00:00Europe 1, Pascal Proulx et vous.
00:04Pour nous prendre verdun et contracter l'empreuve dans leur pays bloqué et craignant la famille...
00:11Ça, je ne connais pas, en revanche, Fabrice Agituzalini.
00:14Marcelli, un chanteur de l'époque avec « Ils ne passeront pas ».
00:16Marcelli ?
00:17Marcelli, oui.
00:18Ça, c'est un enregistrement qui a...
00:19Ah, c'est d'époque, je suis devant le grenier chercher les vieux 78 tours, aujourd'hui.
00:23Celle-ci, Olivier la connaissait, justement.
00:24Oui, il danse dessus.
00:27On entend ça sur la terrasse.
00:30Je trouve ça formidable, j'écoute ça, j'ai l'impression...
00:33Peut-être qu'on est réincarnés, vous savez, qu'on a vécu cette période-là, on ne sait pas.
00:39Il faut dire que ça a traumatisé toute une génération, moi.
00:41Mon arrière-grand-père, au moment où il meurt et où il est dans ses derniers délires,
00:45mon grand-père me raconte, il faisait l'appel aux morts.
00:47Il faisait l'appel aux morts sur son lit de mort.
00:49Il faisait l'appel aux morts de tous ses camarades tombés,
00:52qui ne répondent, voilà, tombés à Verdun ou au chemin des dames.
00:55Mais ce qui est intéressant, Richard Millet, pour finir tout à fait,
00:58et puis on sera avec Nicolas également, c'est que...
01:00Pourquoi c'est un traumatisme ?
01:02Parce que certains expliquent le déclin de la France,
01:05précisément parce qu'en 14, tous les meilleurs sont morts.
01:10C'est-à-dire qu'il y a 1 500 000 morts,
01:12et beaucoup de polytechniciens,
01:14beaucoup de ceux qui étaient au sommet du savoir, etc.
01:19Bien sûr, et certains expliquent 40,
01:23c'est une explication qui court parfois,
01:27et qui est une grille de lecture du déclin français.
01:32On en pense...
01:33Démographiquement, je pense que la France n'en est pas relevée, en tout cas.
01:36Ça n'est pas relevée.
01:381,4 million, c'est colossal.
01:40Et tous les hommes, évidemment, sont partis,
01:43beaucoup d'hommes sont partis,
01:44et ceux qui sont revenus, ce qu'on sait assez peu,
01:47dans les tranchées pour tenir,
01:49les hommes buvaient entre 6 et 8 litres de vin par jour.
01:53Et effectivement, ceux qui sont revenus parfois, pas tous,
01:57étaient dans un degré d'alcoolisme très important,
02:02avec les effets de l'alcoolisme, notamment dans les couples.
02:06Donc c'est quelque chose qui nique...
02:08Il y a peu de littérature là-dessus,
02:11parce qu'à l'époque, on écrivait assez peu là-dessus.
02:12Et on n'en parlait pas.
02:13Et on n'en parlait pas.
02:14Bien sûr, on n'en parlait pas.
02:15C'est tabou.
02:15Mais tout cela a créé des traumatismes, évidemment, dans la société française.
02:19J'espère que je ne dis pas de bêtises, Nicolas,
02:22qui est professeur d'histoire.
02:23Sur les 6 à 8 litres de vin dans les tranchées,
02:26buts par les, j'allais dire, les troufions,
02:29par ceux qui souffraient au quotidien.
02:32Les poilus.
02:32Les poilus.
02:33Et c'était bien meilleur que la piste de singe qu'on leur servait.
02:37C'était le nom du café, par exemple.
02:39Ou le cartoffel brote, le caca, qu'on l'appelait aussi.
02:44Mais oui, les chansons que vous avez fait écouter,
02:47c'est mon premier matériel,
02:48quand j'étudie la Grande Guerre avec mes élèves.
02:51Je leur fais écouter la Strasbourg-Bourgeoise,
02:52le Régiment de Sandré-Meuse,
02:54le Verdun ne passe pas,
02:55la chanson de Craone,
02:56le Verdun ne passe pas, bien sûr,
02:59la Madelon,
02:59et aussi la Madelon de la Victoire,
03:00qui est une réponse à la première chanson de la Madelon.
03:03Et elle nous renseigne vraiment sur le train de vie des poilus,
03:06sur leur considération,
03:07sur leur peur,
03:08mais aussi sur leur bravoure.
03:10Extraordinaire.
03:10Là, vous faisiez passer tout à l'heure à Madame Bautrin,
03:13j'ai tendance à lui répondre,
03:15si on veut être craint,
03:16il faut avoir quelque chose à défendre aussi.
03:18Et est-ce qu'aujourd'hui,
03:19on a cette conscience
03:20qu'on a une nation à protéger,
03:22qui est forte de ses valeurs,
03:23de son histoire,
03:24et est-ce que nous serions prêts à la protéger
03:26comme les poilus en 1914 ?
03:28Je peux me poser des questions.
03:29En même temps qu'on venait que
03:31tous ces poilus qu'on a emmenés au front,
03:34les chefs ont fait n'importe quoi.
03:37Ah ben, entièrement.
03:39Mais ils auraient fait n'importe quoi,
03:41je ne pense pas que ça aurait duré aussi longtemps.
03:43Et il y a un héroïsme,
03:45et peut-être aussi une forme de consentement
03:47à cette brutalité,
03:49à un moment donné.
03:50Comment est-ce que des soldats ont pu consentir
03:52à un tel degré de violence,
03:53et une boucherie telle qu'on ne l'a jamais vue,
03:54telle qu'on ne le reverra plus ?
03:56On les passe par-dessus le parapet aussi,
03:57s'il n'y avait pas.
03:58Oui, mais parce que l'époque était différente,
04:00parce qu'il y avait sans doute moins de culture,
04:04moins de réflexion chez beaucoup de jeunes gens
04:08qui arrivaient durant les campagnes
04:10et qui obéissaient au doigt et à l'œil
04:12à une forme d'autorité telle qu'elle était mise en place.
04:15C'est une explication, évidemment, possible.
04:18Les soldats savaient parfaitement ce qu'ils faisaient,
04:20et quand on lit les lettres de Poilu,
04:22il y a une forme de lucidité, de conscience,
04:24de résiliation aussi, par rapport à ce qu'on leur demande.
04:28Vous savez, la Vendée, j'en parlais tout à l'heure,
04:30il y a aussi le 137e régiment d'infanterie
04:32qui est resté dans l'histoire,
04:33parce que c'est le régiment de Vendée 1
04:34qui est tombé dans la tranchée des baïonnettes.
04:36Avec cette baïonnette dressée dans les tranchées à Verdun,
04:40il y a une légende derrière.
04:41Mais la Vendée est rentrée pleinement dans cette histoire-là,
04:44et dans ce mythe de la Grande Guerre.
04:45Eh bien, écoutez, je vais vérifier,
04:48mais je crois que le 137e régiment, disiez-vous,
04:54il me semble que c'est celui-là qui concerne...
05:00L'arrivée des baïonnettes.
05:02Exactement, et qui peut concerner une part de la famille des Vendéens.
05:08Il y a également le 174e RI.
05:12Celui-là, vous le connaissez ?
05:14Le 137e, ben oui, vous avez écouté,
05:16c'est extraordinaire ce que vous dites,
05:17parce que dans la lettre que j'ai sous les yeux
05:19d'un archiviste qui m'avait contacté
05:22pour me raconter l'histoire de ma famille,
05:25il me dit Pierre-Eugène Henri Praud
05:26sera tué vers l'abri 320,
05:28le même jour, à peu de distance de là,
05:31son frère Pierre-Édouard, âgé de 23 ans,
05:34soldat, au 137e RI,
05:38trouvera la mort près de la ferme de Thiaumont.
05:44Vous savez, quand vous allez au Puy-du-Fou,
05:48quand vous allez voir le spectacle des Amoureux de Verdun,
05:50il y a un nombre qui est inscrit dans la tranchée,
05:52justement, que l'on parcourt,
05:54c'est le 137e Régiment d'Infanterie.
05:55Donc, vous voyez comment on peut rendre populaire cette histoire
05:58et la faire notre.
05:58Exactement.
05:59Merci beaucoup Nicolas,
06:01merci beaucoup,
06:02et je sais que vous êtes professeur d'histoire,
06:04professeur d'histoire en Vendée.
06:06Voilà ce qu'on pouvait dire aujourd'hui
06:08du 107e anniversaire,
06:10commémoration de la fin de la guerre 14-18.
06:14et je sais que vous êtes professeur d'histoire en Vendée.
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