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  • il y a 2 mois

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00:007h-9h, Europe 1 Matin.
00:03L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour, Alexis Brézé.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08On en parle depuis des semaines, ça y est, c'est aujourd'hui que l'Assemblée Nationale doit voter la suspension de la réforme des retraites.
00:14Alexis, qu'est-ce que ça vous inspire ?
00:15De la tristesse Dimitri, je suis triste pour mon pays, triste que la France s'abandonne à la facilité,
00:23triste qu'elle cède au renoncement, triste qu'elle consente à ce qu'il faut bien appeler un Munich.
00:29politique. Voyez l'ironie du calendrier.
00:33Hier, c'était le 11 novembre.
00:36De la place de l'Étoile aux plus petits de nos villages, le président de la République, les élus, les préfets,
00:40ont célébré le courage de nos soldats, l'esprit d'effort et de sacrifice qui animait tout un peuple.
00:46Demain, c'est le 13 novembre, le dixième anniversaire des attentats de Paris.
00:51Avec la même gravité, la même émotion, les mêmes exalteront l'esprit de résistance,
00:56afficheront leur volonté farouche de lutter sans faiblesse contre l'hydre islamiste sans cesse renaissante.
01:03Mais voilà, il y a les commémorations et il y a la réalité.
01:07Aujourd'hui, c'est le 12 novembre.
01:09Et cette date du 12 novembre restera dans l'histoire comme celle d'une capitulation volontaire,
01:16d'une lâcheté commise par ceux-là même qui n'auraient jamais dû la commettre.
01:21Car c'est le bloc central, ce sont les parlementaires de la coalition au pouvoir,
01:26qui, pour échapper à la dissolution, organisent leur propre humiliation.
01:31C'est le gouvernement qui, dans l'espoir de gratter quelques jours, quelques semaines, quelques mois,
01:37tout au plus, offre sa reddition sans condition au Parti Socialiste.
01:42Et pour être bien sûr qu'elle sera acceptée,
01:44voilà même, on l'a appris hier, qu'il est prêt à en rajouter dans l'automutilation.
01:49À l'arrivée, il ne restera rien, absolument rien de cette réforme,
01:54de cette réforme vitale, nous disait-on,
01:56la seule réforme sérieuse, bien insuffisante au demeurant, de ce navrant quinquennat.
02:01Et ce sont les macronistes qui plantent le dernier clou dans le cercueil du macronisme finissant,
02:08cette accablante.
02:09La réforme, elle n'est que suspendue, Alexis, elle peut être rétablie après l'élection présidentielle.
02:14Mais qui peut croire cela, Dimitri ?
02:16Vous imaginez le candidat de droite ou du bloc central qui partirait à la bataille
02:20en brandissant l'étendard du rétablissement de la réforme des retraites,
02:24avec d'un côté Mélenchon et le candidat socialiste,
02:27et de l'autre côté le candidat du RN qui lui taperont dessus jour et nuit.
02:30Mais bonne chance à lui s'il veut dépasser les 10%.
02:33Non, la réforme des retraites, en tout cas sous cette forme, est morte et enterrée.
02:38Et le pire dans toute cette histoire, c'est que la pilule était passée.
02:42Après bien des difficultés, dans la rue, à l'Assemblée, mais elle était passée.
02:46Bien sûr, les Français ne sautaient pas de joie à l'idée de travailler sur son cadran.
02:50Mais enfin, bon gré, mal gré, il s'était fait une raison.
02:52Même le RN ne parlait plus de l'abroger.
02:55Et voilà, retour à la case départ.
02:58Alors que l'Europe entière, y compris l'Espagne du socialiste Pedro Sanchez,
03:02part à la retraite entre 65 et 67 ans.
03:05Alors que le Danemark est passé à 70 ans.
03:09Alors que l'Allemagne y réfléchit.
03:10La France, à 62 ans et demi, va continuer de creuser allègrement un déficit
03:17qui, rappelons-le, compte pour moitié dans l'accroissement de notre dette depuis 10 ans.
03:23Ce hold-up commis au détriment des générations futures
03:27n'est pas seulement annonciateur d'un désastre économique,
03:31il signe aussi, avec cette étrange défaite, notre faillite morale.
03:35La étrange défaite, vous faites allusion au maître ouvrage de Marc Bloch,
03:38qui est consacré aux causes de la débat de 1940.
03:41Oui, il faut le relire, Dimitri, car tout y est de ce que nous vivons aujourd'hui.
03:45La machinerie des partis, je cite.
03:48Le parlementarisme qui favorise l'intrigue au détriment de l'intelligence ou du dévouement.
03:55La haute administration, je cite encore, partagée entre routine, bureaucratie et morgue collective.
04:02La molesse du gouvernement qui cède à la capitulation.
04:06Tout est dans Marc Bloch de notre débâcle actuel,
04:10et notamment ce qu'il appelle l'incapacité de commandement de nos responsables politiques,
04:16qui, c'est toujours ces mots, ne se sont pas seulement laissés abattre,
04:21mais qui ont estimé très tôt naturel d'être battus.
04:25Quand on connaît la suite, il y a dans cette implacable autopsie,
04:29quelque chose d'assez désespérant.
04:31L'édito politique sur Europe 1, merci Alexis Brézé.
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