00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:02Midi 47 sur Europe 1, merci si vous nous rejoignez pour cette dernière partie d'émission.
00:06Eliott, on va échanger maintenant avec Anthony Joubert qui est humoriste
00:10et qui a été agressé dans le train cette semaine alors qu'il se rendait dans l'Oise pour se produire.
00:15Et on est très heureux de l'avoir en direct.
00:18Je me permets d'ouvrir et de fermer une parenthèse rapidement
00:20parce que je regarde aussi ce qui se passe sur les réseaux sociaux,
00:22savoir s'il y a des nouvelles informations qui tombent.
00:24Vous savez, il y a deux semaines, on vous parlait de Marie-Claude.
00:27C'est une femme de 73 ans qui a été contrainte de faire une grève de la faim le 25 octobre dernier
00:32pour se faire entendre parce qu'un individu squattait son domicile.
00:36C'était il y a deux semaines, vous vous souvenez de Marie-Claude ?
00:38On l'avait eue en direct le samedi matin.
00:42Ça se passe du côté de Nantes, elle a même siliconé les serrures, le squatteur,
00:47et pris possession des lieux sans que la mère de Nantes, Johanna Roland, ne réagisse.
00:51Marie-Claude est en danger visiblement, c'est ce que nous dit Mélissa,
00:55porte-parole du collectif Némésis.
00:57Après 15 jours de grève de la faim, son cœur fatiguait,
01:00elle a fait plusieurs malaises et tente de se réalimenter, mais très peu.
01:04Il y a trois semaines, l'adjoint au maire était venu la voir pour entamer des démarches,
01:08puis plus rien.
01:09Puis, pire encore, on lui a demandé de ne plus rester à l'endroit
01:13où elle faisait justement, elle se mobilisait pour faire cette grève de la faim.
01:16Donc on va être prudent.
01:17C'est une information qui est dévoilée par Mélissa,
01:20qui est militante et porte-parole du collectif Némésis,
01:23mais on va creuser quand même.
01:24Je pensais que cette affaire avait été réglée,
01:27mais je peux vous dire qu'évidemment, on va suivre attentivement ce dossier.
01:32On revient donc à l'insécurité dans les transports en commun.
01:35Ce sont d'abord nos confrères du Parisien qui ont relayé cette information.
01:39Anthony Joubert qui est en direct avec nous.
01:41Bonjour Anthony.
01:43Bonjour Eliott, bonjour à tous.
01:44Bon, merci de réagir en direct sur Europe 1 pour Eliott de Vallée-Vous.
01:48Vous êtes humoriste, vous avez plus de 100 000 personnes qui vous suivent,
01:52notamment sur Instagram, vous sillonnez la France.
01:55Hier, vous aviez prévu de vous produire,
01:57et vous l'avez fait d'ailleurs malgré l'agression,
01:59dans les Hauts-de-France.
02:01Vous êtes dans le TER et vous êtes violemment agressé.
02:05Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ?
02:07Oui, déjà ce que je peux dire, c'est qu'à Compiègne,
02:10ce qui te frappe en premier, ce n'est pas l'architecture.
02:12Et on était dans le train tranquillement,
02:16et j'étais en train de travailler mes vidéos d'actu,
02:19que je tourne sur Internet, sur tous les réseaux sociaux,
02:22et je travaille sur mon téléphone,
02:25et je relève la tête,
02:27et je vois un mec,
02:29mais hulpe quoi,
02:30un mec qui me regarde avec des yeux injectés de sang,
02:33je ne sais pas ce que j'y ai fait,
02:34mais il me regarde et me dit,
02:35pourquoi tu me regardes comme ça ?
02:38Pourquoi tu aspires mon âme avec ton regard ?
02:41Et là,
02:43c'était presque beau,
02:45on aurait dit une chanson presque,
02:46ce qu'il était en train de me dire,
02:48et je n'ai pas eu le temps de répondre,
02:49et il s'est mis à me frapper.
02:50Alors là,
02:51le premier coup,
02:52j'essaye de le stopper,
02:54mais le deuxième,
02:56je n'ai pas réussi vraiment,
02:57vraiment quoi.
02:58et mon oeil est fermé,
03:01en fait,
03:02il est passé du côté obscur,
03:03comme Star Wars.
03:04Oui,
03:04c'est-à-dire que vous avez tout le visage,
03:06une partie du visage,
03:07d'ailleurs,
03:07vous avez fait une vidéo,
03:09hier après-midi,
03:11dans le camion de pompiers,
03:13avec déjà votre visage gonflé,
03:16votre oeil tuméfié.
03:18Est-ce que cet homme,
03:19vous le savez,
03:19est-ce que vous savez si oui ou non,
03:21cet homme a été interpellé ?
03:23Pour l'instant,
03:24à mon avis,
03:24non,
03:25parce que j'ai porté plainte,
03:26hier,
03:28hier,
03:29vers 19h30,
03:3120h.
03:33D'ailleurs,
03:33le public a été super cool,
03:34parce qu'ils m'ont attendu,
03:35ils m'ont attendu jusqu'à 22h,
03:38pour démarrer le spectacle,
03:39qui était prévu à 20h30.
03:41Mais par contre,
03:42voilà,
03:42j'ai demandé,
03:42parce qu'il y a des caméras dans ce TER,
03:44normalement,
03:45ils vont essayer de retrouver,
03:46justement,
03:46les traces.
03:47On a bien donné,
03:50on a bien expliqué
03:52à qu'on ressemblait l'individu,
03:53et j'espère vraiment
03:55qu'il sera retrouvé.
03:56Mais le vrai problème,
03:57je vais vous dire,
03:58je me permets de le dire,
03:59c'est que,
04:00vous voyez,
04:00j'ai passé 5 heures
04:03aux urgences,
04:05j'ai passé 3 heures
04:06au commissariat,
04:07et je suis sûr
04:08que même s'il interpelle,
04:09il restera une demi-heure
04:10en garde à vue, quoi.
04:12Là,
04:12vous pointez du doigt
04:14un élément
04:15qui est essentiel.
04:16D'ailleurs,
04:17vous dites,
04:17j'ai passé 5 heures
04:18aux urgences
04:18parce que j'imagine
04:19que vous avez dû attendre,
04:20vous avez passé 3 heures
04:21au commissariat
04:23parce que vous avez peut-être
04:23dû attendre
04:24et parce qu'il y a
04:25des démarches administratives
04:26qui sont monstres,
04:27et puis cet individu-ci,
04:29interpellation il y a,
04:30on ne sait pas
04:31combien de temps
04:31et pour quelle sanction
04:33il prendra,
04:36et là,
04:36c'est la question
04:37de la justice.
04:37C'est la première fois
04:38que vous subissez
04:39une telle agression ?
04:41Ah oui,
04:41c'est vraiment
04:42la première fois,
04:43et oui,
04:44on pointe vraiment du doigt,
04:45il y a un problème
04:46de justice là-dessus,
04:47parce que s'il y a
04:48de l'insécurité,
04:49c'est parce que justement,
04:50ils savent qu'ils risquent
04:51juste 24 heures de garde à vue
04:53avec justement
04:53un petit procès,
04:55avec un juge
04:56qui va juste lui tirer
04:57les oreilles,
04:58il fait « on ne commence plus »,
04:59et puis c'est fini.
05:00Voilà,
05:01il est là le problème.
05:02Mais cet homme est fou,
05:03vous vous rendez compte
05:04qu'il m'a frappé,
05:06heureusement qu'il n'avait
05:07que des poignes,
05:08s'il a un couteau,
05:09comment je fais ?
05:10Et lui,
05:10je ne suis pas là
05:11pour vous parler aujourd'hui.
05:12Et justement,
05:13non pas à froid,
05:15parce que ça s'est passé
05:16hier après-midi,
05:17mais est-ce que vous vous dites
05:18« j'ai évité le pire » ?
05:22Je ne sais pas.
05:23Je ne sais pas,
05:24je pense que justement,
05:25je ne suis pas assez à froid
05:25pour ça.
05:27Je vous avoue être très touché,
05:28parce que là,
05:29si je regarde la petite maison
05:30dans la pérille,
05:30je pleure,
05:31je me mets à pleurer.
05:32Là,
05:32on est rentré,
05:33parce que tout à l'heure,
05:34je jouais à Aiguesvive
05:36dans le Gard,
05:37là on était dans le Nord,
05:38dans le train,
05:39je n'ai pas dormi,
05:39je n'ai pas mangé,
05:40j'ai essayé de m'endormir,
05:42il y a un petit qui a crié,
05:43ça m'a fait sursauter.
05:46Je ne savais pas
05:47qu'on pouvait être traumatisés
05:48à ce point,
05:49en fait.
05:49Pourtant,
05:50j'ai pris juste un coup de poing,
05:51donc j'imagine,
05:52les gens qui ont subi
05:53plus que moi,
05:54vous vous rendez compte,
05:55j'ai ma régisseuse
05:56qui était en face de moi,
05:58qui est choquée aussi,
05:59qui est sous le choc,
06:00et on ne peut plus vivre
06:01de cette façon,
06:02Elliot,
06:02ce n'est plus possible maintenant.
06:04Comment cette agression
06:05s'est arrêtée ?
06:07Et je vous remercie,
06:08Anthony Joubert,
06:09de prendre la parole,
06:09et en fait,
06:11votre témoignage,
06:12il est important
06:12parce qu'effectivement,
06:15on voit que cette insécurité,
06:17ce n'est pas un sentiment,
06:18ce n'est pas une peur irrationnelle,
06:20c'est le fruit,
06:21malheureusement,
06:21de quelque chose
06:22de bien concret,
06:23d'un ensauvagement
06:25de la société,
06:25vous êtes tranquillement
06:26dans le train,
06:27vous vous produisez
06:28à droite, à gauche,
06:29et ça peut toucher
06:29tout le monde
06:30à n'importe quel moment
06:31de sa vie.
06:33Mais comment,
06:33des gens vous ont aidé,
06:34qu'est-ce qui s'est passé ?
06:35Il vous met un coup de poing,
06:36il part ?
06:36Pour essayer de comprendre,
06:39vraiment...
06:39Je vous explique,
06:40je vous explique.
06:41En fait,
06:41je me prends des coups,
06:43et à ce moment-là,
06:44je me mets les bras en croix
06:45en attendant que ça passe,
06:47et Dieu merci,
06:47il avait plusieurs arrêts,
06:48et il descend à cet arrêt-là.
06:50Et au moment où il m'a touché,
06:52mais dur,
06:53j'ai juste fait,
06:54j'ai mal,
06:54là j'ai mal.
06:55Et je ne voulais pas crier
06:56parce que je suis quelqu'un
06:57de timide, moi,
06:58dans la vie.
06:59Et je ne veux pas déranger
07:00les gens,
07:00Elliot,
07:01je ne voulais pas déranger
07:02les gens.
07:02et ça m'a sidéré
07:05parce que,
07:07voilà,
07:08les gens sont aperçus
07:09d'un truc,
07:10ils sont allés voir le mec,
07:11ils disent,
07:11mais qu'est-ce qu'il t'a fait ?
07:13Il dit,
07:13il aspire mon âme
07:15avec son regard.
07:16Oui,
07:17donc on est face visiblement
07:19à quelqu'un qui est...
07:20Un fou.
07:21On verra,
07:22parce qu'encore une fois,
07:23on nous sortira le coup
07:25du déséquilibré,
07:27du trouble mental,
07:28mais on peut se dire aussi
07:29qu'est-ce que font ces bombes
07:30à retardement dans la rue
07:33et dans les transports en commun,
07:35parce que c'est effectivement
07:36des dangers pour la société,
07:39pour vous,
07:40pour vos équipes,
07:41Anthony Joubert.
07:44Exactement,
07:44mais surtout que la justice,
07:45doit faire,
07:47doit taper du poing sur la table
07:48en disant,
07:49ces gens-là sont dangereux,
07:51qu'ils le fassent une fois,
07:53mais qu'ils ne le refassent plus.
07:55Mais voilà,
07:56je vais un petit peu radoter,
07:59mais en disant que,
08:00voilà,
08:00ils vont rester juste,
08:01ils vont juste se prendre
08:02un petit procès en disant,
08:03fais attention la prochaine fois,
08:05c'est plus possible.
08:06Moi, j'en parlais justement
08:07aux flics au lieu de non.
08:08Je dis,
08:09vous allez les garder comme un temps,
08:10je me dis,
08:10mais nous on fait notre travail.
08:11Je dis, oui,
08:11c'est la justice qui ne fait pas le sien.
08:13Donc,
08:13que la justice permette
08:14aux policiers
08:15de faire son travail.
08:18Anthony Joubert,
08:19qui est en direct avec nous,
08:20agressé hier dans le train.
08:23Sébastien Ligny a une question pour vous.
08:24Il nous reste une minute trente,
08:26je vous préviens.
08:26Est-ce que simplement,
08:27c'est important pour vous aussi
08:28de témoigner
08:29et de faire part
08:30à vos fans
08:30et à tout le monde
08:31de cette agression ?
08:32Parce qu'on peut aussi
08:34s'imaginer
08:35que pendant longtemps,
08:36quand des artistes
08:37pouvaient potentiellement
08:38être agressés,
08:39il y avait peut-être
08:39le réflexe de rien dire
08:40et de se faire petit.
08:42Est-ce qu'il y a aussi
08:42chez vous
08:42une volonté
08:43de dire
08:44maintenant ça suffit
08:44donc je communique aussi
08:46sur mon cas personnel ?
08:47Mais totalement.
08:48Le seul problème,
08:49je vais vous dire quelque chose,
08:51c'est que dès qu'on prend
08:52un point de vue
08:52de justice
08:53ou quoi que ce soit,
08:55soit on est facho,
08:56soit on est raciste,
08:57soit on est LFI,
08:59de suite,
09:00on nous catégorise
09:01dans un parti politique.
09:03Moi,
09:04je suis un humain.
09:05Moi,
09:05ce que je veux,
09:06c'est que les gens
09:06vivent en paix,
09:08que les gens soient solidaires
09:10et qu'il y ait
09:11de la justice.
09:12Voilà.
09:13Que les gens
09:14ne foutent pas rien
09:15chez eux
09:16et gagnent autant d'argent
09:18que quelqu'un qui travaille.
09:19Moi,
09:19je suis là pour de la justice.
09:21Voilà.
09:21Eh bien,
09:22écoutez,
09:22voilà une parole.
09:23Mais c'est une parole
09:24de bon sens
09:24et je ne vous ai même pas
09:25posé de questions,
09:26évidemment,
09:27sur le terrain politique
09:28mais on comprend
09:29votre prudence
09:30puisqu'il suffit.
09:31C'est ça qui est terrible.
09:33La sécurité,
09:34c'est la priorité.
09:34On va terminer là-dessus.
09:35Vous savez que c'est
09:36la première des priorités
09:37pour les Français
09:38à l'approche des municipales.
09:40Mais ça paraît tellement évident
09:41parce que c'est transpartisan.
09:43Vous êtes père de famille,
09:44vous êtes mère de famille.
09:45Vous n'attendez qu'une seule chose,
09:47c'est que votre enfant,
09:48vos enfants puissent vivre paisiblement
09:49et que vous,
09:50quand vous allez au travail,
09:52quand vous allez vous déplacer,
09:53quand vous partez en vacances,
09:54vous soyez rassurés.
09:55La priorité des priorités,
09:57c'est la question de la sécurité
09:58et ça n'est pas un sentiment,
10:00c'est un fait.
10:01On vous souhaite
10:02un bon rétablissement,
10:03Anthony Joubert.
10:03On va suivre ce dossier
10:04attentivement.
10:05Merci beaucoup.
10:06Et vraiment,
10:07vous venez quand vous voulez nous voir
10:08dans les studios d'Europe 1.
10:10Vous êtes le bienvenu,
10:11cher Anthony.
10:12Et on vous souhaite bon courage.
10:13Je vous embrasse fort, Anthony.
10:15Moi aussi, de gros bisous.
10:16Et on vous souhaite.
10:18Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires