00:00Le patronat prend un risque aujourd'hui parce qu'une partie d'entre eux, les contacts se multiplient,
00:06notamment avec Jordan Bardella, et ils se disent « on va prendre le contrôle de son cerveau ».
00:11Il est jeune, il n'y connaît rien, on va lui dire ce qu'il faut penser,
00:17donc oui, on va lui donner un programme libéral, c'est ce que Alain Manquet, je le cite,
00:22parce qu'il m'a autorisé à le citer, appelle l'effet Van Papen,
00:26c'est-à-dire ce risque de dire « on va, au nom, comme le disait Dominique et comme le disait Lou,
00:32d'une potentielle stabilité, prendre ce risque-là parce qu'on va le contrôler ».
00:37– Et à la question de la reine ?
00:39– Ça va tout à fait dans le sens de ce que je voulais également dire,
00:43et alors moi, il y a l'effet Van Papen, je citerai Thiers, à propos du prince Louis Napoléon,
00:49disant « c'est un crétin, on le mettra par le bout du nez »,
00:52il est devenu Napoléon III, il est resté 18 ans au pouvoir.
00:55Donc, ça dit, dans ce genre de calcul, ce qu'il faut bien comprendre,
01:00je me situe sur le plan politique, ce qu'il faut bien comprendre,
01:03dans l'attitude des milieux économiques et du patronat,
01:06il y a deux choses différentes par rapport au Rassemblement national.
01:09Il y a ce qui concernerait le ralliement, et ce qui concerne une anticipation.
01:15Ça n'est pas du tout la même chose.
01:17Le ralliement, c'est d'être considéré que c'est la meilleure solution, c'est formidable,
01:21le RN arrive au pouvoir. Effectivement, dans ces sondages que vous citiez tout à l'heure,
01:27ce qui est frappant, ce n'est pas tant le niveau extrêmement élevé,
01:31c'est l'écrasement complet de la concurrence.
01:33La concurrence est balayée.
01:3420 points, 20 points, vous m'entendez, sépare le score du candidat
01:40ou de la candidate Hérène qui arriverait en tête au soir du premier tour,
01:44dans ses intentions de vote, du second.
01:46C'est-à-dire un abîme.
01:48Qui est Édouard Philippe.
01:49Qui est Édouard Philippe en chute libre lui-même.
01:52Donc, on est dans cette situation.
01:53Et puis, l'anticipation, ça, c'est plutôt les calculs dans le patronat élevé.
01:59C'est-à-dire, nous voyons que le Rassemblement national va probablement arriver au pouvoir
02:05dès qu'il y aura une élection.
02:08Et il faut donc agir pour que le programme du Rassemblement national
02:12soit gérable sur le plan de l'économie et de nos entreprises.
02:18Et donc, agissons, pesons dans ce sens.
02:21Pour le RN, si vous voulez, le levier de son succès dans le pays,
02:25de son succès d'opinion très fort, c'est remettre de l'ordre dans le pays, en gros.
02:31Et davantage développer la souveraineté française.
02:35On voit, par exemple, ce remarque, l'importance du thème du prix de l'énergie, par exemple.
02:40Pourquoi le prix de l'électricité en France est aussi élevé
02:42alors que nous avons une électricité nucléaire qu'on produit massivement.
02:46Donc, il n'y a pas de raison que le schéma bruxellois impose ça.
02:49Ça, ça marche très bien.
02:51C'est beaucoup plus compliqué, en vérité,
02:53parce qu'il y a une exportation de l'électricité française dans les pays européens dont nous bénéficions.
02:57Mais c'est très clair.
02:59Donc, remettre de l'ordre dans le pays, insécurité, une immigration plus régulée et la souveraineté.
03:07En revanche, il y a une inquiétude sur toute la gestion économique que fera le Rassemblement national.
03:12Donc, c'est là où se situe l'enjeu.
03:15C'est là où se situe la bataille.
03:17Et Jordan Bardella, il a ce rôle.
03:19Alors, ce qui est un peu saisissant quand même, c'est que Bardella fait même un tout petit peu mieux que le score de Marine Le Pen.
03:27C'est très sévère pour Marine Le Pen, quand on y réfléchit.
03:30Elle a été trois fois candidate à l'élection présidentielle.
03:33Et tous nos raisonnements jusque-là, c'est...
03:37Il y a un cursus honorum, comme vous disiez.
03:39Je dirais la course aux honneurs, plus simplement.
03:42Ce qui fait que Mitterrand a été candidat trois fois avant d'être élu.
03:46Chirac a été candidat trois fois avant d'être élu.
03:49Donc, deux fois, j'exagère pour Chirac.
03:51Il a réussi la troisième.
03:52Et donc, on a ce parcours.
03:55Et là, vous avez quelqu'un qui n'a jamais rien fait de sa vie, en gros, à part être député européen, c'est tout,
04:00mais qui n'a pas d'expérience, pas de gestion, pas d'avoir été ministre, d'avoir rien fait, et qui est tout en haut.
04:07Donc, ça, ça signifie un rejet complet de la classe politique.
04:11Ça signifie que quelqu'un de totalement neuf, à qui on prête ni la fameuse formule qu'avait employé Giscard à l'égard de Mitterrand en 1974,
04:20« Quel dommage, vous êtes l'homme du passé ! »
04:22Et en 1981, Mitterrand avait répondu « Ah, dommage qu'entre-temps, vous soyez devenu l'homme du passif ! »
04:27Eh bien, je bardais là, il n'est ni l'homme du passé, ni l'homme du passif.
04:30Donc, on considère...
04:31Et c'est sa principale qualité.
04:32Sa principale qualité, et c'est cette viduité.
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