- il y a 5 mois
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00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:03Avec les chroniqueurs de la première heure, bonsoir Antonin André,
00:06directeur en chef du service politique du journal du dimanche.
00:09Bonsoir Louis Ozelter, journaliste au service politique du Figaro.
00:12Bonsoir François-Noël Buffet.
00:13Merci d'être avec nous, vous êtes ministre auprès du ministre de l'Intérieur.
00:17On va parler bien sûr de Marseille avec ce courage, cette bravoure des policiers
00:20qui n'ont pas hésité à neutraliser cet homme qui menaçait les populations
00:25avec deux couteaux et une matraque.
00:28Qu'est-ce que vous leur dites aux policiers ce soir ?
00:30Il faut les féliciter et leur dire bravo.
00:33Ils ont fait preuve en quelques secondes.
00:36Il faut bien se rendre compte que c'est une situation où la réaction des policiers
00:39se fait en quelques secondes d'une parfaite maîtrise de la situation, de leurs armes.
00:46Et ils étaient bien sûr dans les conditions de victime défense, c'est assez clair.
00:49Donc ce sont des hommes extrêmement... qui ont été très professionnels
00:53et évidemment très efficaces.
00:54On n'ose pas imaginer un seul instant s'il n'avait pas été présent à ce moment-là hier.
01:02Car l'assaillant était armé, vous l'avez rappelé, de couteaux importants, d'une matraque
01:08et qu'il était déterminé à continuer son périple meurtrier.
01:14Et donc, vraiment, on a eu des policiers absolument remarquables
01:20et ils méritent largement leur décoration.
01:21Est-ce que parce qu'ils vont être décorés, on est sûr, François-Noël Buffet,
01:25vous venez le dire ce soir sur Europe 1, que ces policiers,
01:29malgré l'enquête de l'IGPN parce que c'est la procédure,
01:31ces policiers ne vont pas être inquiétés par la suite ?
01:34On a vu d'autres affaires où les policiers ont été inquiétés, condamnés par quoi ?
01:40L'IGPN est saisi, on ne peut pas... on n'est jamais sûr à 100%, bien évidemment.
01:46Enfin, les images que l'on voit, on voit bien que l'assaillant se projette vers eux,
01:52les armes au point, avec la volonté, évidemment, de tuer incontestablement.
01:58Le péril est bien éminent.
01:59Pour eux-mêmes ou pour d'autres, d'ailleurs.
02:01D'une manière générale, et ça rejoint la réforme que vous portez,
02:05alors c'est d'ailleurs assez, j'allais dire, optimiste de voir qu'il y a des réformes
02:09qui peuvent être faites dans le contexte actuel qui est assez chaotique.
02:14Le beau veau des polices municipales que vous portez, François-Noël Buffet,
02:18on dit toujours, on ne peut pas mettre un flic derrière chaque personne.
02:21Là, en l'occurrence, quand on voit les scènes qui se sont produites hier à Marseille,
02:24on aurait envie de mettre un policier derrière chaque personne.
02:28Ce qui est un peu sûr qu'on aura envie, on sait très bien tous, les uns les autres,
02:31que ce n'est pas possible.
02:32En revanche, ce qui est possible, c'est que les forces de sécurité intérieure,
02:35que sont la police nationale et la gendarmerie,
02:38peuvent travailler en complémentarité avec la police municipale,
02:42qui est la troisième force de sécurité intérieure en réalité.
02:45Il faut avoir en tête que c'est aujourd'hui 28 000 agents de police municipale
02:49qui sont sur l'ensemble du territoire et qui sont mobilisés tous les jours
02:54et qui ont un rôle fondamental dans la lutte contre la sécurité ou contre le crime.
02:59Je vous rappelle quand même qu'à Mulhouse, ce sont des policiers municipaux
03:02qui vont arrêter l'auteur du crime et qu'ils sont là au quotidien,
03:08ils sont en première ligne.
03:09Donc, ils font partie de ce que l'on appelle, peut-être un peu trop bombeusement,
03:13ce continuum de sécurité.
03:15Qui ont arrêté un homme qui, 14 fois, a été refusé par l'Algérie
03:19avec les reconduites à la frontière.
03:21Et les analyses, en tous les cas, les statistiques ou les prospectives
03:26que l'on peut faire aujourd'hui, c'est qu'à l'horizon 2030,
03:28on en prendra 10 000 de plus.
03:30Antoine André.
03:30Comment vous expliquez, M. le ministre,
03:32parce que j'ai lu attentivement les mesures qui sont prévues dans ce projet de loi,
03:35qu'on ait attendu autant de temps ?
03:37Parce que c'est quand même saisissant de voir qu'il y a aujourd'hui
03:39à peu près 30 000 policiers municipaux.
03:41Encore.
03:43C'est le but, en tout cas,
03:44qui sont en première ligne et qui, aujourd'hui,
03:46parfois sont obligés d'appeler la police
03:48pour venir constater des faits.
03:50Et voilà, brièvement, désormais,
03:52la police municipale pourra constater des délits,
03:55la vente à la sauvette, le vol inférieur à 300 euros,
03:57la conduite malgré une invalisation du permis,
03:59l'occupation illicite de hauts d'immeubles.
04:01C'est-à-dire que, jusqu'à présent,
04:02les policiers municipaux qui étaient confrontés à des gens
04:04qui occupaient un haute d'immeubles,
04:05ils essayaient de faire de la dissuasion du dialogue.
04:09Absolument.
04:09Et on a du mal à comprendre pourquoi ça a mis autant de temps.
04:14On a du mal à comprendre quel était le dogme, en fait,
04:16de ces policiers municipaux.
04:18En fait, il n'y avait pas de dogme, c'est un problème juridique.
04:20Les policiers municipaux ont la possibilité de relever des contraventions.
04:25Ils n'ont pas la possibilité de constater des délits.
04:29Puisque pour constater des délits,
04:31il faut être placé, en réalité, sous la responsabilité du procureur de la République.
04:35Or, je rappelle que les maires,
04:38qui sont les seuls patrons des polices municipales,
04:41ne veulent pas, et ils ont raison d'ailleurs,
04:44placer leur police municipale
04:46sous le contrôle des procureurs de la République.
04:49Pour quelles raisons ?
04:50Parce qu'il y avait une inquiétude des maires,
04:51qui n'est pas récente, qui est ancienne,
04:53que la police municipale soit utilisée
04:55au titre de la police judiciaire,
04:58et que de ce fait quittent ces missions premières de police municipale,
05:00et viennent, quelque part, se substituer aux forces étatiques.
05:04Donc, il a fallu trouver une solution juridique
05:07qui nous permette, malgré tout,
05:11que la police ni les policiers municipaux puissent sanctionner des délits.
05:14Alors, on a trouvé la solution juridique.
05:17Pour les juristes qui écoutent, c'est l'article 15 du Code de procédure pénale.
05:20Pour ceux qui ne sont pas juristes,
05:22c'est la possibilité de dire que nos policiers municipaux
05:25pourront constater des actes de caractère délictuel
05:29dès lors qu'il n'y a pas de mesure d'enquête.
05:31C'est-à-dire qu'un hall d'immeuble,
05:34il n'y a pas besoin de mesure d'enquête
05:34pour constater qu'une occupation est illégale.
05:36La possibilité de saisir des stupéfiants,
05:39il n'y a pas besoin de procédure d'enquête.
05:41Donc, on a créé 9 AFD,
05:43amendes forfaitaires délictuelles,
05:45qui permettront, dans ces conditions-là,
05:48aux policiers municipaux de sanctionner
05:50des actes de caractère délictuel sans enquête.
05:52Donc, ça, c'est l'évolution.
05:53Si la loi est votée, c'est ça, particulièrement franchement.
05:55Pourquoi ?
05:56C'est-à-dire que c'est un projet de loi consensuel,
05:58les maires le veulent.
05:58On est à 9 mois des municipales,
06:00on se dit qu'on a besoin d'avoir
06:02un premier rideau de sécurité qui soit armé.
06:05Et en fait, vous êtes un peu bloqué
06:07à cause du Premier ministre, d'une certaine façon.
06:10D'une certaine façon, oui.
06:11Pourquoi ça a tant duré ?
06:13Parce que, d'abord, cette démarche
06:15avait été initiée à l'origine
06:17par Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur.
06:20Elle s'est arrêtée en raison de la dissolution.
06:23Elle a été reprise ensuite,
06:25après, dans le gouvernement de Michel Barnier.
06:28Puis, la censure est arrivée.
06:29Et je n'ai pu reprendre la procédure
06:31que j'ai réinitialisée au mois de janvier.
06:33Et on a été très vite,
06:35parce qu'on a bien conscience qu'il fallait aller très vite,
06:37et c'est très attendu.
06:38Donc, j'espère, quoi qu'il arrive,
06:40que ceux qui nous succéderont,
06:43ou peut-être nous-mêmes n'en savons rien,
06:45pourront immédiatement déposer ce texte,
06:48parce que c'était bien le projet.
06:49Il sera devant le Conseil d'État le 17 septembre prochain,
06:53et il était inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres
06:56le dernier du mois de septembre,
06:58et inscrit à l'ordre du jour du Sénat
06:59au courant du mois d'octobre.
07:00Donc, il y a une attente qui est très forte,
07:01c'est très consensuel.
07:02Vous avez raison,
07:03on a beaucoup discuté avec les associations de maires,
07:06y compris avec les policiers,
07:07et donc, on parle des policiers,
07:09je rappelle qu'on parle aussi des gardes champêtres,
07:11et donc, c'est un texte qui est consensuel,
07:13qui, vraiment, devrait continuer son chemin législatif,
07:16parce qu'il est intergénéral.
07:17À l'inverse, il y a d'autres réformes qui ne verront pas le jour,
07:20en tout cas, pas immédiatement.
07:21Je pense à la REF Parti dans l'autre,
07:22qui est un scandale d'ordre public majeur,
07:25vu la durée pendant laquelle elle a pu se tenir.
07:28J'entendais Bruno Retailleux, en deux ou huit semaines,
07:29interroger sur la façon de combattre,
07:32d'anticiper, d'empêcher,
07:33la tenue d'événements aussi dangereux,
07:35qui, au passage, comme il le disait,
07:37sont des supermarchés de la drogue à ciel ouvert.
07:38Donc, il proposait de criminaliser l'organisation
07:40des REF Parti, comme ça se fait en Italie,
07:43sauf qu'il ne pourra pas le faire,
07:44à brève échéance.
07:45Et il y a plein de choses que Bruno Retailleux,
07:48notamment, propose depuis des mois,
07:50mais c'est un ministre qui propose,
07:52et on a beaucoup de ministres qui proposent,
07:54parce qu'ils ne peuvent pas faire.
07:55Comment est-ce qu'on sort de ça ?
07:56Ce n'est pas tout à fait juste en ce qui nous concerne,
07:59puisque je rappelle que des textes
08:01qui avaient été préparés au Sénat
08:02et par la Commission des lois dont je m'occupais,
08:05le texte sur le narcotrafic a permis...
08:06Et là, on a pu le faire voter.
08:08Et c'était un texte extrêmement important.
08:10Il y a d'autres textes,
08:11comme la loi Grémillet, en matière environnementale,
08:13qui peut aboutir parce qu'elle était inscrite
08:15et que c'était tout à fait possible.
08:16Donc, tout ça n'est pas impossible.
08:18Ce qui nous bloque, c'est la stabilité,
08:20aujourd'hui, à nouveau institutionnelle,
08:22qui va s'ouvrir, ou qui risque de s'ouvrir,
08:24qui nous empêchera d'avancer.
08:25La réforme modifiée pour les tuffeurs,
08:27en fait, la qualification pénale,
08:30c'est-à-dire criminalisée,
08:31comme l'a proposé le ministre de l'Intérieur,
08:33ça nécessite effectivement un texte, une loi.
08:35Et là, pour l'instant, on est bloqué,
08:36on vient de le reconnaître.
08:37C'est une des conséquences, d'ailleurs,
08:38de la situation politique qu'on connaît.
08:39On est en droit de s'interroger,
08:40et je reprends ce que disait Antoine et André,
08:42très justement,
08:42parce qu'on a attendu si longtemps
08:44pour faire tout ce genre de mesures.
08:46J'utilisais le mot dogme,
08:47mais c'est-à-dire qu'on a vraiment l'impression
08:49qu'avant Gérald Darmanin
08:51et d'autres personnes qui ont décidé
08:55un coup de pied dans la fourmilière.
08:56Il s'est passé quand même beaucoup de temps
08:57et je ne trouve pas étonnant
09:00ce sondage élabe ce jour.
09:0290% des Français considèrent
09:03que les responsables politiques
09:04ne sont pas efficaces
09:05pour répondre aux problèmes des Français.
09:07C'est assez étonnant,
09:08mais on va en parler,
09:09parce que c'est l'heure de la pause,
09:11François-Noël Buffet.
09:11Le temps passe vite.
09:12Nous avons encore beaucoup de questions pour vous.
09:14Restez bien sur Europe 1.
09:15A tout de suite.
09:16Europe 1 Soir, 19h, 21h, Pierre de Villeneau.
09:20Toujours avec Antoine et André du JDD,
09:22Louis aux Alters du Figaro,
09:23François-Noël Buffet,
09:24ministre auprès du ministre de l'Intérieur.
09:26On en parlait pendant la pause publicitaire.
09:29Il y a quelque chose,
09:30et ça revient aussi à l'incompréhension des Français
09:32sur la situation globale,
09:34pas seulement sur les impôts,
09:35mais sur beaucoup de choses,
09:36sur ces 90% des Français,
09:37encore une fois,
09:38qui aujourd'hui considèrent
09:40que les responsables politiques sont inefficaces.
09:42Il y a eu ces images hier à Marseille.
09:45Voilà, les policiers arrivent,
09:47paf, l'individu est neutralisé.
09:49Plus de danger.
09:50On est au centre de ville de Marseille.
09:51Il y a des vies en danger.
09:52Il y a eu d'autres images.
09:53Il n'y a pas si longtemps,
09:54il y a quelques jours,
09:55avec ce camion à Tourcoing
09:57qui fait des marches avant,
09:58des marches arrière.
09:59Les policiers sont là.
10:00On a l'impression qu'on est dans une corrida
10:03avec un taureau complètement fou
10:04et personne,
10:05personne,
10:06aucun des policiers
10:07n'ose dégainer
10:08parce qu'on sait,
10:09François-Noël Buffet,
10:10que quand on dégaine son arme,
10:12il faut faire un rapport,
10:13il faut rester 10 heures commissariat,
10:15il faut faire 400 pages de paperasse.
10:18C'est ça le problème aujourd'hui
10:20de la police municipale ?
10:21C'est ça ce problème
10:22notamment auquel vous vous attaquez aujourd'hui ?
10:24Alors de la police municipale,
10:25pas spécialement.
10:26Pas spécialement,
10:26de la police en général.
10:27Vous avez raison de le reprendre.
10:29en général.
10:30D'autant plus que toutes les polices municipales
10:31ne sont pas équipées d'armes létales.
10:33Ce qu'il faut simplement rappeler,
10:35c'est qu'il y a des conditions d'usage
10:36de l'arme à feu.
10:37Que ces conditions d'usage,
10:38elles sont déterminées par la loi,
10:40notamment elles définissent
10:41ce qu'on appelle
10:42les conditions de légitime défense.
10:44Et que ces conditions-là
10:45sont extrêmement strictes
10:46et que les différents services
10:48qui contrôlent l'usage des armes
10:50par nos policiers
10:51veillent à ce que ces conditions
10:52soient parfaitement respectées.
10:54Donc la consigne,
10:55ou le principe,
10:56plus actuellement qu'une consigne,
10:57c'est de dire utiliser
10:59votre arme à feu
11:01que dans la mesure
11:02où ça devient inévitable.
11:03Et donc c'est vrai
11:04que nos policiers
11:05font très attention
11:06dans l'usage de ces armes à feu.
11:08En même temps,
11:08ça ne peut pas être Chicago partout.
11:10En revanche,
11:11en revanche,
11:12il y a aussi,
11:13il faut le dire,
11:14quand ils utilisent
11:16leur arme,
11:17eh bien,
11:17on conteste l'usage de celles-ci.
11:20Ils sont mis en difficulté.
11:21Ils sont parfois même
11:22pour l'objet de poursuites.
11:24Ils sont mis en cause
11:26alors même que
11:27les conditions juridiques
11:28sont parfaitement remplies.
11:29Mais je vois,
11:30vous avez parlé tout à l'heure
11:32de cette députée européenne,
11:33madame Rima Hassan,
11:34qui conteste les chiffres officiels.
11:36On va l'écouter,
11:37si vous le voyez bien,
11:38puisque Rima Hassan
11:39était sur le média
11:41Thinkerview hier soir.
11:42On écoute Rima Hassan.
11:44Oui, il y a eu
11:44plus d'actes antisémites.
11:47Après, très honnêtement,
11:48moi je vous le dis,
11:48et je l'assume,
11:49je ne fais pas du tout confiance
11:50aux chiffres du CRIF.
11:527 octobre,
11:53c'est quelque chose
11:55qui doit être...
11:57Puni.
11:58Puni, oui.
12:00Oui, mais recontextualisé
12:01avant d'être puni,
12:02parce que c'est un peu facile
12:03de venir dire
12:05à un peuple
12:05qui finit
12:07à ce niveau-là
12:08de désespoir.
12:09Mais les mecs
12:10qui ont débarqué en ULM...
12:11Mais il faut le comprendre
12:14à un moment donné aussi.
12:16Qu'est-ce que...
12:17Au-delà de comprendre
12:18ce que Mme Rima Hassan
12:19voudrait comprendre,
12:20qu'est-ce que vous lui répondez,
12:21François-Norin Buffet ?
12:21On ne peut être que scandalisé
12:23par la méthode
12:23qui est utilisée.
12:24En réalité,
12:25il s'agit de contester
12:26par principe
12:27toutes les informations
12:28qui peuvent être données.
12:29Nous savons que les chiffres
12:30qui sont donnés
12:30sont ceux
12:32qui représentent la vérité.
12:34Mais c'est une tactique politique.
12:36C'est une rhétorique politique
12:38qui consiste à essayer
12:40d'instiller
12:40dans la pensée collective
12:42que ce qui est annoncé
12:44officiellement
12:44est toujours un mensonge.
12:46En tous les cas,
12:47ce n'est pas la vérité.
12:48Que tout ça
12:49est parfaitement trouble
12:50de façon à en profiter
12:52dans sa propre démarche politique.
12:54Donc, on est vraiment
12:55dans une action
12:56qui est absolument détestable.
12:58Oui, mais qu'est-ce qu'on fait
12:59derrière, François-Norin Buffet ?
13:00Donc, ça veut dire que
13:01d'abord, il faut combattre
13:02ce genre-là.
13:02Mais comment ?
13:03Ce qu'on essaie de faire.
13:04Et puis, à chaque fois
13:05qu'il raconte des histoires
13:06ou qu'il font des clasins
13:07de cette manière-là,
13:09je pense, moi,
13:09qu'il faut ne pas hésiter
13:10à poursuivre
13:12dans la mesure
13:13où les conditions
13:13aujourd'hui sont remplies.
13:14Vous allez le faire, là ?
13:14Quand vous avez entendu ça ?
13:16Là, en tous les cas,
13:17on va vérifier.
13:17Évidemment,
13:18il est clair
13:19que les chiffres précis,
13:20nous les avons.
13:20Ils sont très proches
13:21de ceux qui viennent
13:21d'être annoncés
13:22aujourd'hui.
13:24Et dans ces conditions,
13:26même la liberté d'expression
13:27ne permet pas de mentir
13:28dès lors que le mensonge
13:29poursuit un objectif
13:31qui consiste à déstabiliser
13:32les résultats.
13:33Il n'y a rien à vérifier.
13:34Les chiffres du CRIF,
13:35c'est les chiffres
13:35du ministère de l'Intérieur.
13:36Oui, absolument.
13:37Ça vient de chez vous.
13:38Donc, il n'y a pas de problème,
13:39ça vient de chez nous,
13:39c'est clair.
13:40Mais qu'est-ce qu'on fait ?
13:41Est-ce qu'on peut comprendre,
13:42pardon, Antoine et André,
13:43comment est-ce que
13:45cette personne,
13:45pardonnez-moi,
13:47peut encore être
13:48une députée européenne
13:50représentant la France,
13:51François-Noël Buffet ?
13:52Je partage le point de vue
13:54qu'au-delà des aspects
13:56de liberté d'expression
13:59des uns ou des autres,
14:00l'utilisation du mensonge
14:02d'une part
14:03et avec un objectif
14:04de déstabilisation
14:05est absolument insupportable,
14:07inadmissible,
14:08mais que sur le plan juridique,
14:10sauf à ce qu'elle soit
14:10condamnée pénalement,
14:12ça, il faut que les choses
14:12soient claires,
14:13sauf à ce qu'elle soit
14:13condamnée pénalement,
14:14ne nous permettent pas
14:15qu'elle puisse quitter son mandat.
14:18Donc, ça fait partie...
14:19En février 2025,
14:21dans cette même émission ici,
14:24sur Europe 1,
14:24François-Noël Buffet,
14:25vous n'excluyez pas
14:26de la déchéance
14:27de nationalité.
14:28Il se trouve qu'elle n'a
14:30qu'une seule nationalité.
14:32Laquelle ?
14:33On ne crée pas
14:33des Françaises
14:35et on ne crée pas
14:36de l'apatride.
14:38C'est notre principe.
14:39Donc, elle n'a pas,
14:39après vérification,
14:40de nationalité syrienne
14:41comme on avait supposé.
14:43Donc, on ne peut pas
14:43déchoir.
14:44Il y a quand même
14:45un questionnement
14:45sur la façon
14:46de combattre politiquement
14:47chez ces gens-là
14:48et on l'a vu
14:49à l'occasion
14:49des massacres
14:50du 7 octobre
14:51avec des déclarations
14:52à l'époque
14:52qui étaient assez limites,
14:55frisant vraiment
14:55avec ce qu'on peut
14:57qualifier juridiquement
14:58d'antisémitisme
14:58d'une partie
14:59des responsables
15:00de la France insoumise.
15:02Et moi,
15:03je me suis posé
15:03la question,
15:04est-ce qu'il n'y a pas
15:04un moment
15:04où vous parliez
15:05de judiciariser ?
15:06Je pense qu'il y avait
15:07matière à judiciariser
15:08à plusieurs reprises
15:09des propos de Jean-Luc Mélenchon,
15:11des propos de responsables
15:12politiques de LFI
15:13au moment de ces massacres
15:15du 7 octobre,
15:16relativisant la vérité,
15:18ayant parfois des propos
15:19incitant même
15:20à justifier de tels actes
15:21et ça n'arrive pas.
15:23Et je trouve ça
15:24assez choquant
15:24parce que je pense
15:26que dans le débat politique
15:27à un moment donné,
15:28dans un maelström
15:29où le relativisme politique,
15:31les réseaux sociaux,
15:32l'instrumentalisation
15:33des propos des uns
15:34et des autres
15:34rend le débat
15:35extraordinairement brouillon
15:37et faire émerger
15:37une vérité scientifique
15:39devient impossible.
15:41Je pense que
15:42le recours aux tribunaux
15:43à un moment ou à un autre
15:44doit quand même être opposé,
15:45y compris de la part
15:46de l'occurrence politique
15:47à Jean-Luc Mélenchon
15:48ou des autorités de l'État.
15:49Sur le fond
15:50et sur le principe,
15:51je partage totalement
15:52cette analyse.
15:53C'est-à-dire qu'il y a un moment,
15:54c'est comme pour les actes
15:55de délinquance,
15:56on ne peut pas laisser passer
15:57les propos qui sont tenus,
15:59qui ont un fondement
16:00qui est en général mensonger
16:01dont le seul but
16:02est de déstabiliser le dispositif.
16:04Qu'on ait un avis différent,
16:05c'est une chose.
16:05Je me rappelle...
16:06Qu'on ait une discussion...
16:07Très bien.
16:07mais qu'en revanche,
16:08on manipule les informations
16:11et que l'on finalement
16:13trompe les concitoyens,
16:18ça pourrait faire l'objet
16:19de poursuites
16:20dès lors que ces manipulations
16:22et ces mensonges
16:23sont bien sûr établis
16:24et peuvent être pénalement condamnés.
16:26Je me reviens en tête
16:26les propos que Jean-Luc Mélenchon
16:27avait tenus à l'endroit
16:28d'Yael Brun-Pivet
16:29avec des sous-entendus
16:31qui étaient les crampés.
16:32C'est choquant
16:33dans le contexte du 7 octobre.
16:35Je me souviens très bien.
16:35Et moi,
16:36je me disais,
16:37à ce moment-là,
16:38en fait,
16:39là,
16:39on n'est plus dans la politique.
16:40Et donc là,
16:41moi,
16:41en tant que citoyen
16:42et observateur du débat politique,
16:44j'estime que ce genre de propos
16:46aurait dû être poursuivi en justice.
16:47Alors,
16:48Yael Brun-Pivet ne l'a pas fait.
16:49Est-ce qu'une autre autorité
16:50peut se saisir
16:51une association
16:52au nom
16:52de la façon
16:54dont ces propos
16:55stigmatisent une population ?
16:57Mais la question,
16:58je trouve,
16:58se pose surtout
16:59dans un débat politique
17:01où le tout et n'importe quoi
17:02est souvent plus audible
17:03que la vérité elle-même.
17:04Mais c'est compliqué
17:04parce que Jean-Luc Mélenchon
17:05connaît le sens des mots,
17:07s'est les maniés.
17:07Et typiquement,
17:08dans l'exemple
17:09de ce qu'il avait écrit
17:09à propos de Yael Brun-Pivet,
17:11à propos de Jérôme Gage
17:12qui serait retenu
17:13par le piquet
17:14de ses appartenances,
17:16il avait une formulation
17:16dans ce genre-là,
17:18au tribunal,
17:19c'est compliqué à plaider
17:19parce qu'il sait très bien
17:21comment tourner ça.
17:22Mais la question,
17:22c'est que ça ne devrait pas.
17:24Et ça fait partie
17:24de l'exaspération des Français.
17:26Et quand Rima Hassan,
17:27ce qui m'interpelle
17:28dans ses propos,
17:28c'est quand même
17:29quand elle appelle
17:29à recontextualiser
17:30des massacres islamistes
17:32quand même.
17:32Parce qu'on parle de ça
17:33le 7 octobre 2023.
17:36C'est pareil,
17:37c'est très insidieux
17:38mais en bonne clarté,
17:40exactement,
17:41et en bonne clarté,
17:41ce révisionnisme,
17:42c'est celui du Hamas.
17:43C'est en fait de sa part,
17:45elle l'épouse
17:45et elle relaye
17:47le narratif
17:48qui est celui du Hamas
17:49qui se présente
17:50comme un mouvement de résistance.
17:51C'est un mot
17:51qui a d'ailleurs été employé
17:52par la France Insoumise
17:53au moment où ces massacres
17:54ont été commis
17:55le 7 octobre 2023.
17:57Et son but est évidemment
17:58de donner une ampleur,
18:01d'amplifier cette propagande
18:03qui est celle du Hamas
18:04depuis le 7 octobre
18:05mais même avant
18:06et bien évidemment.
18:06Et comme le Hamas
18:07est un mouvement terroriste,
18:08François-Noël Buffet,
18:09les Français seraient
18:11dans l'attente
18:12et dans la compréhension
18:13si le ministère de l'Intérieur
18:15ou le ministère de la Justice
18:17ou les deux
18:17feraient quelque chose
18:19pour judiciariser cela.
18:21Et il a raison,
18:21Montaner André.
18:22Dès que nous en avons
18:22la possibilité,
18:23nous le faisons.
18:24Vous sortez un article 40.
18:25Alors qu'est-ce que ça veut dire
18:26un article 40 ?
18:27Ça veut dire qu'on signale
18:28au procureur de la République
18:29des faits dont on pense
18:31qu'ils constituent
18:32une infraction pénale
18:33à charge pour le procureur
18:34de la République
18:34qui constitutionnellement,
18:35enfin qui juridiquement
18:36a l'opportunité des poursuites
18:38d'engager lui-même
18:38les poursuites.
18:39C'est ça.
18:39C'est ce que veut dire
18:40l'article 40.
18:41C'est une obligation
18:41qui est donnée.
18:42Est-ce que là typiquement
18:43dans le cas de cette interview,
18:45est-ce que vous allez le faire
18:45vous, François-Noël Buffet ?
18:47Est-ce que vous allez saisir
18:48le...
18:48faire un article 40
18:49pour le procureur
18:50pour voir si le procureur
18:51suit votre intuition ?
18:56Si les conditions sont remplies,
18:58ça peut être fait.
18:58Oui, je ne dis pas
18:59que nous le ferons,
19:01ça peut être fait.
19:02Donc il ne suffit pas
19:03que vous soyez choqué
19:03pour que ce soit fait ?
19:05Mais attendez,
19:05on reste malgré tout,
19:06alors ça va peut-être
19:07choquer ce que je vais dire,
19:08mais dans un état de droit.
19:09Donc il y a des règles,
19:10on est bien obligés,
19:11on les respecte
19:12et c'est parfaitement normal
19:13qu'on les respecte.
19:14Mais ça ne veut pas dire
19:14qu'on ne regardera pas
19:15si les conditions de celle-ci
19:16ne sont pas établies
19:17et auquel cas c'est le leçon,
19:19ça permet d'engager
19:20des poursuites.
19:21Car rien n'est pire.
19:22Elle a été auditionnée
19:24par la police pendant 11 heures
19:25pour des tweets insidieux.
19:27Donc la procédure
19:28n'a peut-être pas allé
19:29à son terme cette fois-ci,
19:30mais on sent bien
19:31qu'il y a quand même
19:32ce jeu permanent.
19:34Ça me fait penser
19:34à la sorcière du placard
19:36à balai dans le compte.
19:37Sorcière, sorcière,
19:38prend garde à temps
19:38et puis il ne faut surtout
19:39pas dire le dernier mot.
19:39Et on sent que la France Insoumise
19:41joue avec cette espèce
19:42d'élastique qui,
19:45pendant que ça dure,
19:46fracasse quand même
19:47les communautés françaises,
19:48joue sur des réflexes
19:49de repli et de haine
19:51qui vivent la société française.
19:53C'est quand même
19:53assez inquiétant
19:54et on n'a pas toujours
19:56l'impression
19:56que les politiques
19:57qui les combattent
19:58et les bonnes armes
19:59auprès de la bonne mesure
20:00dégagent de ces...
20:01Il est incontestable
20:03que tout ce qui est fait
20:04et organisé
20:05et produit
20:06par la France Insoumise
20:07est une stratégie politique
20:09parfaitement construite,
20:11réfléchie,
20:12qui a vocation
20:12à déstabiliser le système.
20:14Mais qui ne foncit
20:15jamais totalement
20:16le rubicon
20:17pour ne pas,
20:18évidemment,
20:19faire l'objet
20:19de poursuites.
20:20Ça veut dire
20:21que la première des réponses
20:22est une réponse politique
20:23de la part
20:23des différents responsables
20:25et Dieu sait
20:26que nous le faisons,
20:27il faut quand même
20:27le rappeler.
20:28Ça ne veut pas dire
20:29que si les choses
20:30devaient s'aggraver encore,
20:32il ne faille pas
20:33peut-être faire bouger
20:34tout simplement
20:35notre structure juridique
20:36pour permettre
20:37des poursuites
20:37qui soient efficaces.
20:38Car rien n'est pire
20:39qu'une poursuite
20:40qui est engagée
20:41et qui n'aboutit pas.
20:43On a un effet
20:44boomerang
20:44qui est terrible,
20:45donc il faut y aller,
20:46je ne veux pas dire
20:47quasiment à coup sûr,
20:48mais presque.
20:48Merci beaucoup
20:49François-Noël Buffet
20:50d'avoir été l'invité
20:50d'Europe 1 soir.
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