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00:00Bonjour François Mollins. Bonjour.
00:02Merci de venir parler ce matin aux auditeurs de Radio France Internationale.
00:06Nous voici dix ans après les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis,
00:10les attaques contre le Stade de France, les terrasses et le Bataclan.
00:13Quels souvenirs gardez-vous de ce 13 novembre 2015 ?
00:17Des souvenirs très forts, très précis.
00:21Je me souviens très exactement en réalité de tout le déroulement de la soirée,
00:27peut-être pas à la minute près, mais les dix ans passés n'ont absolument pas gommé la mémoire de tout ça,
00:35ni d'ailleurs apaisé l'émotion que je peux ressentir toujours.
00:38Rien n'est effacé de cette soirée ?
00:40Non.
00:41Ce 13 novembre 2015 au soir, comment est-ce que vous apprenez ce qui se passe au Stade de France, puis à Paris ?
00:48Moi je suis chez moi, je m'apprête à aller me coucher parce que je suis fatigué,
00:52j'ai eu une semaine fatigante et agitée, puisque je viens de passer trois jours à Marrakech
00:59pour un sommet du groupe anti-terroriste quadripartite,
01:05auquel on appartenait avec les parquets terroristes belges, espagnols et marocains.
01:11Donc je suis fatigué, je vais aller me coucher.
01:13Lorsqu'à 9h25, je reçois un appel du directeur de la police pour l'agglomération parisienne,
01:19qui m'avise qu'un attentat par explosif a été commis porte D au Stade de France et qu'a priori il y a un mort.
01:26Donc je fais ce que je fais chaque fois dans ces cas-là,
01:29j'essaie de croiser l'information avec la chef de la section antiterroriste,
01:33le directeur général de la sécurité intérieure, Patrick Calvard,
01:37qui n'en savent pas beaucoup plus que moi, donc on convient de rester en contact.
01:41Et au bout de quelques minutes, je pense que ça doit être 21h35 à peu près,
01:45j'allume mon téléviseur, une chaîne d'information continue,
01:49et j'ai vu apparaître des bandeaux au bas de l'écran,
01:52annonçant des fusillades multiples avec de nombreux morts
01:55sur les terrasses de café du 11e arrondissement.
01:58Et là, je me suis dit, ça m'a paru évident,
02:01je me suis dit, on y est, Paris est la cible de multi-attentats terroristes.
02:07Vous comprenez immédiatement ça ?
02:09Oui, parce que depuis des mois et des mois, les services de renseignement,
02:13qu'on voyait très régulièrement, nous avaient avisé de la création
02:18d'une cellule des opérations extérieures à Daesh,
02:20qui donc visait à commettre des attentats dans les pays extérieurs à la Syrie.
02:25Et ces services nous disaient que la menace d'attentats était vraiment extrêmement élevée.
02:30Donc vous vous dites, nous y sommes, on y est, nous sommes entrés dans ce moment-là
02:34que nous craignons depuis des mois.
02:37Scène de fusillade, donc, contre les cafés et les restaurants et les terrasses,
02:41et vous allez vous rendre d'abord sur les terrasses.
02:44Pourquoi y aller, François Mollins ?
02:46Plutôt, j'aurais pu rester chez moi à attendre l'information,
02:48mais l'information, c'est vraiment...
02:51Ça a une importance stratégique, il faut l'avoir le plus vite possible,
02:55et la plus précise et complète possible.
02:57Donc moi, j'ai estimé que la meilleure façon de me rendre compte de ce qui se passait,
03:01c'était de partir sur les scènes de crime,
03:04qui, lorsque j'arrive sur les terrasses, ne sont pas du tout figées.
03:07Ce ne sont pas les scènes qu'on a l'habitude de voir avec des cadavres qui restent.
03:12Là, ce sont des scènes avec beaucoup d'agitation,
03:15parce que quand j'arrive, moi, ça doit être 22h30, 22h45,
03:20les services de secours sont en train de s'occuper des blessés encore.
03:24Donc il y a le SAMU, il y a les pompiers.
03:27Mais je pense que le fait d'aller sur place m'a aidé à mieux comprendre ce qui se passait,
03:31et nous a donné une meilleure réactivité dans la prise de décision.
03:35Et je pense que ça m'a aidé à décider plus vite.
03:38Qu'est-ce que ça vous a aidé à décider plus vite ?
03:41On a décidé de créer une cellule de crise,
03:43parce qu'on était face à un événement majeur,
03:46un attentat terroriste majeur.
03:47Donc on a rappelé des tas de procureurs du parquet de Paris
03:51pour venir renforcer la sélection terroriste.
03:53Et on a créé cette cellule de crise qui fonctionne un peu comme un état-major
03:58et qui, grâce à ces renforts, a fonctionné 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
04:04C'est vraiment le point unique d'entrée de tous les appels des services de police,
04:10des gendarmeries et de tous nos partenaires.
04:11– Donc vous êtes sur place, sur les terrasses.
04:14Qu'est-ce que vous ressentez à ce moment-là,
04:16au-delà de l'analyse que vous en faisiez de chez vous,
04:18en vous disant « ça y est, nous sommes au cœur d'une attaque, d'une multi-attaque ? »
04:23– Je suis dans la sidération, et elle va aller crescendo,
04:27parce que je ne sais pas encore à ce moment-là ce qui se passe au Bataclan
04:31et quelle est l'ampleur des dégâts, le nombre de victimes.
04:34Donc je suis dans la sidération devant tous ces cadavres fauchés
04:37sur les terrasses de café et tous ces blessés.
04:39– Oui, la sidération, et c'est alors que vous êtes sur les terrasses
04:43que vous apprenez ce qui se passe au Bataclan.
04:45– En allant sur les terrasses, j'apprends qu'il y a aussi une prise d'otage en cours au Bataclan,
04:52mais je n'imagine pas l'ampleur du désastre.
04:55– Oui, et à ce moment-là, vous avez des informations qui sont très parcellaires, j'imagine.
04:59– Oui, tout à fait.
04:59– C'est difficile de savoir ce qui s'est passé dans cette salle de spectacle.
05:02– Tout à fait.
05:02– Vous allez être un de ceux qui décident l'assaut du Bataclan.
05:07– Comment on en vient à ce choix en tant que procureur de Paris ?
05:12– Alors d'abord, c'est l'autorité administrative qui décide,
05:15en l'occurrence le préfet de police, mais en concertation étroite avec le procureur.
05:18Ce qui est normal puisqu'il y a un crime qui est en train de se commettre
05:21et qu'il faut aussi le faire cesser et arrêter les auteurs.
05:23– Donc comment on en vient là ?
05:25Comme dans tous ces événements, il y a toujours une tentative de négociation
05:32qui en réalité ne va pas durer longtemps parce que les terroristes ont des revendications
05:37très jusqu'aux boutistes.
05:39Ils veulent l'arrêt des bombardements en Syrie par la coalition.
05:42Des revendications qui sont tout à fait…
05:44– Or de propos, oui, vous ne pouvez rien y faire, évidemment.
05:51– Donc le chef de la BRI va nous dire très vite qu'ils sont de plus en plus énervés
05:57et que si on ne fait pas quelque chose rapidement, ça va mal se terminer pour les otages.
06:03– Ils sont 11, les otages à ce moment-là, dans un couloir.
06:05– Oui, tout à fait, avec deux terroristes.
06:08Et donc on a à minuit, je crois, avec le préfet de police, on a validé le plan d'assaut
06:12qui a été engagé, je pense, 15 ou 20 minutes après par la BRI.
06:18– Oui, autour de minuit, 20.
06:19– Avec un assaut qui dure de mémoire 3 minutes, pas beaucoup plus.
06:23– Oui. Et vous, pendant l'assaut, vous êtes à l'extérieur du Bataclan ?
06:26– Je suis à l'extérieur, mais on suit tout l'assaut grâce au téléphone Acropole du préfet de police.
06:33– Donc on entend tout ce qui se passe, on entend les échanges entre champs de la BRI.
06:37Donc on suit vraiment, on ne voit pas, mais on suit au plus près.
06:40– Vous entendez ce qui se passe ?
06:41– Oui.
06:42– Comment on est à ce moment-là, quand on est, entre guillemets,
06:46co-décideur de l'assaut, dont on sait le risque et la difficulté ?
06:52– On a beaucoup de mal à lire ce qui se passe, parce qu'on ne sait pas,
06:56quand on entend une détonation, si elle vient de l'armement de la BRI ou de l'armement des terroristes.
07:02Donc ça va aller très très vite, et puis en fait, ça va constituer un immense soulagement,
07:06parce que 11 otages, entre des policiers de la BRI très bien armés,
07:12et des terroristes aussi surarmés, avoir 11 étages, 11 otages, c'est un sauf, c'est miraculeux.
07:20– Oui, l'assaut est une véritable réussite.
07:22– L'assaut est une véritable et complète réussite.
07:24– Une fois passé l'assaut, quelques heures plus tard peut-être, quelques minutes plus tard,
07:29– Une heure après.
07:30– Une heure après, vous entrez dans le Bataclan.
07:32– Oui.
07:33– Là aussi, même idée que quand vous vous rendez sur les terrasses, voir la scène de crime ?
07:39– C'est encore autre chose, parce que je n'imaginais pas l'ampleur des dégâts,
07:43et jamais je n'aurais imaginé qu'il y avait 90 morts dans la fosse de cette salle de spectacle.
07:49– Et les petites banquettes adjacentes, parce qu'effectivement, il y avait des petits carrés autour de la fosse
07:55qui permettaient aux gens de consommer.
08:00Jamais je n'aurais imaginé ça, donc c'est encore de la sidération, mais à la puissance 10.
08:06Et je n'arrive pas à croire à ce que je vois en réalité.
08:08– Oui, et vous avez raconté être entré à trois reprises dans le Bataclan.
08:11Vous êtes entré, puis ressorti, puis re-entré.
08:13– Je pense que je n'arrive pas à croire ce que je vois, et je suis dans une forme de déni.
08:20Voilà, je pense que ça explique effectivement que j'y sois rentré comme ça.
08:23– À trois reprises, vous gardez une image précise de tout ça, comme de toute la soirée ?
08:29– Oui, des corps emmêlés les uns aux autres, et je disais toujours l'image de cette dame
08:35avec coupé au carré, les cheveux un peu cendrés, dans la tête reposée sur un sac,
08:42un sac à main dans lequel il y avait un téléphone portable qui sonnait, qui sonnait, qui sonnait, qui sonnait.
08:46Je pense que c'est vraiment un élément commun des tas de situations de ce soir-là,
08:51et qui renvoie, si vous voulez, à l'immense inquiétude des gens qui avaient des proches là-bas,
08:56et qui cherchaient à avoir des nouvelles, qui cherchaient à savoir où ils en étaient.
09:00– Qui cherchaient à les joindre, qui les appelaient, et des téléphones,
09:03et personne ne pouvait répondre, bien sûr.
09:06Au moment de ces événements, il y a évidemment le professionnel,
09:09vous nous décrivez ce que vous faites, mais comment vous, personnellement,
09:15j'ai envie de dire humainement, vous traversez ces moments ?
09:20– Moi, dans ce type de situation, je prends toujours quelques minutes sur ce genre de scène
09:27pour me recueillir, avoir une pensée pour les victimes et leur famille, et puis…
09:32– Vous marquez un temps de pause, en quelque sorte.
09:34– Oui, oui, où je sors de ma sphère professionnelle, et non ?
09:37Je vous dis, je m'accorde quelques instants de recueillement,
09:40et puis après, je reviens dans mon office professionnel,
09:42parce que j'ai des missions à remplir,
09:44et j'ai un office professionnel qu'il faut que je respecte.
09:48– Bien sûr.
09:48– Voilà, donc je…
09:51– Les Français et au-delà se souviennent bien évidemment de vous,
09:54parce que vous allez communiquer régulièrement, tenir des conférences de presse.
09:59Ça vous semblait quelque chose d'important à faire ?
10:01– Oui, parce que je pense que face à ce genre de situation,
10:04il y a un immense…
10:06Il y a d'abord une situation de chaos.
10:08Je pense que l'attentat crée une situation de chaos.
10:10Donc quand il y a une situation de chaos,
10:12il y a des choses qu'il faut expliquer, il faut nommer les choses.
10:15Il faut pouvoir être en mesure de construire un récit…
10:18– Cohérent, clair.
10:20– Cohérent, clair, rigoureux, précis, qui pourra permettre…
10:23– Avec des mots très choisis, tout le monde se souvient de vos conférences de presse
10:26extrêmement tenues, avec des mots très précis pour qualifier les choses.
10:32– Tout à fait, je pense que c'est nécessaire, ce récit,
10:36les journalistes vont pouvoir se l'approprier,
10:38mais les citoyens aussi, les politiques aussi.
10:40Et ça permet de remettre les choses dans l'ordre,
10:42de montrer que les institutions font leur travail,
10:45et notamment que la police judiciaire et la justice sont là,
10:47qu'elles travaillent, qu'elles enquêtent,
10:48pour identifier les auteurs de ces actes horribles et les arrêter.
10:53Voilà.
10:54Et je pense aussi que cette démarche, elle participe…
10:59C'est une démarche de transparence.
11:01Et elle me paraît indispensable si on veut susciter la confiance.
11:05Et par les temps difficiles que connaît l'institution judiciaire,
11:09je pense que ce type de démarche montre effectivement
11:12tout l'intérêt de la pratiquer.
11:13Il n'y a pas de confiance sans transparence.
11:15– Vous avez conscience aussi, et vous le dites,
11:17que vous êtes une figure rassurante à ce moment-là, François Mollins.
11:21De fait, pas forcément par votre personne seule,
11:25mais par ce que vous représentez.
11:27– On nous l'a dit.
11:28Au début, on n'avait pas perçue, cette dimension.
11:30Puis quand on nous l'a dit, effectivement,
11:33on nous l'a dit, donc, des journalistes…
11:35– Donc c'est que c'était vrai.
11:36– Donc c'est que c'était vrai.
11:38– On l'a intégré, finalement.
11:39Et effectivement, ça a pu parfois nous amener
11:41à nous retenir parfois dans certaines choses,
11:44dans une démarche qui consistait à ne pas trop en rajouter,
11:49et ne pas contribuer à renforcer un sentiment
11:52qui était déjà très anxiogène de la part de nos concitoyens.
11:55– Ça calmait la peur en quelque sorte.
11:58François Mollins, est-ce que vous avez des regrets
12:00sur la façon dont les choses ont été gérées
12:03lors de cette soirée du 13 novembre 2015 ?
12:05– Les regrets qu'on vit toujours quand on travaille
12:09sur le contre-terrorisme, tout attentat est un constat d'échec.
12:13Donc il y a toujours ce sentiment-là face à un attentat
12:18qui a été commis, et peut-être encore plus avec celui-là.
12:21Même si c'était d'autant plus difficile
12:23que les terroristes n'étaient pas chez nous.
12:25Ils avaient la base arrière en Belgique.
12:26– En Belgique, oui.
12:27– Avec toute leur logistique.
12:28– Puis des regrets, oui.
12:32Il y a des choses qui se sont très, très bien passées.
12:35En termes de direction d'enquête et d'efficacité
12:38de cette traque contre les terroristes,
12:40il y a eu un travail absolument superbe
12:44et de très, très grande qualité de la part de la police judiciaire
12:48et de mes collègues du parquet.
12:50Je pense que ça a bien fonctionné.
12:53La médecine le guel aussi a relativement bien fonctionné aussi.
12:56On est arrivé à rendre les corps aux familles
12:58dans un délai de huit jours.
12:59Par contre, ce qui a été plus problématique,
13:03ça a été les erreurs d'identification qu'il y a eues
13:06puisqu'il y a eu deux interversions de corps.
13:08Ça, effectivement, c'est quelque chose qui est difficile à porter
13:11parce que je mesure, effectivement, toute la détresse
13:14que ça a pu susciter chez les familles.
13:17– Bien sûr.
13:17– Et puis, il y a eu, effectivement, ces premières heures,
13:22la nuit du vendredi au samedi et le samedi,
13:24où, effectivement, je pense qu'on aurait dû faire beaucoup mieux
13:29en termes de prise en charge des victimes
13:31puisqu'on a eu des familles qui ont erré des heures et des heures dans Paris
13:35à la recherche de proches.
13:37Mais encore une fois…
13:38– Mais c'était le chaos, c'est ce que vous expliquez.
13:40– C'était le chaos, on a fait ce qu'on a pu et personne ne s'attendait,
13:44il faut dire les choses, à une attaque terroriste de cette ampleur.
13:48Il faut imaginer dix sites d'attentats, trois sur le stade de France,
13:54six sur les terrasses et une au Bataclan.
13:59Je ne connais pas dans l'histoire du terrorisme
14:01un attentat qui ait eu une telle ampleur.
14:04– Est-ce qu'on a appris en France de ces attentats ?
14:07– Oui, bien sûr, on a beaucoup réfléchi
14:10aux dispositifs, bien sûr, déjà, de prise en charge des victimes
14:15pour les améliorer.
14:16Donc je pense qu'il y a beaucoup de choses
14:17qui ont été faites dans le bon sens là-dessus.
14:20Pour le reste, il y a eu effectivement des conséquences et des réflexions.
14:24Le cas juridique s'est durci après 2015,
14:28avec des lois qui ont encore renforcé la sévérité des peines prononcées,
14:32des lois qui ont exclu les terroristes qui ont renforcé la sévérité
14:39du régime d'exection des peines, qui ont exclu les terroristes condamnés
14:43de certains aménagements de peines.
14:46Et puis nous, au niveau du parquet, on a évolué aussi dans notre politique pénale
14:51puisqu'on l'a beaucoup renforcée.
14:53Ça nous a amené tous ces événements à criminaliser,
14:56donc demander le renvoi devant la Cour d'assises spéciale de Paris
14:59de tous les gens qui, depuis 2015, étaient partis en Syrie pour aller combattre
15:04et qui avaient rejoint les katibas de Daesh.
15:06On a été plus sévères avec les femmes.
15:09On a judiciarisé la situation de l'ensemble des femmes qui étaient parties en Syrie.
15:13On a totalement revu notre politique en matière de lutte contre le financement du terrorisme.
15:18Et puis enfin, il y a une façon de travailler entre services d'enseignement, police judiciaire et parquet
15:25qui a été là aussi revisité avec beaucoup plus de fluidité dans les échanges d'informations.
15:30– François Moulins, vous diriez que dix ans après, la France est mieux armée
15:33pour lutter contre le terrorisme ?
15:34– Certainement, certainement.
15:36Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'elle est à l'abri.
15:39– Qu'elle est à l'abri parce que, comme je dis toujours,
15:41le risque zéro en matière de terrorisme n'existe pas.
15:44– Et la menace est toujours là.
15:46– Et la menace est toujours là.
15:47– À quoi elle ressemble cette menace aujourd'hui, François Moulins ?
15:49– Je pense que c'est avant tout une menace inspirée, comme on dit,
15:54avec le risque de voir passer à l'acte sur un mode individuel ou collectif
15:57des gens qui ont l'esprit infestés et pollués par l'idéologie mortifère de Daesh
16:04et qui... Alors certains sont endurcis.
16:08Le danger vient quand même beaucoup des nouveaux radicalisés
16:12qui se sont radicalisés à la vitesse grand V,
16:16qui ne sont pas forcément suivis par les services de renseignement,
16:19donc qui sont un peu sous les radars et qu'il faut détecter.
16:23C'est effectivement ça, l'enjeu pour les services,
16:26arriver à les détecter avant qu'ils puissent passer à l'acte.
16:28Mais il y a quand même une efficacité.
16:31J'allais dire, les chiffres sont là.
16:32Il y a des chiffres d'augmentation de plus de 300.
16:35Le procureur national terroriste en parlait il y a quelque temps.
16:38Mais ces chiffres d'augmentation, c'est aussi le signe de la bonne efficacité
16:42des services de renseignement.
16:43– Oui. Pardon de poser la question aussi bêtement,
16:46mais est-ce qu'il y a lieu de s'inquiéter aujourd'hui ?
16:49Est-ce que les Français ont lieu de s'inquiéter encore ?
16:51– Il y a toujours des soucis d'inquiétude,
16:55mais je pense qu'il faut faire confiance aussi à l'État.
17:01Il faut faire confiance à l'État et à tous les services
17:05qui travaillent sur le contre-terrorisme,
17:07qui ont beaucoup appris, je pense, des attentats 2012-2015.
17:12Et il y a beaucoup de leçons qui en ont été tirées.
17:14Et je pense qu'il faut croire dans la compétence
17:18et dans l'engagement de tous les services qui travaillent là-dessus.
17:21– Oui. On l'entend bien, vous êtes aujourd'hui retraité depuis deux ans.
17:24Mais vous suivez encore avec énormément d'attention
17:27toute cette matière, si je puis dire.
17:29– Oui, bien sûr. Et puis je donne des cours sur le contre-terrorisme.
17:34Donc effectivement, je donne des cours de droit, moi, aujourd'hui.
17:36Donc je suis bien sûr tout ça avec beaucoup d'attention.
17:38– Oui. Vous ne décrochez pas de ça ?
17:41– Non, non, non. J'essaie de me rendre utile autrement.
17:44– 46 ans de magistrature et vous continuez, en quelque sorte.
17:46– Oui, j'essaie de me rendre utile autrement.
17:48– François Mollins, aujourd'hui, comment vous vous préparez
17:52aux commémorations, aux cérémonies d'hommages
17:54qui vont se succéder ce jeudi ?
17:57– Il y a beaucoup d'émotions.
17:59Je le disais au début de cet entretien,
18:02il y a beaucoup d'émotions et elle est toujours là.
18:06Voilà. Et je pense qu'elle va être présente toute la journée,
18:11tout au long des commémorations
18:12et bien sûr aussi de l'inauguration du Jardin mémoriel.
18:15– Elle est toujours là pour vous aussi, François Mollins.
18:18– Oui, oui, bien sûr.
18:19– Vous appréhendez ces moments où il va y avoir
18:22tant de gens qui vont se recueillir, se retrouver ?
18:24– Un petit peu.
18:25– Et vous nous le dites avec un petit sourire,
18:29ce qui prouve que vous allez bien, François Mollins.
18:31– Je pense, oui, ça va.
18:33– Et on vous le souhaite.
18:34– Merci.
18:34– Merci à vous, François Mollins, d'être venu sur RFI.
18:36– Merci.
18:37– Merci.
18:38– Merci.
18:39– Merci.
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