- 3 months ago
Category
🗞
NewsTranscript
00:0014h30 à Paris, bienvenue dans votre rendez-vous.
00:02Derrière l'image, on prend le temps de décrypter ensemble l'info à partir d'une photo qui fait sens.
00:08Je l'évoquais tout à l'heure, record dans l'histoire des Etats-Unis avec ce shutdown qui se poursuit.
00:1535e jour de paralysie budgétaire, ce qui a évidemment des conséquences de multiples façons outre-Atlantique.
00:23On va vous parler du programme de la NASA.
00:26On va s'intéresser à l'avancée du programme lunaire Artemis, censé ramener les Américains, vous le savez, sur la Lune.
00:31C'est un projet ambitieux auquel les Américains tiennent.
00:34Un programme en grande difficulté aussi, puisque SpaceX accumule les retards
00:39et que des milliers de techniciens ne sont donc plus payés en raison de ce shutdown.
00:44Bonjour Sylvain Rousseau.
00:45On part dans l'espace à vos côtés, comme à chaque fois.
00:48Pour l'instant, on reste plutôt au sol.
00:49Une photo, on reste au sol.
00:50Vous allez nous ramener les pieds bien au sol.
00:53On a une photo, on va la voir peut-être et puis on va la commenter ensemble.
00:55La photo, elle est où ?
00:57Voilà, donc c'est une photo des quatre astronautes d'Artemis 2,
01:02qu'on voit donc en randonnion, prêts à décoller.
01:05Sauf que pour l'instant, ils ne décollent évidemment pas.
01:07En revanche, et c'est quand même à signaler,
01:08si le retour d'un Américain sur la Lune accumule des retards,
01:12eh bien eux, ça mérite d'être signalé, vont partir en avance.
01:15Leur mission était prévue pour fin avril.
01:17Elle est avancée à début février.
01:19Donc on a Reid Wiseman, le commandant de la mission.
01:23Victor Glover, le pilote et le premier astronaute afro-américain dans l'espace.
01:27Christina Koch, spécialiste de mission qui, elle, sera la première femme en orbite lunaire.
01:32Et enfin, Jeremy Hansen, spécialiste de mission lui aussi,
01:34qui sera le premier Canadien et même le premier non-américain à aller aussi loin dans l'espace
01:39puisque les États-Unis ont ouvert un siège à l'un de leurs partenaires.
01:42Donc pour la première fois en plus de 50 ans, des humains vont aller au-delà de l'orbite terrestre.
01:46Alors pas question pour eux de poser le pied sur la Lune.
01:48Il s'agit d'une mission qui est un petit peu proche de ce qu'avait été à l'époque Apollo 10,
01:52prélude à Apollo 11 et Annie Lambsonck sur la Lune.
01:54Là, on va attendre après eux Artemis III où un Américain, une Américaine,
01:58vont enfin poser le pied sur la Lune.
02:01L'objectif, eh bien, c'est de tester tout ce matériel nécessaire au retour sur la Lune,
02:04le pousser dans les pires conditions possibles,
02:07s'assurer que tout marche en attendant Artemis III.
02:10Mais là, par contre, on risque d'attendre encore un petit moment quand même.
02:12Alors qu'on soit d'accord quand on parle du retour des Américains sur la Lune,
02:15il s'agit d'y poser le pied.
02:17C'est ça, Artemis III.
02:19Et là, par contre, les retards s'accumulent.
02:21Oui, je vous le disais, autant Artemis II va partir un petit peu en avance,
02:24autant Artemis III, eh bien, les nuages s'amoncèlent.
02:27Tout simplement parce qu'il y a besoin de SpaceX pour réussir cette mission.
02:31Il y a besoin du Starship, ce vaisseau qu'on voit décoller.
02:35Ça, c'était le premier lancement du monstre qu'est le Starship.
02:39100 tonnes de charge utile.
02:40Elle sera même doublée dans les années qui viennent.
02:41Plus de 120 mètres de haut, 300 tonnes de poussées au décollage.
02:45Voilà un premier décollage fracassant, y compris pour le pas de tir, d'ailleurs,
02:49qui n'a pas résisté à ce décollage.
02:51Le problème du Starship, c'est que le rythme des décollages est trop lent
02:54parce qu'Elon Musk pensait pouvoir faire fi des normes environnementales,
02:59sécuritaires américaines.
03:00Mais le gendarme de l'aéronautique veille au grain.
03:02Et effectivement, il est obligé de ralentir la cadence.
03:05Et les explosions ont causé beaucoup de dégâts.
03:08Elles se sont accumulées sur beaucoup de tests.
03:11Alors effectivement, il y a quand même eu de beaux succès,
03:12comme le rattrapage du premier étage grâce à des bras mécaniques.
03:16Mais je vous le disais, les explosions, les retards s'enchaînent.
03:18Même s'il faut souligner tout de même, le dernier vol, le mois dernier,
03:21le 11e vol du Starship, à lui, était plutôt un succès.
03:25Il reste encore malgré tout beaucoup, beaucoup de chemin à faire.
03:28Le prochain vol est prévu pour l'année prochaine.
03:30Normalement, en 2026, SpaceX a prévu 9 vols.
03:33C'est-à-dire que si on ramène ça, c'est 3 fois la cadence actuelle,
03:36ce qui devrait normalement leur permettre tout de même de faire quelques progrès.
03:39Quand vous dites beaucoup de chemin à faire, concrètement,
03:42qu'est-ce qui manque aujourd'hui à Starship et à SpaceX ?
03:44À peu près tout, déjà.
03:46Un vaisseau, pour commencer.
03:47En fait, la difficulté de SpaceX réside dans l'ambition démesurée qu'ils ont.
03:51Parce qu'ils veulent utiliser le Starship pour aller sur la Lune.
03:53Enfin, la NASA leur demande d'utiliser le Starship pour aller sur la Lune,
03:56alors que SpaceX vise déjà plus loin.
03:58Notamment Mars, et le Starship est conçu pour aller plus loin que la Lune, finalement.
04:01Donc, en fait, ils adaptent, ils construisent un vaisseau pour aller plus loin que la Lune,
04:06pour arriver sur la Lune.
04:07Peut-être que s'ils avaient fait plus simple, plus petit, on aurait déjà le vaisseau près.
04:12Et puis, il y a un autre gros défaut à ce programme,
04:14c'est que c'est un programme qui est extrêmement complexe.
04:17On va vous montrer une infographie de ce programme pour que vous compreniez bien.
04:21Alors, quand on voit l'infographie comme ça, on a envie de dire qu'on n'y comprend rien.
04:24Donc, on va prendre quand même le temps de décrypter ce qu'est ce programme Artemis.
04:28Vous avez donc d'abord différents Starships qui doivent décoller.
04:31Pour l'instant, on n'arrive pas à en faire décoller un seul.
04:33Qui doivent décoller, se mettre en orbite et puis attendre.
04:37Ensuite, vous avez un Starship qui va décoller à son tour,
04:40le fameux Starship HLS, c'est lui qui va aller sur la Lune.
04:43Mais pour aller sur la Lune, il va falloir qu'il se fasse ravitailler en orbite terrestre
04:47par les vaisseaux Starship préalablement décollés.
04:50Ensuite, vous avez le vaisseau orange qu'on voit au milieu, le SLS,
04:54qui est juste là derrière moi, qui, lui, va emporter les astronautes
04:58qui seront dans la capsule, qu'on voit ici.
05:01La capsule va aller se poser sur le Starship.
05:04Puis, le Starship va l'amener sur la Lune, la descendre sur la Lune
05:07avant de revenir et de lâcher la capsule qui va revenir sur Terre.
05:12Donc, vous voyez, c'est extrêmement complexe.
05:15On dirait presque un programme européen tellement on ne s'y retrouve pas.
05:19Et donc, c'est effectivement cette complexité qui fait que tout ça prend beaucoup de temps.
05:24Le contrat signé en 2021 avec SpaceX portait uniquement sur la conception du module de descente.
05:29Voilà, ce fameux HLS, un contrat évalué entre 3 et 4 milliards et demi de dollars.
05:35Donc, les prochains objectifs pour le Starship, ce sont des vols test 2025-2027.
05:39On est en plein dedans, y compris un aller-retour à vide sur la Lune,
05:41parce qu'avant de pouvoir y emmener des astronautes, il faut pouvoir prouver qu'on peut les ramener.
05:44Démission commerciale dès 2026 et donc Artemis 3 en 2028,
05:49ce qui fait déjà au bas mot un an et demi de retard.
05:51Un panel d'experts indépendants a même estimé récemment que le projet pourrait accumuler encore plusieurs années de retard.
05:57Et donc, l'ANASAD décide de rouvrir l'accès à la Lune à la concurrence.
06:00Il faut dire que l'agence, elle est plus que sous pression.
06:02Oui, elle est sous pression parce qu'en fait, il y a cette obsession chinoise.
06:06Qui va arriver sur la Lune en premier ?
06:08Au départ, les Américains semblaient ne pas trop s'intéresser à ce que faisait la Chine,
06:12ou en tout cas, regardez ça un petit peu de haut.
06:15Là, aujourd'hui, ils ont un peu le couteau sous la gorge parce que les Chinois progressent.
06:18Donc, il faut y aller.
06:19Et on va écouter tout de suite Sean Duffy,
06:22qui est à la fois le secrétaire au transport et l'administrateur par intérim de la NASA,
06:26qui explique de manière très claire où on est la NASA aujourd'hui.
06:29Au fait, j'adore SpaceX. C'est une entreprise formidable.
06:36Le problème, c'est qu'ils sont en retard.
06:39Ils ont repoussé leurs échéances et ne sont pas dans une course contre la Chine.
06:42Le président et moi voulons aller sur la Lune pendant ce mandat.
06:45Je vais donc ouvrir l'appel d'offres.
06:47Je vais permettre à d'autres entreprises spatiales de concurrencer SpaceX,
06:51à commencer par Blue Origin.
06:52Et encore une fois, nous choisirons celle qui nous permettra d'aller sur la Lune en premier.
06:56Et si SpaceX est en retard, mais que Blue Origin peut le faire avant eux,
07:01tant mieux pour Blue Origin.
07:04Et pour bien se rendre compte de cette obsession américaine vis-à-vis de la Chine,
07:10lors d'une interview dans Paris Match cette semaine, la semaine dernière,
07:15Thomas Pesquet, qui passe énormément de temps au sein de la NASA à Houston,
07:19qui travaille énormément avec eux, revient lui aussi dessus et de manière assez claire.
07:24Il nous dit que les Américains sont de plus en plus obsédés par cette rivalité.
07:28C'est une question de suprématie, ne serait-ce que technologique.
07:32Les Chinois avancent sans bruit, étape après étape, réussite après réussite.
07:37Ça vous donne un petit peu une idée de la pression qui s'exerce aujourd'hui sur la NASA,
07:42qui entend donc désormais réduire sa dépendance à un seul fournisseur,
07:45en misant donc sur plusieurs acteurs.
07:48On a entendu Sean Deffy nous l'expliquer.
07:50L'appel d'offres prévoit le dépôt des candidatures au premier trimestre 2026
07:55et une sélection finale à la fin de la même année.
07:58Là encore, Sean Deffy l'a dit très clairement,
08:01Jeff Bezos, l'ancien patron d'Amazon, fondateur de Blue Origin également,
08:05est dans les starting blocks.
08:06Il faut dire qu'il a un atterrisseur lunaire qui correspond lui par contre à ce qui se faisait du temps d'Apollo,
08:11c'est-à-dire simplement poser les astronautes sur la Lune, les ramener.
08:14Ça nécessite beaucoup, beaucoup moins de lancements.
08:16Mais il n'est pas encore prêt, même s'il ne part pas de zéro,
08:19puisqu'il avait déjà un contrat en cours pour des missions ultérieures,
08:23notamment Artemis 5.
08:25On sait que Lockheed Martin est aussi sur les rangs.
08:27Finalement, les États-Unis font ce qu'ils savent faire de mieux en temps de crise,
08:30c'est-à-dire mobiliser pleinement leur secteur industriel.
08:33Mais il faudra prouver qu'ils peuvent être prêts avant SpaceX.
08:36Les délais, la maturité technologique rendent ça assez compliqué.
08:39Malgré tout, SpaceX a tout de même encore un peu d'avance,
08:43mais c'est un énorme coup de pression que vient de mettre Donald Trump
08:47par l'intermédiaire de son ministre à SpaceX.
08:50SpaceX qui réagit tout de suite.
08:52On a presque senti la panique.
08:54On va passer sur les réactions outragées d'Elon Musk.
08:57Mais ils ont déjà communiqué sur une approche simplifiée
08:59pour réduire justement cette complicité logistique.
09:02Mais hormis cet effet d'annonce, on n'en sait pas beaucoup plus.
09:04Il faut bien comprendre que la NASA est un peu assise entre deux chaises avec SpaceX.
09:07Ils ont absolument besoin d'eux pour desservir la Station Spatiale Internationale.
09:11Mais ils ont aussi besoin que SpaceX accélère
09:13pour pouvoir devancer les Chinois sur la Lune.
09:15C'est quand même assez étonnant ce retour des tensions.
09:17Il a quitté la politique.
09:18Elon Musk, on aurait pensé qu'ils étaient rabibochés tous les deux.
09:21Alors pour l'instant, ils sont rabibochés sans être rabibochés.
09:24C'est-à-dire qu'ils s'observent un petit peu du coin de l'œil.
09:26On a effectivement eu cette bromance au début du mandat de Donald Trump.
09:29Puis ensuite, les invectives multiples via réseaux sociaux interposés.
09:34Chacun finalement maintenant s'occupe un petit peu de ses affaires.
09:37Mais voilà, Donald Trump estime que ça n'avance pas assez vite.
09:40Il veut absolument que les Américains soient sur la Lune avant la fin de son mandat.
09:44Donc là, gros coup de pression sur Elon Musk.
09:46Il s'ignorait jusque-là.
09:47Bon, Elon Musk ne reviendra pas en politique.
09:49A priori, ce n'est pas l'ambiance, je vous rassure.
09:51Mais effectivement, Elon Musk ne peut pas se fâcher de toute façon avec Donald Trump.
09:55Il a trop besoin de lui.
09:56Il a trop besoin de sa politique.
09:57Que ce soit pour faire passer ses voitures autonomes, pour essayer de redresser Tesla.
10:02Que ce soit pour l'intelligence artificielle, sur l'humour augmenté, également sur lequel il travaille.
10:06Ou encore évidemment pour ses fusées.
10:08Puisqu'on le disait, une des raisons des retards de SpaceX,
10:10ce sont les normes américaines de la fédération aéronautique, de l'agence aéronautique.
10:16Et elle était évidemment beaucoup moins conciliante sous Joe Biden qu'elle ne l'est sous Donald Trump.
10:20Voilà, président tout puissant certes, mais dont le Congrès a parfois contesté les décisions sur le budget de la NASA, notamment.
10:27Et oui, absolument.
10:27Parce que lorsqu'il est arrivé, Donald Trump a annulé tous les partenariats de la NASA avec les différentes agences étrangères.
10:33Qu'elles soient européennes, canadiennes, japonaises, australiennes, peu importe.
10:36Il a tout annulé, y compris dans le programme Artemis qui comportait une station spatiale lunaire, la Lunar Gateway,
10:42qui elle est passée aux oubliettes.
10:44Mais principe de réalité oblige, vous ne pouvez pas battre la Chine si vous devez refaire tout ce qui a déjà été fait par des agences partenaires.
10:52Donc on revient, on désannule finalement, on annule l'annulation.
10:57Et les Européens, les Canadiens, les Japonais travaillent à nouveau avec la NASA sur ces programmes.
11:02Il faut bien comprendre qu'en plus de ça, la plupart des emplois, enfin en tout cas une grande majorité des emplois hautement qualifiés de la NASA
11:08sont dans des États historiquement républicains.
11:11C'est un gros pourvoyeur d'emplois à la NASA qui a énormément de sous-traitants.
11:14Et c'est souvent dans des bastions républicains, que ce soit la Floride, le Texas, la Louisiane, l'Alabama, le Mississippi, etc.
11:20Il y en a d'autres.
11:21Et aux États-Unis comme ailleurs, la priorité d'un élu, c'est sa réélection.
11:25Donc évidemment, ça passe mal devant le Congrès, devant le républicain.
11:28D'ailleurs, on va même revenir sur un précédent qui est très intéressant
11:32parce que justement, il explique aussi l'une des complexités de ce programme.
11:35C'est ce fameux vaisseau orange que je vous montrais tout à l'heure, le SLS.
11:38En fait, le SLS n'avait pas vocation à exister.
11:41Mais la NASA n'avait pas vocation à faire un lanceur de cette taille-là après l'abandon de la navette spatiale.
11:47C'est le Congrès à majorité républicaine après des mi-terms qui avait été catastrophique à l'époque pour Barack Obama
11:52qui lui a imposé un lanceur lourd.
11:54Et maintenant que ce lanceur lourd, il est là, il faut l'utiliser.
11:57Donc ce lanceur dont le décollage est estimé, le coût unitaire est estimé à 2 milliards de dollars.
12:03Eh bien, on s'en sert pour quoi ? On s'en sert pour aller sur la Lune.
12:05Quand bien même, on n'en aurait pas forcément besoin puisque c'est en tout cas ce que défend Elon Musk.
12:10Lui, il veut que SpaceX fasse tout seul.
12:12Il voulait sortir ce lanceur de l'équation pour aller tout seul sur la Lune.
12:15Mais finalement, c'est peut-être l'inverse qui va se passer parce que le nerf de la guerre, c'est l'argent.
12:19L'argent, justement, les États-Unis sont en plein shutdown.
12:21Ça aussi, ça a un gros impact sur la NASA et sur le programme Artemis en particulier.
12:27D'autant qu'il n'y a pas de perspective.
12:28On a 35 jours de paralysie budgétaire.
12:30C'est un record absolu.
12:31Oui, c'est un record.
12:31Puis les choses ne semblent pas parties pour s'arranger.
12:34On va donc revenir sur la photo de ces 4 astronautes qu'on voyait au début.
12:39Pour se rendre compte que finalement, ils sont tout beaux dans leur superbe combinaison de la NASA.
12:44qui se préparent à aller orbiter autour de la Lune, ce qui n'est quand même pas rien.
12:47C'est aussi une mission extrêmement dangereuse.
12:49Et ils sont comme toute l'administration américaine.
12:51Ils ne sont pas payés.
12:52Ils travaillent à crédit, comme des milliers de techniciens d'ailleurs,
12:56qui travaillent sur leur voyage, qui travaillent sur ces missions Artemis et notamment sur Artemis 2.
13:01On sait que la NASA, en plus de ça, est déjà au bord du gouffre.
13:04Il y a eu 550 suppressions de postes uniquement à ce qu'on appelle le Jet Propulsion Laboratory.
13:09C'est le laboratoire d'élite de la NASA et pour beaucoup d'experts,
13:14c'est une catastrophe absolue sur le fonctionnement de l'agence.
13:17Pour ce qui concerne le volet Artemis, la NASA a classé ses travaux comme essentiels,
13:22autorisant la poursuite des activités, même sans budget.
13:25Les contrats sont financés jusqu'à début novembre.
13:27Sauf que début novembre, c'est maintenant.
13:30Très rapidement, il n'y aura plus d'argent pour payer les sous-traitants, pour payer les techniciens,
13:35en tout cas ceux qui ont continué à être payés jusque là.
13:37Mais l'agence a quand même envoyé des lettres aux entreprises, les autorisant à continuer au-delà.
13:43Donc évidemment, ces entreprises seront remboursées.
13:45Après, une fois qu'il y aura un budget, pour des grands groupes industriels,
13:49on pense évidemment à Lockheed Martin ou même à SpaceX, ça passera.
13:52C'est simplement un glissement de trésorerie qu'il faut pouvoir encaisser.
13:55Mais il y a également beaucoup, beaucoup de petites industries,
13:59de petites entreprises qui travaillent pour la NASA, des sous-traitants, des sous-sous-traitants même.
14:02Eh bien, pour cela, ça va être beaucoup, beaucoup plus compliqué.
14:05Beaucoup risquent de mettre la clé sous la porte.
14:07Et puis surtout, cela pourrait occasionner sur cette mission, ne serait-ce qu'Artemis 2,
14:10même si elle est pratiquement sur les rails et pratiquement faite en cours d'assemblage.
14:14Mais il y a quand même un vrai, vrai risque pour la sécurité des astronautes,
14:19parce que c'est un programme qui est millimétré évidemment.
14:21Et la moindre petite faille, le moindre petit grain de sable,
14:24peut provoquer des incidents à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres au-dessus de notre tête.
14:28Voilà, et pour le coup, si on est un gros de grain de sable, ce shutdown qui se poursuit,
14:33on aura l'occasion là aussi d'en reparler.
14:34Merci beaucoup Sylvain Rousseau, c'était derrière l'image qui nous envoyait quand même malgré tout dans l'espace.
14:39Vous nous avez fait voyager.
Comments