00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec autour de la table deux confrères, Louis aux altères du Figaro.
00:08Bonsoir.
00:08Bonsoir Pierre.
00:08Adrien Matou de Marianne.
00:10Bonsoir à tous.
00:10Bonsoir Adrien.
00:11Nous sommes en ligne avec l'ancien ministre auprès du ministre de l'Intérieur
00:14qui demain sera à nouveau sénateur.
00:17Bonsoir François-Noël Buffet.
00:19Bonsoir.
00:19Et merci d'être en duplex avec nous sur Europe 1.
00:22Je le disais, beaucoup de zones d'ombre encore dans cet acte terrible sur l'île d'Oléron.
00:27Le parquet national antiterroriste n'est pour l'instant pas saisi.
00:30On sait que l'individu a crié lié à la Ouagbar au moment de son interpellation.
00:35Mais tout de même, malgré cela, malgré le fait qu'on a du mal à mettre ça, entre guillemets,
00:41dans une case de savoir comment qualifier cet acte.
00:46Qu'est-ce que vous dites vous François-Noël Buffet ?
00:48C'est qu'on est malheureusement en France, pas armé contre ces actes terribles.
00:54Je dis d'abord qu'on a évidemment, sur cet acte dramatique, une pensée pour les victimes.
01:01C'est bien normal et c'est bien la première pensée qu'on doit avoir.
01:04La deuxième chose, c'est saluer les forces de l'ordre qui, de façon extrêmement efficace,
01:09ont réussi à neutraliser cet individu, lequel, il faut le rappeler, ne s'est pas laissé faire.
01:15Il ne s'est pas rendu à la police.
01:16Il a tenté de mettre le feu à son véhicule.
01:18Il a organisé, donc, des actes de résistance.
01:22Il a été maîtrisé.
01:23Sur la nature des faits eux-mêmes et leur qualification,
01:27telle qu'elle pourrait être rendue par les magistrats,
01:30est-ce un événement de nature terroriste ou pas ?
01:33Il n'y a que l'enquête qui va permettre de le révéler.
01:36Alors, la question que j'ai entendue au cours de l'après-midi
01:39était de savoir s'il fallait redéfinir les conditions d'un acte terroriste,
01:43rentrer dans le détail d'une certaine forme de critères.
01:45Moi, je pense, mais spontanément, à une réflexion de prudence,
01:51de manière à laisser à l'enquête et aux enquêteurs et aux magistrats,
01:55et singulièrement les procureurs de la République,
01:57le soin de pouvoir qualifier en fonction des éléments qui sont établis, bien évidemment,
02:01et qui sont clairement établis.
02:03C'est la raison pour laquelle il ne faut pas faire de déclarations péremptoires dès ce soir.
02:08Attendons les éléments de l'enquête.
02:09Et j'imagine bien que le procureur de la République,
02:11si jamais il s'est avéré que cet acte est un acte, certes individuel,
02:16mais de caractère terroriste, à ce moment-là, évidemment,
02:18le Parti national sera saisi.
02:21Mais soyons prudents...
02:22Je remarque que vous ne répondez pas à ma question, François-Noël Buffet.
02:25Est-ce qu'on est armé contre ce genre d'actes aujourd'hui ?
02:28Encore une fois, difficilement qualifiable.
02:30Non, mais on est armé sur le plan pénal pour les poursuites,
02:34mais on est probablement en difficulté,
02:37mais ce serait pour n'importe quelle infraction,
02:39si quelqu'un demain se réveille et décide de tuer,
02:43évidemment que c'est très compliqué de pouvoir l'empêcher de le faire.
02:47Donc on est face à des comportements probablement individuels,
02:50je parle au conditionnel,
02:52où cette personne dont il reste à connaître les motivations
02:54a décidé de passer à l'acte.
02:56C'est très difficile pour les policiers, d'abord,
03:00de pouvoir anticiper des comportements individuels de cette nature.
03:03Louis Oselter du Figaro a une question pour vous, M. Buffet.
03:05François-Noël Buffet, l'individu mis en cause
03:08était inconnu des services de renseignement et des services antiterroristes.
03:11En revanche, il était connu des services de police et de justice.
03:15Il était connu pour plusieurs délits de droit commun.
03:19Donc on le connaissait, c'est-à-dire que les services l'avaient déjà vu passer.
03:23Est-ce que ça veut dire que la lutte contre la récidive, en France,
03:26elle est vouée à l'échec,
03:28que quand on a cartographié des individus tels que ce profil-là,
03:33qui peut devenir encore plus dangereux qu'avant,
03:35eh bien il n'y a aucun moyen de le mettre hors d'état de nuire,
03:37alors qu'il était déjà venu des services.
03:40Ça, c'est la bonne question.
03:42C'est la question fondamentale que l'on doit résoudre.
03:45À partir du moment, indépendamment des affaires de terrorisme,
03:48où nous avons connaissance d'état de récidive, de condamnation ancienne,
03:54de suivi qui ne sont peut-être pas suffisamment faits,
03:58ou en tous les cas qui mériteraient d'être renforcés,
04:01nous avons un devoir impérieux de réfléchir à la manière d'optimiser ces contrôles
04:05et de vérifier le comportement de ces personnes.
04:08Ça nécessite en conséquence quelle action,
04:10parce que pour être assez concret, il faut dire les choses,
04:12ça nécessite des moyens supplémentaires donnés aux services de police ou aux services de justice
04:17pour pouvoir s'assurer, et puis directement aux services de justice,
04:20pour pouvoir s'assurer que les condamnations qui ont été prononcées,
04:25l'exécution de la peine, soient parfaitement assurées, assumées, contrôlées.
04:31Donc on tombe sur le sujet principal qui nous importe,
04:35de mon point de vue d'une façon générale,
04:36c'est l'efficacité de la peine et son efficience.
04:39Ça nécessite donc une réorganisation interne, un renforcement interne de nos services
04:43pour pouvoir suivre des individus de cette nature-là.
04:46On ne pourra pas suivre...
04:46Pour dissuader, en fait, pour dissuader les individus.
04:49Adrien Matoua, une question pour vous.
04:51Non seulement les dissuader, je suis désolé, pas seulement les dissuader,
04:53mais contrôler leur comportement, savoir exactement ce qu'ils font,
04:56s'ils respectent la règle de justice,
04:58et évidemment en capacité de pouvoir prévenir éventuellement un nouveau passage à l'acte.
05:04Je crois qu'on vous dit la même chose, François-Noël Buffet, mais très bien.
05:06Adrien Matoua, bonsoir M. Buffet.
05:08L'autre élément qui est très choquant sur cette affaire, c'est sa localisation,
05:12puisque l'île de l'Eron, c'est quand même un endroit qui n'est pas du tout associé traditionnellement à ce genre de fait.
05:17Est-ce que, de votre expérience, vous diriez qu'aujourd'hui,
05:21il n'y a aucun endroit du territoire qui est épargné par de tels événements ?
05:26Malheureusement, nous avons pu constater,
05:30pendant qu'on était au ministère de l'Intérieur, d'autres l'ont fait le front de main,
05:35aucun territoire de la République n'est épargné aujourd'hui.
05:39Aucun territoire de la République n'est épargné aujourd'hui.
05:43Parfois, avec des natures de délinquance qui sont différentes, ça c'est possible, bien sûr,
05:49mais aucun territoire n'est épargné.
05:51Et la difficulté majeure que nous devons, le défi majeur qui doit être relevé,
05:57c'est notamment le défi de l'état psychologique d'un certain nombre de personnes
06:01qui, pour une raison ou pour une autre, du fait d'un réseau, du fait d'une influence X ou Y,
06:06sont en capacité de pouvoir passer à l'acte.
06:08Est-ce que ça veut dire que tous les citoyens doivent être attentifs,
06:13d'après les dépêches qu'on a ?
06:14Il y a, si je lis la dépêche AFP, d'après des échos officieux,
06:19il avait l'intention de passer à l'acte dès la journée d'hier,
06:21c'est son manque de courage qu'il a empêché de passer à l'acte, etc.
06:24disent certaines personnes sur l'île aujourd'hui.
06:27Ça veut dire que, sans fliquer les gens, sans rentrer dans une société de police politique,
06:33est-ce que ça veut dire quand même qu'il faut être vigilant ?
06:35Pas question de police politique, mais ce n'est pas le sujet.
06:38Mais il est question, effectivement, d'avoir de la prudence et de la vigilance, malheureusement.
06:44Il faut le remonter, malheureusement.
06:47Et on est bien obligé de tenir compte de cela.
06:50Mais les forces de police et les forces de sécurité sont attentives.
06:54Mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas mettre en place, avec la justice,
06:58des systèmes de renforcer, nos systèmes de contrôle et de suivi, notamment.
07:03Merci.
07:04Ça, ça me paraît essentiel.
07:05Merci.
07:06Merci.
07:07Merci.
07:08Merci.
07:09Merci.
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