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00:00Et puis Cécile Collère et Jacques Paris, libérés mais pas libres, les deux Français détenus en Iran depuis mai 2022 sont sortis de prison
00:07mais ils n'ont pas le droit pour l'instant de quitter le territoire iranien.
00:10Ils sont à l'ambassade de France à Téhéran, le dialogue se poursuit pour obtenir leur retour en France, dit Emmanuel Macron.
00:16Alors ce matin, après l'annonce de ces libérations, il y a le soulagement bien sûr de leur famille, de leurs proches, des différents comités de soutien
00:23mais il y a aussi beaucoup de questions. Comment expliquer d'abord sa décision des autorités judiciaires iraniennes ?
00:28Sa détention aurait-elle pu s'arrêter plus tôt quand Cécile Collère et Jacques Paris vont-ils enfin retrouver les leurs ?
00:34Est-on en train aussi de tourner une page dans les relations entre Paris et Téhéran alors qu'il n'y a plus d'otages d'États français
00:40tels que les appellent le Quai d'Orsay ?
00:42Questions posées jusqu'à 10h45 à mes trois invités, Marianne Tiersadé, Chiriner Dakani et Aïda Adizadé.
00:48Bonjour mesdames, merci d'être là. On a beaucoup de choses à se dire, c'est parlons-en et c'est parti.
00:58De Adizadé, bonjour.
01:06Bonjour.
01:06Merci d'être sur ce plateau. Vous êtes députée socialiste du Val-d'Oise, présidente du groupe d'amitié France-Iran.
01:12C'est à vous qu'on a dû, il y a quelques mois, l'affichage des portraits de Cécile Collère et Jacques Paris.
01:18C'est une première, je crois, sur les murs de l'Assemblée nationale.
01:21Et vous avez beaucoup, vous êtes beaucoup mobilisés ces derniers mois pour qu'on arrive à ce jour de libération
01:28avec beaucoup de nuances de Cécile Collère et Jacques Paris.
01:33À vos côtés, Chiriner Dakani, bonjour.
01:35L'une des voix qui a le plus porté ces trois dernières années quant au sort de Cécile, de Jacques.
01:41Vous êtes l'avocate de la famille de Cécile Collère avec d'autres avocats.
01:46Merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation.
01:48Et puis, Mariam Piersadé, faut-il vous présenter ? Mariam, rédactrice en chef de Parlons-en,
01:53ancienne correspondante de France 24 en Iran.
01:561277 jours en détention et enfin donc la lumière au bout du cauchemar.
02:00Cécile Collère et Jacques Paris sont sortis de prison.
02:02Ils sont en ce moment à l'ambassade de France à Téhéran, en Iran,
02:06à peu près le après, plus de trois ans passés dans les geôles de la République islamique.
02:11Selon les premières informations, la professeure de lettres de 41 ans
02:15et l'enseignant à la retraite de 72 ans sont relativement en bonne santé.
02:20Je disais, ils ont été libérés, mais ils ne sont pas libres.
02:23Ils sont sous contrôle judiciaire.
02:24On va y revenir ensemble.
02:26Et leur départ d'Iran, pour l'instant, est assez incertain, en tout cas en termes de calendrier.
02:30Avant de vous entendre, entendre votre réaction,
02:32on va écouter celle des proches de Cécile Collère et de Jacques Paris
02:35quand ils ont appris la nouvelle hier soir.
02:36Regardez.
02:37Des applaudissements en signe de soulagement.
02:42Dès l'annonce de la sortie de prison de Jacques Paris et Cécile Collère,
02:46leurs proches se sont réunis hier soir.
02:48La mère de Cécile Collère a encore du mal à y croire.
02:51Oui, une grande joie, mais pour moi, ça reste virtuel
02:54tant que Cécile ne sera pas dans mes bras
02:56et qu'elle ne pourra pas continuer à vivre sa vie avec Jacques.
03:03Le couple de professeurs avait été arrêté en mai 2022.
03:08Il y a trois semaines, ils avaient été condamnés pour espionnage.
03:1120 ans de prison pour Cécile Collère, 17 pour Jacques Paris.
03:15Ils étaient considérés par la France comme des otages d'État.
03:19Sortis de prison, ils ne sont pas libres pour autant.
03:21Ils ne peuvent pas quitter le territoire iranien.
03:24Ils sont sous la protection de la France.
03:25Et nous allons continuer le travail que nous avons engagé
03:29depuis des semaines et des mois pour obtenir leur libération définitive.
03:33Cécile Collère et Jacques Paris étaient détenus à la prison d'Evignes,
03:36réputés pour sa dureté.
03:38Leur condition de détention était jugée indigne par la France.
03:42Voilà, l'ambassadeur de France en Iran qu'on a entendu,
03:45qu'on va entendre tout à l'heure,
03:46disait que Jacques Paris et Cécile Collère avaient pu parler à leurs proches.
03:51Une première réaction chez Renard Akani ce matin,
03:54j'imagine un soulagement teinté de questions.
03:57Alors évidemment, c'était la joie hier,
04:00à la fois pour l'avocate que je suis,
04:01mais surtout pour les proches de Cécile Collère et de Jacques Paris,
04:05qui s'autorisent enfin à avoir le bout du tunnel.
04:08Et je dis qu'ils s'autorisent parce que ça a été trois ans et demi
04:11de déconvenus, d'espoir déçu, d'ascenseur émotionnel.
04:14Et donc il y a eu un temps de décompensation, je pense,
04:17pour même y croire en fait.
04:19Et donc on voit à l'écran,
04:21c'était la parole évidemment spontanée mais contenue des proches de Cécile
04:25qui n'osaient pas encore tout à fait y croire.
04:28Une joie, mais pour l'instant virtuelle,
04:31disait la maman de Cécile Collère,
04:34Aïda Adizadeh, j'imagine aussi une joie.
04:37Et des questions ce matin ?
04:38Un soulagement.
04:39Le fait qu'ils sortent de la prison d'Evignes,
04:41qui est une des pires prisons au monde,
04:43celle où sont emprisonnées des prisonniers politiques,
04:47avec des traitements de torture,
04:49c'est déjà un soulagement, une délivrance.
04:52Après c'est vrai qu'on sera tout à fait soulagés
04:54quand ils seront de retour sur le sol français en France
04:58et qu'ils pourront serrer leurs familles dans leurs bras.
05:00On ne l'a pas vu Mariam dans le reportage à l'instant
05:02mais on a une pensée ce matin pour Noémie Collère,
05:06la soeur de Cécile Collère,
05:07qu'on a souvent reçue sur ce plateau ici,
05:10qui a remué ciel et terre ces trois dernières années
05:12pour obtenir ce jour-là.
05:14Elle ne s'est pas encore exprimée
05:16mais à l'image de la réaction de sa mère,
05:18on imagine pour cette famille la fin d'un cauchemar.
05:21Oui, elle a reçu un coup de téléphone
05:23du Quai d'Orsay un peu avant 19h
05:26pour lui apprendre la nouvelle.
05:27Alors effectivement, ils sont sortis de la prison d'Evin
05:30qui est un peu cette quintessence de la barbarie de ce régime
05:33là où sont détenus tous les prisonniers politiques de l'Iran
05:36et l'avenir aussi de l'Iran.
05:38On dit que c'est la plus grande université d'Iran
05:40tellement des étudiants, des opposants, des journalistes
05:44sont emprisonnés.
05:44Donc ils sont dans un petit bout de France.
05:46Il faut rappeler que c'est ce qui était arrivé aussi
05:48à Clotilde Reiss,
05:49une des premières françaises qui avait été arrêtée en 2009
05:52après les manifestations du mouvement vert.
05:55Elle avait passé 47 jours en prison
05:57et elle avait fini sa détention
05:58durant 5-6 mois dans la résidence de l'ambassadeur de France
06:02qui est dans le centre-ville de Téhéran.
06:05Plusieurs mois, elle y était restée plusieurs mois.
06:06Plusieurs mois à vivre,
06:08alors à l'air libre effectivement,
06:10mais sans possibilité d'avoir son passeport pour entrer.
06:12Parce que c'est ça qui se joue en fait.
06:13C'est pour ça que par exemple les binationaux,
06:15parce que comme la République islamique
06:17ne reconnaît pas la nationalité autre
06:19que la nationalité iranienne,
06:20beaucoup de binationaux en ce moment
06:21ne vont pas en Iran
06:22avec ces arrestations arbitraires
06:24parce qu'ils peuvent vous prendre
06:25votre passeport iranien
06:26et vous êtes complètement bloqués
06:28sur le territoire iranien.
06:30Là, ce sont des Français,
06:31ils n'ont toujours pas leur passeport,
06:33ils n'ont toujours pas le go
06:34pour pouvoir traverser cette frontière,
06:37quitter l'Iran après 3 ans et demi de détention.
06:40Donc c'est exactement ça,
06:41ils sont libérés,
06:42mais ils ne sont pas encore libres
06:43de retrouver leur vie.
06:44Noémie Collère,
06:46qu'on a souvent entendu,
06:48on le disait,
06:49ne cessez d'alerter ces derniers mois,
06:51Chérie Nardakani,
06:52sur l'état de santé de sa sœur,
06:54son état psychologique.
06:56Elle nous racontait à quel point
06:57tout était arbitraire dans cette histoire,
06:59mais y compris les contacts
07:01qu'elle pouvait avoir avec sa sœur
07:02et que sa sœur pouvait avoir
07:04avec les représentants consulaires.
07:05Il y avait plus qu'urgence
07:07à ce qu'ils sortent de cette prison ?
07:08Il faut bien comprendre
07:09que Cécile Collère et Jacques Paris,
07:11ils ont tout vécu.
07:12Ce n'est pas de la science-fiction
07:14ce qui s'est produit
07:15durant ces 3 ans et demi.
07:17Ils ont évidemment connu
07:18les affres de la détention
07:20la plus dure,
07:21la plus inhumaine.
07:22Ils ont connu
07:23les aveux forcés à la télévision.
07:25Ce qui est singulier
07:25dans l'histoire récente.
07:28Effectivement,
07:28ils ont dû s'auto-incriminer
07:30de faits qui sont absolument mensongers,
07:32de dire à la télévision nationale,
07:34étatique évidemment,
07:36sous la torture psychologique
07:38de leurs geôliers,
07:39qu'ils étaient des espions.
07:40ils ont dû vivre à l'isolement
07:42quasiment pendant 3 ans et demi
07:44avec quasiment une absence
07:45de contact avec l'extérieur
07:47et avec des humains
07:49en définitive.
07:50Donc on comprend leur état
07:51de déshumanisation
07:52et leur détresse
07:53parce qu'ils ont aussi
07:54connu un pays en guerre.
07:56Il faut rappeler quand même
07:57la double peine
07:57de ces gens
07:58qui sont privés arbitrairement
07:59de liberté.
08:00Et voilà
08:01qu'en juin dernier,
08:03le lieu où ils se trouvaient
08:04a été bombardé.
08:06Dans l'histoire d'une vie
08:07et de souffrance
08:08infligée à un être humain,
08:10je crois qu'en tant qu'avocate,
08:11j'ai rarement vu
08:12autant d'événements traumatiques
08:15qui leur a valu
08:16de changer de lieu de détention.
08:17Et je crois qu'on n'a pas su
08:18où ils étaient...
08:18Ils ont été transférés
08:20de lieu de détention
08:21en lieu de détention
08:22sans qu'en définitive
08:23nul ne sache
08:24où ils se trouvaient
08:25à un moment donné
08:26pour être tout à fait
08:27même transparente.
08:29On a même à un moment
08:29cru qu'il y avait
08:31un péril de mort
08:32puisque quelques jours
08:34après les bombardements
08:35de la prison d'Evine
08:36où ils se trouvaient,
08:36nous étions sans nouvelles
08:37de Cécile et Jacques.
08:39Donc voilà ce qu'ont vécu
08:40en définitive ces deux-là.
08:42Voilà ce qu'ont vécu
08:42leur famille
08:43d'une angoisse insoutenable
08:45pendant trois ans et demi
08:46de savoir
08:47ces proches-là
08:48dans ces conditions-là.
08:49Donc vraiment,
08:50on comprend que la dégradation
08:52de leur état psychique
08:53a été constante.
08:54À l'heure où je vous parle,
08:55ils doivent dans les prochaines heures
08:57être vus
08:57par une batterie de médecins
08:59qui ont été dépêchés
09:00à cet effet
09:00par les Français
09:02qui vont les ausculter
09:03parce que s'ils sont
09:04indemnes physiquement,
09:05en tout cas
09:06à premier examen
09:07de la vision
09:08qu'ils ont pu avoir
09:09et des échanges
09:10qu'ils ont pu avoir
09:11à leurs proches hier soir,
09:12eh bien nul ne peut s'avancer
09:13aujourd'hui sur l'état psychologique
09:15dans lequel ils se trouvent.
09:16De tous les détenus français,
09:18parce qu'ils ont été
09:18jusqu'à sept Français
09:19détenus en Iran,
09:20ce sont ceux qui ont eu
09:21les pires conditions
09:21de détention
09:22avec très peu de visites
09:23consulaires,
09:24de l'isolement,
09:25des humiliations,
09:26des tortures en prison
09:27puisque moi j'ai pu
09:28m'entretenir avec des détenus
09:29iraniennes
09:29qui ont pu côtoyer
09:30Cécile Collère en prison,
09:32avec par exemple
09:34sur les mains,
09:35enfin voilà,
09:35c'est des récits
09:35qu'on m'a rapportés
09:37et un état psychologique
09:39de Cécile assez vite
09:40après le début
09:41de sa détention
09:41qui s'est dégradé.
09:43De tous les décès
09:44des détenus français,
09:46ce sont ceux qui,
09:47voilà,
09:47ils ont été à part.
09:48Et pourquoi il y a eu
09:49un genre d'acharnement
09:50contre eux ?
09:52Parce qu'ils sont arrêtés
09:52en mai 2022.
09:54Il ne faut pas oublier
09:55que quatre mois plus tard,
09:57les Iraniens connaissent
09:59le plus grand mouvement
10:01de manifestation
10:02contre la République islamique
10:03après la mort de Marsa Amini
10:04et le début du mouvement
10:05Femmes et Libertés
10:06et qu'ils ont servi totalement
10:08le narratif de la République islamique
10:09à savoir que ce n'est pas possible
10:11qu'à l'intérieur de l'Iran
10:13soit né ce mouvement
10:14de contestation un peu
10:15spontané et populaire
10:17contre le régime.
10:18Et donc,
10:19ce sont ces deux Français
10:20qui sont venus apporter
10:22le chaos
10:23pour déstabiliser l'Iran.
10:25Après,
10:25depuis leur arrivée
10:26sur le sol iranien,
10:27ils ont été suivis
10:28par les services
10:29de renseignements iraniens.
10:30Ils ont été filmés.
10:32Moi,
10:32j'ai pu voir
10:33ce reportage
10:34qui a été diffusé
10:35à la télévision d'État
10:36où on voit effectivement
10:37Cécile Collère
10:38et Jacques Paris
10:39avec des graphiques,
10:40une scène absolument
10:41ahurissante,
10:42hallucinante
10:43où ils font des aveux forcés.
10:45On les voit se promener
10:47à Ispahan,
10:48enfin dans les villes touristiques.
10:49Ils étaient suivis
10:50avant d'être venu.
10:50Du moment où ils ont posé
10:51le pied sur le sol iranien
10:53à l'aéroport de Téhéran,
10:54ils ont été filmés,
10:55ils ont été suivis
10:56par les renseignements iraniens,
10:57ce qui n'a pas été le cas
10:58de tous les autres détenus.
11:00Louis Arnault est arrêté
11:01parce que c'est au moment
11:02des manifestations
11:03de Femmes Vies Liberté.
11:05Il est arrêté à ce moment-là.
11:06Benjamin Brière,
11:08en 2020,
11:09il est arrêté
11:09parce qu'il se trouve
11:10à proximité,
11:10il se trouvera à proximité
11:11d'un site jugé sensible.
11:14Mais effectivement,
11:15ces arrestations,
11:16c'est vraiment quelque chose,
11:17on va y revenir,
11:18mais c'est une politique
11:19presque théorisée
11:21de la République islamique
11:22depuis 46 ans.
11:23C'est d'arrêter
11:23des personnes occidentales
11:26pour obtenir
11:27quelque chose en échange.
11:29C'est ce qui s'appelle
11:30la politique d'otage d'État.
11:32Les Iraniens
11:33veulent négocier
11:34à travers ces personnes
11:35qu'ils détiennent
11:35dans des conditions arbitraires.
11:37Dans ce cas-là,
11:39Cécile et Jacques,
11:39qu'il faut le souligner,
11:41ce sont des enseignants.
11:42Et ce sont des enseignants
11:43qui ont un engagement syndical.
11:44D'ailleurs,
11:45je pense vraiment aussi
11:46à tout le monde enseignant
11:47qui s'est beaucoup mobilisé
11:49pour obtenir
11:50la libération
11:50de leurs collègues,
11:51des collègues qu'ils connaissaient,
11:53mais aussi dans d'autres établissements.
11:55On ne les connaissait pas,
11:56mais on partageait avec eux
11:57leur destinée.
11:58Et cet engagement syndical,
12:00les autorités iraniennes
12:01s'en sont servies contre...
12:01Exactement,
12:02parce qu'il y a eu
12:02des grèves d'enseignants
12:03en Iran.
12:04Il y a eu des grèves
12:05parce que les fonctionnaires,
12:06les enseignants
12:07ou les autres
12:07ne sont pas bien payés.
12:09Des fois,
12:09il y a des coupes de salaire
12:11pendant plusieurs mois.
12:12Et il était facile
12:13pour la République islamique,
12:14facile entre guillemets,
12:16d'arrêter des ressortissants étrangers
12:17et de dire
12:18c'est à cause d'eux
12:18qu'il y a eu des grèves.
12:19Ils sont venus
12:20mettre du bazar dans le pays.
12:22Sans eux,
12:23il n'y aurait pas eu
12:23de grève d'enseignants.
12:24Vous voyez,
12:24c'est gros,
12:25c'est cousu de fil blanc.
12:26Puis après,
12:27quelques années plus tard,
12:29malheureusement,
12:29c'est en termes d'années,
12:31quand il y a eu la guerre,
12:32l'attaque israélienne en Iran,
12:34on les a accusés
12:34d'espionnage
12:36au profit d'Israël
12:38et du Mossad.
12:39On les utilise
12:40pour différentes choses.
12:42C'est vraiment
12:42le principe du bouc émissaire
12:43et on s'en sert,
12:44comme Mariam l'a dit,
12:45comme monnaie d'échange.
12:46Cette accusation
12:47en espionnage,
12:48globalement,
12:49souvent en faveur d'Israël,
12:52on l'a vu
12:52sur à peu près,
12:54enfin,
12:54on l'a vu
12:55à de nombreuses reprises
12:56sur des cas d'otages.
12:57C'est le cas notamment
12:58de Benjamin Brouillard.
12:58Il me semble que Louis Arnault
12:59aussi était accusé d'espionnage.
13:01Bon,
13:01personne n'est vraiment dupe
13:02de la qualification juridique
13:04des raisons pour lesquelles
13:04ces Français ont été arrêtés
13:06ces dernières années.
13:06Vous avez dit
13:06jusqu'à 7, Mariam.
13:08Tout à fait.
13:09Alors, évidemment,
13:10mais c'est à l'encontre,
13:11si vous voulez,
13:11cette accusation,
13:12évidemment,
13:13fallacieuse
13:13de la part des autorités
13:14contre des étrangers,
13:16mais aussi contre des Iraniens.
13:17La vague de répression
13:18qui a suivi
13:19le mouvement
13:20Femmes et Libertés
13:21a vu,
13:22et plus encore
13:23avec la guerre
13:23donc d'Iran
13:25et d'Israël,
13:26a vu un certain nombre
13:27d'exécutions
13:28de ressortissants
13:29iraniens
13:30qui avaient pris part
13:31à des manifestations
13:32Femmes et Libertés
13:33ou même,
13:34on l'a vu,
13:34lors de la seconde vague
13:35de répression
13:36après les bombardements
13:38notamment israéliens
13:39de la prison des Vines,
13:40de minorités ethniques,
13:42notamment beaucoup d'Afghans
13:43qui avaient été déportés
13:44vers l'Afghanistan
13:46parce que eux aussi
13:47ont été désignés
13:48comme étant
13:49des boucs émissaires
13:50pour avoir collaboré
13:51prétendument
13:52avec les autorités
13:53israéliennes
13:54et du Mossad
13:55pour avoir donné
13:56des renseignements
13:57qui auraient permis
13:58ensuite
13:59aux autorités israéliennes
14:00de bombarder.
14:01Donc finalement,
14:01pour l'État iranien,
14:03il y a autant
14:04de boucs émissaires
14:05possibles
14:06qu'il y a potentiellement
14:07de contestataires
14:09et tout élément
14:10qui est vu
14:10comme étant une menace
14:11pour mettre en péril
14:12la sécurité nationale
14:13est immédiatement
14:15accusé
14:16de collusion
14:17avec un État étranger.
14:18Et vous avez évoqué
14:18le sort de Benjamin Brière.
14:20Benjamin Brière,
14:21ce qui est assez audacieux,
14:22c'est que lui,
14:23en définitive,
14:24n'a jamais même compris
14:25au profit de qui
14:26il aurait espionné
14:27puisqu'on a dit
14:28au profit à la solde
14:29d'un État étranger
14:30sans prendre le soin
14:31même de préciser
14:32lequel.
14:33Donc ce sont des considérations
14:34avec lesquelles
14:35les autorités iraniennes
14:35s'embarrassent peu.
14:36On comprend bien
14:37qu'il y a
14:38cette espèce de paranoïa
14:40d'être infiltré
14:41de partout.
14:42Souvent,
14:43on me demande
14:43mais est-ce que vous y croyez
14:44vraiment,
14:44M. Anakani ?
14:45Est-ce que vous pensez
14:45vraiment qu'à un moment donné,
14:47l'État iranien soit sincère
14:49et qu'il ait véritablement cru
14:50à un moment
14:51qu'il avait affaire
14:53à deux syndicalistes
14:54venus pour prêcher
14:55la révolution
14:56en Iran ?
14:58Mais non,
14:58moi je ne le crois pas.
14:59Pour être très honnête,
15:00je ne crois pas
15:01que les accusations
15:02des services de renseignement
15:03iraniens
15:04soient...
15:04Ils croient eux-mêmes
15:04à leur propre histoire.
15:05Non, je ne crois pas
15:06que ce soit le fait
15:06d'une paranoïa.
15:07Parfois,
15:07j'entends certains spécialistes,
15:09certains experts dirent
15:10non, mais il ne faut pas
15:11sous-estimer la paranoïa
15:12de cet appareil sécuritaire.
15:14Il n'en est rien,
15:15cet appareil sécuritaire,
15:16il est opportuniste
15:17comme tous les régimes
15:18dictatoriaux
15:19et il s'engouffre
15:21dans des brèches
15:21et son narratif,
15:23ça a été dit
15:24par Mme la députée
15:24Azizadeh ici,
15:26il évolue
15:26de façon circonstancielle
15:28en fonction
15:28de ce qui est
15:29l'actualité récente.
15:31Voilà,
15:31je crois que c'est ça
15:32en réalité.
15:33Ce qui est intéressant
15:34c'est que les Iraniens,
15:35le peuple iranien
15:36n'est pas dupe en fait.
15:37Et moi je pense aussi
15:38au peuple iranien
15:38aujourd'hui,
15:40je dis que c'est aussi
15:41leur rendre justice
15:42à eux
15:42parce que je pense
15:43que dans leur immense majorité
15:45ils n'étaient pas fiers
15:46de la détention
15:47de deux Français,
15:48de deux enseignants
15:49en Iran
15:49pour des raisons
15:50auxquelles ils n'ont jamais cru
15:51et je suis assez sûr
15:53de moi pour dire
15:53qu'ils sont aussi soulagés
15:55que nous
15:56de leur délivrance.
15:58Et d'ailleurs
15:58comme l'a rappelé Chirine,
15:59tous ces anciens prisonniers
16:01français qui sont rentrés
16:02ont raconté effectivement
16:03qu'ils se sont retrouvés
16:04en cellule
16:05avec des Iraniens
16:06condamnés
16:07ou d'ailleurs emprisonnés
16:09sans condamnation
16:09pour les mêmes raisons
16:10fallacieuses
16:11comme vous le disiez.
16:13Mariam, pour que les gens
16:13qui nous regardent
16:14comprennent bien,
16:15comment expliquer
16:15qu'on puisse passer
16:16en quelques semaines,
16:17c'était je crois
16:17la mi-octobre,
16:18d'une condamnation
16:19de Jacques Paris
16:21et de Cécile Collère
16:22très lourde,
16:22plus de 20 ans de prison,
16:24donc toujours pour ce motif
16:25d'espionnage,
16:26de complot,
16:27pour mettre en péril
16:29la sécurité de l'Iran
16:31et cette libération
16:33sous contrôle judiciaire
16:35aujourd'hui.
16:35Qu'est-ce qui s'est passé
16:36en un mois ?
16:37Déjà, il y a la pression
16:38psychologique
16:38qui est exercée
16:39par les autorités iraniennes
16:40puisque juste après
16:41le bombardement
16:43sur la prison d'Evin
16:44où ils étaient détenus
16:45par l'armée israélienne,
16:46donc ils sont évacués
16:47dans une autre horizon,
16:48c'est à ce moment-là
16:50qu'ils ont accès
16:51à une visite consulaire française
16:52et c'est à ce moment-là
16:53que Cécile Collère
16:54et Jacques Paris
16:54disent aux diplomates français
16:56voilà, on a été inculpé
16:57de corruption sur Terre
17:00ce qui est un délit
17:02qui est passible
17:03de la peine de mort.
17:04Donc rappelons-nous
17:04que cet été,
17:05tout le monde tremblait
17:06de se dire
17:07qu'il pouvait être condamné
17:07par la peine de mort.
17:09Moi, ce que des diplomates
17:10pouvaient me dire
17:11ou des Iraniens sur place,
17:13des avocats me disaient
17:13on peut s'attendre
17:14à ce qu'il y ait un procès
17:16et une condamnation à mort
17:17pour frapper les esprits
17:19et pressuriser davantage
17:20les Français.
17:23Ce que je sais,
17:24c'est que les négociations
17:25qui durent depuis
17:26trois ans et demi,
17:27le dossier de Jacques Paris
17:28et de Cécile Collère
17:29a toujours été mis en avant
17:30et les Français
17:32qui se trouvaient
17:32en face des Iraniens
17:34dans ces canaux
17:35de discussion
17:36utilisaient toujours
17:37le mot otage.
17:39Nous avons des otages.
17:40Nous n'aurons pas
17:40de bonne relation avec vous
17:41tant qu'il y aura
17:42des otages français
17:43qui seront dans
17:44ces prisons iraniennes.
17:45Donc il y a ces outils
17:46de pression psychologique
17:49et puis il y a
17:50ce qui se joue en échange,
17:51ce qui n'est jamais
17:52annoncé publiquement
17:54puisque officiellement
17:55la France ne donne
17:56jamais rien en échange
17:57contre la libération
17:58de ces détenus français.
18:01Mais effectivement,
18:02il y a eu des signaux
18:02et la France a commencé
18:04à arrêter
18:05des personnalités iraniennes
18:06sur le sol français.
18:08Je pense notamment
18:08à Mardier Esfianddiari
18:10qui a été libéré
18:11sous caution
18:11il y a deux semaines
18:12à peu près
18:13dans l'attente
18:14de son procès
18:14qui était au mois
18:15de janvier.
18:16Elle a été diffusée...
18:17Une étudiante
18:18qui est accusée
18:19d'avoir voulu
18:20déstabiliser la France
18:21avec de la propagande
18:22pro-palestinienne
18:24notamment.
18:25Et ça, c'était
18:26un des signaux
18:27effectivement
18:27qui pouvait amener
18:28à une libération
18:29ou une annonce
18:31de libération
18:31de Cécile
18:31et de Jacques.
18:33Autre chose,
18:33c'est que les Iraniens
18:34ont aussi dit
18:35qu'on était dans
18:36une phase décisive
18:38d'échange
18:38de prisonniers
18:39ce qui laissait augurer
18:40la libération
18:41de Jacques et de Cécile.
18:42Autre outil
18:43de pression
18:43et je finis sur ça,
18:44c'est que finalement
18:45c'est Lénard Monterlot
18:47qui était un étudiant
18:49de 18 ans
18:49qui venait d'avoir son bac
18:50qui faisait le tour
18:51de l'Iran
18:51qui avait été arrêté
18:52au moment de la guerre
18:53entre Israël et l'Iran
18:54qui avait été libéré
18:55et non Jacques et Noémie.
18:56Jacques et Noémie
18:57ont une valeur
18:58beaucoup plus importante
18:59que tout...
19:00Cécile, excusez-moi
19:01Noémie et sa soeur
19:03ont une valeur
19:05beaucoup plus importante
19:06que ses autres détenus
19:08et donc
19:09les Iraniens
19:10ont sûrement
19:11obtenu des choses.
19:12La France avait porté plainte
19:13mais je pense que
19:13Maître Ardakani
19:14on parlera beaucoup mieux
19:15que moi
19:15à la Cour internationale
19:16de justice.
19:16La France a retiré sa plainte
19:17donc il y a des petits signaux
19:19qu'on arrive à voir
19:20quand on suit le dossier
19:21qu'on arrive à voir
19:22en filigrane.
19:24La libération
19:25sous contrôle judiciaire
19:26de cette étudiante
19:27iranienne
19:28effectivement accusée
19:29d'avoir voulu déstabiliser
19:31la France
19:31avec...
19:33Apologie du terrorisme.
19:34Apologie du terrorisme
19:35a pu jouer
19:37vous nous le disiez
19:37juste avant l'émission
19:38ça a pu
19:39effectivement
19:40côté iranien
19:42ça a pu permettre
19:44d'accélérer
19:45les choses.
19:47Alors je ne suis pas
19:47dans le secret
19:48du quai d'Orsay.
19:50Exactement
19:50et heureusement
19:50comme je dis
19:51parce que ces affaires-là
19:52sont extrêmement complexes
19:53et demandent de la discrétion
19:54et heureusement
19:55que très peu de gens
19:57ont à en connaître
19:58selon l'expression consacrée
20:00de par les renseignements généraux
20:01et extérieurs aussi
20:03mais de toute évidence
20:05quand on arrête
20:06une ressortissante iranienne
20:08qui est en lien
20:09avec le régime
20:10il y a beaucoup d'Iraniens
20:11en France
20:12qui font des études
20:14qui travaillent
20:15mais qui n'ont aucun lien
20:15avec le régime
20:16celle-ci avec des liens
20:17avec le régime
20:17quand on l'arrête
20:18pour apologie du terrorisme
20:20l'Iran cherche
20:21à la récupérer
20:22et ça devient
20:22je pense aussi
20:23une sorte de monnaie d'échange
20:24on ne sait pas
20:25et on le saura
20:26sans doute un jour
20:27mais pour l'instant
20:28on ne sait pas
20:28et tant mieux
20:29il faut pour l'instant
20:30rester extrêmement prudent
20:31il faut respecter
20:32le travail des diplomates
20:33moi je veux aussi saluer
20:34le travail
20:35de notre réseau diplomatique
20:37nous avons maintenu
20:38l'ambassade
20:38de France
20:40en Iran
20:40au moment des attaques
20:41israéliennes
20:42je pense aussi justement
20:44parce que nous avions
20:44conscience que c'était
20:45aussi un moyen
20:46de pouvoir
20:47faire libérer
20:48Cécile et Jacques
20:49c'est affaire de petits pas
20:49et de signaux
20:50est-ce que pour confirmer
20:51ce que disait Mariam
20:52à l'instant
20:53vous diriez que la diplomatie
20:54française n'a pas démérité
20:56depuis trois ans et demi
20:57sur ce dossier-là
20:58comme sur celui
20:59de Louis
21:00ou de Benjamin Brière
21:02elle a été plus qu'active ?
21:04Alors
21:04elle a été active
21:06comme l'a rappelé
21:07Madame Pierzade
21:07à chaque fois
21:08qu'il y avait des échanges
21:09entre le président
21:10et son homologue iranien
21:11ou le ministre des affaires étrangères
21:13et son homologue iranien
21:14c'était un des premiers
21:15sujets qui étaient abordés
21:16on ne pourra pas avoir
21:17des relations normales
21:18tant que nous avons
21:19deux ressortissants
21:19otages en Iran
21:21et donc ça
21:21c'est important de le dire
21:22maintenant c'est vrai
21:23qu'on peut toujours mieux faire
21:25et j'ai échangé
21:26avec Benjamin Brière
21:27et lui trouvait que
21:28l'accompagnement des familles
21:29pendant la détention
21:31des otages
21:32pouvait être
21:32grandement amélioré
21:33et je pense
21:34aussi à ça
21:35quand
21:35et j'espère que ça arrivera
21:38très prochainement
21:38quand Cécile et Jacques
21:39rentreront en France
21:40il y aura aussi
21:41ce long chemin
21:41de reconstruction à faire
21:43et si je m'appuie sur les dires
21:45à la fois de Benjamin
21:46et d'autres anciens otages
21:47notre administration
21:48pas le Quai d'Orsay
21:50mais d'autres administrations
21:51ne sont pas à la hauteur
21:52parce qu'ils ne rentrent
21:53dans aucune case
21:53ce ne sont pas des victimes
21:55d'attentats terroristes
21:56aucun formulaire
21:58par exemple
21:58d'administration fiscale
21:59ne les concerne
22:01et ils vont
22:02de déconvenu
22:04en déconvenu
22:05et parfois c'est très dur
22:06quand on doit aussi
22:07se reconstruire
22:07d'avoir affaire
22:08à des administrations
22:09qui ne savent pas
22:11quoi faire de vous
22:11sachant qu'il y a des affaires
22:13c'est le cas de Benjamin Brière
22:13où on a dit à la famille
22:15pendant de longs mois
22:16de ne rien dire
22:17précisément
22:17pour ne pas
22:18concircuiter
22:19les discussions
22:20c'est le cas aussi
22:20pour Cécile et Jacques
22:21pendant de longs mois
22:23mais alors ça on peut comprendre
22:24dans un certain temps
22:25on essaye de rien dire
22:26pour essayer de les libérer
22:26et après le Quai d'Or s'est dit
22:27non, maintenant communiquer
22:28parce que c'est aussi
22:29un moyen de faire pression
22:30voilà
22:31Pour les familles
22:31chez Renard d'Akani
22:32Oui, écoutez
22:33sur le fait de savoir
22:34si la diplomatie française
22:35peut mieux faire
22:36je crois qu'on s'en exprimera
22:38en temps utile
22:39parce qu'effectivement
22:40dans le temps qui est le mien
22:41vous comprendrez
22:42qu'il est bien difficile
22:43pour moi
22:44de dire que là
22:45les mesures
22:46dans les médias
22:47n'ont pas été prises
22:47je sais qu'il y a
22:49une exceptionnelle mobilisation
22:50des services
22:51de l'ambassade de France
22:52actuellement à Téhéran
22:53qui est évidemment remarquable
22:55en sincérité
22:56et en humanité
22:56moi ce matin
22:57j'écoutais
22:58évidemment
22:59c'était très émouvant
22:59finalement ce récit
23:01de M. Pierre Cochard
23:03l'ambassadeur de France
23:04à Téhéran
23:05on comprend
23:06qu'il soit ému
23:07en tant que citoyen français
23:09qui je crois
23:10est heureux
23:10de pouvoir voir
23:12le sourire
23:12de Cécile et Jacques
23:13au sortir
23:14de ces murs
23:15de la prison des Vignes
23:16dont quelques mois plus tôt
23:18on nous avait expliqué
23:19qu'ils avaient été
23:20pulvérisés
23:21bon ben il n'en est rien
23:22cette prison est toujours debout
23:23ceux qui y sont
23:24malheureusement détenus
23:26ils sont toujours
23:27donc je les crois sincères
23:29les diplomates
23:30au service de la France
23:31et de l'état français
23:32et des citoyens
23:33parce que c'est ce qu'ils disent
23:34au fond
23:34ils servent les français
23:36ils servent l'intérêt général
23:37maintenant
23:38il faudra bien
23:39qu'en temps utile
23:40nous tirions les conséquences
23:41aussi
23:42de ce qui a été
23:43pendant trois ans et demi
23:44je crois
23:44voilà
23:45des politiques
23:46qui auraient pu être vues
23:47différemment
23:48le fait que la mobilisation
23:49citoyenne
23:51de l'opinion
23:51que les journalistes
23:53et puis
23:53et d'ailleurs je remercie
23:54votre antenne
23:55et tous les journalistes
23:57Mariam Pierre Zadé
23:57vous en faites partie
23:58pour le Pacar aussi
24:00des élus
24:01Aïda Jizadeh
24:02mais c'est cette mobilisation-là
24:04aussi je crois
24:04dans l'opinion
24:05qui permet aussi
24:07de faire émerger
24:07ces récits
24:08d'instaurer un rapport
24:09de force diplomatique
24:11politique
24:11avec l'état iranien
24:12parce que
24:13ceux dont les bourreaux
24:14ont en réalité horreur
24:16et bien c'est qu'on les tienne
24:17pour ce qu'ils sont
24:18c'est-à-dire
24:18un état ravisseur
24:19et donc je crois
24:20que c'est cette mobilisation
24:21au fond qui a payé
24:22avec les efforts
24:23conjugués diplomatiques
24:24mais vous voyez bien
24:25que ça n'a pas été
24:26au départ
24:27la stratégie aussi
24:28qui avait été
24:29celle qui était recommandée
24:30par le Quai d'Orsay
24:31et les avocats
24:32que nous sommes
24:32et bien souvent
24:34on a du mal
24:35dans un premier temps
24:36à se faire entendre
24:37parce qu'on nous explique
24:38que ce n'est pas
24:39le temps du droit
24:40ce n'est pas le temps
24:41parce que justement
24:42c'est là que veulent nous emmener
24:44l'état iranien
24:44c'est la zone de non-droit
24:46c'est la zone
24:47de l'arbitraire
24:48c'est du dérogatoire
24:49du gré à gré
24:50des arrangements
24:51et nous on continuera
24:52de dire que c'est
24:53la mobilisation citoyenne
24:54c'est la liberté
24:55d'informer des journalistes
24:56sur la réalité
24:57des crimes
24:58de l'état iranien
24:59et cette détention-là
25:00c'est un crime
25:01de l'état iranien
25:02et c'est ça
25:03qui doit être entendu
25:04Je vous donne la parole
25:05en un instant
25:06Maria
25:06mais précisément
25:07puisque vous évoquiez
25:08et le témoignage
25:10ce matin chez nos conféreurs
25:11de France Inter
25:11de l'ambassadeur de France
25:13à Téhéran
25:14et l'émotion
25:15qui était la sienne
25:16et il s'est fait l'écho
25:16précisément
25:17de la mobilisation
25:18dans l'opinion publique
25:19que vous évoquiez à l'instant
25:20on va l'écouter
25:20Écoutez
25:23c'est bien sûr
25:23un changement radical
25:24puisqu'eux ont été informés
25:26en dernière minute
25:27en toute dernière minute
25:28de leur libération
25:29mais c'est le soulagement
25:31qui l'emporte
25:32ils ont pu parler
25:33à leur famille
25:34longuement hier
25:35ils vont continuer
25:36à le faire aujourd'hui
25:37ils m'ont demandé
25:38de passer un message
25:39pour dire
25:41à leur famille
25:42mais aussi à tous ceux
25:43qui les ont soutenus
25:44en France
25:45que sans ce soutien
25:48ils n'auraient pas pu tenir
25:49parce qu'effectivement
25:50ils étaient au courant
25:51de cette mobilisation
25:52on les a informés aussi
25:53de ce qui se passait
25:55en France
25:55donc voilà
25:56ça a été extrêmement important
25:57pour eux
25:58ils s'en rendent compte
25:58ils le confirment aujourd'hui
26:00C'est très émouvant
26:01Mariam Piersadé
26:02que dans les premiers instants
26:03de retour
26:04à cette liberté
26:05que l'on a dit
26:06très cloisonnée
26:07au mur de l'ambassade de France
26:08à Téhéran
26:09le message
26:10que Cécile Collère
26:12et Jacques Paris
26:12s'est voulu faire passer
26:13via l'intermédiaire
26:14de l'ambassadeur de France
26:16en Iran
26:16c'est celui
26:17de la gratitude
26:18de la mobilisation
26:20dont ils ont eu l'écho
26:21dans le fin fond
26:22de la prison d'Evine
26:23Oui parce que
26:25dans ces interrogatoires
26:26qu'ils ont eu
26:27leurs geôliers
26:28ont dû leur dire
26:28mais vous savez
26:29personne ne se bat
26:30pour votre liberté
26:30pour votre libération
26:31vous êtes tout seul
26:34et puis
26:34on vous a oublié
26:36et quand on est
26:37à l'isolement
26:37dans cette section 209
26:39qui vraiment
26:40fait peur
26:42à chaque Iranien
26:43et pas que
26:45parce que
26:46les conditions
26:47de décension
26:47sont absolument
26:48effroyables
26:49et d'entendre
26:51qu'à 4211 km
26:53il y a des gens
26:55qui se mobilisent
26:56que la famille tient
26:57c'est sûr
26:58que
26:59ça fait tenir
27:01après
27:02encore une fois
27:03ils ont eu
27:03très très peu
27:04de contact
27:04avec l'extérieur
27:05Noémie Collère
27:06nous disait
27:07sur le plateau
27:08qu'elle avait
27:08des nouvelles
27:08de sa soeur
27:09tous les 3 mois
27:09et qu'elle dormait
27:10avec son téléphone portable
27:11parce que ça pouvait
27:11survenir à n'importe quel moment
27:13y compris qu'elle hésitait
27:14parfois
27:14et on a vécu ensemble
27:16à répondre
27:18à des interviews
27:18car elle avait peur
27:19de se couper
27:20de son téléphone
27:21quelques instants
27:21et que cet instant là
27:22serait celui
27:23de l'appel de sa soeur
27:24et je crois que
27:25le récit
27:25de chacun
27:28des 7
27:29enfin en tout cas
27:29des 5 qui sont sortis
27:30et qui ont parlé
27:32c'est de se dire
27:32le temps est long
27:34on ne sait pas
27:34quand est-ce qu'on va sortir
27:35on ne sait pas
27:35ce qu'on nous reproche
27:36et puis
27:37on parlait
27:38du temps long
27:39de la diplomatie
27:40il faut aussi
27:42comprendre quelque chose
27:43dans ces négociations
27:44qui se jouent à Téhéran
27:45vous avez des diplomates français
27:47qui sont face
27:47à un peu
27:48des seconds couteaux
27:50enfin des personnes
27:50qui n'ont pas le pouvoir
27:51de libérer
27:52ces détenus français
27:53ces otages d'état
27:54comme le dit
27:55le quai d'Orsay
27:56puisque ces personnes
27:57chez qui
27:58ils sont
27:59donc au ministère
28:00des affaires étrangères
28:01vont relayer
28:02à l'appareil sécuritaire
28:03l'appareil sécuritaire
28:04ce sont les gardiens
28:04de la révolution
28:05rappelons-nous que
28:06Benjamin Brière
28:07est libéré
28:07un juge lui dit
28:09écoute plus rien ne pèse
28:10contre toi
28:10tu peux sortir de prison
28:11il passe une première porte
28:13une deuxième porte
28:13et on le retient
28:14parce que les gardiens
28:15de la révolution
28:15finalement
28:16ont jugé
28:17qu'il n'avait pas
28:18assez obtenu
28:18pour sa libération
28:19donc il retourne en cellule
28:20donc il faut savoir
28:22que l'Iran
28:23c'est un pays qui est complexe
28:24le système sécuritaire
28:24est complexe
28:25il y a cette diplomatie
28:26qui est incarnée
28:28effectivement
28:28par les visites
28:30de Massoud Pézechian
28:32ou de Rarchi
28:33qui est le ministre
28:34des affaires étrangères
28:34iranien
28:35et avant
28:36de Mahmoud Javad Zarif
28:37la diplomatie du sourire
28:38pour redonner un peu
28:39une autre image
28:40de la République islamique
28:40notamment à New York
28:41lors de l'Assemblée générale
28:44des Nations Unies
28:44et puis il y a
28:45les gardiens de la révolution
28:46qui eux ont la main
28:48sur la sécurité du pays
28:49qui ont la main
28:49sur les détentions
28:50parce qu'il faut savoir une chose
28:51c'est que la prison des Vines
28:52il y a une section
28:53de l'Etat
28:55de la République islamique
28:56il y a une autre section
28:57qui est uniquement
28:58gérée par les gardiens
28:59de la révolution
29:00il y a deux services
29:00de renseignement en Iran
29:01il y a les services
29:02de renseignement étatiques
29:03et les services
29:04de renseignement
29:04des gardiens de la révolution
29:05et d'ailleurs
29:06quand vous parlez
29:07avec un détenu iranien
29:08la première chose
29:09que vous lui demandez
29:09c'est que tu as été
29:10arrêté par qui
29:11par les gardiens
29:12ou par la République islamique
29:15et les gardiens
29:16de la révolution
29:16il n'y a pas de contact
29:17avec eux
29:18si vous voulez
29:19les diplomates
29:20ne parlent pas
29:21avec ce corps
29:22ce corps d'armée
29:23qui incarne
29:26la République islamique
29:28et tout l'arbitraire
29:29aussi
29:29et qui sont plus puissants
29:32que l'Etat
29:32de la République islamique
29:33Oui là-dessus
29:34Aida Isadé
29:35Oui je partage
29:37tout à fait
29:37ce que vient de dire
29:38Marempire Isadé
29:39et puis il faut aussi
29:40savoir que le corps
29:41des gardiens
29:41de la révolution
29:41on l'a vu d'ailleurs
29:42avec les attaques
29:44israéliennes
29:45et aussi très
29:46traversé de courant
29:47enfin contradictoire
29:50c'est à dire que
29:50ils ont pu faire
29:51les frappes
29:52qu'ils ont fait
29:53c'est qu'il y avait
29:53une partie d'entre eux
29:54qui ont donné
29:55des renseignements
29:56au Mossad
29:58et au gouvernement israélien
29:59moi je voudrais
30:00revenir sur une chose
30:01qui m'a été dite
30:02et je pense que là-dessus
30:03il y a peut-être
30:03une marge de progrès
30:04les otages
30:06ne sont pas que français
30:06il y a eu des otages
30:07d'autres pays européens
30:08et on sait
30:09mener des négociations
30:11entre pays européens
30:12pour obtenir
30:13par exemple
30:13l'arrêt du programme nucléaire
30:14et c'est vrai que
30:15quand on a des otages
30:16qui sont arrêtés
30:17chaque pays avance seul
30:19pour libérer les siens
30:20et là-dessus
30:21on peut regretter
30:22que l'Europe
30:23n'arrive pas
30:23à parler d'une seule voix
30:24et à dire
30:24si vous ne libérez pas
30:25les suédois
30:26et les français
30:26et les belges
30:27en même temps
30:27et bien on ne négocie pas
30:28là-dessus je pense
30:29qu'il y a une énorme marge
30:30de progrès
30:31qu'il faut faire
30:32j'espère qu'on n'aura pas
30:33à le faire d'ici peu
30:35parce qu'il n'y aura
30:35plus d'otages
30:36et j'espère aussi
30:37que le gouvernement
30:38va changer en Iran
30:40mais c'est quelque chose
30:41sur lequel on doit réfléchir
30:42là il faut dépasser
30:44les frontières nationales
30:45nous sommes l'Europe
30:45et nous devons parler
30:46d'une seule et même voix
30:47quand il s'agit de libérer
30:49des ressortissants à nous
30:50des ressortissants européens
30:51qui sont détenus
30:52arbitrairement
30:52dans des dictatures
30:54Chérine Ardakani
30:56vous travaillez
30:57pardon à la cour
31:00vous travaillez auprès
31:01de personnes
31:02en situation d'exil
31:03vous avez
31:04de par votre métier
31:06affaire à nombre
31:08de pays dans le monde
31:09et de trajectoires
31:09différentes
31:11est-ce qu'il y a
31:12d'autres pays
31:12que l'Iran
31:13qui pratique aujourd'hui
31:14une politique
31:15d'otage d'Etat
31:16telle que celle-ci
31:17et singulièrement
31:19qui ne respecte pas
31:21à ce point
31:22et on évoquait tout à l'heure
31:23la plainte
31:24que la France a finalement
31:24retirée
31:25à la Cour internationale
31:27de justice
31:28pour violation du droit
31:28à la protection consulaire
31:29qui ne respecte pas
31:30à ce point
31:31ces engagements
31:32en termes de
31:33enfin ces engagements
31:34je ne sais pas
31:36comment les qualifier
31:37mais c'est
31:37ces méthodes
31:41d'accès
31:42à minima
31:43à des prisonniers
31:44oui tout à fait
31:45à l'heure où je vous parle
31:46par exemple
31:47moi je pense
31:48alors dans un autre
31:49registre
31:50qui n'est pas
31:51une otage d'Etat
31:52Ibtissam Lashgar
31:54qui est cette
31:55jeune femme
31:56marocaine
31:57militante
31:57pour les droits
31:58des femmes
31:59qui vient de prendre
32:00une peine
32:00de 30 mois
32:01d'emprisonnement
32:02par les autorités
32:03marocaines
32:03pour avoir exercé
32:05sa liberté
32:06d'expression
32:07je repense
32:08aux otages
32:09français
32:09en Algérie
32:10alors en tout cas
32:11à votre confrère
32:13journaliste
32:14de l'équipe
32:15voilà
32:16qui là
32:17est en fait
32:19dans les
32:19dans les geôles
32:20algériennes
32:21pour avoir
32:22uniquement fait son métier
32:23et pour avoir
32:24exercé sa liberté
32:25pardon
32:26d'informer
32:27je pense aussi
32:28évidemment
32:28à Boalem Sansal
32:29écrivain
32:30qui connaît
32:31le même sort
32:32je pense à
32:33Camilio Castro
32:34au Venezuela
32:35bref
32:35on a
32:35pléthore
32:36de ressortissants
32:37français
32:38qui aujourd'hui
32:39sont dans les geôles
32:40d'un certain nombre
32:41d'états
32:42d'états
32:43plus ou moins
32:44démocratiques
32:45états plus ou moins
32:46autoritaires
32:47mais qui font tous
32:48l'objet d'une détention
32:49arbitraire
32:50dans des conditions
32:51évidemment dégradantes
32:53donc ça c'est assez
32:54alarmant
32:54pour l'état du monde
32:56qui recule
32:57s'agissant à la fois
32:58du droit à la liberté
32:59d'expression
33:00du droit à la liberté
33:01d'informer
33:02du droit
33:02pour les militantes
33:04des droits
33:05des femmes
33:05d'exprimer
33:07évidemment
33:08leurs revendications
33:09légitimes
33:10à l'égalité
33:11et on voit que
33:11finalement
33:12cette détention
33:13arbitraire
33:13elle est utilisée
33:14par les pouvoirs
33:15pour faire taire
33:17les citoyens
33:18qui sont soit
33:19des citoyens dissidents
33:20soit des professionnels
33:22mais l'Iran ne s'illustre pas
33:23singulièrement
33:24dans cette liste
33:25que vous avez évoquée
33:26à l'instant
33:26dans le jusqu'au boutisme
33:28de l'application
33:28de l'arbitraire
33:29si l'Iran
33:30en est un
33:30mais vous savez
33:31moi j'ai aussi défendu
33:32pardon je dois le dire
33:33j'ai aussi défendu
33:35des citoyens
33:36qui sont allés
33:37prendre le chemin
33:38des zones internationales
33:40pour se trouver
33:41à Gaza
33:41et forcer un blocus
33:43et qui eux-mêmes
33:43se sont retrouvés
33:44interceptés
33:45illégalement
33:46dans les zones internationales
33:47dans les
33:48geôles
33:49d'une démocratie
33:50qui est l'état
33:52d'Israël
33:52donc vous voyez
33:53moi des français
33:54qui ont été détenus
33:55un petit peu partout
33:56à l'étranger
33:57pour avoir exercé
34:00leur simple liberté
34:01d'aller et venir
34:02j'en ai pléthore
34:03et pléthore
34:03donc voilà
34:04il ne s'agit pas ici
34:05de comparer
34:06non il ne s'agit pas
34:07de comparer
34:08mais de rappeler
34:08que quand même
34:09il faut voir
34:10une réalité aujourd'hui
34:11c'est qu'il y a
34:12des gens partout
34:13dans le monde
34:13qui vont en prison
34:15qui sont détenus
34:16alors qu'ils ne devraient
34:18pas être détenus
34:18pour avoir exercé
34:19des libertés publiques
34:21et individuelles
34:21alors je ne compare pas
34:23le sort des uns
34:23et des autres
34:24mais je rappelle quand même
34:25que démocratie ou pas
34:26il s'agit quand même
34:28de respecter
34:28la première liberté
34:29des gens
34:30qui n'ont pas à se trouver
34:31en prison
34:32pour avoir exercé
34:33leur liberté fondamentale
34:34et l'avocate que je suis
34:35eh bien en force
34:37aujourd'hui de rappeler
34:37qu'il y a ces pratiques là
34:39qui continuent de se poursuivre
34:41et sans qu'il y ait
34:41de sanctions
34:42parce que là
34:43la question c'est
34:44qu'est-ce qui va se passer
34:45pour l'état iranien
34:46est-ce qu'un jour
34:46les auteurs
34:47de ces faits
34:48de nature criminelle
34:49vont être poursuivés
34:50et jugés devant
34:50les juridictions internationales
34:52moi c'est ça
34:52qui m'intéresse
34:53on va y venir
34:53justement
34:54merci pour la transition
34:55Jacques Paris
34:57et Cécile Collère
34:58étaient donc
34:58même s'ils ne sont pas
35:00tout à fait libres
35:01aujourd'hui
35:01pas libres du tout
35:02d'ailleurs
35:03mais ne sont plus
35:04en prison
35:05ils étaient
35:05sur le sol français
35:06ils sont tout à fait
35:07sur le sol français
35:08mais au milieu
35:09du territoire iranien
35:11ils étaient donc
35:12les derniers otages
35:13d'état
35:13c'est comme ça
35:14que le Quai d'Orsay
35:14les appelle français
35:15après des années
35:17marquées par plusieurs
35:18sorts similaires
35:19on va voir ce reportage
35:20de Marc Pope
35:21qui nous raconte
35:22les trajectoires
35:23de plusieurs de ces français
35:24ces dernières années
35:25et on se demandera
35:26jusqu'après
35:26si précisément
35:28on est en train
35:28d'ouvrir une nouvelle page
35:29dans les relations
35:29entre l'Iran
35:30et la France
35:31Cécile Colleur
35:33et Jacques Paris
35:34dernier visage
35:35de la diplomatie
35:36des otages
35:36mis en place
35:37par Téhéran
35:38si les deux prisonniers
35:39politiques
35:40entrevoient leur libération
35:41d'autres avant eux
35:42ont pu regagner
35:43leur foyer
35:43le 9 octobre
35:45Lénard Manterlos
35:46a été relâché
35:47par le régime
35:47après 111 jours
35:48de détention
35:49pour espionnage
35:50en mars dernier
35:51c'est Olivier Grondeau
35:52qui posait le pied
35:53sur le sol français
35:54après plus de deux ans
35:55de captivité
35:56il avait été arrêté
35:57pour complot
35:58contre la République d'Iran
35:59alors qu'il effectuait
36:00un tour du monde
36:01Depuis une dizaine d'années
36:07l'Iran multiplie
36:08les arrestations arbitraires
36:09de ressortissants étrangers
36:10afin de les utiliser
36:11comme monnaie d'échange
36:12l'une des premières
36:13à en faire les frais
36:14est Clotilde Reiss
36:15étudiante en Iran
36:16emprisonnée en juillet 2009
36:18elle sera finalement
36:19libérée en mai 2010
36:20après la mobilisation
36:21de toute la diplomatie française
36:23hasard du calendrier
36:25ou non
36:25au même moment
36:26l'assassin de Chapour Bakhtiar
36:27est lui aussi libéré
36:28après plusieurs années
36:30de prison en France
36:30Benjamin Brière
36:32lui a appris sa libération
36:33après trois ans
36:34de captivité
36:34dans les Jeules iraniennes
36:35il a été libéré
36:36en même temps
36:37qu'un autre français
36:38Bernard Feland
36:38juin 2024
36:40c'est au tour
36:40de Louis Arnault
36:41de retrouver la liberté
36:42sur notre plateau
36:44il raconte alors
36:44ses conditions de détention
36:46vous êtes traité
36:47comme un animal
36:49vous vivez
36:50dormez
36:50mangez
36:51à même le sol
36:51on ne vous parle pas
36:54on vous hurle dessus
36:56on vous aboie dessus
36:57je pense que c'est même
36:57le bon mot
36:58et on vous sort
37:01une à deux fois par semaine
37:02pour une demi-heure
37:03pour prendre l'air
37:04officiellement
37:05la France se refuse
37:06à toute négociation
37:07mais officieusement
37:08des tractations
37:08se mènent en coulisses
37:09comme le sous-entendait
37:11en 2024
37:11le ministre des affaires étrangères
37:13Stéphane Séjourné
37:14toujours engagé le dialogue
37:15et ce dialogue
37:17il est permanent
37:18nous avons besoin
37:18aujourd'hui
37:19d'avoir un certain nombre
37:20de contacts
37:21pour permettre
37:22à ces détenus arbitraires
37:24de pouvoir sortir
37:24les cas de Cécile Collère
37:26et Jacques Paris
37:27semblent aussi liés
37:28à celui de Madhies Fandari
37:30jeune femme accusée
37:31en France
37:31d'apologie du terrorisme
37:33depuis février
37:33elle est actuellement
37:35sous contrôle judiciaire
37:36avec interdiction
37:37de quitter le sol français
37:38tout comme Cécile Collère
37:39et Jacques Paris
37:40en Iran
37:41Brian Piersade
37:43il n'y a donc plus
37:44d'otages français
37:45d'otages d'état français
37:48en Iran
37:48à l'heure où l'on se parle
37:50sans présager
37:51de l'avenir
37:52est-ce que
37:53ce faisant
37:54d'un point de vue
37:56géopolitique
37:57peut s'ouvrir
37:58une nouvelle page
37:59des relations
38:00entre la France
38:02et l'Iran
38:02en tout cas
38:03la libération
38:04de Cécile Collère
38:05et Jacques Paris
38:05était conditionnée
38:06à l'ouverture
38:07d'une nouvelle page
38:09il y a un nouvel ambassadeur
38:10qu'on a entendu tout à l'heure
38:11qui est arrivé
38:12au mois de juin
38:13l'ambassade de France
38:14a été une des seules
38:15qui n'a effectivement
38:15pas fermé
38:16une des rares
38:17qui n'a pas fermé
38:18pendant la guerre
38:18de 12 jours
38:19au mois de juin
38:19signe qu'il faut
38:21maintenir ce contact
38:22avec l'Iran
38:23Emmanuel Macron
38:23communique aussi
38:24régulièrement
38:25lorsqu'il s'entretient
38:26avec Massoud Pézichkian
38:27en fait
38:29c'est compliqué
38:30parce qu'on est dans
38:30une période d'incertitude
38:32où le régime iranien
38:33est extrêmement affaibli
38:34où les négociations
38:35sur le nucléaire
38:36l'accord sur le nucléaire
38:37est périmé
38:37maintenant il en faut
38:38un autre
38:39les négociations
38:40patinent totalement
38:40dessus
38:42et à la fois
38:42il faut maintenir
38:44ce canal de communication
38:45il faut aussi maintenir
38:46un outil de pression
38:46sur la république islamique
38:48puisque n'oublions pas
38:49que la France
38:50a décidé aussi
38:51de ce fameux snapback
38:52de retour de sanctions
38:53onusiennes
38:54contre la république islamique
38:55pour pressuriser
38:56davantage économiquement
38:57l'Iran
38:57pour la pousser
38:58à négocier
38:59donc c'est une politique
39:00quand même
39:01c'est du chaud
39:02du froid
39:03mais toujours maintenir
39:04ce canal de communication
39:05qui n'a pas été rompu
39:07est-ce qu'on a à l'aube
39:07de nouvelles relations
39:09tout cela
39:10va trouver peut-être
39:12une réponse
39:13au moment
39:13de la sortie du territoire
39:15de Cécile Colère
39:15et Jacques Paris
39:17mais en tout cas
39:17effectivement
39:18comme on entendait
39:19l'ambassadeur de France
39:19à Téhéran
39:20tout à l'heure
39:21il reste très prudent
39:22pour l'instant
39:23tant que ces deux ressortissants
39:25sont sur le territoire iranien
39:27un Iran affaibli
39:28qui avait peut-être
39:30qui avait besoin
39:32ou en tout cas
39:33qui était un peu bloqué
39:35avec ce dossier
39:37qui empêchait
39:39d'ouvrir peut-être
39:40quelque chose
39:41pour la suite
39:42oui
39:43il faut relativiser
39:44parce que le poids
39:45de la France
39:46n'est pas décisif
39:48c'est les Etats-Unis
39:49qui ont la clé
39:51mais la France
39:53a un rôle à jouer
39:53et en 2015
39:56elle était autour
39:57de la table
39:57avec d'autres pays
39:58pour faire aboutir
40:00cet accord-là
40:01le gouvernement iranien
40:03est affaibli
40:04et en Iran
40:04en ce moment
40:05il se passe
40:05des scènes absolument
40:07extraordinaires
40:08pas seulement à Téhéran
40:11qui est la capitale
40:12avec des classes aisées
40:13mais partout ailleurs
40:14dans les villes iraniennes
40:15beaucoup de femmes
40:16ont fait tomber le voile
40:18et on a face à elles
40:21une police des mœurs
40:22qui n'arrive plus
40:23ou n'a plus les moyens
40:24de faire respecter
40:25cet interdit-là
40:26enfin cette obligation
40:27du voile obligatoire
40:29d'ailleurs je crois
40:30que c'est même
40:30le président Pézéchkin
40:31qui a refusé
40:32d'appliquer une loi
40:35qui venait renforcer
40:36le port du voile obligatoire
40:37économiquement
40:38c'est très compliqué
40:39économiquement
40:40c'est très compliqué
40:40évidemment
40:41mais
40:42moi les images
40:44que je vois
40:44notamment
40:45je suis beaucoup
40:45des comptes Instagram
40:47iraniens
40:48le régime
40:49n'est plus du tout
40:50légitime
40:51il n'y a plus de
40:51enfin il n'a jamais
40:52vraiment été
40:53mais là vraiment
40:53il y a une sorte de
40:55on s'en fiche
40:56des conséquences
40:56on vit difficilement
40:58économiquement
40:58tant qu'à faire
40:59autant vivre
41:00et vraiment moi
41:01je suis superfaite
41:02des scènes que je vois
41:02il y avait une vidéo
41:03qui a beaucoup tourné
41:04en Iran
41:04les 20 ans
41:06d'un centre commercial
41:07où il y avait
41:07une pauvre dame
41:08qui essayait d'empêcher
41:09les gens de danser
41:10mais il y avait un DJ
41:10et c'était des personnes âgées
41:12c'est pas la génération Z
41:14mais
41:15des femmes sans voile
41:16des hommes
41:16qui venaient danser
41:18au milieu
41:18parce que tout simplement
41:19on ne peut pas
41:19empêcher les gens de vivre
41:20et j'ai vraiment
41:22moi je me raccroche
41:23à ces vidéos
41:24comme autant de signes
41:25d'espoir
41:25ils ne peuvent pas
41:26mettre sous été noir
41:28un pays avec une telle
41:29vivacité
41:29avec une telle intelligence
41:30et voilà
41:31j'ai vraiment foi
41:32dans ce grand peuple d'Iran
41:33si on voit le verre d'eau
41:34à moitié vide
41:35chez Renard D'Agani
41:36on pourrait se dire aussi
41:36qu'un régime qui a peur
41:37un régime qui a faible
41:38c'est un régime qui est prêt à tout
41:40oui tout à fait
41:41et malheureusement
41:42à l'heure où on se parle
41:43on fait l'objet de nouveau
41:44d'une vague d'exécutions
41:46il y a des jeunes gens
41:46qui ont été exécutés
41:49précisément pris part
41:50à ces manifestations
41:51vous savez moi
41:53en tant qu'avocate
41:54franco-iranienne
41:55je suis l'avocate
41:56d'un certain nombre
41:57de militants
41:58et de militantes
41:59pro-démocratie en Iran
42:00Nargess Mohamadi
42:01le prix Nobel de la paix
42:02j'ai autant d'empathie
42:04Nargess Mohamadi
42:04non faut-il le rappeler
42:05elle est toujours
42:06alors désormais
42:07elle est sous
42:08c'est dans la présidence
42:10surveillée
42:12mais en réalité
42:13moi j'ai autant d'empathie
42:14pour mes compatriotes français
42:16que pour mes compatriotes
42:18iraniens
42:18je suis un peu
42:19au milieu du guet
42:21et j'attends le jour
42:21où tous les otages
42:23que sont finalement
42:24parce que là
42:25les français sont sortis
42:26mais il y en a encore d'autres
42:27d'autres nationalités
42:28et demain
42:28il y en aura encore de nouveau
42:30et tant que ce régime
42:31sera en place
42:31et bien il n'y aura pas
42:33finalement
42:33ni de peuple libre
42:34ni de paix
42:35ni de prospérité
42:36en fait dans la région
42:37et donc moi j'attends
42:38évidemment ce jour
42:39avec impatience
42:40le jour où les iraniennes
42:41et les iraniens
42:42pourront venir
42:43en France librement
42:45que nous
42:45nous pourrions retourner
42:46je le sais
42:47Aïda Adjizadeh
42:48et Mariam
42:50voilà
42:51il viendra un jour
42:52on entend votre
42:54on entend votre émotion
42:56pour conclure
42:57Mariam
42:57évidemment
42:58ce n'est pas parce que
42:59Cécile Collère
43:00et Jacques Paris
43:00vont rentrer
43:01on l'espère
43:02en tout cas ses proches
43:03l'espère
43:03dans un temps
43:04relativement court
43:05que l'Iran
43:06renonce aujourd'hui
43:07à une politique
43:07qu'il mène
43:08depuis 45 ans maintenant
43:09Ah oui bien sûr
43:10mais il y a eu
43:11des exécutions aussi
43:12de détenus
43:13qui étaient
43:14irano-suédois
43:15en fait
43:16ce n'est pas un état de droit
43:18l'Iran
43:19donc vous vous battez
43:20contre un appareil
43:21enfin il faut
43:22ça fait depuis 46 ans
43:24que les tribunaux
43:24ce sont des tribunaux
43:25révolutionnaires
43:26ce sont les mêmes tribunaux
43:27qui ont été mis en place
43:27au moment de la révolution islamique
43:28Les femmes n'ont pas le droit
43:29d'être juge
43:29Les femmes n'ont pas
43:30oui
43:30Chirine Badi
43:31qui a été une des premières femmes juges
43:32en France
43:32et au moment de la révolution islamique
43:33est devenue la secrétaire
43:35de celui qui lui a porté le thé
43:36qui était lui devenu juge
43:37donc tant que ce système judiciaire
43:40sera là
43:41tant que les gardiens
43:42de la révolution
43:42et ce système
43:44ce nésame
43:46comme on dit
43:46ce nésame
43:46comme on dit en persan
43:47cet appareil sécuritaire
43:49autocratique
43:50et militaire
43:51de l'Iran
43:52aura besoin
43:53de monnaie d'échange
43:54ça va continuer
43:54et d'ailleurs
43:55c'est vrai que
43:56les diplomates
43:58marchent sur des oeufs
43:59parce qu'à la fois
43:59l'Iran est en zone rouge
44:01normalement
44:01les touristes français
44:02ont interdiction
44:04d'aller dans ces pays là
44:06et donc effectivement
44:07à chaque fois
44:09pour eux
44:10ce sont des dossiers
44:11très compliqués
44:11à gérer
44:12puisque les détentions
44:13arbitraires
44:14elles sont monnaie courante
44:15c'est à dire que
44:15vous pouvez arriver
44:16en Iran
44:18et être arrêté
44:19pour un motif
44:20totalement fallacieux
44:21alors ça n'arrive pas
44:22à tout le monde
44:22mais c'est tombé
44:23effectivement
44:24ça fait trois ans et demi
44:25quand même
44:25qu'ils sont en Iran
44:26si on a besoin
44:27de vous arrêter
44:27on vous arrête
44:28si à ce moment là
44:29il y a besoin
44:29d'arrêter
44:30de libérer
44:30un détenu iranien
44:31en Europe
44:32ce qui a été le cas
44:33notamment
44:33je le cite rapidement
44:35un humanitaire belge
44:37Olivier Vendecastel
44:37qui a été quand même
44:38libéré
44:38contre un Iranien
44:40qui avait été
44:41condamné pour terrorisme
44:42pour avoir fomenté
44:44un attentat
44:44sur le sol français
44:45il était en Iran
44:47il faisait ses cartons
44:49parce qu'il quittait l'Iran
44:50et il a été arrêté
44:51un an à l'isolement
44:52pour libérer
44:53des détenus
44:54qui sont condamnés
44:54pour terrorisme
44:56C'est la fin de cette émission
44:57juste d'un mot
44:58Chéri Nardakani
44:59l'ambassadeur de France
45:00à Téhéran
45:01a été assez optimiste
45:01sur les délais
45:02de retour
45:04en Europe
45:05de Cécile et Jacques
45:07et vous ?
45:08Je ne sais pas
45:09à suivre
45:10alors vous reviendrez
45:11et nous on attend
45:12avec beaucoup d'impatience
45:13Cécile et Jacques Paris
45:15merci infiniment
45:15à toutes les trois
45:16d'être venus sur ce plateau
45:17une émission à revoir
45:17en replay
45:18réécoutée en podcast
45:19on se retrouve dans un quart d'heure
45:20pour la suite
45:21de ce rendez-vous d'info
45:22Sous-titrage Société Radio-Canada
45:23Sous-titrage Société Radio-Canada
45:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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