Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 mois
Dix ans après les attentats du 13-Novembre 2015, revendiqués par Daesh, la menace terroriste plane toujours en France. Si l’État islamique a perdu de sa puissance, l’organisation n’est pas totalement éteinte et la menace djihadiste n’est pas la seule qui inquiète les autorités.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Il y avait plein de cadavres par terre, plein de cadavres.
00:03Beaucoup de gens par terre et des terroristes qui tiraient dans les gens au sol.
00:07Ce sont tout simplement les attentats les plus meurtriers de l'histoire du terrorisme en France.
00:12Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015, revendiqués par Daesh,
00:16la menace terroriste plane toujours en France.
00:18On est au niveau urgence-attentat qui est le niveau maximal de notre système d'alerte.
00:23Si l'État islamique a perdu en puissance, l'organisation n'est pas totalement éteinte.
00:27Mais surtout, nous allons le voir, la menace djihadiste n'est pas la seule qui inquiète les autorisés.
00:33Il y a dix ans, les attentats de Paris et de Saint-Denis plongeaient la France dans l'effroi,
00:37marquant les attaques les plus meurtrières de son histoire.
00:40Si la menace terroriste est moins élevée qu'en 2015, comme nous allons le voir plus tard dans la vidéo,
00:45la France est une nouvelle fois au niveau urgence-attentat depuis le 22 mars 2024.
00:49La situation en réalité est assez différente.
00:51En 2015, on avait un sanctuaire d'une organisation terroriste, en l'occurrence l'État islamique,
00:55en zone siro-irakienne, et ce sanctuaire avait attiré des milliers d'Européens sur zone,
01:02dont 1 500 Français environ.
01:04Et sur ce sanctuaire, l'organisation terroriste État islamique formait une partie des combattants
01:09pour les renvoyer en zone européenne pour commettre des attentats.
01:13Aujourd'hui, la situation est quand même différente, parce qu'on a des attentats,
01:16mais qu'ils n'ont pas du tout la même ampleur.
01:18En réalité, il n'y a plus aujourd'hui de sanctuaire où une organisation terroriste serait en mesure de former des combattants,
01:24puis de les renvoyer, comme ça avait été le cas en novembre 2015.
01:29La menace reste quand même élevée.
01:30En 2024, il y a eu 9 attentats déjoués sur le territoire national, dont certains à l'occasion des Jeux Olympiques.
01:38Et puis, on a aussi eu des attentats « réussis ».
01:41Et si on prend la chronologie relativement récente, depuis juillet 2024,
01:48eh bien on en est quand même à 5 attentats qui ont réussi.
01:50La situation a donc évolué en 10 ans, notamment à la suite de cet événement,
01:54la défaite du califat en Syrie.
01:57Sur ces images, nous sommes en mars 2019.
02:00Après 3 ans d'intervention en Irak et en Syrie,
02:02la coalition internationale et les forces démocratiques syriennes
02:06reprennent le contrôle du dernier bastion de l'État islamique, Bagouz.
02:09L'organisation terroriste perd ainsi son territoire principal,
02:13mais cela ne signe pas pour autant sa disparition.
02:15Aujourd'hui, elle se concentre sur plusieurs territoires,
02:17notamment ici, en Asie centrale, où on y trouve une branche de Daesh,
02:21l'État islamique au Khorasan.
02:22Daesh-Khorasan a particulièrement fait parler au premier trimestre 2024,
02:27avec deux attentats à l'extérieur de l'Afghanistan.
02:31L'un qui a touché l'Iran, le pozole de Qassem Soleimani,
02:35et puis un deuxième qui était à Moscou, dans la banlieue de Moscou.
02:39Une salle de concert a été visée par une attaque,
02:41qui a fait près de 150 morts et 300 blessés.
02:43Cet attentat revendiqué par Daesh a fait écho au Bataclan,
02:46et c'est à la suite de cela que la France est repassée au niveau urgence attentat.
02:51Mais la mouvance djihadiste ne se résume pas à Daesh,
02:54et il est aujourd'hui essentiel de comprendre où les principales menaces sont situées.
02:57Il y a d'une part des fiafliers à Al-Qaïda, dans la zone sahélo-saharienne,
03:01là où la France a été présente avec l'opération Barkhane jusqu'en 2022.
03:05Mais aussi deux régions qui sont particulièrement surveillées,
03:08la Corne de l'Afrique, où opèrent les shébabs somaliens, liés à Al-Qaïda,
03:12et le lac Tchad, menacé par les djihadistes de Boko Haram.
03:16Si elle semble éloignée, cette mouvance djihadiste persiste par son pouvoir d'influence.
03:20Désormais, la menace se concentre moins sur le terrorisme exporté,
03:23c'est-à-dire des sanctuaires où des combattants sont formés par une organisation terroriste,
03:27avant d'être envoyés sur les lieux d'une attaque,
03:29comme ça avait été le cas en novembre 2015.
03:31Mais davantage sur le terrorisme d'inspiration.
03:34Plus fréquent, ils s'appuient notamment sur le numérique.
03:37Avant Daesh, c'était aussi le cas pour Al-Qaïda.
03:39Ces organisations ont beaucoup investi dans Internet,
03:42notamment les réseaux sociaux,
03:43pour diffuser leur propagande et diffuser aussi des tutos.
03:47Des tutos pour passer à l'acte.
03:48Leur objectif, c'était de susciter des vocations
03:52et d'inspirer des individus.
03:55D'où le terme terrorisme d'inspiration.
03:57Vous aviez des articles expliquant, par exemple,
04:00comment customiser un véhicule pour faire le maximum de morts
04:03quand un terroriste fonce sur la foule.
04:06Comment fabriquer des explosifs.
04:07La logique, c'était vraiment de décentraliser au maximum cette mouvance djihadiste
04:11pour que n'importe qui, potentiellement, puisse lire ce type de littérature
04:18et décider de passer à l'acte.
04:21Cette propagande en ligne révèle aussi l'évolution des profils
04:23des personnes arrêtées pour des faits de terrorisme.
04:25Le fait est qu'il y a davantage de cas isolés qui décident de passer à l'action,
04:29davantage de femmes et surtout de jeunes.
04:31Un point très frappant, c'est le rajeunissement, effectivement,
04:34des personnes qui ont été arrêtées avec des mineurs
04:39et parfois des mineurs très jeunes.
04:41On parle parfois de gamification, par exemple, de la radicalisation,
04:45avec des exemples très tangibles qui existent.
04:47À la fois des forums de jeux vidéo qui ont pu être utilisés comme support d'échange,
04:51mais aussi certains groupes liés à Daesh
04:53qui ont développé des modes de communication qui se rapprochent
04:56des modes de communication de jeux vidéo.
04:58Tout ça est fait pour attirer un public jeune
05:00et, dans une certaine mesure, ça fonctionne.
05:03Une autre tendance à noter,
05:05pas forcément dans les derniers attentats qu'on a pu avoir,
05:08mais c'est une féminisation de la mouvance,
05:12et notamment en prison.
05:14Ça s'explique de manière très simple.
05:16C'est que la France a pris une décision depuis trois ans à peu près
05:21de rapatrier des femmes qui étaient dans les campours djihadistes
05:25dans le nord-est syrien, tenues par les Kurdes.
05:28Et ce rapatriement, qui a concerné plusieurs dizaines de femmes,
05:33a mécaniquement fait augmenter la proportion de femmes
05:36parmi les détenus terroristes.
05:39Face à ce terrorisme d'inspiration,
05:41comment les forces de sécurité luttent-elles
05:43pour déjouer les projets d'attentat ?
05:45Bruno Rotaillot, alors ministre de l'Intérieur,
05:48déclarait au sujet du terrorisme islamiste en janvier dernier
05:51« La menace n'a jamais été aussi présente ».
05:54Arrêtons-nous sur les chiffres.
05:55Depuis 2012, année des attentats perpétrés par Mohamed Merah,
05:58les attaques terroristes ont causé la mort de 274 personnes
06:01et ont fait plus de 800 blessés en France.
06:03Parallèlement, 86 projets d'attentats islamistes
06:06ont été déjoués depuis 2012, dont 5 en 2025.
06:10Le terme « déjouer » a toute son importance.
06:11En effet, la lutte contre le terrorisme s'est renforcée dans le pays
06:14et le dispositif consiste à anticiper le plus possible
06:17les attaques terroristes avant le passage à l'acte.
06:2013-15 novembre, les attentats,
06:21le président de la République décrète l'état d'urgence.
06:23Dans l'état d'urgence, qui est une loi de 1955,
06:26on a déjà un certain nombre de mesures.
06:28Par exemple, c'est restreindre les déplacements,
06:30interdire le séjour dans certaines parties du territoire,
06:33les assignations à résidence.
06:35Cet état d'urgence va être prolongé par une loi.
06:38À partir de mars 2016, c'est pour prévenir les actes terroristes.
06:42Et donc, ça va être, par exemple, pour les agents de la RATP et de la SNCF,
06:46la possibilité de procéder à des palpations, des fouilles de bagages.
06:49On va avoir, à partir de juin 2016, la possibilité,
06:52en matière de terrorisme, de perquisition de nuit, par exemple.
06:54Et puis, un certain nombre de dispositifs technologiques.
06:57Par exemple, la consultation du fichier des passagers de transport aérien.
07:00Il y a des moyens techniques qui permettent des écoutes,
07:03des conversations, etc.
07:04Donc, on le voit à chaque fois, on renforce l'arsenal législatif.
07:08Ça démontre bien qu'il y a eu une accélération des mesures,
07:12en tout cas qui vise à prévenir le terrorisme, à partir de 2015.
07:15On a eu une montée en puissance très forte de l'antiterrorisme en France sur 10 ans.
07:20Ce qu'il faut voir aussi, c'est que la France avait un grand événement mondial
07:24qui s'annonçait et qui concentrait beaucoup de menaces,
07:28qui étaient les Jeux Olympiques.
07:29Et donc, effectivement, à l'été 2024,
07:31il y avait encore des moyens considérables sur la lutte contre le terrorisme.
07:35Ces moyens, ils n'ont pas encore énormément décliné.
07:39Comme expliqué, la menace djihadiste persiste en France,
07:42mais ce n'est pas la seule.
07:44Un projet d'attentat visant un opposant russe,
07:46un attentat masculiniste déjoué,
07:48un attentat raciste,
07:50terrorisme d'extrême droite.
07:52Ces affaires, qui font partie des attentats déjoués en France cette année,
07:55montrent que la menace terroriste ne se réduit pas au djihadisme.
07:58Ce qui est très clair, c'est qu'aujourd'hui,
08:01la menace djihadiste est toujours considérée
08:04comme la menace la plus importante, la plus prégnante.
08:08On le constate par à la fois le volume de menaces exprimées,
08:12mais aussi par les velléités de passage à l'acte,
08:14donc les arrestations,
08:15et donc le fait d'empêcher des attentats,
08:17de déjouer des attentats.
08:19Mais on le voit aussi dans la proportion d'attentats, entre guillemets, réussis.
08:22Mais il y a d'autres mouvances qui sont présentes.
08:24La deuxième mouvance en termes d'importance,
08:26c'est la mouvance ultra-droite.
08:28On en parle beaucoup aujourd'hui,
08:29mais ce n'est pas forcément récent.
08:31On a vu plusieurs groupuscules d'ultra-droite
08:34passer devant les juges ces derniers mois,
08:38et pour certains, être condamnés à des peines relativement importantes.
08:43Dans d'autres cas, on est sur des peines beaucoup plus faibles,
08:46parce que les projets étaient en fait assez peu avancés.
08:49Ensuite, il y a d'autres mouvances qui ont pu être évoquées
08:52au cours des dix dernières années.
08:54Il y a eu un procès lié à l'ultra-gauche en matière de terrorisme.
08:58Et puis plus récemment, alors pas encore de procès,
09:00mais des arrestations, cas de Incel,
09:03donc c'est des mouvances masculinistes
09:06qui veulent s'attaquer à des femmes.
09:08Et en l'occurrence, ça a été considéré comme suffisamment sérieux
09:11pour que ce soit qualifié de terrorisme.
09:15Il pourrait y avoir d'autres mouvances.
09:17Il faut simplement rappeler que le terrorisme n'est pas en tant que tel
09:21lié à une idéologie.
09:23Et n'importe quelle idéologie qui se radicalise
09:26peut conduire certains individus à basculer
09:29dans un passage à l'acte violent de nature terroriste.
09:33Presque dix ans après les attentats islamistes
09:35les plus meurtriers perpétrés sur notre sol,
09:37le spectre du terrorisme islamiste plane toujours en France.
09:40En 2024, les procédures djihadistes
09:42représentaient 87% des procédures ouvertes
09:45par le parquet national antiterroriste.
Commentaires

Recommandations