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  • il y a 2 mois

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00:00Voilà, si vous nous rejoignez à l'instant sur CNews et sur Europe 1, évidemment ce sont les cloches, le bourdon de Notre-Dame de Paris,
00:07mais aussi de toutes les églises de la capitale qui résonnent pour rendre hommage aux victimes du terrorisme, aux victimes du 13 novembre 2015,
00:15ces attentats qui ont commencé au Stade de France, ensuite les Bataclan, les terrasses, des victimes, 132 victimes,
00:23deux d'entre elles se sont donné la mort il y a peu de temps, des centaines de blessés et des traumatisés évidemment qui tentent chacun à leur façon de surmonter ce qui s'est déroulé.
00:34Il y a tout juste dix ans, nous allons vivre en direct dans cette édition spéciale les prises de parole, celle du président Macron,
00:41il ne s'est pas exprimé depuis le début de la journée, il y a eu plusieurs cérémonies dans cette journée devant les lieux de chaque attentat
00:50et nous allons vivre avec vous, chers amis auditeurs et téléspectateurs, cette journée de commémoration, d'émotion avec nos invités,
00:59nous sommes avec Eric Nelot, bonsoir Eric, Michel Auboin, nous sommes avec le docteur Mathieu Langois, ancien médecin chef du RAID,
01:05merci d'être avec nous, Laetitia Guinan, Louis de Ragnel, Louis on est étreint par l'émotion parce que ce bourdon que l'on entend de Notre-Dame de Paris,
01:14on sait qu'il ne résonne que dans les cas les plus graves, évidemment, les drames, et là aujourd'hui on commémore un drame.
01:21Là on assiste à beaucoup de stigmates quand même des années récentes de notre pays, à la fois Notre-Dame évidemment,
01:26qui avait brûlé et puis effectivement ces dixièmes commémorations, ce dixième anniversaire comme on dit,
01:34des attentats du 13 novembre, qui a créé un avant et un après, qui a plongé la France quand même dans une nouvelle période dans laquelle on est maintenant,
01:43avec certes peut-être un peu moins la menace des commandos projetés, mais une menace endogène au sein de la société française,
01:51une menace terroriste qui est encore très présente, on voit bien qu'il y a beaucoup de mesures aussi qui ont été prises en matière de sécurité,
01:57il y a des lois qui ont été votées, même au niveau des peines et des sanctions, il y a beaucoup de choses qui ont été faites depuis,
02:04mais ce qu'il reste à faire quand même, c'est le terreau, c'est ce qu'il y a de plus difficile, c'est le terreau qui sommeille au fond de notre société,
02:12et on est quand même rappelé, on est plongé, malheureusement assez régulièrement, dans les stigmates de ce terrorisme dont on n'arrive pas à se débarrasser,
02:21et on est dans une société qui malgré tout reste extrêmement fragile, c'est-à-dire qu'on a des forces de sécurité robustes, très fortes,
02:30mais humaines aussi, et une société, c'est vrai, qui a mis du temps à savoir comment il fallait réagir, il y a eu un moment où vous n'aurez pas ma aide,
02:39et puis il y a beaucoup de gens qui se sont dit quand même, la menace est très violente, et il va falloir qu'on se réarme,
02:46et à mon sens, alors je sais que les avis sont un peu différents, mais je trouve que le réarmement moral de la société n'a pas encore commencé,
02:52et il est indispensable.
02:54Plusieurs lieux ce soir pour ces commémorations du 13 novembre 2015, le bourdon de Notre-Dame que nous pouvons entendre,
03:02amis auditeurs et téléspectateurs, le jardin du souvenir qui sera inauguré dans quelques instants par Emmanuel Macron,
03:07la place de la République où l'on voit de nombreuses bougies, des messages, beaucoup de Parisiens qui viennent se recueillir,
03:14docteur Mathieu Langlois, vous êtes l'ancien médecin-chef du RAID, vous êtes intervenu dans cette nuit du 13 novembre 2015 à l'intérieur du Bataclon,
03:22et je le précise, alors que les terroristes étaient encore sur place, vous avez découvert une scène de guerre,
03:29et vous avez, avec la colonne du RAID dans laquelle vous êtes arrivés, porté secours aux premiers blessés, c'est bien cela ?
03:37Racontez-nous.
03:38Avec tous les policiers aussi du quotidien qui étaient déjà là avant nous,
03:43Et donc ce qu'on avait anticipé, c'était que sur des situations de terrorisme de masse,
03:55l'action des unités spéciales, RAID, GIGN, BRIPP, c'était d'être en capacité évidemment de sécuriser,
04:03de neutraliser les menaces, quelles qu'elles soient, mais aussi, et c'est pour ça qu'on avait intégré des médecins,
04:10être capables, dans une zone où personne ne peut aller, parce que la menace est telle,
04:17de gagner un autre combat, qui est celui du temps, et pour les blessés les plus graves,
04:23et donc notre rôle là, c'était d'organiser les secours, de faire du sauvetage, des chaises de sauvetage,
04:30mais surtout de mettre en sécurité, donc d'extraire l'ensemble des gens qui sont encore vivants,
04:36et de les mettre en sécurité, parce que tout le monde comprend que la neutralisation,
04:40des menaces, ça prend du temps, ou ça peut prendre du temps, moi je suis pas, c'est pas ma spécialité,
04:46je peux pas dire, voilà, il faut arrêter, je suis médecin, et je sais que ça peut prendre du temps,
04:52et donc tout ce qu'on avait construit depuis 2012, en particulier, sous l'impulsion d'Amori de Hotlock,
04:57c'était de dire, ce temps-là, il faut pas le perdre, en plus, pour les blessés graves,
05:02et donc, moi si j'ai le feu vert, je peux pas faire seul, je peux pas décider seul,
05:08de rentrer dans la fosse, si un des officiers me dit, si tu rentres dans la fosse,
05:14on va te tirer dessus, et ça va exploser, en principe, je suis pas complètement fou,
05:19vous écoutez les ordres, j'obéis aux ordres.
05:22Personne ne le savait, à ce moment-là, justement, parce que personne ne savait,
05:25s'il y avait des explosifs, vous ne saviez pas de combien de temps vous alliez disposer,
05:29justement, peut-être, avant qu'il y ait d'autres tirs, ou...
05:31Donc, il faut aller vite, il faut que ce soit coordonné entre nous,
05:36donc tout ça, ça demande énormément d'exercice,
05:38et après, il y a une part d'incertitude évidente,
05:42mais sinon, on n'y va pas, personne n'y va, donc, voilà,
05:45après, c'est, la décision, elle nous appartient tous,
05:50elle appartient au commandement, dire on engage ou on n'engage pas.
05:54Clairement, si les terroristes étaient juste sur le balcon,
05:57en train de tirer dans la fosse, je suis certain,
06:01alors déjà, moi, je pense que j'aurais eu l'attitude appropriée,
06:05mais je suis certain que le commandement du RAID m'aurait dit,
06:08Doc, pour l'instant, tu restes...
06:10En arrière ?
06:12Voilà, après, on est habitué à être très engagé par rapport à la menace.
06:16Alors là, ce soir-là, on l'a été un peu plus...
06:18Bien entendu, parce que vous nous racontez que vous avez vu les premiers blessés
06:21déjà sur le trottoir, et quand vous entrez dans la salle,
06:25il y a des plaies terribles,
06:26enfin, je veux dire, ce sont des armes de guerre
06:28qui ont déchiré les jeunes gens qui étaient dans le public, docteur.
06:32Mais, voilà, il faut, à ce moment-là,
06:36il faut vous passer dans un autre rôle, une autre dimension,
06:40mon rôle, il est d'organiser, d'avoir une vision globale,
06:45et surtout pas de s'arrêter aux premières horreurs que vous allez voir.
06:53C'est pas comme si je soignais quand je suis chez les pompiers,
06:56au SAMU ou à l'hôpital,
06:59où là, on est concentré à 100% sur le blessé.
07:02Là, c'est autre chose.
07:05C'est ce qu'on connaît bien en médecine de catastrophe.
07:07Enfin, on connaît bien.
07:08C'est des situations qu'on a anticipées en médecine de catastrophe.
07:11Après, dans ce qui était vraiment, pour mon avis, nouveau pour tout le monde,
07:17c'est qu'on est tous pris au piège.
07:19On est enfermés dans un lieu clos.
07:21Si vous êtes dehors, moi j'avais beaucoup discuté après,
07:24avec ceux qui avaient vécu, par exemple, la tuerie de Las Vegas.
07:26La tuerie de Las Vegas, ils sont à l'extérieur.
07:30Les blessés fuient de tous les côtés.
07:32Là, on est tous pris au piège.
07:34Si ça explose, on sera tous condamnés dans ce piège-là.
07:39Et ça change beaucoup votre appréciation,
07:45ou en tout cas votre compréhension de la menace.
07:46Et ce que vous découvrez, ce sont des dizaines de cadavres ?
07:51Oui, alors, encore une fois, je vais être très pudique.
07:55Mais, en tout cas pour les deux médecins du RAID,
07:58je le connais bien, celui qui était avec moi,
08:01c'était malheureusement pas nos premiers cadavres.
08:04D'accord.
08:04Mais dans cette proportion-là, évidemment,
08:06personne n'avait jamais vu ça dans notre pays.
08:08Mais personne n'avait vu ça.
08:10Et c'est là où il ne faut surtout pas rester
08:12et subir cette situation en disant
08:15« mince, je ne l'ai pas vécu, qu'est-ce que je fais ? »
08:17Il faut dire, en effet, il faut l'accepter de ne jamais l'avoir vécu,
08:20que ce soit beaucoup plus violent et brutal
08:22que tout ce que vous avez pu imaginer,
08:24tout ce que vous avez pu préparer.
08:26Mais ce qu'on attend de vous, c'est maintenant...
08:29Allez, et que ce soit efficace.
08:31Et que ce soit pas efficace, que ce soit très efficace.
08:33Très, très efficace.
08:34Vous avez revu certaines des personnes qui étaient dans la salle depuis ?
08:37Très peu, j'ai surtout pas cherché ça.
08:40Et surtout avec l'horreur quand on entre
08:41et qu'on voit ce spectacle,
08:43et surtout d'entendre les portables qui sonnent,
08:46c'est-à-dire des parents des victimes,
08:48et qui cherchent à rentrer en contact.
08:51Et les portables, la sonnerie s'arrête et ça recommence.
08:55Le docteur Blanclois, allez-y.
08:56Oui, je l'ai dit juste avant,
08:59c'est que nous, quand on rentre,
09:02à partir du moment où, en tout cas pour ma part,
09:04quand je suis rentré, je pense que je me suis mis
09:06dans ce que j'appelle une bulle sensorielle
09:08qui me protège.
09:10Moi, je suis obligé aussi de me protéger,
09:12je suis là pour faire mon métier
09:13de la manière la plus efficace possible,
09:16tout en gardant la lucidité.
09:17On n'est pas des robots,
09:19ce n'est pas de la dissociation
09:20qui nous permettrait de faire des gestes réflexes.
09:24On est obligé de comprendre,
09:25on voit les visages,
09:26on voit ce qu'est la terreur,
09:28on voit les blessures, on parle.
09:30Mais il faut, pour rester calme,
09:34pour rester déterminé,
09:36pour rester lucide,
09:38moi, je suis obligé de me protéger.
09:41Et donc, je pense que c'est par cette protection,
09:44je n'ai absolument pas entendu
09:45le moindre portable sonner
09:47pendant toute la soirée.
09:50Et on est resté plusieurs heures à l'intérieur.
09:52Je ne m'en souviens pas.
09:53Je ne vous dis pas que ce que vous dites
09:55est sûrement vrai.
09:56D'autres, je l'ai déjà entendu.
09:57Oui, oui, oui.
09:58J'avais lu, j'avais lu ces témoignages.
10:01Après, j'ai entendu des âneries aussi.
10:02Mais sur les portables,
10:06je pense que,
10:07même sur la lumière qu'elle était,
10:10l'intensité lumineuse,
10:12je ne sais même pas vous dire.
10:13Je sais que je n'ai pas, moi,
10:14utilisé de...
10:16De lampe-torche.
10:17De lampe.
10:18Et vous avez dialogué
10:19avec certains des blessés ?
10:20Oui, oui.
10:20Qu'est-ce qui se passait ?
10:21Vous leur avez dit évacuer ?
10:24Vous êtes en sécurité maintenant ?
10:26Encore une fois,
10:27ce n'est pas le même métier
10:28que quand je travaille au SAMU
10:31ou à l'hôpital
10:32ou chez les pompiers.
10:33C'est un autre métier.
10:34Et il faut être...
10:36En quelques secondes,
10:37il faut être à la fois...
10:38Moi, je dis souvent,
10:39il faut être empathique.
10:40Mais empathique,
10:41ce n'est pas...
10:41Est-ce que ça va ?
10:42Parce que si vous dites à la victime
10:43que ça fait une heure et demie
10:44qu'elle est dans le Bataclan
10:45et que vous la regardez
10:46en lui demandant si ça va,
10:48vous avez bien compris,
10:49ça va même aggraver son...
10:52Donc vous lui dites quoi ?
10:54Je lui dis, regardez-moi
10:55et on va sortir.
10:57Et ça dure...
10:59Et je le dis d'une manière,
11:01peut-être pas comme là,
11:02je le dis peut-être d'une manière
11:03un peu encore plus infirmée.
11:05Et voilà,
11:08et c'est ce qui...
11:09Et je sais que d'autres policiers
11:11du RAID
11:12ont fait exactement la même chose.
11:14C'est l'assurance de la voix
11:15qui peut réconforter.
11:16Le non-verbal,
11:17ce qui est sûr,
11:18c'est que le non-verbal
11:18est beaucoup plus efficace
11:21que les mots que vous allez dire.
11:24Donc, il faut les deux.
11:26Alors, la cérémonie a commencé
11:28au Jardin du Souvenir.
11:30On entend, je le dis pour nos auditeurs,
11:32de la musique.
11:32Il y a aussi des discours.
11:34Peut-être qu'on va écouter
11:35un extrait du discours
11:36qui est donné.
11:38C'est une chanson.
11:40Une chanson, voilà,
11:41pour rendre hommage aussi
11:42à ces victimes
11:43à la fois du Bataclan
11:44et des terrasses
11:45parce que c'était des jeunes gens
11:46qui étaient là pour la musique,
11:47pour Eric Nolo,
11:49parce qu'ils avaient envie
11:50de boire un verre ensemble
11:51et qu'ils célébraient
11:52notre mode de vie à la française.
11:53C'était tous les gens
11:54qui s'amusaient en toute innocence,
11:56voilà, boire un verre,
11:57aller au concert,
11:58des choses anodines
11:59même qu'ils ne le sont plus.
12:00Maintenant, on ne peut pas
12:00s'empêcher d'y penser.
12:01Je pense qu'en s'asseyant
12:03à une terrasse de café,
12:04ce n'est plus le même acte
12:05qu'avant.
12:06Ce n'est pas tout à fait
12:06le même acte.
12:07Il y a quelque chose
12:07qui vous reste en tête
12:08et une salle de concert
12:09peut-être un peu anxiogène.
12:11Vous avez parlé
12:12de ce qui s'est passé
12:13à la Philharmonie.
12:14Moi, récemment, au cinéma,
12:15il y a une femme
12:16qui a posé un sac
12:17sous son siège
12:18et qui est sortie
12:19quelques minutes.
12:20Je vous ai jure,
12:20j'ai pensé jusqu'à
12:22ce qu'elle revienne
12:22et ça ne me serait pas venu
12:24à l'idée il y a dix ans.
12:25Michel Auboin,
12:25ancien préfet,
12:27nous avons changé,
12:29la société a changé
12:30depuis dix ans
12:30depuis ces attentats.
12:30Moi, je pense que la société
12:31a changé, oui.
12:32Alors, évidemment,
12:33c'est un peu l'acmé
12:34de la violence,
12:36le Bataclan.
12:36On a eu des attentats avant,
12:38on en a eu d'autres après.
12:39Parce que, d'ailleurs,
12:40j'aimerais bien
12:40qu'on parle de la totalité
12:42des victimes
12:43et pas uniquement.
12:45C'est très important
12:47d'avoir fait cette journée
12:48sur le Bataclan.
12:49Il ne faut pas oublier
12:49ceux qui sont intervenus après.
12:51Je pense que
12:52on a, surtout que c'est
12:53toujours la même origine
12:54d'une certaine façon
12:55et même le même mode d'action,
12:57même si c'est des victimes
12:58plus isolées.
12:59Mais, oui,
13:02je pense que la société
13:03a changé
13:04après le Bataclan,
13:06devant l'ampleur,
13:07d'abord,
13:07la réaction
13:08de la population
13:09le lendemain même.
13:12Une espèce
13:12d'émotion nationale
13:14qu'on n'avait pas connue
13:15quand même
13:15depuis extrêmement longtemps
13:16dans ce pays.
13:17Et ensuite,
13:19la prise de conscience
13:21qui a été plus lente
13:21quand même
13:22de cette menace
13:23qui plane
13:24et qui subsiste
13:26dans notre pays.
13:27Je pense que
13:28le regard est différent.
13:29Ça n'empêche pas
13:30de faire la fête,
13:31ça n'empêche pas
13:32d'aller boire des coups
13:33avec les copains,
13:34mais l'esprit
13:36n'est pas tout à fait le même
13:37parce que la menace
13:38existe
13:38et on a fini
13:40par l'identifier.
13:41Bien sûr.
13:42Catherine Ney ?
13:42Oui, en tout cas,
13:43c'est un événement.
13:44On se souvient tous
13:45de ce que l'on faisait
13:47où on était
13:48quand on a appris
13:49les attentats
13:50et qu'on a commencé
13:51à écouter la radio,
13:52à rentrer chez moi
13:53en voiture
13:53et à rester devant
13:55la télévision
13:56toute la nuit
13:56pour suivre les événements
13:58et on a bien vu
13:59qu'il se passait
13:59quelque chose
14:00de hors normes.
14:02Les terrorismes islamistes,
14:03on en avait déjà parlé,
14:04mais là,
14:05c'était tellement
14:05d'une telle ampleur
14:07que c'est quelque chose
14:09qui est marqué chacun
14:12comme un fer rouge
14:13et qui accroît
14:14la peur
14:14et la peur demeure
14:16surtout,
14:16qu'il ne faudra oublier
14:17l'an prochain,
14:18il y a un autre
14:18On va écouter
14:20un tout petit exprès
14:21de cette...
14:22Bien sûr,
14:24et on n'oublie pas
14:24ce qui s'est passé à Nice,
14:25mais il y a une chorale
14:25qui est en train de chanter,
14:27on va écouter
14:27quelques instants
14:28cette chorale.
14:29Je crois que
14:36la chorale
14:37des risquelles
14:38est en train de chanter
14:38qui est censée
14:39bien.
20:37Au cours de ces dix ans, le temps du deuil s'est écoulé
20:41Et après la tristesse, l'acceptation s'est imposée.
23:45pour les valeurs qui sont les nôtres, pour que l'on puisse être les vainqueurs.
23:52Enfin, alors qu'aujourd'hui nous dévoilons la plaque inaugurale de ce nouveau lieu de mémoire,
23:59je renouvelle ici le vœu, et vous nous avez, M. le Président, il y a peu rassuré à cet égard,
24:07je renouvelle le vœu qu'à de ces jours prochains nous puissions pareillement inaugurer
24:12le musée mémorial des sociétés face au terrorisme.
24:16Ce musée qui a une autre vocation, ce musée qui a une autre ambition,
24:22non seulement de cultiver la mémoire, mais aussi l'ambition de transmettre,
24:27l'ambition d'éduquer, pour éveiller les consciences,
24:32pour que les lumières de la connaissance éclairent les ténèbres de la barbarie.
24:37Ainsi l'exprime Henri Rousseau, le Président de la mission de préfiguration,
24:44lorsqu'il nous dit « ça ne sert à rien de commémorer des événements si on ne les connaît pas,
24:51et surtout si on ne les comprend pas ».
24:55Pour conclure, une fois encore, M. le Président,
24:59merci pour votre présence.
25:03Merci pour avoir gravé sur le calendrier de la Nation
25:06la journée nationale d'hommage aux victimes du terrorisme
25:11qui honore toutes les victimes en France
25:14et françaises à l'étranger, sur tous les lieux.
25:18Merci à vous, Mme la maire de Paris,
25:21chère Anne.
25:22Merci aux élus du Conseil de Paris pour votre engagement,
25:27votre soutien, votre émotion sincère pendant ces dix années
25:32et tout au long du parcours qui aura mené à cette réalisation.
25:37Merci pour cette cérémonie.
25:42Pareillement, mais très sincère remerciement
25:45aux membres de l'équipe de Wagon Landscaping
25:48et à tous les maîtres artisans,
25:50à tous les compagnons, tailleurs de pierre,
25:52paveurs, paysagistes, jardiniers
25:55qui ont mis tout leur cœur à cet ouvrage
25:58à l'ombre de la maison des compagnons du devoir.
26:03Merci à Thierry Reboul et à Victor Le Mans,
26:06à tous ceux qui autour d'eux ont contribué
26:08à la réalisation de ce moment
26:10où l'émotion le dispute à la beauté.
26:15Merci d'avoir sublimé ce lieu de mémoire
26:18par la lumière et la musique.
26:20Merci pour cette cérémonie d'hommage
26:22où le rock prend sa place si symbolique.
26:26Cette cérémonie dont les victimes forment le cœur
26:30dans les deux orthographes du mot.
26:34Merci pour l'infinie délicatesse du choix des textes.
26:39Merci à vous tous.
26:41Merci pour eux.
26:44Dans ce jardin fleuri ce soir,
26:45ils sont présents avec nous.
26:49Voilà donc pour le discours de Philippe Duperron
26:58de l'association 13-11-15.
27:00On est en édition spéciale sur CNews et sur Europe 1
27:02pour cette cérémonie.
27:05Évidemment, c'est l'inauguration du jardin mémoriel
27:08du 13 novembre 2015.
27:10Je le dis pour nos auditeurs,
27:11une cérémonie qui se déroule avec de la musique,
27:15on entendra des chants, il y a des jeux de lumière aussi.
27:19C'est important de pouvoir évidemment partager ce moment
27:23avec tous les Français qui ont en mémoire
27:27cette date terrible du 13 novembre 2015.
27:30Éric Nolo, on a entendu ce discours de Philippe Duperron.
27:35On l'entendra dans un instant celui d'Arthur.
27:36Des nouveaux, peut-être sera-t-il sur un autre registre.
27:39Là, il ne faut pas rire, ce sont des gens qui étaient là.
27:41Chacun se reconstruit comme il le veut et comme il le peut.
27:45Et ça, c'est très important.
27:46Oui, mais la cérémonie est importante parce que ça devient,
27:48même si c'est une tragédie aux dimensions inédites,
27:52ça finit par devenir abstrait, en fait.
27:55Pour ceux qui ne l'ont pas vécu, ça devient un drame parmi d'autres.
27:58Et là, on touche un peu, on revient un peu à la dimension tragique.
28:02Après, dans les discours, on a bien vu que chacun se reconstruit
28:05vraiment comme il peut.
28:06Comme il veut, et puis avec le discours qu'il veut,
28:08après tout, voilà, nous n'avons pas vécu ce qu'ils ont vécu.
28:11Il y a des choses un peu surprenantes dans ce qu'il vient d'être dit.
28:13Alors là, on a les visages de tous ceux qui sont morts
28:16lors des attentats qui sont projetés sur la façade.
28:20Et je pense que peut-être de la poésie qui est lue.
28:24Louis Dragnel.
28:24Oui, et puis ensuite, on aura le discours du maire de Paris, Anne Hidalgo.
28:29Puis il y aura la lecture, et je pense que ce sera un moment très émouvant,
28:32la lecture de tous les noms des personnes qui ont été tuées ce 13 novembre-là.
28:39Et ensuite, un discours du président de la République
28:41avant le dévoilement de la plaque.
28:43Donc, il figurera dans ce jardin en mémoire du 13 novembre 2015.
28:50Laëtitia Guinot.
28:52Oui, les actes mémoriels ont pas mal de fonctions.
28:55La première est quand même de rendre hommage
28:57et de respecter la mémoire de ceux qui sont là,
29:00de leur donner la parole, de les mettre en image,
29:03de composer autour quelque chose qui sacralise un petit peu ce qui leur est arrivé.
29:08C'est aussi une cohésion de la nation.
29:10Et puis, c'est une inscription dans l'histoire.
29:12Parce que quand même, voilà, cette place va rester,
29:14ces noms vont rester gravés.
29:16Après, sur la vertu pédagogique du mémoriel,
29:19et j'aimerais quand même saluer,
29:20parce qu'Emmanuel Macron, là, la cérémonie
29:22à laquelle on assiste est quand même magnifique.
29:25C'est Thierry Reboule qui a été en charge
29:27de la cérémonie des Jeux Olympiques qu'il a faite.
29:30La musique, c'est Victor Le Mans, je crois, son compositeur.
29:33Et je dois dire quand même,
29:35on a une culture de critiquer beaucoup à Emmanuel Macron.
29:38Mais malgré tout, resteront de ces quinquennats
29:41de très, très, très belles cérémonies de tout ordre.
29:44Et celle-ci, qui vient de commencer,
29:46est très belle et très adaptée.
29:48Je suis donc à la circonstance.
29:50Après, ce qui est au cœur, là,
29:52ce sont les victimes,
29:53et c'est une forme de réunion, quand même, de la nation.
29:56Bien entendu.
29:56Et là, on entend Edith Preto
29:58qui interprète l'absence de Gilbert Beko.
30:01Ma chère Catherine,
30:03il y a ce moment de communion,
30:04comme elle disait Laetitia Guénant,
30:05autour de ces victimes,
30:07un moment de communion nationale.
30:08Non, mais c'est sûr.
30:10Et entendre ces musiques,
30:12voir ces visages qui apparaissent à l'écran,
30:14ça vous prend au trip.
30:17Ça fait revivre, en tous les cas, en nous,
30:19quelque chose qui ne doit pas s'éteindre
30:20et qui devrait être présent
30:22et laisser une trace pérenne.
30:24Mais c'est bien que, chaque année,
30:28un hommage soit rendu,
30:29que ceux qui veulent se retrouvent dans ce jardin.
30:32Même, ils passent à Paris, viennent.
30:36Oui, c'est un nouveau lieu de mémoire
30:39qui était souhaitable et qui est créé.
30:44Michel Aucoin, ancien préfet.
30:45Oui, moi, j'étais un peu circonspect
30:47quand on a parlé de jardin,
30:48mais en fait, en voyant ces images,
30:50je me dis que c'était quand même
30:51tout à fait ça qu'ils voulaient faire.
30:52Absolument, vous avez raison.
30:53Docteur Langlois, on évoquait
30:54la façon de se reconstruire.
30:57Certains le font à partir de la colère,
31:00d'autres pas du tout.
31:01Chacun a sa propre méthode
31:02pour se reconstruire et surmonter le trauma.
31:04Alors, je ne suis pas spécialiste du psychotroma.
31:06Je sais, mais vous êtes médecin.
31:08En tout cas, je suis sûr
31:08qu'il n'y a pas une méthode.
31:09Il y en a une par individu.
31:13Et puis après, il y a la bulle familiale,
31:15il y a la bulle professionnelle.
31:17Il y a tout ça qui fait qu'on va,
31:19ou pas, se reconstruire chacun à son rythme.
31:22Et que c'est un moment, là,
31:24je suis assez ému quand même
31:26quand je vois ça.
31:28Après, moi, ma vie,
31:29elle n'a pas été brisée ce soir-là.
31:31Même si, évidemment,
31:33elle m'a impacté très fortement.
31:36Que je ne suis plus le même médecin,
31:38je ne suis plus le même homme
31:39depuis 2015.
31:43C'est-à-dire que vous agissez différemment ?
31:44Bien sûr.
31:46Bien sûr.
31:47Mais ma vie personnelle
31:50n'a pas été brisée.
31:50Je n'ai pas perdu ma soeur,
31:53mes enfants.
31:56Et je pense à eux quand je dis ça.
31:57C'est-à-dire que,
31:59évidemment, je sais,
32:00des victimes,
32:01j'en croise tous les jours
32:02dans mon métier de médecin.
32:05Donc, des vies brisées,
32:06je sais ce que ça peut être.
32:07Je sais aussi dans le temps,
32:09parce que, vous l'avez dit,
32:10il ne faut pas oublier.
32:11Et que souvent,
32:13toutes ces familles
32:15vont vivre toute leur vie
32:16avec ces séquelles.
32:19Et on sait que parfois,
32:20même,
32:21parfois, ça peut surprendre,
32:22mais les séquelles physiques
32:23sont plus faciles
32:24pour se reconstruire
32:26que les séquelles psychologiques.
32:28Ça a été...
32:29Exactement.
32:31Deux dans tous les pays.
32:31En plus,
32:32c'est très facile à comprendre.
32:33Moi, je ne suis pas psychiatre,
32:34mais quand vous luttez
32:35contre la douleur,
32:36quand vous luttez
32:37contre une amputation,
32:38contre des vraies séquelles physiques,
32:40vous luttez,
32:42vous êtes dans l'action,
32:43le traumatisme psychologique,
32:45c'est terrible.
32:48Et...
32:49Et...
32:50Et ça nous touche tous,
32:52et attention,
32:53parce que...
32:54Nick Alexander.
32:56Là, on est aux 10 ans,
32:57mais il y a...
32:58Jean-Jacques Manon.
32:59Vous avez parlé déjà
33:00de nouvelles victimes
33:02qui se sont suicidées
33:06il n'y a pas si longtemps que ça.
33:08Mais il faut tout faire
33:10pour qu'il n'y en ait pas d'autres,
33:11y compris chez les intervenants.
33:12Enfin, je mets tout le monde...
33:14Je pense aux policiers,
33:15aux pompiers,
33:17même aux médecins,
33:19même aux psychologues
33:20qui ont ensuite travaillé,
33:21qui ont suivi.
33:22Il y a les avocats
33:23qui ont participé au procès.
33:25Il y a tout un tas de personnes
33:26qui se sont à différents niveaux,
33:28chacun dans leur métier,
33:29impliquées énormément,
33:31et dont ils peuvent aussi
33:33avoir des traumatismes
33:34et qui peuvent évoluer
33:36dans le temps, malheureusement.
33:37Docteur, on va écouter
33:38ces noms égrenés,
33:39ces noms des victimes
33:40des attentats du 13 novembre.
33:41Ludovic Bumbas,
33:49Véronique de Bourgie,
33:53Élodie Breuil,
33:56Cypria Nyonout-Caltchou
33:58et Lacrimura-Mariana Popp,
34:00Claire Camaxe,
34:06Nicolas Katina,
34:12Baptiste Chevro,
34:15Nicolas Classo,
34:16Cécile Coudon-Pégadot de Lille,
34:24Nicolas Degenhardt,
34:28Elsa Delplas
34:29et Patricia Sain-Martine,
34:34Alban Denuit.
34:35Vincent Détoc,
34:47Frédéric Calizot,
34:52dit Fred Deville,
34:53Asta Diakite,
35:02Manuel Dias,
35:06Romain Didier
35:07et Lamia Mondeguer,
35:12Lucie Dietrich,
35:14Elif Dugan,
35:20Fabrice Dubois,
35:24Romain Dunet,
35:29Thomas Duperron,
35:33Justine Dupont,
35:34Mathias Dimarski
35:39et Marie Loche.
35:52Saler Emad El-Djebali,
35:56Germain Ferret,
36:00Romain Feuillade,
36:01Grégory Foss,
36:07Christophe Foultier,
36:11Julien Galisson,
36:15Susan Garrigue,
36:19Mayeul Gobert,
36:23Michéli Gilles Raimez,
36:27Cédric Ginestou,
36:28Mathieu Giroud,
36:34Cédric Gomet,
36:38Noemi Gonzales,
36:40Juan Alberto Gonzales Garrido,
36:57Stéphane Grégoire et Frédéric Enino,
37:01Anne Guillaumard,
37:04Anne Guillaumard,
37:06Né Cornet et Pierre-Yves Guillaumard,
37:12Stéphane Hache,
37:17Thierry Ardouin et Marie-Aimée Dallose,
37:20Olivier Haut-du-Cœur,
37:27Pierre-Antoine Henri,
37:32Raphaël Hils,
37:36Mathieu Hoche,
37:38Jamila Oud,
37:43Mohamed Hamid Imnol Moubarak,
37:56Pierre Innocenti,
38:00Nathalie Jardin,
38:01Marion Jouanot,
38:07Milko Jozic,
38:11Jean-Jacques Kirchheim,
38:15Yacinthe Coma,
38:18Nathalie Lorraine Nebuligina,
38:20Guillaume Ledran,
38:26Renaud Le Gouen,
38:30Gilles Leclerc,
38:33Christophe Lelouch,
38:36Claire Métrotaprest,
38:48Cécile Martin,
38:50Antoine Marie,
38:58Cédric Mauduit,
39:02Charlotte et Émilie Maud,
39:06Isabelle Merlin,
39:10Fanny Minot,
39:15Yannick Minviel,
39:16Cécile Miss et Louis-Philippe Choré,
39:25Marie Mausser,
39:29Justine Moulin,
39:34Quentin Mouriez,
39:35Victor Munoz-Quillé Moës,
39:48Christophe Muntez,
39:51Hélène Mouyal Léris,
39:55Romain Naufre,
39:57Bertrand Navarret,
40:02Christopher Noé Chalter Bodino,
40:07Léla Mouzounian,
40:10David Berchirin,
40:13Aurélie De Peretti,
40:14Manuel,
40:17Manuel, Manu Pérez et Priscillia Correa,
40:21Marion et Anna Pétard-Liffry,
40:24Franck Pithiau,
40:36Caroline Prenat,
40:40François-Xavier Prévost,
40:44Sébastien Proisi,
40:46Richard Raman,
40:53Valentin Ribé,
40:56Mathieu De Rorté,
41:00Estelle Roua,
41:04Thibaut Rousse-Lacordaire,
41:08Raphaël Ruiz,
41:09Oda Saadi et Alima Ndiaye Neh Saadi,
41:21Madeleine Sadin,
41:31Keredine Sabi,
41:35Lola Saline,
41:39Hugo Sarrad,
41:44Djalal Seba,
41:49Maud Serraud,
41:53Sven Alejandro Silva Perugini,
41:59Valéria Soulezine,
42:03Fabian Stesch,
42:06Ariane Teller,
42:09Éric Thoumé,
42:15Guillaume Vallette,
42:19Olivier Vernadal,
42:23Stella Soanirina Yasmin Veri.
42:26Voilà pour cette lecture bouleversante des noms des victimes du 13 novembre 2015.
42:41Nous sommes en direct sur CNews et sur Europe 1.
42:44Cette litanie, évidemment, qui nous bouleverse, qui évidemment nous émeut.
42:49Mon cher Louis de Ragnel, on a entendu ces noms égrenés, autant de vies, autant de visages, de parcours interrompus dans un drame absolu ce soir du 13 novembre 2015.
43:00Ce qui est assez marquant, je trouve, c'est aussi cette lenteur, ce rythme, qui fait que pour chaque nom, eh bien, on peut penser ou essayer d'imaginer la personne.
43:10Et je pense que c'est ça qui est, moi, c'est peut-être ça que je trouve le plus marquant dans toutes ces cérémonies.
43:15Et puis, ça rappelle à toutes les familles qui ont vécu différemment ce massacre, cette tuerie terroriste.
43:24Ça montre qu'on ne les oublie pas.
43:27Il faut quand même avoir en tête, et c'est un peu ce que disait tout à l'heure l'ancien médecin-chef du RAID,
43:32c'est que pour les familles, il y a eu, certes, la période des attentats qui était épouvantable.
43:37Il y a eu, pour ceux qui pouvaient, la reconstruction.
43:39Et puis ensuite, il y a eu le procès.
43:40Et le procès, ça a été une épreuve épouvantable pour beaucoup de familles.
43:45Certains voulaient oublier, voulaient passer à autre chose.
43:48Ils ont été contraints de se replonger dans un dossier d'instruction,
43:51avec des personnages, avec des détails, parfois des reconstitutions.
43:55Et ça a été extrêmement douloureux.
43:57D'autres, pour qui ça a été salvateur.
43:59Et donc, chacun a vécu à son rythme le temps des réparations, du deuil.
44:04Certains ne feront peut-être jamais leur deuil.
44:07Bref, chacun est à son rythme.
44:08Et c'est vrai que la difficulté dans ces cérémonies, c'est de réussir à essayer de parler à tous.
44:14En ne blessant personne.
44:17Et sachant que chacun avance à sa vitesse.
44:19On entend la guitare, Eric.
44:21D'ailleurs, Strait.
44:22C'est d'ailleurs, Strait, évidemment.
44:24Merci, Laetitia.
44:26Pour votre culture musicale, c'était un moment de musique, évidemment.
44:29Je crois que...
44:29Même si c'était de la musique de rock au Bataclan,
44:32les Girls of Death Metal.
44:33Mais c'est réussi parce que ça nous replonge dans l'atmosphère
44:36de ce soir-là et du lendemain.
44:37Il y a des images qui reviennent de cette atmosphère.
44:40Il y avait en Paris un silence de mort
44:42au sens littéral de la chose.
44:43Et là, on replonge dans cette ambiance.
44:45C'est humain, le temps a passé, on n'y pense pas quand même tous les jours.
44:48Et là, ça nous revient comme si c'était
44:50un événement d'actualité
44:51et pas un événement historique.
44:53De ce point de vue-là, c'est très réussi.
44:55Michel Auboin.
44:56En écoutant cette litanie des morts,
44:59j'ai un souvenir qui me revient parce qu'on a tous
45:01autour de nous des jeunes
45:04qui avaient cet âge, qui auraient pu être au Bataclan,
45:06qu'on a appelés
45:07et qui on connaissait
45:09directement, indirectement,
45:11au bout du compte, derrière, parce que c'était
45:13beaucoup une population jeune
45:15qui était ce soir-là au spectacle.
45:18Et autour d'eux, en fait, c'est des milliers
45:19des milliers, enfin des milliers en tout cas
45:21de jeunes parisiens, parce que c'était beaucoup des franciliens
45:23et des parisiens, qui en fait ont été
45:25touchés eux-mêmes indirectement
45:27et qui, ce soir, doivent ressentir
45:30cette émotion particulière
45:32qu'on avait ressentie aussi.
45:33Et je le dis pour nos auditeurs,
45:35les projecteurs qui surplombaient la cérémonie
45:37se sont tous dressés vers le ciel
45:38et ça donne comme des étoiles.
45:41Ma chère Catherine Ney, qui représente évidemment
45:43tous ceux qui sont morts ce soir-là,
45:45qui sont inscrits dans le ciel.
45:48Oui, non mais c'est une cérémonie
45:50très poignante qui vous prend au trip
45:51et c'est très beau, c'est très beau.
45:55Laetitia Guinan, c'est un hommage vraiment spécial.
45:59C'est un hommage parce qu'effectivement, là,
46:01le terrorisme atteint toujours,
46:03nous terrorise évidemment,
46:04mais atteint à tous nos sacrés,
46:06enfin, brise nos tabous, là,
46:08c'est en l'occurrence la jeunesse, la liberté,
46:10nos libertés, une certaine façon de vivre aussi
46:13et d'insouciance, l'art aussi.
46:17Et donc, effectivement, il faut,
46:18à d'autres moments, ça a pu être la presse ou l'humour.
46:21C'est en fait, tout ce qu'on adore,
46:25il déteste, en gros.
46:27Et donc, effectivement, il y a un moment,
46:30évidemment, pour commémorer,
46:31pour respecter les victimes,
46:33pour montrer ce que sont nos valeurs aussi.
46:36Il y a un autre moment qui est celui
46:37de l'analyse de la situation et de la sécurité.
46:39Mais maintenant, on est dans le moment,
46:41effectivement, du respect à ses morts
46:43et du respect à ce qui nous compose aussi.
46:46Il y a une certaine élévation,
46:48une certaine liberté,
46:50un certain sens de l'art,
46:52de la culture, de la légèreté
46:54et surtout de la liberté, je dirais.
46:57Catherine Né ?
46:58Non, mais en ce moment,
47:00on vit la nation un peu
47:02un moment de cafard politique,
47:04où chaque jour, on se désole,
47:07on a quelquefois honte,
47:08on est malheureux.
47:10Et là, on est malheureux autrement,
47:11mais c'est un malheur qui vous élève,
47:15qui vous amène à quelque chose,
47:17qui vous soulève l'âme
47:19et qui est, de ce point de vue-là,
47:22réconfortant.
47:23Vous voyez ?
47:24Vous avez raison.
47:24Et parce qu'il y a la beauté aussi,
47:27il y a le souvenir de...
47:29Voilà.
47:29Et on va écouter Arthur Desnouveaux
47:31de l'association Life for Paris.
47:33Madame la maire de Paris,
47:35chers tous,
47:36chers amis réunis,
47:38ici ce soir,
47:40je crois qu'une seule chose
47:42réunit toutes les victimes de terrorisme,
47:44quelles que soient leurs origines,
47:46leurs croyances,
47:48leurs religions,
47:49leurs cultures,
47:51la volonté que cela n'arrive
47:52jamais à d'autres.
47:56Voilà pourquoi ce soir,
47:58ce n'est pas tant à vous,
47:59que j'ai envie de m'adresser
48:01qu'à la jeunesse.
48:03Une jeunesse qui ne sait pas exactement,
48:06voire peut-être pas du tout,
48:09ce que nous commémorons
48:11le 13 novembre.
48:15En quelques mots,
48:16ce sont les pires attentats
48:17sur le sol français
48:18depuis des décennies.
48:20Une tuerie perpétrée
48:22par des djihadistes
48:23dont beaucoup sont nés,
48:27comme nous,
48:28en France et en Europe.
48:29132 morts,
48:31des centaines de blessés,
48:34des milliers de traumatisés
48:35qui se sont rendus compte
48:37il y a aujourd'hui dix ans
48:39que leur vie ne pourrait
48:41jamais plus être comme avant.
48:43Nous n'avions aucun chemin
48:47tracé devant nous,
48:48alors nous avons fait
48:49ce qui nous semblait
48:50le plus humain.
48:52Au-delà du malheur,
48:54ce qui compte,
48:55c'est ce que l'on en fait.
48:57Nous avons commencé
48:59par nous rassembler,
49:02d'abord dans des cérémonies
49:03qui ressemblaient un peu
49:03à celles d'aujourd'hui.
49:05Je nous revois tous
49:07le 27 novembre 2015
49:09dans la Cour des Invalides,
49:11nous regardant
49:12sans nous connaître,
49:14essayant de jauger
49:14nos malheurs respectifs.
49:17Puis vint le temps
49:18du rassemblement,
49:20celui des associations,
49:22des combats
49:23et des commémorations.
49:25Nous avons fait
49:26fraternité.
49:27Ensuite,
49:30nous avons accepté
49:31de nous confier
49:32à des institutions,
49:33médecine,
49:35fonds de garantie
49:35et surtout justice.
49:38Nous avons témoigné
49:39partout
49:40de notre malheur,
49:42de notre douleur
49:43et de notre difficulté
49:45à discerner
49:46un avenir heureux.
49:48À la barre
49:49de notre grand procès,
49:50nous avons étalé
49:51nos douleurs,
49:52mais aussi et surtout
49:53rappelé devant nos bourreaux
49:55que nous ne céderions
49:57jamais.
49:59Et ils nous ont écoutés
50:00et ils nous ont répondus.
50:03Nous leur avons montré
50:04qu'en France,
50:06devant la loi,
50:07il y a la force
50:08de l'égalité.
50:11Reste aujourd'hui
50:13pour nous tous,
50:14dix ans après,
50:15la question de pouvoir
50:16se détacher du drame.
50:18Le peut-on ?
50:19Le peut-on,
50:20quand on est endeuillé ?
50:22Le doit-on ?
50:24Chacun y trouvera
50:25la réponse
50:26qu'il veut
50:27ou qu'il peut,
50:29mais nous sommes liés
50:29par ce drame.
50:30Nous ne pouvons que
50:31constater une chose.
50:33Heureux,
50:34ceux qui ont
50:35toute leur liberté.
50:38J'aurais aimé
50:39vous dire
50:40que l'espérance
50:41nous avait portés,
50:41mais c'est faux.
50:42Elle ne trace
50:43aucun chemin.
50:45Les Grecs
50:45nous l'avaient d'ailleurs
50:46bien dit.
50:47Elle faisait partie
50:48des mots
50:48de la boîte de Pandore.
50:50Au fond,
50:52nous,
50:53victimes,
50:53nous n'avons rien
50:54d'autre
50:54à vous proposer
50:55qu'une exigence,
50:57celle de vivre
50:58en société
50:59selon les valeurs
51:01et les lois
51:02qui ont fait
51:02de la France
51:03et de sa démocratie
51:04un modèle.
51:07Nous n'avons pas
51:08de remède
51:08contre la claustrophobie
51:10de ce présent
51:11que le passé
51:11n'éclaire plus
51:12et dont le futur
51:13semble insaisissable.
51:14Mais nous avons
51:15appris une chose.
51:18On ne défend bien
51:19que ce qu'on aime.
51:21Défendre la vie
51:22dans ce qu'elle a
51:22de plus beau,
51:23c'est refuser
51:24de céder à la peur,
51:26refuser de croire
51:26que l'on peut aller
51:27plus loin seul
51:28qu'ensemble
51:28et refuser de croire
51:30que l'on peut
51:31s'abstenir
51:31de réfléchir.
51:34Mais c'est aussi
51:35et surtout
51:36beaucoup plus
51:36que refuser,
51:39c'est aimer.
51:40Aimer l'humour,
51:41aimer la transmission,
51:43aimer autrui,
51:44aimer enfin
51:45ceux qui se plient
51:46aux lois,
51:47les autres,
51:48il faut les combattre
51:49sans pitié.
51:52Je crois
51:52qu'il ne faut pas
51:53souhaiter laisser
51:54un monde meilleur
51:54à nos enfants,
51:55il faut se battre
51:56tous les jours
51:56pour habiter
51:58un monde meilleur
51:58avec eux.
52:00Maintenant
52:01et sans répit,
52:02ne rien céder,
52:03ne rien relativiser.
52:06Les 132 noms
52:07derrière moi
52:08vous le disent
52:09avec beaucoup plus
52:09de force,
52:11la vie est si fragile,
52:13il faut l'aimer.
52:14Aimons-nous
52:15et merci
52:17à tous ceux
52:17qui nous aiment
52:18depuis 10 ans.
52:21Voilà pour les mots
52:22très forts d'Arthur
52:23Dénouveau,
52:24le président
52:24de Life for Paris.
52:26Ne rien céder,
52:26ne rien relativiser,
52:28il s'adresse
52:29à la jeunesse,
52:30il rappelle
52:30que la tuerie
52:31a été perpétrée
52:31par des djihadistes
52:32nés en France,
52:34Eric Nolo,
52:35et que voilà,
52:35c'est des enfants
52:37de France
52:37qui ont commis
52:37en partie,
52:38pas tous,
52:39ces massacres.
52:40Non mais c'était
52:40remarquable
52:41comme discours
52:42parce qu'il a réussi
52:42à tenir
52:43un discours
52:44un peu offensif
52:45quand même,
52:45pas lénifiant
52:46parce que c'est
52:46la tentation
52:47dans ces moments-là
52:48et puis de rendre hommage,
52:49de parler d'amour
52:50mais aussi de nécessiter
52:51de la lutte
52:52et de rappeler
52:52en effet
52:52le mot djihadiste
52:54qui est quand même
52:54le mot-clé
52:55de cette tragédie.
52:57Ce sont des djihadistes
52:57et en effet
52:58des djihadistes
52:59qui pour la plupart
53:01étaient nés en Europe
53:01et certains en France.
53:02des jeunes,
53:03des jeunes tués par des jeunes.
53:04Laetitia,
53:05il s'adresse aussi
53:06parce qu'effectivement
53:07c'est dans la jeunesse
53:08que se trouvent
53:08malheureusement
53:09peut-être
53:09les nouveaux
53:10futurs terroristes.
53:12Il y a aussi
53:13évidemment ces phrases
53:15et il faut rappeler
53:16devant nos bourreaux,
53:17Michel Auboy,
53:18que nous ne céderons
53:19jamais.
53:21Oui,
53:21évidemment que c'est
53:22très important de le dire.
53:23Oui,
53:24c'est très important
53:24de dire que nous
53:25ne céderons jamais
53:25et de dire que tout ça
53:27se fait au nom
53:28de la démocratie
53:28et de la liberté
53:29comme ça a été dit
53:29tout à l'heure.
53:30On ne doit pas se céder
53:32à la peur
53:33mais moi j'appartiens
53:35au ministère de l'Intérieur
53:36avec mes amis de la police,
53:37la gendarmerie
53:38et les sapeurs-pompiers
53:39mais nous,
53:40notre travail
53:41c'est quand même
53:41d'identifier la menace.
53:43Clairement.
53:44Donc on ne céde pas
53:44à la peur
53:45mais en même temps
53:46on n'est pas naïf.
53:47La menace existe.
53:49Il faut l'identifier.
53:50Moi,
53:50ce n'est pas mon travail
53:52le plus direct.
53:52Ils le font pour nous
53:54mais en tout cas
53:56donner un nom
53:58à cette menace
54:00identifier les auteurs
54:01savoir comment
54:02les choses naissent
54:03devant cette pensée
54:06presque impossible
54:07qui est
54:07comment est-ce qu'on
54:09donne la mort
54:10pour son Dieu
54:11nous qui appartenons
54:14à une autre église
54:15d'une certaine façon
54:16pour laquelle
54:17on acceptait de mourir
54:19pour son Dieu
54:20on n'aura jamais accepté
54:21de donner la mort
54:22à d'autres
54:22pour son Dieu
54:23et ça c'est
54:24dans nos sociétés
54:25qui sont devenues
54:26très éloignées
54:28du fait religieux
54:29c'est un élément
54:29qui est quand même
54:30très complexe
54:33Catherine Ney
54:33c'était un très beau discours
54:34d'Arthur Desnouveaux
54:35qui dit
54:36heureux ceux qui ont
54:37toute leur liberté
54:38nous victimes
54:39nous n'avons qu'une exigence
54:41qu'il faut vivre en société
54:42selon nos valeurs
54:43les valeurs de la République
54:44évidemment
54:44oui oui oui
54:45le discours est d'autant plus fort
54:47qu'il est bref
54:48parce qu'il a le temps
54:49de vous entrer
54:50dans la tête
54:52de le retenir
54:53alors que
54:54trop long
54:55on se perd un peu
54:57dans le raisonnement
54:58et on est déçus
55:00tandis que là
55:01c'était une force
55:03d'abord parce que
55:04je crois que c'est un homme
55:05qui a fait un travail formidable
55:08avec son association
55:09qu'il a décidé
55:10de dissoudre aujourd'hui
55:11qu'il a décidé
55:12de dissoudre aujourd'hui
55:13pour ne pas rester enfermé
55:14à vie
55:15enfermé dans son statut
55:16de victime
55:16voilà
55:17et qu'il dit
55:18que le message
55:19c'est d'aimer
55:20c'est d'aimer la vie
55:21parce que dit-il
55:22elle est fragile
55:23voilà
55:23de défendre nos libertés
55:25effectivement
55:26on peut défendre
55:28on peut justement
55:29acter qu'il ait besoin
55:30d'une sécurité
55:32qui est une sécurité
55:33qui va nous permettre aussi
55:34de défendre nos valeurs
55:35nos valeurs de liberté
55:36de fraternité
55:37et d'égalité
55:38et cette articulation
55:40entre les deux
55:40elle est très importante
55:41c'est-à-dire qu'on n'est pas
55:42dans un monde
55:42où effectivement
55:43on est simplement
55:45dans une naïveté
55:45qui peut nous conduire
55:46à la catastrophe
55:47non
55:47on articule les deux
55:48ça ne veut pas dire
55:49céder à la terreur
55:50ça veut dire simplement
55:51préserver nos libertés
55:53avec la force
55:55s'il le faut
55:55c'est-à-dire que l'amour
55:56sans la sécurité
55:57ça ne suffira pas
55:58ça ne suffira pas
55:59absolument
55:59Louis Dragnet
56:00alors je suis assez d'accord
56:02avec ce que disait Catherine
56:02alors sur l'amour
56:03et aussi sur la puissance
56:05de ce qu'il a dit
56:07et ça m'a
56:08je me suis souvenu
56:09du moment où
56:11donc trois ans après
56:12Jean-Yves Le Drian
56:14en 2016
56:14qui était le ministre
56:15de la défense
56:16de François Hollande
56:17publie un livre
56:18qui s'appelle
56:19Qui est l'ennemi
56:20un an après donc
56:21pardon
56:21un an après
56:23excusez-moi
56:23et à ce moment-là
56:25je me souviens
56:26que ça a fait polémique
56:27parce que
56:28alors certes
56:29il venait de la gauche
56:30à la limite
56:31c'est pas ça le sujet
56:31mais au sein
56:32de la société française
56:33il y avait encore
56:34cette fragmentation
56:35et je pense que ça n'a pas
56:36totalement disparu
56:37c'est-à-dire qu'on a
56:38encore aujourd'hui
56:39énormément de mal
56:41à désigner le mal
56:42parce que
56:43on a une société
56:45on a un modèle
56:46de société
56:46qui n'est pas très clair
56:47parce qu'il y a
56:48le relativisme
56:49qui est passé par là
56:49parce qu'il n'y a pas
56:51on ne nous donne pas
56:52l'amour de notre pays
56:53alors c'est quelque chose
56:54qui revient un tout petit peu
56:55avec quelques balbutiements
56:57depuis quelques années
56:58mais on voit bien
56:59à quel point
57:00ces sujets
57:01font encore débat
57:02il n'y a pas un consensus
57:02absolu
57:03autour de ces questions
57:04et c'est pour ça
57:05que je trouve que
57:06ce discours-là
57:07était extrêmement limpide
57:08et clair
57:08voilà il trace quelque chose
57:10mon discours
57:11ne s'adresse pas à vous
57:12mesdames messieurs
57:13les élus
57:13monsieur le président
57:13de la République
57:14mais à la jeunesse
57:15discours court
57:16ce qui compte
57:17dans la souffrance
57:19c'est ce qu'on en fait
57:20moi je retiendrai
57:20cette phrase-là
57:21ne rien céder
57:22ne rien relativiser aussi
57:23Michel Aubouin
57:24Arthur Desnouveaux
57:25ne rien céder
57:26ne rien relativiser
57:28tout à fait
57:28ne pas dire
57:29il ne s'est rien passé
57:30non on ne peut pas dire
57:31qu'il ne s'est rien passé
57:32il faut ajouter quelque chose
57:33c'est que
57:34pour rebondir
57:35sur ce que disait
57:36le docteur tout à l'heure
57:37c'est que
57:38on est souvent
57:39malheureusement
57:40confronté à des catastrophes
57:41etc
57:41mais là un attentat
57:42ce n'est pas du tout
57:43la même chose
57:43les blessés sont les mêmes
57:45sauf que là
57:46ils sont blessés
57:47par la haine
57:47d'un ennemi
57:48et quand l'ennemi
57:49est insaisissable
57:50parce que quand l'ennemi
57:51est en situation de guerre
57:52il est connu
57:53quand il est insaisissable
57:54le traumatisme collectif
57:56individuel évidemment
57:57mais collectif aussi
57:58il est beaucoup plus important
57:58et quand il a de nos propres reins
58:00d'ailleurs ce n'est pas une catastrophe
58:01moi je vais parler
58:02rapidement Louis
58:03au choix des mots
58:04je trouve que c'est extrêmement important
58:05c'est un attentat
58:06c'est quelque chose
58:07pour lequel on ne peut pas
58:09faire un attentat de terrorisme
58:10c'est pas un tsunami
58:10c'est un attentat de terrorisme
58:12c'est un massacre
58:13c'est une tuerie de masse
58:14commise au nom d'une religion
58:16et ça on peut le dire
58:17qui a peut-être en deux
58:20qui a toute ici
58:22va aller leheit
58:22pour moi
58:22pour moi
58:23et qu'
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