00:00On s'est rencontrés à la fin de tournage de la première partie, le 21 janvier.
00:07C'était pour faire la soirée de fin de tournage de la partie parisienne.
00:13Grosse pression, grosse panique quand on a fait la rencontre.
00:16Moi j'avais hâte parce que je comptais bien rencontrer Antoine
00:20et j'aurais bien voulu le rencontrer avant le tournage
00:22mais ce n'était pas trop la volonté de Jean-Xavier
00:27et donc du coup je pense que les comédiens ont dû mettre aussi une petite pression sur Jean-Xavier.
00:33Enfin je ne sais pas si c'est une grosse pression
00:34mais au moins ils ont aimé la volonté de vouloir nous rencontrer
00:38et ça tombait bien parce qu'on avait beaucoup envie de les rencontrer.
00:41Mais du coup il y a...
00:43Parce que forcément il y a quelque chose de la falsification.
00:45Forcément c'est un peu faux.
00:47C'est-à-dire qu'on a beau faire tout ce qu'on veut
00:50ce ne sera jamais l'émotion que lui a ressentie, la façon dont il l'a exprimée.
00:54Et du coup il y a quelque chose de...
00:56La rencontre il y a une petite culpa, il y a une petite pression de...
01:00Bon bah... Désolé, j'ai fait ce que j'ai pu.
01:03Attendez-moi là.
01:31Je vais vous retrouver à Toubib, ne bougez pas.
01:45J'ai peu de mal à en parler parce qu'aujourd'hui je vais mieux.
02:07J'ai eu un gros gros travail de suivi psychologique et du coup moi j'étais déjà...
02:12J'avais déjà retrouvé un équilibre de vie qui me permettait d'avoir une vie acceptable.
02:19Je raconte des choses qui sont plutôt...
02:21Moi j'estime plutôt basiques, des choses qui sont vraiment très très dures.
02:25Je les ai consacrées, enfin je les ai racontées à ma psy parce que c'est elle qui a les armes pour gérer ce genre de discours.
02:35Moi ce que j'ai raconté à Jean-Xavier pendant les entretiens préliminaires, c'est vraiment le bien que m'a fait le suivi psychologique
02:43et surtout d'avoir pu professionnellement être épanoui professionnellement pour gérer le quotidien.
02:53Donc pas trop de mal pour raconter.
02:55C'était assez dur à tourner parce que justement il y avait quelque chose d'assez à la fond intuitif,
03:03que je comprenais très bien ou bizarrement je comprenais très bien par où il était passé.
03:08En même temps de devoir se replonger dans ces endroits là, c'est quand même un peu un...
03:13Faut quand même y aller et tout, c'est quand même genre un fou.
03:16C'est pas facile à apporter et en même temps il y a vraiment quelque chose où...
03:21Moi je sais que le chemin que j'ai fait c'est vraiment justement sortir de mon souvenir à moi
03:25et vraiment beaucoup les écouter, beaucoup les regarder.
03:27Tout ce qui a été fait, enfin évidemment Grégory et tout ce qui a été écrit sur le Bataclan
03:31pour justement aller puiser quand même beaucoup chez eux.
03:35Mais c'est ça qui m'empêche de dormir je veux dire.
03:38Je revois tout, ça me ronge, ça ne me quitte pas.
03:45Je ne me pardonnerai jamais.
03:51Je ne sais pas ce que c'est que cette chose qui semble si douloureuse pour vous Grégory mais...
03:55En en parlant c'est comme si vous la posiez sur mon bureau.
03:59Et qu'on pouvait la regarder ensemble.
04:03C'est peut-être mieux à comprendre.
04:05Ou l'éclairer différemment.
04:07Non je ne peux pas.
04:13Mais tout le temps.
04:15Au début moi le projet j'ai eu du mal à le comprendre.
04:21Je me suis dit bon on sait que le post-traumatisme c'est l'enfer.
04:25Mais bon...
04:27Et qu'est-ce qu'on dit de tout ça quoi ?
04:29Et en fait il y a quelque chose déjà de réattribuer cette mémoire qu'on a tous individuels
04:35aux gens qui ont été vraiment victimes.
04:37Et de ne pas juste dire moi j'étais là, moi j'étais là.
04:39D'un coup il y a quelque chose qui est assez apaisant.
04:41Non mais...
04:43J'ai aimé, je ne sais pas si on peut dire aimer mais...
04:45Voilà.
04:47M'approprier cette mémoire collective qui n'est plus la mienne
04:49mais qui est vraiment celle de ceux qui ont vécu ces événements.
04:51Et ça, ça m'a fait beaucoup de bien.
04:53Dans ces parcours, la différence dont chacun s'approprie cet événement tragique.
05:00Et ce que je trouve très beau chez Grégory en vrai c'est...
05:05Il ne voulait pas spécialement y aller.
05:07Il aurait pu ne pas rester avec Caroline.
05:09Mais ce n'est jamais quelque chose qui ressasse.
05:11Il n'y a jamais un truc de...
05:14de colère ou de remords par rapport à ce que les autres lui ont fait.
05:18C'est toujours comment je me reconstruis moi.
05:21Cette donnée elle est là.
05:22Il n'y a jamais de...
05:24Je trouve ça beau pour avoir vu des gens qui allaient très mal.
05:29Des gens qui, même quand ils vont très très mal, n'en veulent pas aux autres.
05:32Garder cette générosité dans la détresse...
05:36Je trouvais ça très très beau.
05:38Moi, c'est ce qui m'a beaucoup plu.
05:40En ce personnage...
05:42Non, chez Grégory j'ai trouvé ça très très beau.
05:44C'est vrai que je me retrouve dans ton personnage en tout cas.
05:49Encore heureux, j'espère.
05:53Je ne voulais pas que ça fasse fake par rapport à ce que tu as vécu.
05:57C'était vraiment la lutte pour ça.
05:59Je ne sais pas ce que ça me donne au final mais...
06:01Moi, j'ai trouvé ça exceptionnel.
06:03Et puis, ce que j'ai aimé aussi dans le travail de Jean-Xavier, c'est qu'il a réussi à faire retranscrire nos différences parce qu'on est un groupe assez hétérogène.
06:15Et en fait, on le ressent vraiment très très bien dans la série.
06:19Et malgré toutes ces différences, on est un groupe uni.
06:23Et ça, il l'a très très bien montré.
06:25Vous avez été très très fort.
06:27Cette hétérogénéité, on la sent, je trouve.
06:29Et ce que je trouve beau après, c'est moins sûr le personnage en tant que tel, mais c'est ce que Jean-Xavier a réussi dans les choses à éviter.
06:35Il y a à la fois le côté assez nul.
06:39Enfin, il ne rend pas sensationnel l'écalage, quoi.
06:42À la fois, c'est imposant et ça détruit tout en deux secondes.
06:47Et en même temps, c'est un peu nul.
06:49Enfin, je veux dire, il y a quelque chose d'un peu cru et simple de...
06:52Non, c'est pas genre, on n'est pas dans un film d'action, c'est juste nul.
06:55Et aussi le côté odyssée, qui est un peu...
06:59Pareil au scénario, je me disais, mais...
07:01Je ne l'avais pas compris tout de suite.
07:03Et en fait, quand on voit la série, je trouve qu'on est trop content d'un coup de se dire...
07:07Ah tiens, la BRI, ah oui, bah tiens, on les entend.
07:09Ah tiens, les femmes de ces otages, comment elles...
07:12Enfin, du coup, de faire des espèces de pas de côté, d'avoir un truc un peu...
07:16Alors, Bible, c'est pas le bon mot, je sais pas.
07:18Un truc genre, ouais, odyssée, où on voit beaucoup de choses.
07:22Et on prend le temps de les voir.
07:23Et parfois, il y a des redites, parce que certains vivent des choses communes.
07:27C'est pas grave.
07:28C'est rare d'avoir une série qui se permette de prendre le temps de cette traversée-là, quoi.
07:33C'est pas grave, c'est pas grave !
07:58Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires