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  • il y a 3 mois
Les urgences du CHU Caen devront se passer de tous ses internes, lundi 3 novembre. Ces derniers ont alerté sur leur surcharge de travail et leur manque d'encadrants. Il manque près de la moitié des médecins titulaires pour encadrer et former la vingtaine d’internes prévus.

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Transcription
00:00Il n'y avait pas assez de médecins expérimentés qui permettaient un encadrement satisfaisant de l'ensemble des internes.
00:06Donc on a eu pas mal de saisies d'internes qui faisaient leur stage au sein du CHU au niveau des urgences.
00:11Et malheureusement, les conditions d'encadrement n'étaient pas là.
00:14Les internes étaient en surcharge émotionnelle.
00:15Il y avait beaucoup trop de travail, pas assez de personnel.
00:18Et forcément, ça avait une répercussion sur la santé mentale des internes.
00:21Donc nous, derrière, on est obligés d'intervenir parce que, comme vous le savez, les internes, c'est vraiment une condition à part.
00:26On a l'impression qu'on est dans la série Hippocrate sur Canal+, où les urgences sont à flux tendu, c'est ça en fait ?
00:32C'est exactement ça. Et malheureusement, c'est partout pareil en France.
00:35Et le souci, c'est que les internes ont peur de parler parce qu'on a cette pression hiérarchique derrière.
00:39Donc forcément, ils ont peur de ne pas avoir leur diplôme, d'avoir des répercussions.
00:42Donc malheureusement, la situation est un peu pareille de partout, mais on a du mal à agir.
00:46Et là, on a eu de la chance. À quand ? C'est que l'ARS, le doyen de la faculté et également de CHU étaient vraiment avec nous.
00:52Et c'est une décision qui a été prise avec le CHU et non pas contre.
00:55Et ça nous a permis de faire justement de la prévention auprès de ces internes-là,
00:58parce qu'on a quand même un suicide tous les 20 jours chez les internes.
01:00Un suicide tous les 20 jours, oui.
01:01C'est ça, 66% de signes de burn-out. On a 21% d'idées suicidaires à l'année.
01:06Donc c'est vraiment une catégorie de population qui est extrêmement précaire.
01:09On a trois fois plus de dépression que la population générale.
01:11Donc forcément, lorsque nous, on a ce genre d'alerte, derrière, on est obligé de faire en sorte que les internes aillent bien derrière.
01:17Donc à partir de demain, c'est moins 20 internes qui seront aux urgences.
01:19Donc racontez-nous, il y aura combien de médecins pour combien de patients à peu près aux urgences demain ?
01:23Malheureusement, je n'ai pas les chiffres pour vous dire ça.
01:25Nous, on enlève 20 internes, en tout cas, qui vont pouvoir être dans les services du CHU
01:28et pour pouvoir justement qu'ils continuent leur formation derrière.
01:31Mais c'est vrai que ça va être un petit peu à flux tendu derrière pour les urgences.
01:34Mais il vaut mieux ça plutôt que d'avoir des médecins et des internes qui soient épuisés
01:38et qui s'occupent des patients en étant vraiment très très mal au niveau psychique.
01:41Vous qui connaissez bien cette situation à Caan, c'est l'ensemble du personnel hospitalier qui est en pénurie, en sous-effectif.
01:47Là, c'est vraiment un flux tendu.
01:48Bien sûr, c'est vraiment le système français.
01:49Malheureusement, il ne donne pas assez de budget au système hospitalier.
01:52Donc on a du mal à attirer et à fidéliser justement des médecins expérimentés.
01:56Et derrière, ça a une répercussion et sur notre formation et justement sur la sécurité des patients.
02:00Merci beaucoup.
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