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  • il y a 3 mois

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00:00Europe 1, Pascal Proulx et vous.
00:03A 16h17, nous sommes avec Laetitia, la maire de Matisse, et je rappelle que Matisse avait 19 ans, qu'il était étudiant,
00:08il allait fêter ses 20 ans la semaine prochaine, et qu'il a été tué samedi à Lille, vers 5h du matin,
00:12il traversait un boulevard avec des amis, lorsqu'il a été violemment percuté par une voiture en fuite,
00:18qui venait de commettre un refus d'obtempérer.
00:21Je vous remercie Madame de témoigner, et j'imagine la difficulté pour vous de prendre la parole,
00:27ces jours qui suivent le décès de Matisse.
00:31Matisse, et vous nous racontiez son histoire si particulière, puisqu'il est né en Haïti,
00:37et vous l'avez adopté, il est arrivé sur le sol de France.
00:40Il avait quel âge, Matisse, lorsqu'il est arrivé sur le sol de France ?
00:44Alors, il est arrivé à 16 mois, et on a procédé à une adoption plénière.
00:49Donc, il a acquis une nationalité française au bout d'une année, en fait, parce qu'on est allé chercher là-bas.
00:55On a mis 3 ans, en fait, pour qu'il arrive.
00:59Enfin, il y a 2 ans de procédure, ensuite 1 an, le temps qu'on a une photo d'attribution de l'enfant.
01:04Et donc, entre le moment où on nous a dit c'est votre enfant, et le moment où on est allé le chercher, il faut compter une bonne année.
01:10Donc, il est arrivé à 16 mois en France.
01:12Et ses parents étaient décédés, sans doute, et c'est pourquoi vous l'avez adopté ?
01:16Non, c'est des abandons, enfin, c'est des gens qui ne peuvent pas subvenir, et c'est un abandon qui est vraiment fait avec cœur, en fait, parce qu'ils ne peuvent vraiment pas s'occuper de l'enfant.
01:27Alors, j'imagine que vous avez reçu beaucoup de témoignages de ces amis, garçons, filles, depuis ces quelques heures.
01:35Que vous disent-ils ?
01:36Oh oui, j'en ai reçu des gens que je ne connaissais même pas, qui, des copains, s'échangent mon numéro de téléphone, et j'ai des dizaines et des dizaines de messages.
01:48Ce qu'ils me disent, c'est qu'ils sont choqués, que Mathis était un enfant rieur et fêtard, enfin, qui aimait la vie, et qu'ils veulent lui rendre hommage.
02:01Certains parlent d'une marche blanche, bon, on ne sait pas, on verra, mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'ils ont perdu certains frères, certains, l'un de leurs meilleurs amis,
02:14et ils m'ont tous dit que Mathis, j'ai eu un message le plus touchant que j'ai reçu, en fait, c'était hier soir, et un SMS d'un ami qui m'a dit,
02:24Mathis, il était comme mon frère, il avait des projets plein la tête, c'était quelqu'un de très respectueux, et merci de l'avoir élevé comme vous avez fait,
02:36parce que c'était quelqu'un vraiment poli et respectueux, et ça, ça m'a touchée, parce qu'en fait, moi, je pensais qu'il n'était pas toujours correct avec ses amis,
02:45et que parfois, il n'était pas cool, et en fait, je me suis rendu compte qu'au contraire, tout le monde l'adorait, en fait.
02:50Le drame est arrivé donc samedi, j'imagine qu'il y aura une cérémonie religieuse, peut-être ?
02:57Oui, alors là, le gros souci, c'est qu'on n'a pas encore eu le droit de le voir, parce que Mathis est autopsié, on ne sait pas quand,
03:07on sait que ça peut être demain, mercredi, on n'a aucune information, on a seulement eu un appel hier des forces de l'ordre pour nous dire
03:16qu'il se faisait le maximum pour que ça aille vite, mais aujourd'hui, pas de nouvelles.
03:22Donc, on attend, entre guillemets, le feu vert pour que les pompes funèbres puissent le récupérer,
03:31et puis décider d'une date d'obstèque, sachant même pas si on pourra le voir dans l'état où il a été percuté,
03:36je ne sais pas si vous avez vu la violence du choc.
03:38Donc, on ne sait pas si on pourra le voir concrètement, même quand son corps sera disponible.
03:48Voilà.
03:49Je vous remercie vraiment de ce témoignage, je le répète, les mots sont inutiles, bien évidemment, pour vous apporter un réconfort.
03:58En revanche, la compassion qu'on peut avoir pour vous, les pensées qu'on peut avoir pour vous, les prières pour ceux qui croient,
04:07et l'espérance également, qui peut guider certaines vies.
04:11On ne peut que vous la transmettre tous ensemble du studio d'Europe 1, ici à Paris, avoir une pensée pour vous, pour Matisse.
04:20Imaginez quand même que les services, notamment de la ville, viennent vers vous pour vous aider dans un moment comme celui-là.
04:26Je suis très surpris, par exemple, que personne ne soit venu vers vous, la ville de Lille, notamment, peut-être...
04:34La ville de Arc, en fait, la ville de Arc, où il était jusqu'à il y a un mois, en fait.
04:40Le maire a appelé le papa, en fait, en lui proposant des aides psychologiques, parce qu'il faut savoir qu'il n'était pas seul.
04:48En fait, ils étaient une bande de copains, et quand ils ont traversé la bande à quelques fractions de secondes près,
04:54c'était cinq enfants qui étaient morts, quoi.
04:57Et donc, il y a un ami qui a essayé de récupérer Matisse, et il a vu la voiture lui arriver, chose que Matisse n'a pas vue,
05:04il lui a saisi la main, et la main a glissé.
05:07Et donc, il n'a pas réussi.
05:10Et c'était Jules, en fait.
05:12Je pense très fort à lui, parce que Jules, il n'est pas très bien.
05:15Et en fait, on a eu la mairie, justement, qui a proposé des aides psychologiques pour, justement, pour les copains, etc.
05:26Et donc, on a eu quand même un appel de la mairie, mais uniquement un appel de la mairie de Arc, c'est tout.
05:32Rien d'autre.
05:33Merci de ce témoignage.
05:35Vraiment merci.
05:35Et puis, je vous le disais, dès le commencement de notre entretien, nous vous envoyons toute notre tendresse,
05:44en sachant, bien évidemment, combien ces mots et ces réconforts sont peu de choses, bien sûr, dans le drame que vous vivez ces derniers jours.
05:58Merci beaucoup, Laetitia.
06:00Merci beaucoup de ce témoignage.
06:02Et pensez, évidemment, pour votre fils.
06:04Merci beaucoup.
06:04Et pensez à Mathis, surtout, oui.
06:06Et que justice soit faite, surtout.
06:1116h-18h, Pascal Praud sur Europe 1.
06:16Alors, c'est toujours difficile, évidemment, de sortir d'une interview comme celle-là, où vous avez une mère qui pleure son fils,
06:24et puis d'enchaîner avec nos discussions, qui seront des discussions politiques, sociétales,
06:30et d'imaginer comment ce type de drame peut être, les prochaines années, éviter.
06:37C'est vrai, Mathieu Vallée, que vous êtes député européen des rates du Rassemblement National, vous êtes l'un des premiers à avoir publié un message, vous connaissez bien cette ville de Lille.
06:46On a l'impression d'être dans un scénario qu'on a vu tellement de fois.
06:51Moi, ce que je voudrais savoir, pardonnez-moi, c'est le nombre, le nombre de délits qui sont sur le casier judiciaire de cet homme de 31 ans.
07:02Parce que, ça fait plusieurs fois que je le dis, je pense qu'il y a des gens qui sont irrécupérables.
07:08C'est triste, d'ailleurs, pour eux, bien sûr.
07:10Mais, et on en a souvent parlé avec Gérard Carreau, parce que c'était ce qui se passait, je crois, aux Etats-Unis à un moment.
07:16À partir d'un certain nombre de délits, il ne s'agit pas d'être au deuxième, troisième ou quatrième,
07:22mais si, par exemple, on apprend qu'il y a 15 délits qui ont été faits, il y a un moment, les gens ne faut plus les faire sortir.
07:27Alors, parce qu'ils seront incapables, surtout à un certain âge, manifestement, ils sont incapables de se réadapter à la vie.
07:34Alors, ça change, effectivement, beaucoup de choses.
07:37C'est-à-dire que ça veut dire d'avoir des infrastructures capables de les accueillir.
07:41Il ne s'agit pas de mettre les gens dans des cachots pour le reste de leur vie.
07:44Mais qu'ils puissent vivre, bien évidemment, dans les meilleures conditions, avec une humanité qui soit au rendez-vous.
07:50Mais ce sont de tels dangers pour les autres qu'il faut, à mon avis, les sortir de la société.
07:55Non mais, enfin, personne n'est étonné de son profil.
07:59C'est un multirécidiviste qui a 16 antécédents dans les fichiers de police.
08:03Donc, oui, il y en a 16.
08:05Voilà, Amor et Bucco de Valeurs Actuelles.
08:08Vos confrères de frontières l'ont très bien documenté.
08:11Trafiquant de drogue, violence sur des policiers, conduite sous alcoolémie, conduite sans permis.
08:18Il a été aussi impliqué dans le procès...
08:20Il est passé par la casse-prison ?
08:22Ah ça, je n'ai pas cette information.
08:23De toute façon, il n'est même pas passé par la casse-prison.
08:25Visiblement, pas assez.
08:26Pas assez, en tout cas.
08:27Non mais ça serait intéressant de savoir s'il a fait, ne serait-ce que 24 heures derrière.
08:32Je vais vous dire, Pascal Praud, par contre, une chose que je peux vous dire,
08:34c'est qu'il est connu aussi pour des introductions illicites dans des enceintes de prison.
08:38Bon bref, donc ça, c'est un bon client de la police.
08:40Visiblement, pas assez de la justice pour qu'il termine ses jours en prison.
08:43Il y a des gens, oui, qui sont irrécupérables.
08:45Et ils rentrent, ils ressortent, ils refont des victimes et des infractions.
08:47Ils rentrent, ils ressortent.
08:48Donc la prison, c'est devenu un moulin à vent parce qu'on a certaines décisions qui sont laxistes.
08:52Et il faut arrêter de me dire qu'il manque des moyens.
08:54La loi est bien faite.
08:55Un trafiquant de stupes, c'est une réclusion criminelle.
08:57Voilà, ce n'est pas 5 ans, ce n'est pas 2 ans, ce n'est pas un vol de jambon chez Franprix.
09:01Donc ce que je veux vous dire, c'est qu'au bout d'un moment, nous, on propose des peines planchées.
09:05Il faut arrêter d'attendre qu'on ait un gamin de 19 ans qui allait avoir 20 ans,
09:08qui a perdu la vie, qui avait encore toute la vie devant lui,
09:11parce qu'on est arrivé sur ce qui allait arriver.
09:13Voilà.
09:13Et chaque week-end, on a des drames comme ça.
09:16Donc j'espère qu'on va enfin avoir du courage de toute la classe politique
09:20pour qu'on adopte des mesures qui enferment ces gens à vie.
09:23Et pardon pour leurs conditions en prison.
09:24S'ils veulent vivre à la belle étoile et à la belle lune,
09:27ils ne font pas de victime et ils n'y seront pas en prison.
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