00:00 - Hans-Sorah Dubois, c'est un fait divers, dramatique. Un jeune de 16 ans est décédé, mais sur lequel on ne connaît pas grand chose.
00:06 Finalement, l'enquête vient de démarrer, elle est en cours, on ne connaît pas l'identité des suspects, et pourtant il y a déjà une pluie de réactions politiques.
00:12 - Oui, surtout à droite et à l'extrême droite, en effet. C'est désormais assez classique le réseau social X, anciennement Twitter,
00:20 tweet de Jordan Bardella, tweet aussi d'Eric Zemmour, avec un peu sur la même ligne des conclusions déjà assez rapides, en tout cas des supputations,
00:29 sur les motivations, l'origine des personnes qui ont causé ces faits dans ce village de Crépole.
00:38 Vous le voyez, pour tuer des jeunes français, des racailles, Jordan Bardella parle de criminels de cité.
00:43 On est dans une politisation de plus en plus importante du fait divers, et en plus de plus en plus rapide, c'est-à-dire que ces tweets sont arrivés
00:50 quelques minutes, quelques heures seulement après les faits, et ce qu'on note c'est que, alors que les politiques avant avaient le rôle de politique,
00:57 on a désormais des politiques qui se donnent aussi le rôle d'enquêteurs, et de juges, on sait, il croit, savoir qui sont ces personnes, d'où ils viennent,
01:05 et quelles étaient leurs motivations. Le vrai problème dans tout ça, c'est que ça donne l'impression effectivement que nos politiques, ces politiques-là,
01:13 en savent beaucoup plus long que les enquêteurs, et même si à la fin ils avaient raison dans leurs supputations, à l'heure actuelle, ce qu'il y a dans ces tweets,
01:20 ce sont des informations non vérifiées, qui à la fin peuvent être effectivement démenties par les faits. En revanche, on le sait maintenant,
01:28 les rétropédalages sur ce type d'affirmations assez rapides de la part des politiques deviennent de plus en plus rares au sein de la classe politique.
01:34 - Et ce qu'on remarque également, Anne, c'est que les politiques, notamment de droite et d'extrême droite, s'emparent de plus en plus de faits divers qui touchent des petits villages,
01:41 la ruralité, pour quelles raisons ? - Absolument, et c'est effectivement, on l'a vu beaucoup d'ailleurs lors de la dernière campagne présidentielle,
01:49 une espèce d'opposition entre des campagnes qui auraient une image d'épinal, les campagnes à l'ancienne, françaises, où tout était calme, où il n'y avait pas de délinquance,
01:58 où il n'y avait pas de criminalité, et de l'autre, des banlieues, des cités, puisque c'est comme ça que c'est dit dans ces tweets, des cités qui centralisent le trafic de drogue,
02:07 la délinquance et l'immigration, puisque très souvent, puisque Éric Zemmour le dit, puisque ce seraient des personnes qui seraient venues attaquer des Français,
02:14 par opposition, ce ne serait pas française dans la tête d'Éric Zemmour, donc vraiment une opposition de deux images qui sont en réalité assez clichées.
02:22 D'un côté, les campagnes à l'ancienne qui n'existeraient plus, et de l'autre, ces cités qui iraient jusque dans les campagnes désormais pour s'attaquer à ces Français paisibles
02:33 qui n'auraient pas été touchés jusque-là par la délinquance. Évidemment, tout ça est encore une fois très exagéré, très exacerbé dans les images qui en sont données,
02:42 mais l'image, en tout cas le message qui est donné dans ces tweets de la part de ces responsables politiques, c'est qu'il y a une France paisible qui n'est pas touchée par le crime,
02:52 qui aujourd'hui est attaquée par les cités. En réalité, il y a toujours eu de la criminalité dans les campagnes françaises, jusque dans les plus petits villages,
03:00 et il y a des personnes dans les cités qui sont tout à fait calmes et respectueuses du droit et de la loi, mais ça ne sert pas, en tout cas le message politique principal de ces personnalités qu'on vient de citer.
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