00:00Alors, pour tout vous dire, comme notre ami Georges Fenech a parlé tout à l'heure de psychiatrie,
00:13on voulait appeler Marie-Estelle Dupont, qui a d'ailleurs d'excellents résultats sur Europe 1,
00:18entre 15h et 16h tous les jours, qui parle précisément de la psychiatrie et des difficultés et de la psychologie.
00:24Et on voulait lui soumettre l'excellent avis du docteur Fenech, et on aurait eu un échange, ça aurait été intéressant.
00:32Il se trouve que Marie-Estelle est en consultation, ce qui est plutôt logique,
00:35donc je ne sais pas si avant 18h on réussira à l'avoir, parce qu'elle a peut-être plusieurs consultations qui s'enchaînent,
00:41ce qui arrive aussi souvent chez les médecins ou chez les psychiatres.
00:46J'ai eu l'occasion de faire une émission, son émission, elle m'a invité.
00:49Elle vous a examiné ?
00:51Oui, exceptionnelle.
00:52Elle vous a examiné ?
00:52Non, on a parlé des sectes.
00:54Non, mais elle est formidable, et d'ailleurs l'audience est au rendez-vous,
00:58parce qu'il y a beaucoup d'intelligence, beaucoup de culture chez Marie-Estelle.
01:01Et Romain, qui sait trouver effectivement les bons mots,
01:05et qui sait effectivement mettre en valeur son discours et l'interroger,
01:10de telle sorte que l'auditeur soit passionné par cette heure tous les jours,
01:14entre 15h et 16h sur Europe 1.
01:17Donc Alain Souchon, c'est très intéressant ce qu'il a dit.
01:20Écoutez, c'était sur l'antenne de RTL, c'était ce matin.
01:23La montée du RN, cette montée inexorable du RN avant 2027, ça vous inspire ça ?
01:30Ça, je n'y crois pas du tout.
01:31On ne sera jamais dans un pays dirigé par le RN.
01:35Mais par contre, il monte, il fait peur, tout le monde en parle, ça fait des frissons.
01:41Mais à mon avis, si jamais il y avait un président venant du RN, il y aurait une révolution.
01:51Donc vous n'êtes pas inquiet ?
01:53Je ne crois pas que les Français soient assez cons pour élire quelqu'un du RN pour diriger.
01:59Que les gens du RN soient là pour asticoter le pouvoir, pour en dire il faut faire ça.
02:03Ça c'est normal, c'est la démocratie.
02:07Mais si jamais ça arrivait, on irait en Suisse.
02:12Deux petites remarques d'abord.
02:15Une remarque toute simple et qui montre que le raisonnement ne tient pas.
02:19M. Souchon dit que si jamais il y avait un président du RN, il y aurait une révolution.
02:24Sauf que s'il y avait un président du RN, par définition c'est qu'il serait élu.
02:28Oui.
02:28Donc les Français auraient élu.
02:32Il l'aurait mis au pouvoir avec plus de 50%.
02:34Donc c'est étrange de dire cette phrase-là.
02:37Il peut y avoir des mouvements d'opposition.
02:40Des meutes.
02:40Il peut y avoir des mouvements.
02:41Mais alimenté par un parti politique que je ne nommerai pas, qui peut se faire plaisir.
02:46Et puis moi ce qui m'intéresse beaucoup, c'est que je ne crois pas que les Français soient assez cons.
02:50Parce que ça, ça veut dire beaucoup de choses sur la supériorité morale et intellectuelle
02:57d'une petite caste de gens dont, hélas, et je le dis à regret, parce que j'aime bien Alain Souchon,
03:02dont il est l'expression dans cette phrase, Gautier Le Brette.
03:06Non mais c'est vrai, c'est du mépris de classe.
03:08C'est du mépris de classe pour les électeurs de Marine Le Pen
03:10puisqu'on sait que Marine Le Pen a récupéré le vote ouvrier,
03:14le vote des Français qui gagnent le moins bien leur vie,
03:18qui ont les plus grandes difficultés.
03:19Il suffit, moi je l'ai fait à plusieurs reprises,
03:21d'accompagner, de couvrir les déplacements de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont dans sa circonscription
03:26pour comprendre qu'elle est devenue la porte-parole d'une France
03:30qu'on ne voit nulle part et qui est déclassée,
03:33qui se sent déclassée et qui a de grands problèmes de pouvoir d'achat.
03:37Donc c'est vrai que c'est un mépris immense d'Alain Souchon
03:39de les traiter de cons, qu'il aille les rencontrer à Hénin-Beaumont,
03:42qu'il aille faire des meetings de Marine Le Pen dans le nord de la France.
03:45Il va voir ce que c'est.
03:46Moi je me souviens très bien, je m'en souviens encore, c'était en 2022,
03:49j'ai interrogé des gens dans ce meeting.
03:52C'était pour le coup, c'était à Arras, c'était un meeting de Marine Le Pen
03:55et je tendais le micro, j'avais une caissière qui avait 55 ans,
03:59qui avait eu 12 infiltrations dans le dos,
04:01qui gagnait une misère et qui n'en pouvait plus
04:02et qui venait écouter Marine Le Pen,
04:04même pas pour les sujets sécuritaires ou migratoires,
04:06elle venait l'écouter pour les sujets de pouvoir d'achat.
04:08Et Alain Souchon, il va dire à cette femme, vous êtes une conne madame ?
04:11Ben non, elle avait l'impression que c'était la seule qui lui parlait de pouvoir d'achat
04:13et qui lui disait, je vais faire en sorte que vous viviez un peu mieux
04:17que ce que vous avez aujourd'hui.
04:19Et alors moi, la phrase qui me sidère le plus,
04:21c'est, si Marine Le Pen est élue ou un autre, Jordan Bardella,
04:23on ira en Suisse, on ira en Suisse.
04:26Mais qu'est-ce que ça veut dire, ça, on ira en Suisse ?
04:27On ira payer ses impôts ?
04:29Non mais je vous assure,
04:32je pense qu'Alain Souchon ne s'est pas rendu compte de ce qu'il disait
04:36et il doit un peu regretter ce qu'il a dit.
04:39Est-ce que c'est assez bête ?
04:40Ça doit être un adepte de Bertolt Brecht, rappelez-vous, il disait,
04:44grosso modo, si le peuple se trompe, il faut changer le peuple.
04:48Ça, c'est pas un comportement démocratique.
04:51Voyez-vous, il faut accepter le vote, l'expression du suffrage universel.
04:56Si le Rassemblement National doit gagner l'élection, il faut l'accepter.
05:00Oui, mais c'est pas ça qui m'intéresse.
05:01J'entends ce que vous dites, mais bon, c'est assez banal.
05:03Mais en revanche, de dire qu'il faut accepter, oui, il faut accepter.
05:09Il faut accepter l'élection, oui.
05:12Je sais pas le plus.
05:13Ce qui m'intéresse, c'est ce que ça illustre.
05:18C'est ce qu'il veut pas du Rassemblement National.
05:20C'est pas que ça, ça illustre une supériorité.
05:25En fait, vous avez, il y avait un papier de M. Michéa, formidable, dans le Figaro la semaine dernière là-dessus.
05:32On a vu le même phénomène à New York.
05:34C'est-à-dire que c'est une supériorité intellectuelle et morale d'une classe surdiplômée ou surargentée
05:43qui prend ceux qui votent pour le Rassemblement National pour des cons.
05:47Et je mets cette phrase en parallèle avec une autre que je vais vous faire écouter,
05:51qui a été dite il y a quelques jours, de Laurence Bloch,
05:54qui est l'ancienne directrice de France Inter sur les CSP-.
05:59Et qu'est-ce qu'elle a dit, cette femme ?
06:00Et je trouve ça absolument extraordinaire.
06:03Elle a dit, et vous allez l'écouter,
06:06« France Inter doit rattraper les CSP-,
06:09ces gens qui n'ont pas un patrimoine culturel suffisant
06:12pour être en tranquillité avec ce monde. »
06:16Vous vous rendez compte de ce qu'elle dit ?
06:18C'est-à-dire que c'est la même condescendance que chez Alain Souchon.
06:22Ils sont l'un et l'autre convaincus de leur supériorité morale et intellectuelle.
06:26Elle nous dit que les électeurs du RN sont des cons.
06:29– Il faut rétablir le suffrage censitaire.
06:32– Oui, mais s'ils ne sont pas capables de savoir par qui…
06:36– Ce n'est pas encore le sujet, pardonnez-moi.
06:38– Mais est-ce que vous diriez pareil ?
06:40– Ils ne comprennent pas, ils votent mal en réalité.
06:42– Pour moi c'est en miroir avec le mouvement.
06:43– Mais peu importe ce qu'ils votent ou pas,
06:46ce qui m'intéresse c'est ce que ça dit de cette caste.
06:48– Mais c'est 95% du monde culturel pensent comme ça.
06:51– Voilà.
06:52– Vous savez bien, Alain Souchon ne fait que dire ce que tous les artistes pensent.
06:57– Ce qui est curieux en gros.
06:57– C'est ça qui m'intéresse.
06:59– Mais Alain Souchon, dans son public, qui disent en début de concert,
07:04« Ce qu'on veut dire Rassemblement National, dehors ! »
07:07– Mais il n'y a plus personne.
07:08– On ne sait rien.
07:09– Si on regarde des sondages, il y a 30% de la salle qui se vide.
07:13– Je ne suis même pas sûr d'ailleurs, j'en sais rien.
07:16Mais je pense qu'il y a encore des gens.
07:18– Mais il y en aura de moins à moins qui renvoient son spectacle.
07:19– Mais c'est ça, je trouve qu'il y a presque un mépris pour le public.
07:22Et je n'aime pas ça.
07:24Alors chez lui, il n'y a pas de cynisme, parfois il y a du cynisme et du calcul.
07:28Fabien Antuniente.
07:29– Non mais je trouve ça très étonnant, quand on fait du spectacle,
07:34c'est un peu pour réunir les gens.
07:35Moi je me suis toujours refusé d'avoir une opinion politique,
07:38d'abord parce que je trouve que j'ai toujours refusé de faire de la politique,
07:42car quand on fait de la politique, moi je n'aime pas faire de la morale.
07:46Et puis je me sens plutôt à nard, ni dieu ni maître, même nageur.
07:52Mais ce que je veux dire, c'est qu'on réunit les gens,
07:59donc c'est toujours délicat, on ne va pas dire dans l'entrée des cinémas
08:02ceux qui sont RN, ceux qui ne sont pas RN.
08:05Moi en tout cas je fais ce métier pour réunir les gens
08:08et pour les entendre rire à l'unissime.
08:10– Alors on écoutera Laurence Bloch après la pause,
08:13c'est vraiment dommage parce que Souchon, il fait partie des chanteurs que je préfère.
08:17Tu ne peux pas vous dire autre chose.
08:18– Il est dans un chef-d'oeuvre, il est tourné dans L'Été meurtrier.
08:20– Avec Laurent Woulzy, ils ont fait des…
08:22– Ah ouais !
08:22– Extraordinaire !
08:23– Comment il s'appelle dans L'Été meurtrier ?
08:26Est-ce que vous le savez ?
08:27– Il s'appelle…
08:28– Pimpon !
08:29– Pimpon !
08:29– Comment elle s'appelle elle ?
08:31– Ah ça c'est un jeu génial, de savoir comment s'appellent les héros dans le film.
08:38Pimpon, il s'appelle Pimpon.
08:40Et comment elle s'appelle ?
08:41– Ben elle s'appelle…
08:43– Isabelle Adjelis je ne sais pas ?
08:45– Isabelle Adjelis est extraordinaire.
08:47– Et le générique qui était chanté par Yves Montand ?
08:49– Trois petites notes de musique qui se font la chic, qui perdent l'île-l'île.
08:56– Voilà !
08:56– Un générique de fin.
08:58– La li la li la li la li…
09:00– Le déroulant ?
09:01Lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé, lé.
09:05Génial.
09:06Eliane, elle s'appelle.
09:08Eliane.
09:08Et c'est un...
09:09La sautait dans l'oreille.
09:10Je ne me souviens pas.
09:11Non, non, non, elle s'appelle Eliane.
09:12Ben, vérifiez.
09:13Elle s'appelle Eliane.
09:14Et surtout, comment dire, c'est un livre extraordinaire de Japrizo.
09:18Et en fait, c'est Montecristo, c'est la même chose.
09:20Le registre, c'est la vengeance.
09:22Si vous voulez écrire un roman, écrivez un roman sur la vengeance.
09:25C'est un registre génial, la vengeance.
09:29Parce que c'est un homme qui se venge, c'est Galabru qui se venge.
09:32C'est Michel.
09:33Voilà, et qui va tuer les amants de sa femme qui l'ont violée.
09:37Qui ont violé sa femme 20 ou 30 ans avant.
09:39C'est extraordinaire, c'est un immense film.
09:42Et le réalisateur, d'ailleurs, est toujours vivant.
09:44Éclair, bien sûr.
09:46Isabelle Adjani dans la sphère sublime.
09:48Le sommet de sa bouée.
09:49Le sommet de sa bouée.
09:50Et comment c'est, Denise Jeans, la mère.
09:54Non, c'est, comment s'appelle-t-elle ?
09:56Suzanne Flon.
09:58C'est Suzanne Flon qui est extraordinaire.
10:01Jouer si dans l'Effroyable Jardin.
10:02Exactement.
10:03Suzanne Flon qui joue la mère, la grand-mère.
10:07La grand-mère, la grand-mère.
10:09Bon, 16h58.
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