 ans qui disaient avoir déjà consommé du protoxyde d'azote au moins une fois dans leur vie.
02:14Et on voit globalement que le nombre de signalements explose.
02:17Ça a été multiplié par 3 entre 2020 et 2023.
02:20Le nombre aussi de cas graves.
02:22Quand on voit les signalements, ils sont faits par les centres de pharmacos d'addictovigilance.
02:26C'est 30% de plus en 2023 par rapport à 2022.
02:29Les signalements aussi par les centres antipoison, ça a augmenté énormément.
02:32Il y a même eu un signalement pour deux nouveaux-nés qui sont nés avec des troubles neurologiques à la naissance.
02:36en lien avec la consommation de la maman pendant la grossesse.
02:40Et surtout, ce qui préoccupe, Pauline, c'est la tendance.
02:42Puisque, pour vous citer le seul exemple de la région Hauts-de-France,
02:45au moins 192 cas ont été recensés l'an dernier, dont 116 graves.
02:49À titre de comparaison, on était à 120 l'année d'avant.
02:51Donc, on voit vraiment que la tendance est à la forte augmentation.
02:55Christian Tessette, vous aussi, vous voyez une consommation qui augmente, notamment du côté de Rodez ?
03:01Nous, on est une ville qui est plutôt classée sûre.
03:03On est une ville de Provence, on est une ville rurale.
03:05Mais il n'empêche que quand vous voyez des bouteilles comme ça de protoxyde d'azote dans les rues,
03:12et que vous la constatez dans beaucoup de rues, vous vous dites qu'il y a une augmentation.
03:16Alors moi, je n'ai pas de chiffres précis à vous communiquer.
03:18Mais en fait, les habitants nous remontent et nous ramènent les bouteilles vides de protoxyde d'azote.
03:23Et c'est là qu'on voit que la consommation augmente.
03:25Mais je n'ai pas les chiffres que votre journaliste donnait tout de suite avant mon intervention.
03:29Je n'ai pas de chiffres que votre journaliste est en train d'avoir des bouteilles d'azote de protoxyde d'azote.
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