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  • il y a 10 mois
Il y a dix ans, des terroristes massacraient quatre-vingt-dix personnes dans la salle parisienne. Les mois suivants, sept otages rescapés de l’attentat nouaient une forte amitié, socle de leur reconstruction. Leur histoire est au centre d’une série hors norme, “Des vivants”, à découvrir dès ce soir sur France.tv.
Transcription
00:00On s'est rencontrés à la fin de tournage de la première partie, le 21 janvier.
00:07C'était pour faire la soirée de fin de tournage de la partie parisienne.
00:13Grosse pression, grosse panique quand on a fait la rencontre.
00:16Moi j'avais hâte parce que je comptais bien rencontrer Antoine
00:20et j'aurais bien voulu le rencontrer avant le tournage
00:22mais ce n'était pas trop la volonté de Jean-Xavier
00:27et donc du coup je pense que les comédiens ont dû mettre aussi une petite pression sur Jean-Xavier.
00:33Enfin je ne sais pas si c'est une grosse pression
00:34mais au moins ils ont aimé la volonté de vouloir nous rencontrer
00:38et ça tombait bien parce qu'on avait beaucoup envie de les rencontrer.
00:41Mais du coup il y a...
00:43Parce que forcément il y a quelque chose de la falsification.
00:45Forcément c'est un peu faux.
00:47C'est-à-dire qu'on a beau faire tout ce qu'on veut
00:50ce ne sera jamais l'émotion que lui a ressentie, la façon dont il l'a exprimée.
00:54Et du coup il y a quelque chose de...
00:56La rencontre il y a une petite culpa, il y a une petite pression de...
01:00Bon bah... Désolé, j'ai fait ce que j'ai pu.
01:03Attendez-moi là.
01:31Je vais vous retrouver à Toubib, ne bougez pas.
01:45J'ai peu de mal à en parler parce qu'aujourd'hui je vais mieux.
02:07J'ai eu un gros gros travail de suivi psychologique et du coup moi j'étais déjà...
02:12J'avais déjà retrouvé un équilibre de vie qui me permettait d'avoir une vie acceptable.
02:19Je raconte des choses qui sont plutôt...
02:21Moi j'estime plutôt basiques, des choses qui sont vraiment très très dures.
02:25Je les ai consacrées, enfin je les ai racontées à ma psy parce que c'est elle qui a les armes pour gérer ce genre de discours.
02:35Moi ce que j'ai raconté à Jean-Xavier pendant les entretiens préliminaires, c'est vraiment le bien que m'a fait le suivi psychologique
02:43et surtout d'avoir pu professionnellement être épanoui professionnellement pour gérer le quotidien.
02:53Donc pas trop de mal pour raconter.
02:55C'était assez dur à tourner parce que justement il y avait quelque chose d'assez à la fond intuitif,
03:03que je comprenais très bien ou bizarrement je comprenais très bien par où il était passé.
03:08En même temps de devoir se replonger dans ces endroits là, c'est quand même un peu un...
03:13Faut quand même y aller et tout, c'est quand même genre un fou.
03:16C'est pas facile à apporter et en même temps il y a vraiment quelque chose où...
03:21Moi je sais que le chemin que j'ai fait c'est vraiment justement sortir de mon souvenir à moi
03:25et vraiment beaucoup les écouter, beaucoup les regarder.
03:27Tout ce qui a été fait, enfin évidemment Grégory et tout ce qui a été écrit sur le Bataclan
03:31pour justement aller puiser quand même beaucoup chez eux.
03:35Mais c'est ça qui m'empêche de dormir je veux dire.
03:38Je revois tout, ça me ronge, ça ne me quitte pas.
03:45Je ne me pardonnerai jamais.
03:51Je ne sais pas ce que c'est que cette chose qui semble si douloureuse pour vous Grégory mais...
03:55En en parlant c'est comme si vous la posiez sur mon bureau.
03:59Et qu'on pouvait la regarder ensemble.
04:03C'est peut-être mieux à comprendre.
04:05Ou l'éclairer différemment.
04:07Non je ne peux pas.
04:13Mais tout le temps.
04:15Au début moi le projet j'ai eu du mal à le comprendre.
04:21Je me suis dit bon on sait que le post-traumatisme c'est l'enfer.
04:25Mais bon...
04:27Et qu'est-ce qu'on dit de tout ça quoi ?
04:29Et en fait il y a quelque chose déjà de réattribuer cette mémoire qu'on a tous individuels
04:35aux gens qui ont été vraiment victimes.
04:37Et de ne pas juste dire moi j'étais là, moi j'étais là.
04:39D'un coup il y a quelque chose qui est assez apaisant.
04:41Non mais...
04:43J'ai aimé, je ne sais pas si on peut dire aimer mais...
04:45Voilà.
04:47M'approprier cette mémoire collective qui n'est plus la mienne
04:49mais qui est vraiment celle de ceux qui ont vécu ces événements.
04:51Et ça, ça m'a fait beaucoup de bien.
04:53Dans ces parcours, la différence dont chacun s'approprie cet événement tragique.
05:00Et ce que je trouve très beau chez Grégory en vrai c'est...
05:05Il ne voulait pas spécialement y aller.
05:07Il aurait pu ne pas rester avec Caroline.
05:09Mais ce n'est jamais quelque chose qui ressasse.
05:11Il n'y a jamais un truc de...
05:14de colère ou de remords par rapport à ce que les autres lui ont fait.
05:18C'est toujours comment je me reconstruis moi.
05:21Cette donnée elle est là.
05:22Il n'y a jamais de...
05:24Je trouve ça beau pour avoir vu des gens qui allaient très mal.
05:29Des gens qui, même quand ils vont très très mal, n'en veulent pas aux autres.
05:32Garder cette générosité dans la détresse...
05:36Je trouvais ça très très beau.
05:38Moi, c'est ce qui m'a beaucoup plu.
05:40En ce personnage...
05:42Non, chez Grégory j'ai trouvé ça très très beau.
05:44C'est vrai que je me retrouve dans ton personnage en tout cas.
05:49Encore heureux, j'espère.
05:53Je ne voulais pas que ça fasse fake par rapport à ce que tu as vécu.
05:57C'était vraiment la lutte pour ça.
05:59Je ne sais pas ce que ça me donne au final mais...
06:01Moi, j'ai trouvé ça exceptionnel.
06:03Et puis, ce que j'ai aimé aussi dans le travail de Jean-Xavier, c'est qu'il a réussi à faire retranscrire nos différences parce qu'on est un groupe assez hétérogène.
06:15Et en fait, on le ressent vraiment très très bien dans la série.
06:19Et malgré toutes ces différences, on est un groupe uni.
06:23Et ça, il l'a très très bien montré.
06:25Vous avez été très très fort.
06:27Cette hétérogénéité, on la sent, je trouve.
06:29Et ce que je trouve beau après, c'est moins sûr le personnage en tant que tel, mais c'est ce que Jean-Xavier a réussi dans les choses à éviter.
06:35Il y a à la fois le côté assez nul.
06:39Enfin, il ne rend pas sensationnel l'écalage, quoi.
06:42À la fois, c'est imposant et ça détruit tout en deux secondes.
06:47Et en même temps, c'est un peu nul.
06:49Enfin, je veux dire, il y a quelque chose d'un peu cru et simple de...
06:52Non, c'est pas genre, on n'est pas dans un film d'action, c'est juste nul.
06:55Et aussi le côté odyssée, qui est un peu...
06:59Pareil au scénario, je me disais, mais...
07:01Je ne l'avais pas compris tout de suite.
07:03Et en fait, quand on voit la série, je trouve qu'on est trop content d'un coup de se dire...
07:07Ah tiens, la BRI, ah oui, bah tiens, on les entend.
07:09Ah tiens, les femmes de ces otages, comment elles...
07:12Enfin, du coup, de faire des espèces de pas de côté, d'avoir un truc un peu...
07:16Alors, Bible, c'est pas le bon mot, je sais pas.
07:18Un truc genre, ouais, odyssée, où on voit beaucoup de choses.
07:22Et on prend le temps de les voir.
07:23Et parfois, il y a des redites, parce que certains vivent des choses communes.
07:27C'est pas grave.
07:28C'est rare d'avoir une série qui se permette de prendre le temps de cette traversée-là, quoi.
07:33C'est pas grave, c'est pas grave !
07:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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