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  • il y a 11 mois
Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, était l’invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce lundi 3 novembre. Il s'est exprimé sur les polémiques concernant la marque d'ultra fast-fashion Shein, l'examen du budget à l'Assemblée nationale, ou encore les nouvelles mesures concernant les découverts bancaires. 

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Transcription
00:00Vous êtes le ministre de l'économie, mais je ne suis pas sûre que vous assumiez tout à fait le budget qui est en train de se dessiner sous vos yeux à l'Assemblée nationale.
00:07Vous parlez même de sorcellerie fiscale pour les nouvelles taxes de ces derniers jours.
00:10On va voir avec vous, au fond, ce qui reste ou ce qui saute dans les taxes qui viennent d'être adoptées par les députés.
00:18Réponse donc ce matin sur RMC et BFM TV.
00:20Mais d'abord, je voudrais vous interroger sur ces abominables poupées sexuelles, comme on dit, vendues par Chine notamment ou par AliExpress, des poupées ignobles pour adultes officiellement à l'effigie ultra réaliste de petites filles, des poupées clairement pédo-pornographiques.
00:37Jusqu'à 4h du matin cette nuit, elles étaient encore en vente sur les sites de ces plateformes. Qu'est-ce qu'on fait ?
00:45Bon, d'abord, on peut tous vouloir lutter contre la fast fashion.
00:49Donc, c'est des plateformes qui vendent tous les jours des collections différentes à des prix qui défient toute concurrence.
00:56On est contre, on commence à lutter contre, on a mis en place une taxe sur les petits colis.
00:59Mais là, on a dépassé les bornes.
01:02Vous l'avez dit, ces objets horribles, ils sont illégaux.
01:05Merci à Serge Papin, mon collègue, d'avoir dénoncé ça très vite.
01:09Le ministre du Commerce.
01:10Le ministre du Commerce de la Consommation.
01:12Mais grâce à des enquêteurs de la répression des fautes qui ont identifié ces produits.
01:17Et donc, on a dénoncé ça.
01:19On a fait un signalement au procureur.
01:21Donc, il y aura une enquête judiciaire.
01:23On a aussi saisi l'ARCOM.
01:25Parce que c'est une plateforme numérique qui est régulée par l'ARCOM.
01:28Mais je veux être très clair là-dessus.
01:30Si ces comportements sont répétés, nous serons en droit, et je le demanderai,
01:35qu'on interdise l'accès de la plateforme Chine au marché français.
01:39C'est dans la loi.
01:39C'est le droit, nous l'avons voté.
01:40Interdire l'accès à Chine en France.
01:44Pour des actes terroristes, pour le trafic de stupéfiants, et pour des objets pédopornographiques,
01:52le gouvernement est en droit de demander l'interdiction de l'accès au marché français.
01:59Mais pardon, dans la première partie de votre phrase, si j'ai bien entendu,
02:02vous avez dit, si cela se répétait, mais qu'est-ce qu'on attend ?
02:05À partir de combien de temps, à partir de combien de fois vous jugez que ça n'est plus acceptable ?
02:08En fait, la loi est très claire.
02:10Et jusqu'à quand vous considérez qu'en fait, finalement, c'est OK ?
02:12Non, d'abord, ce n'est pas OK.
02:14Donc il y aura une enquête judiciaire qui devra identifier les raisons pour lesquelles ce genre de produit s'est trouvé sur cette plateforme.
02:20Mais la loi est très claire.
02:22Si on a des comportements répétés, ou si les objets en question ne se partiraient dans les 24 heures,
02:28le gouvernement peut le demander.
02:29Au moment où l'on se parle, Roland Lescure, les objets ont été officiellement retirés de la plateforme version française,
02:35mais absolument pas des autres plateformes auxquelles on a accès dès qu'on se met sur une voie parallèle d'Internet.
02:41Donc elles sont encore là ?
02:42Alors, vous savez qu'on peut contourner la loi française par ce qu'on appelle des VPN.
02:46Ça, la France n'a pas les moyens de lutter contre ça à ce stade.
02:51Mais il faut quand même reconnaître qu'on a voté une loi.
02:54Elle est extrêmement ferme et on l'appliquera.
02:56On l'appliquera.
02:57Si c'est répété, dites-vous.
02:58Je voudrais vous signaler également les réactions d'autres commerçants.
03:03Je pense à Dominique Schellcher, le patron des magasins U.
03:05Il le dit sur les réseaux sociaux cette nuit.
03:07J'espère que la découverte des poupées à caractère pédopornographique sur le site Chine par la DGCCRF
03:12va conduire à la fermeture en bonne et due forme du site par les autorités au plus vite.
03:16Pourquoi vous ne le faites pas tout de suite ? Vous en avez les moyens.
03:18Parce qu'on respecte la loi.
03:19Et que la loi...
03:20Mais eux ne la respectent pas.
03:22En fait, effectivement, s'ils ne la respectent pas de manière répétée, on fermera.
03:26Mais en attendant...
03:27Mais en fait, je ne comprends pas le côté répété.
03:29C'est ça que j'ai du mal à comprendre.
03:30C'est la loi qui a été votée.
03:31Pourquoi ça va tout de suite ?
03:32Ce qui se passe très bien, ce qui se passe dans la loi, c'est que si vous avez un objet illicite, illégal sur votre plateforme,
03:39vous avez 24 heures pour le retirer.
03:40Si ce que vous dites est vrai, c'est-à-dire que si les objets sont encore là aujourd'hui, la loi s'appliquera.
03:46Aliexpress les a retirés à 4 heures du matin, c'est une information RMC.
03:49Voilà.
03:50Donc, en tout cas, les réactions très fortes de mon collègue Serge Papin, de la répression des fautes, de la justice, fait qu'ils agissent.
03:56Un dernier mot aussi sur Chine.
03:58Au-delà, effectivement, comme vous le disiez, c'est finalement là comme...
04:02On a dépassé les bornes, si je me souviens de l'expression que vous avez utilisée, mais Chine a déjà fait parler.
04:08Et régulièrement, Chine apparaît comme une menace pour le marché français.
04:11Vous savez, mercredi, le magasin emblématique du cœur de Paris, le BHV, lance une opération en partenariat avec Chine.
04:20Est-ce que vous appelez le BHV à prendre davantage ses responsabilités ?
04:24En tout cas, moi, je suis passé rue de Rivoli ce week-end.
04:25Vous l'avez vu, ces affiches ?
04:26Et j'ai vu les oriflames de Chine tout au long de la devanture.
04:31Et des affiches avec le patron du BHV qui pose aux côtés du patron de Chine, avec marqué l'affiche que nous n'aurions jamais dû faire.
04:36Sous-entendu, c'est de la provoque.
04:37Mais bien sûr que c'est de la provoque.
04:39Donc, nous, on répond à la provoque par la loi.
04:41Si les objets vendus par Chine, que ce soit d'ailleurs dans les magasins ou sur des plateformes, sont illégaux,
04:48et ce n'est pas seulement, évidemment, le sujet de la pédopronographie qui est très grave,
04:52mais aussi des objets qui ne correspondent pas, par exemple, aux normes de santé françaises.
04:57On agira.
04:58Donc, on répond à la provocation par la loi.
05:01J'ai l'impression d'être toujours un train d'avance, un train de retard, qu'ils ont, eux, un train d'avance.
05:04Vous parliez de la question de la taxe sur les petits colis.
05:06Ça fait partie de ce qui est discuté en ce moment même dans le budget, donc on y vient.
05:10J'entendais le rapporteur du budget, qui lui est LR, qui disait, mais on va mettre une taxe de 2 euros.
05:15Croyez-vous que ça va vraiment changer les choses ?
05:16Il proposait une taxe de 50 euros par colis.
05:18Quelque chose de franc, net, massif.
05:20On fait deux choses.
05:21Un, les 2 euros, ça va permettre de financer des inspecteurs qui vont vérifier tous ces colis.
05:26Et ça va rajouter, je dirais, un grain de sable dans la machine.
05:29Mais deux, on agit au niveau européen pour que les taxes soient plus élevées.
05:33Et pourquoi on le fait au niveau européen ?
05:34Parce que si vous mettez 50 euros à Roissy, les colis, ils arrivent par Bruxelles, ou par Munich, ou par Milan.
05:41Donc l'objet, c'est effectivement de dire qu'en Europe, quand on vend des produits qui sont sans doute produits selon des normes inacceptables
05:50et à des prix défiant toute concurrence, on paye pour ça.
05:52En attendant, en France, c'est le premier pays au monde à le faire,
05:55on va avoir une taxe sur ces petits colis qui va permettre de financer des inspecteurs qui vont vérifier tout ça.
06:00Et pendant ce temps-là, en effet, les producteurs français, eux, respectent scrupuleusement les normes.
06:04Ils attendent de le faire et le voient aussi là-dedans comme une terrible concurrence.
06:09Je voudrais quand même vous faire la liste de ce qui a été voté ces derniers jours.
06:13Retour donc de l'ISF avec l'impôt sur la fortune productive,
06:16taxe sur les multinationales,
06:20hausse de la taxe sur le rachat d'actions,
06:23prolongation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus,
06:25taxe sur les holdings, taxe sur les bénéfices des grandes entreprises,
06:28doublement de la taxe sur les GAFAM.
06:29Vous assumez tout ça ?
06:31Écoutez, en tout cas, ce que je peux vous dire,
06:32ça fait trois semaines qu'on a déposé ce budget.
06:34Moi, j'ai parlé d'une course de haie.
06:36On a passé les trois premières.
06:37Il en reste sept.
06:38Le Premier ministre, quand il a choisi de ne pas faire appel à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution,
06:43il a mis tout le monde devant ses responsabilités.
06:46Ça veut dire que toute la liste que vous venez de faire,
06:48si elles sont votées,
06:49elle risque de se retrouver in fine dans le texte.
06:52Je dis elles risquent parce qu'après l'Assemblée, on passera au Sénat.
06:55Ensuite, il y aura ce qu'on appelle une commission mixte paritaire
06:57qui permettra d'assembler les deux.
06:58Ensuite, on retournera à l'Assemblée.
07:00Donc, on est à la troisième haie.
07:01Il en reste sept.
07:02Mais moi, j'ai parlé de sorcellerie fiscale.
07:04Vous le savez, je considère qu'il y a un certain nombre de choses
07:07qui ont été votées, qui sont inopérantes.
07:09Je vais vous donner un exemple très concret.
07:11On essaye d'exporter notre problème.
07:13On dit qu'on va taxer les multinationales dans le monde entier
07:15qui font des affaires en France.
07:17On va à l'encontre de 125 conventions fiscales
07:20qu'on a signées avec 125 pays différents.
07:22En gros, on taxe deux fois les entreprises,
07:24y compris des entreprises françaises,
07:26qui gagnent de l'argent ailleurs.
07:27Donc ça, ça saute ?
07:28Ben, écoutez...
07:29Mais ça saute comment ? Vous en avez les moyens de faire sauter ça ?
07:31Ben, bien sûr.
07:32D'abord, le Sénat.
07:34Ensuite, la CMP.
07:35Moi, mon job, c'est d'expliquer
07:36l'effet pervers de cette taxe.
07:38Pourquoi ?
07:39Parce que si cette taxe s'applique demain,
07:42c'est le contribuable français qui l'appelera.
07:43On devra rembourser.
07:44On devra rembourser.
07:46Là, pour l'instant, vous dites
07:46attention, c'est une folie, c'est une sorcellerie.
07:50Si à la fin, ça passe tous ces filtres que vous dites,
07:52tous ces sauts de haies, les uns après les autres,
07:55vous allez quand même l'assumer ?
07:56Ce budget vous ferait quoi ?
07:57Vous serez bien obligé de le faire appliquer ?
07:59Moi, je ne rentre pas dans un film
08:00sans savoir la fin,
08:02en me disant je vais écrire la fin
08:03avant que le film ait eu lieu.
08:04C'est important.
08:04Le fait...
08:06Écoutez, l'année dernière,
08:07il y avait un 49.3.
08:08On votait tout ce qu'on voulait.
08:10On savait que le papa ou la maman gouvernement
08:13allaient passer derrière pour balayer tout ça.
08:15Ça n'existe plus.
08:16Donc ça veut dire que quand on a des choses
08:18qui, de mon point de vue...
08:18Donc là, vous laissez les enfants jouer
08:19et vous n'avez plus les moyens de tirer.
08:21Justement, ce ne sont pas...
08:22Ce ne sont plus des enfants.
08:24On est face à nos responsabilités.
08:26On n'est pas dans une cour d'école.
08:27On est à l'Assemblée nationale.
08:29Chaque vote compte.
08:30Et j'allais dire,
08:32heureusement,
08:33on s'est suffisamment pleins
08:34de la déresponsabilisation du Parlement
08:36pour qu'aujourd'hui,
08:37chacun joue ses responsabilités.
08:38Après, juste un point important quand même.
08:40Le Premier ministre l'a dit vendredi,
08:42on est prêt à prendre des dépenses supplémentaires.
08:45L'année blanche sur les retraites,
08:46l'année blanche sur les minima sociaux.
08:48Face à ces dépenses,
08:49il va falloir des recettes.
08:50Devant chaque plus,
08:51il faudra un moins.
08:52Il faut que ces recettes...
08:52Ça veut dire qu'au moment où on se parle,
08:54vous avez renoncé à ce gel
08:55des minima sociaux, par exemple ?
08:57Le Premier ministre a annoncé vendredi
08:59qu'il était prêt à le faire.
09:00Là encore, c'est le débat parlementaire.
09:02En tout cas, c'est là-dessus
09:02que vous allez probablement lâcher du lest.
09:04Mais il faut une majorité.
09:06Surtout !
09:06Vous n'avez pas l'impression
09:07d'avoir déjà beaucoup lâché de l'est, quand même ?
09:08On a lâché pas mal de choses.
09:10Et j'espère que celles et ceux
09:11qui le demandaient
09:13vont l'admettre.
09:15Parce qu'on a tendance parfois
09:16à lire les uns les autres
09:17en se disant...
09:18Oui, qui continue à montrer le menton.
09:19J'ai reçu ici même
09:20Olivier Faure vendredi matin
09:22qui, clairement, continue à faire monter les enchères.
09:24Écoutez, je pense que ce n'est pas
09:26des histoires de Paris, d'enchères
09:27ou de jeux de poker.
09:28C'est un débat parlementaire
09:29dans lequel, quand vous avez une victoire,
09:31parce qu'un budget de compromis,
09:32au fond, il n'appartira à personne
09:34et chacun devra faire des concessions.
09:36Quand vous avez une victoire,
09:37il faut le reconnaître, quand même.
09:38La suspension de la réforme des retraites,
09:40c'est une victoire.
09:41La surtaxe sur l'impôt...
09:42Là, vous vous adressez au PS.
09:43Vous leur dites, soyez raisonnable.
09:45Non, mais je pense qu'ils sont raisonnables,
09:47aujourd'hui, par rapport à ceux
09:48qui souhaitent le chaos, la dissolution,
09:50et j'en passe.
09:51On a une majorité de parlementaires,
09:53aujourd'hui, de la droite républicaine,
09:54aux socialistes,
09:55voire même, j'espère,
09:56les communistes et les écologistes,
09:58qui sont responsables,
09:59au sens où ils souhaitent
10:00faire voter un budget.
10:02La suspension de la réforme des retraites.
10:03Vous savez, moi, j'ai déposé un amendement.
10:04Le ministre de l'Économie
10:05dépose un amendement
10:06pour rajouter 2 milliards d'impôts
10:08sur les sociétés.
10:08Vous avez rajouté ces 2 milliards
10:09sur cette contribution exceptionnelle
10:11qui devait ne rapporter que 4
10:12et qui, finalement, en rapportera 6.
10:14Vous avez, vous-même,
10:15en quelque sorte,
10:15alourdit cette taxe-là.
10:17Vous pensez que je l'ai fait
10:18de gâté de cœur ?
10:19Vous l'avez fait comme un signal
10:20pour le PS.
10:21Je l'ai fait parce que c'est
10:22le prix du compromis.
10:23Mais ensuite, vous avez, vendredi,
10:25ce que les socialistes disent
10:27en s'en réjouissant,
10:28que c'est un retour de l'ISF,
10:30cet impôt sur la fortune,
10:31improductive.
10:32Est-ce que ça, vous le gardez
10:33ou est-ce que c'est pour vous
10:33une ligne rouge ?
10:34Moi, je pense que dans le budget final,
10:36il faudra un geste,
10:37ce qu'on appelle de justice fiscale.
10:40La justice fiscale,
10:41c'est ni le matraquage
10:42ni l'usine à gaz.
10:42C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
10:44il y a, à ce stade dans le budget,
10:45déjà trois ou quatre mesures
10:46différentes sur les hauts patrimoines.
10:48Il y a ce qu'on appelle
10:48la contribution différentielle
10:50sur les revenus.
10:51Il y a, vous l'avez dit,
10:52un nouvel ISF dit improductif,
10:54sur les actifs dit improductif.
10:56Il y a une taxe sur les holdings.
10:59En commission, on a voté
11:00une hausse de la CSG
11:01sur le patrimoine.
11:02Essayons de simplifier tout ça.
11:03Évitons les usines à gaz.
11:05Je pense que la justice sociale,
11:06fiscale, les deux d'ailleurs,
11:08il y a une demande réelle
11:09de la part de nos concitoyens.
11:09Mais donc vous gardez laquelle ?
11:11Vous les gardez toutes ?
11:11Vous en gardez deux ?
11:12Vous en gardez trois ?
11:13Vous faites quoi ?
11:14Vous enlevez quoi ?
11:14C'est le Parlement qui décidera.
11:16Nous, on va éclairer.
11:17À la fois sur ce que ça rapporte,
11:19sur les effets potentiellement pervers
11:20de tel ou tel textaxe.
11:22On va éclairer le Parlement.
11:23C'est le Parlement qui décidera.
11:25Sébastien Lecornu dit
11:25qu'on peut chuter à tout moment.
11:27Mais est-ce que,
11:29pour éviter à tout prix la chute,
11:31vous n'êtes pas en train d'accepter
11:32un budget qui est exactement contraire
11:35à vos convictions ?
11:36Non, parce que
11:37la majorité de l'Assemblée nationale
11:40qui peut être amenée à voter ce budget,
11:42ce n'est pas les 66 députés
11:43ou 67 députés socialistes.
11:46C'est plus de 289 députés
11:48qui vont du Parti socialiste,
11:49voire même écologistes ou communistes,
11:51aux députés de la droite républicaine.
11:53Les députés du Bloc central,
11:56ceux avec qui j'ai siégé pendant sept ans,
11:58vous pensez qu'ils sont heureux
11:58de tout ce qu'on vote ?
11:59Non.
11:59Donc eux aussi,
12:00ils ont leurs limites.
12:01Il faut qu'on arrive à converger
12:02vers un budget qui, au fond,
12:04satisfera personne, vraiment,
12:06mais permettra de se dire
12:07« Bon, ça fait mal,
12:08mais on a trouvé un compromis,
12:10il faudra que tout le monde
12:10fasse des efforts. »
12:11Le pacte du treil,
12:12qui est ce véhicule,
12:14en quelque sorte,
12:15qui permet de transmettre
12:16les entreprises,
12:17il est aussi dans le viseur.
12:19Est-ce que vous dites
12:19« Oui, il y a des abus ? »
12:21Alors, il y a visiblement des abus,
12:23il faut les corriger,
12:24mais attention,
12:25le pacte du treil,
12:26c'est ce qui permet
12:26de sauver notre capitalisme familial.
12:29Des entreprises de taille intermédiaire
12:30dans l'agroalimentaire
12:31qui sont en Bretagne,
12:32dans la Creuse ou en Alsace,
12:34aujourd'hui,
12:35Il est menacé le pacte du treil,
12:36vous en êtes conscient ?
12:37Il faut le préserver
12:38dans l'essentiel
12:40qui permet de garder
12:41des entreprises familiales
12:43en France.
12:44Sinon,
12:44elles seront bradées,
12:45elles seront vendues.
12:46Mais j'ai l'impression,
12:47Roland Lézco,
12:48quand je vous écoute,
12:49vous êtes un homme
12:49qui avait beaucoup de convictions,
12:50vous vous êtes lancé en politique,
12:52vous avez dit qu'il y avait
12:53des choses auxquelles vous croyez.
12:54Aujourd'hui,
12:54je vous sens observateur
12:56d'un spectacle
12:58que vous ne maîtrisez pas.
12:59Non, je suis acteur,
13:00mais je dirais,
13:01on est plutôt dans le nouveau cinéma
13:02que dans un scénario hollywoodien
13:04écrit dès le début
13:05où on sait que le happy ending,
13:07il sera là.
13:07Donc, je fais partie des acteurs,
13:09je suis là pour éclairer
13:10les parlementaires
13:10sur les risques
13:11et sur les avantages
13:13de telle ou telle mesure
13:13et essayer de faire converger.
13:16Mais évidemment,
13:17il y a des choses
13:17dans le budget
13:18qui ne me plairont pas.
13:19On a l'impression
13:19que chacun apporte
13:20sa propre taxe.
13:21Allez-vous à un moment
13:22ou à un autre
13:22leur dire
13:23on se parle tous ensemble
13:24dès aujourd'hui ?
13:26Le Premier ministre a annoncé
13:27qu'il souhaitait
13:27que les ministres
13:28reçoivent les groupes parlementaires.
13:30Nous avons invité
13:31au ministère des Relations
13:32avec le Parlement,
13:34avec Amélie de Montchalin,
13:35Stéphanie Riste
13:35et Jean-Pierre Farandou,
13:37l'ensemble des présidents
13:38de groupes parlementaires
13:39a discuté de ça.
13:40Quand ?
13:41Cet après-midi.
13:41Aujourd'hui.
13:42Aujourd'hui,
13:43au ministère des Relations
13:44au Parlement,
13:45nous avons invité
13:46les présidents de groupe.
13:47Tous ?
13:48Ils sont tous invités.
13:48On verra s'ils viennent tous.
13:50Parce qu'au fond,
13:51le Premier ministre l'a dit,
13:52on ne trie pas les parlementaires,
13:53c'est les Français
13:54qui le trient.
13:55Il y en a,
13:55je le répète,
13:56qui ne souhaitent pas
13:57de deal.
13:58Il y en a qui souhaitent
13:59un accord.
14:00Mais au fond,
14:01on va recevoir tout le monde
14:02et voir comment
14:03on peut avancer
14:04dans les jours qui viennent.
14:05parler ensemble.
14:06Parce qu'on a quand même
14:06l'impression que parfois
14:07vous receviez surtout
14:07les socialistes.
14:08On a vu que,
14:08par exemple,
14:09le patron du groupe
14:10comme le patron du parti
14:11avait été invité à déjeuner
14:12en milieu de journée,
14:13vendredi,
14:14à Matignon.
14:14Et je pense que
14:15Gabriel Attal,
14:16Paul Christophe,
14:17Marc Fénaud
14:17l'ont été aussi.
14:19Les écologistes
14:19ont été reçus.
14:20Je pense que
14:21le Premier ministre
14:21reçoit les communistes
14:22aujourd'hui ou demain.
14:24Aujourd'hui,
14:25si on ne se parle pas,
14:26on n'avancera pas.
14:28On ne se parlait pas.
14:30On était dans
14:30une espèce de solitude
14:31qui était balayée
14:33par le 49.3 in fine
14:34avec l'adulte dans la salle
14:36qui balayait tout ça.
14:37C'est terminé maintenant.
14:38Donc,
14:38on n'est pas d'accord sur tout.
14:39Il y a même des trucs
14:39sur lesquels on était
14:40en désaccord profond.
14:41On se parlait.
14:42Roland Lescure,
14:42je vais vous interroger aussi
14:43sur la question
14:43des découverts bancaires.
14:45Ça a fait couler
14:45beaucoup d'encre.
14:46Mais d'abord,
14:46encore un point
14:47sur cette histoire
14:48parce qu'il y a quand même
14:48un paradoxe.
14:49C'est que dans ce moment
14:50où finalement
14:52se tricote devant vos yeux
14:53un budget
14:55qui va beaucoup taxer
14:56les entreprises,
14:57les entreprises elles-mêmes
14:58parlent d'une folie fiscale.
15:00On apprend que le président
15:01de la République
15:02va réunir à nouveau
15:04une sorte de grand raout
15:04pour espérer attirer
15:06les investissements étrangers,
15:07une sorte de choose France
15:08à nouveau.
15:09Est-ce que franchement
15:09vous pensez que c'est crédible ?
15:11Oui.
15:11Vous savez,
15:12pendant les travaux budgétaires,
15:13la vente continue.
15:14On a eu une croissance
15:15exceptionnelle
15:16au troisième trimestre,
15:17robuste,
15:18exemplaire.
15:18Merci les entreprises
15:19qui ont investi,
15:20merci les entreprises
15:21qui ont exporté,
15:21merci les consommateurs
15:22qui ont consommé.
15:24La France,
15:24elle continue à croître
15:25malgré les vicissitudes
15:27de la vie politique.
15:27Ça veut dire quoi ?
15:28Ça veut dire que les incertitudes
15:29politiques,
15:29on doit les lever
15:30parce que le risque évidemment
15:31c'est que cette machine
15:32qui tourne,
15:33qui tourne mieux qu'en Allemagne,
15:35mieux qu'en Italie,
15:36mieux qu'en Espagne,
15:36elle s'arrête.
15:37Donc moi, vraiment,
15:39les chefs d'entreprise
15:40nous le disent,
15:40je le dis,
15:42allons jusqu'au vote
15:43de ce budget,
15:44levons les incertitudes.
15:45Vous avez vraiment envie
15:45d'aller au vote ?
15:46Mais bien sûr.
15:47Il n'y a pas d'entourloupe là-dessus ?
15:48Aucune entourloupe.
15:50Mais vraiment,
15:50je pense que le Premier ministre
15:51a pris un risque.
15:53Ce risque,
15:53j'allais dire,
15:54il faut qu'il paye,
15:55il faut qu'ensemble,
15:56on montre,
15:57comme dans tous les pays du monde,
15:58qu'on est capable de s'entendre.
15:59Et je fais évidemment référence
16:00à la procédure
16:00qui donne un nombre de jours maximum
16:02pour pouvoir députer de ce budget.
16:04Faute de quoi,
16:05il serait donc adopté
16:06sans vote,
16:08enfin pas adopté,
16:10et mis en ordonnance.
16:12On aura le temps d'en reparler,
16:13mais effectivement,
16:14c'est aussi une des musiques
16:15qui montre.
16:16Je voudrais vous interroger
16:16quand même sur les découvertes
16:17de la banque,
16:17parce que c'est cette directive européenne
16:20qui a été retranscrite.
16:21Les banques et LFI,
16:23pour une fois,
16:23sont ensemble
16:24pour vraiment mener une fronde
16:27contre cette directive
16:28et cette transposition
16:29dans le droit européen.
16:30Ça va rendre plus difficile
16:32l'accès aux découvertes
16:33pour les Français.
16:34Est-ce que franchement,
16:35vous pensez que
16:35ceux qui ont besoin
16:37de cette marge
16:38peuvent accepter
16:39une telle rigueur ?
16:41C'est n'importe quoi,
16:42Apolline de Malère.
16:43C'est n'importe quoi.
16:44Depuis trois jours,
16:45c'est fake news
16:46après fake news.
16:47Donc merci de me donner
16:47l'occasion de clarifier tout ça.
16:50Avant ce texte,
16:51les découverts,
16:52il n'était ni interdit
16:53ni automatique.
16:55Un découvert,
16:56ce n'est pas automatique.
16:56Vous l'avez dit,
16:57un certain nombre de Français
16:58en ont besoin.
16:59La machine à laver
17:00est en panne,
17:00il faut la remplacer.
17:02L'imprévu,
17:02faire face à l'imprévu.
17:03Exactement.
17:04Et ça,
17:04j'allais dire,
17:04c'est normal.
17:05Il n'était ni interdit
17:06ni automatique.
17:08Après ce texte,
17:09ils ne seront ni interdits
17:10ni automatiques.
17:11Quand je vois une pétition
17:13qui dit non
17:14à l'interdiction
17:14des découverts bancaires,
17:16signée par Manon Aubry
17:18qui a voté ce texte.
17:19Manon a voté ce texte
17:21au Parlement.
17:22La question,
17:23c'est que ce n'est pas
17:23une interdiction,
17:24mais ça va rendre
17:25dans les faits
17:25beaucoup plus compliqué.
17:26Les banquiers eux-mêmes
17:27le disent.
17:27Je veux bien que vous
17:28ne soyez pas d'accord
17:29avec LFI,
17:29mais ça m'étonne
17:30quand même un peu plus
17:31que vous ne soyez pas d'accord
17:31avec les banquiers.
17:31Je ne suis pas d'accord
17:32avec les banquiers non plus.
17:33Je vais les rassembler
17:34mardi à Bercy
17:35avec les associations
17:36de consommateurs
17:37pour lever tous les doutes.
17:38Ce qu'on fait,
17:40c'est qu'en fait,
17:40l'Europe calque sa réglementation
17:43sur la France.
17:43En France,
17:44on devait déjà faire
17:45une étude de crédit.
17:47Mais vous ne le faisiez
17:47qu'une fois.
17:49Mais ce sera une fois aussi.
17:50Merci.
17:51Merci.
17:52Deuxième fake news.
17:53Mais bien sûr que non.
17:54Deuxième fake news.
17:55Première fake news.
17:56Peut-être que vous aviez
17:56mal réédigé peut-être
17:58le texte aussi.
17:58Ah non.
17:59Il a été mal lu.
18:00Et évidemment,
18:01quand un texte,
18:02à mon avis,
18:03assez clair,
18:03est mal lu,
18:04c'est qu'il y a sans doute
18:05un peu de mauvaise foi au passage.
18:06Les découvertes ne sont pas interdites.
18:08Les découvertes seront autorisées
18:09une fois pour toutes.
18:11Que ce soit en dessous de 200 euros
18:13ou au-dessus de 100 euros.
18:14Ce sera évidemment un examen
18:16des conditions financières du ménage.
18:19Et j'allais dire,
18:19c'est normal.
18:20On est là pour protéger les gens
18:21de manière à ce qu'on évite
18:23les découvertes excessives.
18:25Et vous allez rendre tout ça
18:26très clair en les voyant demain.
18:26Et dernier point,
18:28les frais sur les découvertes
18:29baissent.
18:30Aujourd'hui,
18:31vous avez 2 euros de découvertes.
18:32Vous pouvez payer 5 euros de frais.
18:33ce sera terminé.
18:35Ce qu'on appelle
18:35les frais fixes,
18:36forfaitaires,
18:37c'est terminé.
18:38C'est peut-être pour ça
18:38que les banques sont
18:39peut-être pas toutes
18:40tout à fait contentes
18:41de ce qu'on fait.
18:41et ils vous aident.
18:42Et ils vous aident.
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