- il y a 3 mois
Éric Ciotti, président de l'Union des droits pour la République était l'invité de BFMTV ce mercredi 29 octobre.
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00:00L'autre invité de cette émission, c'est quelqu'un qui a appartenu au même parti que vous il y a tout juste un peu plus d'un an.
00:05Il l'a quitté, c'est Éric Ciotti qui va nous rejoindre, président de l'Union des droites pour la République,
00:11président de ce parti, député des Alpes-Maritimes, allié désormais de Marine Le Pen.
00:16Je vois que vous n'êtes pas fâché, vous êtes serré la main.
00:19Heureusement, c'est le débat démocratique.
00:22Mais bon, j'ai entendu la fin de l'intervention de M. Bertrand sur les insoumis.
00:26Il a parlé d'indignité, il a raison, mais il a appelé à voter pour les insoumis aux élections législatives il y a un an.
00:34C'est la vieille politique, c'est celle que les Français ne veulent plus, c'est ses discours tellement contraires.
00:40Il n'a dit pas une voix pour aller finir le RN.
00:42Oui, mais l'année dernière, rappelez-vous, aux élections législatives, celles qui ont mis le pays dans le chaos,
00:48qu'est-ce qui a mis le pays dans le chaos ?
00:49C'est cette alliance des contraires aux contours.
00:51C'est ce fameux et ridicule front républicain.
00:54C'est des gens comme M. Bertrand qui nous ont mis dans ce chaos.
00:58Ils ont appelé, il a appelé dans sa région, à voter pour M. Ruffin.
01:02Il a appelé à voter communiste, comme M. Philippe d'ailleurs.
01:05Il a appelé à voter insoumis.
01:07C'est pour ça qu'on est dans ce chaos aujourd'hui.
01:09Qu'est-ce que vous dites quand vous entendez celui qui était membre de votre parti ?
01:12Vous étiez dans le même parti il y a un peu plus d'un an.
01:14Je regardais la phrase de David Lissnard tout à l'heure.
01:18La vieille politique, celle des années 90.
01:21Je crois que M. Bertrand, il n'a rien compris, comme d'autres, à l'évolution de la société.
01:26Pourquoi ?
01:27Il est toujours dans les vieux codes, dans ce ridicule cordon sanitaire au front républicain
01:33qui crache, qui insulte des millions de Français.
01:36Notre coalition, celle que j'ai voulu bâtir l'année dernière avec le Rassemblement national
01:42en tant que président des Républicains, elle a obtenu 11,5 millions de voix.
01:47Et on a des gens comme M. Bertrand ou d'autres qui insultent ces électeurs.
01:51Ces électeurs, qu'est-ce qu'ils veulent ?
01:53Ils constatent que le pays sombre, que la France que nous aimons, celle dont nous avons hérité,
01:59elle est victime aujourd'hui de la dette, des déficits, des impôts, de la sur-reglementation,
02:05de l'immigration et de l'insécurité.
02:08Et ce sont les amis de M. Bertrand qui nous ont mis dans cette situation.
02:11Donc nous, ce que nous disons, c'est que nous voulons changer.
02:14Et ce discours qui appelle, qui évoque des dangers, où sont-ils les dangers ?
02:21Est-ce que le pays, aujourd'hui, il n'est pas en danger ?
02:23Est-ce que ceux qui ont gouverné le pays depuis tant d'années n'ont pas placé notre France en situation de péril ?
02:29Donc voilà, ce que ça m'inspire, c'est qu'une politique dont les Français ne veulent plus,
02:33ils veulent qu'on tourne cette page de l'impuissance, du mensonge, de l'insincérité.
02:39Quand j'entends M. Bertrand, ça sent l'insincérité.
02:43Il n'y a rien de sincère dans ce qu'il dit.
02:46Il veut revenir.
02:48On verra combien il vend de livres.
02:51Ça sera assez révélateur de l'influence qu'il a aujourd'hui dans notre pays.
02:55On viendra dans un instant sur cette question de l'union des droits.
02:57Vous parliez de David Lissnard, mais d'abord, on évoquait aussi, effectivement,
03:00la question du débat budgétaire qui a lieu en ce moment à l'Assemblée nationale.
03:04Très clairement, le vote sur la partie recette, d'après les informations du service politique de BFM,
03:08ne pourra pas avoir lieu la semaine prochaine.
03:10La faute à qui, finalement, au gouvernement ou aux oppositions, LFI et RN ?
03:15Et vous également, parce qu'il y a trop d'amendements.
03:16La faute à qui ?
03:17La faute, naturellement, au gouvernement et à l'alliance avec le Parti Socialiste.
03:23Tout ça est un théâtre.
03:25Pourquoi un théâtre ?
03:26Tout ça, on connaît le scénario.
03:28Le budget ne sera pas voté.
03:31Et il n'est pas voté parce que M. Fort et M. Lecornu, sous la tutelle de M. Macron, se sont mis d'accord.
03:38C'est écrit depuis l'alliance qui a été passée entre les macronistes, le Parti Socialiste et LR.
03:45Il n'y a pas de deal, disent, d'un côté le PS et de l'autre le gouvernement.
03:48C'est quand même prendre les Français pour des bonnets.
03:51Bien sûr qu'il y a un deal.
03:52M. Lecornu gouverne avec le pistolet de M. Fort, sous la tempe.
03:58Donc, il est sous la dictée du Parti Socialiste.
04:00Mais le deal, il est sur quoi alors ?
04:01Le deal, il est sur la suspension, révocation, on l'appellera comme on veut, de la réforme des retraites.
04:08Le deal, il est sur plus d'impôts.
04:10Les socialistes veulent taxer, taxer, imposer, imposer.
04:15Et la macroniste est reniée sur tout.
04:17Il revient sur la seule réforme qui a marqué les neuf ans de gouvernance de M. Macron.
04:23Il n'y a pas eu grand-chose dans ces neuf ans.
04:25Il y a eu le déclin, la dette, les déficits, l'insécurité, l'immigration.
04:31Il y avait une réforme que j'ai personnellement soutenue, qui me paraissait courageuse.
04:35Vous aviez négocié avec Elisabeth Borne aussi de président des Républicains.
04:38La réforme des retraites, elle était impopulaire, elle était très imparfaite, mais elle prenait acte d'une situation.
04:45On est en train d'effacer ça.
04:47Où est l'intérêt du pays ? Où sont les convictions ?
04:50Est-ce que ce n'est pas un compromis nécessaire à la stabilité politique, Éric Ciotti ?
04:53Mais c'est quoi la stabilité ?
04:55Les entreprises disent qu'elles ont peur de l'instabilité.
04:58Il faut qu'un budget soit voté.
04:59Il ne faut pas un budget à tout prix.
05:00Les entreprises, vous ne devez pas trop les rencontrer, ne disent absolument pas ça.
05:04Les entreprises, elles disent, laissez-nous travailler, arrêtez de réglementer, arrêtez de taxer, arrêtez d'imposer.
05:12Aujourd'hui, on est dans le pays qui ne s'est créé que des impôts.
05:16On est dans un gouvernement qui est tenu par le Parti Socialiste.
05:20C'est quand même ahurissant que le Parti Socialiste, qui a obtenu 1,7% par la voix de Mme Hidalgo à la présidentielle,
05:29gouverne aujourd'hui le pays, qu'on soit sous la dictée de M. Fort et de M. Hollande.
05:34Alors vous dites la dictée de M. Fort et de M. Hollande.
05:36Pourtant, la nuit dernière, c'est par exemple vos alliés du RN qui ont voté une taxe.
05:40Alors il y a notamment cet impôt universel sur les multinationales à l'initiative de la France insoumise.
05:45Une mesure qui vise à taxer les bénéfices des multinationales proportionnellement à leur activité réalisée en France.
05:50Et pour lutter, dit-il, contre l'évasion et l'optimisation fiscale, ça pourrait rapporter jusqu'à 26 milliards d'euros au budget de l'État.
05:56J'ai regardé, 78 députés RN qui ont voté pour. Vous êtes à l'aise avec ça, vous ?
06:02Moi, je n'ai pas voté et les députés du groupe UDR n'ont pas voté cette taxe.
06:06Vous avez voté contre, j'ai regardé.
06:07Par principe, moi, je suis contre toute augmentation d'impôts.
06:12Aujourd'hui, la France est le pays qui connaît le plus de prélèvements obligatoires au monde.
06:17Chaque année, nous gagnons la Coupe du Monde des impôts.
06:20Celle-là, on aimerait bien que d'autres puissent la récupérer.
06:24Et donc, rajouter de l'impôt à l'impôt me paraît être...
06:27Et vous l'avez dit à Marine Le Pen, ça ?
06:28Pour autant, nous en discutons avec Marine Le Pen, avec Jean-Jean Bardella.
06:33Ce qu'il y a dans ce dispositif repose sur des éléments assez véridiques et pertinents.
06:42C'est dire, on en a assez que des entreprises internationales, je prends l'exemple d'Amazon,
06:48soient taxées, payent leurs impôts en Irlande ou payent leurs impôts au Delaware,
06:54alors que les entreprises françaises payent un impôt sur les sociétés de 25%.
07:00Donc, qu'il y ait cet équilibre n'est pas quelque chose de délirant.
07:04Ce que je conteste, c'est qu'on augmente les impôts des sociétés françaises,
07:09parce qu'elles sont aujourd'hui très lourdement taxées,
07:12qu'on essaie de mettre de la souveraineté dans notre économie
07:16en évitant qu'il y ait des effets d'aubaine par des grands groupes internationaux
07:20comme McDo ou comme Amazon, qui quelque part viennent prendre des bénéfices
07:26sur le territoire national, mais ne paient pas d'impôts.
07:29C'est une forme d'équilibre qui est recherchée.
07:32C'est ce qui a guidé le Rassemblement national dans le vote de cet amendement.
07:36Mais je répète que je ne l'ai personnellement pas voté.
07:38– Je vais même aller voir, vous avez voté contre.
07:39J'ai regardé effectivement dans le rapport qui est fait,
07:42le contre-en-dru de l'Assemblée nationale.
07:43– Mais ce débat devra avoir lieu.
07:44– Oui, mais vous échangez maintenant.
07:45– Ce débat devra avoir lieu pour qu'il y ait une fiscalité qui soit plus harmonisée.
07:49– Vous discutez économie notamment avec Marine Le Pen.
07:51Est-ce que Marine Le Pen n'est pas plus proche économiquement des socialistes que de vous ?
07:56– Absolument pas.
07:57Regardez, vous êtes un expert avisé,
08:00vous avez sans doute vu le contre-budget qu'a proposé le Rassemblement national.
08:04– Absolument.
08:05– Ce n'est pas totalement le même qu'a proposé l'UDR.
08:08Nous, nous proposons 120 milliards d'euros de baisse des dépenses publiques
08:13et nous proposons une baisse à la fois pour moitié de la baisse des prélèvements obligatoires
08:19et l'autre moitié, la baisse des déficits.
08:21Le Rassemblement national, puisque vous ouvrez ce débat,
08:24propose 47 milliards d'euros de diminution des dépenses publiques
08:29et propose une diminution quasiment équivalente de 45 milliards d'euros des impôts.
08:35Quand on baisse les dépenses publiques et quand on baisse les impôts, est-ce qu'on est socialiste ?
08:40C'est très exactement l'inverse que l'on entend dans le discours de la gauche.
08:45Gauche qui est aujourd'hui aux commandes de notre pays par l'intermédiaire de ce gouvernement
08:51qui applique sous la dictée, je le redis, la politique de la gauche.
08:55Donc, arrêtons avec les fables, arrêtons avec les clichés qui sont répétés sans que l'on vérifie.
09:02Le contre-budget porté par le Rassemblement national baisse de 17 milliards d'euros.
09:07Les impôts sur les entreprises, notamment la cotisation sur les salaires,
09:11la cotisation sur la valeur ajoutée.
09:13Vous parlez justement de la répartition et des taxations des plus riches.
09:15Ce matin, Gabriel Zuckman, qui était l'invité d'Apolline dans le face-à-face,
09:18a dit que sa taxe était un élément nécessaire pour qu'il y ait plus d'égalité entre les Français.
09:22Vous l'entendez, ça ? Il y a des Français qui disent « Oui, les plus fortunés doivent payer un peu plus,
09:26ou en tout cas autant que tout le monde ».
09:27Mais si on est les seuls à faire cela, en Europe, ce principe, s'il s'appliquait dans tous les pays,
09:35et notamment dans tous les pays de l'Union européenne, on pourrait l'entendre.
09:39C'est une logique qui peut être recevable.
09:42Mais si nous sommes les seuls, alors que nous payons déjà le plus d'impôts au monde,
09:46à mettre cette taxe, qu'est-ce qui va se passer ?
09:49Tous ceux qui créent, tous ceux qui ont de la richesse,
09:52tous ceux qui créent des emplois aussi, vont partir à l'étranger.
09:57Regardez aujourd'hui les investisseurs qui s'installent en Italie,
10:00qui s'installent sur la place financière de Milan,
10:03parce que l'Italie a créé un forfait fiscal.
10:05Vous payez 200 000 euros d'impôts et vous n'en payez plus d'autres.
10:08Ça a été fait avant Mme Meloni, ça a été doublé par Mme Meloni.
10:12Eh bien, aujourd'hui, beaucoup d'entreprises, beaucoup d'investisseurs,
10:16beaucoup de grandes fortunes qui créent des emplois aussi,
10:19se sont installés en Italie.
10:21Donc, si on n'a pas cette harmonisation globale,
10:24la taxe Zugmann, elle va incarner la mort de centaines d'entreprises françaises.
10:33Elle va être un drame pour l'économie française et pour les emplois.
10:37Elle ne va pas enrichir la France, elle va appauvrir tous les Français
10:42et pas simplement les riches.
10:44Vous avez participé, vous étiez présent hier à la grande soirée de lancement
10:46du nouveau livre de Jordan Bardella.
10:49Est-ce que vous vous sentez plus proche politiquement de lui que de Marine Le Pen ?
10:52Moi, j'ai une alliance avec le Rassemblement National.
10:55J'ai cassé le mur du politiquement correct l'année dernière.
10:58Vous êtes marié avec les deux ?
10:59Il y a Jordan Bardella préside le Rassemblement National.
11:03Marine Le Pen préside le groupe du Rassemblement National.
11:06Dans l'Assemblée, je travaille bien en loyauté avec les deux.
11:10Nous sommes différents.
11:11Je ne suis pas membre du Rassemblement National.
11:14Ça ne vous a pas échappé.
11:15Nous avons des différences sur les retraites, notamment.
11:19Je suis un homme de droite.
11:20Je l'assume.
11:22J'assume cette baisse massive de la fiscalité,
11:25cette réforme de l'État, cette baisse des dépenses publiques.
11:29Mais à un moment, je me suis posé une question.
11:31Notre pays est en danger.
11:33C'est notre constat.
11:34C'est mon constat.
11:36Que faut-il faire ?
11:38Soit on continue avec ceux qui l'ont mis en danger,
11:41soit on arrête avec les vieilles lubies
11:43et on s'allie avec ceux dont on est les plus proches.
11:47Eh bien, excusez-moi, je suis beaucoup plus proche
11:49de Jordan Bardella et de Marine Le Pen,
11:52notamment sur les questions de sécurité, d'immigration,
11:54de défense de notre identité,
11:56de réforme de notre pays,
11:59que naturellement, je le suis du Parti Socialiste,
12:02de celui de M. Hollande ou de celui de M. Macron.
12:05Donc, j'ai fait un choix, d'alliance.
12:06Vous dites oui à l'union des droites.
12:09Absolument.
12:09Il y en a une qui dit presque non à Londres.
12:11Je vous propose qu'on l'écoute.
12:12C'était cet après-midi.
12:13J'entends, j'ai écouté.
12:14On écoute Marine Le Pen.
12:15Je ne suis pas pour l'union des droites.
12:19Je ne suis pas pour sauver la droite.
12:21Moi, je suis là pour sauver la France.
12:23Donc, je suis pour l'union de tous les patriotes.
12:27S'adresser exclusivement à une droite
12:30qui, par ailleurs, est de plus en plus faible
12:32ne m'apparaît ni être une bonne chose pour le pays,
12:36ni susceptible de créer les conditions
12:38de l'union nationale pour laquelle je plaide.
12:44Qu'est-ce que vous en pensez, Marine Le Pen ?
12:46Elle dit « je ne suis pas pour l'union des droites ».
12:47Marine Le Pen est candidate à l'élection présidentielle.
12:52Il est normal, c'est une posture somme toute gaullienne,
12:55de vouloir rassembler tout le pays, tous les Français.
12:58Elle a pris de la hauteur.
13:01Moi, je suis à la tête d'une formation de droite.
13:03Et j'ai voulu cette alliance avec le Rassemblement national.
13:09Donc, je reste dans cette logique.
13:11Mais j'entends et je respecte la position de Marine Le Pen.
13:15C'est normal.
13:16Quand on est candidat à l'élection présidentielle,
13:19d'autres l'ont fait avant elle.
13:21Je pense à Nicolas Sarkozy, notamment.
13:23On dit « on veut rassembler tous les Français ».
13:25Si c'est Jordan Bardella qui est finalement candidat à l'élection présidentielle,
13:28ce sera vous le Premier ministre ?
13:30Quelle question !
13:32Quelle question !
13:33Moi, ce que je souhaite, c'est que notre coalition gagne.
13:38Que demain, il y ait une nouvelle politique pour la France.
13:41Voilà.
13:42Et j'aspire à ce que cette coalition que nous avons fondée l'année dernière,
13:48qui est solide, qui est loyale,
13:51qui porte des projets de réformes considérables pour le pays,
13:56pour rétablir l'ordre dans la rue, l'ordre dans les comptes,
13:59pour préserver notre identité.
14:01Oui, Edouard Philippe, il a fait très exactement l'inverse.
14:04Quand il a gouverné le pays, c'est l'homme de la dette et c'est l'homme de l'insécurité.
14:08Jamais l'insécurité n'a autant augmenté que lorsque M. Philippe était Premier ministre
14:14et M. Macron, naturellement, président de la République.
14:17Et jamais la dette n'a autant augmenté que sous la gouvernance de M. Philippe.
14:23Donc, il est assez mal placé pour utiliser ce slogan.
14:26Eric Ciotti, vous dites, et vous aviez dit au lendemain de son départ du gouvernement,
14:29vous aviez lancé un appel à Bruno Rotaillot,
14:31vous l'aviez appelé à un renversement d'alliance à droite.
14:34Il le dit encore ce matin chez nos confrères de RTL,
14:36je suis contre l'union des appareils, je suis pour l'union des électeurs.
14:39Eh bien, on fera cette union par les électeurs.
14:42Moi, je crois que les appareils de LR, et on en parlait tout à l'heure au début de cette émission avec M. Bertrand,
14:50ces appareils sont usés, je dirais même qu'ils sont morts, c'est terminé.
14:54Ils n'ont plus la confiance des Français.
14:56Par contre, il y a des électeurs de droite, il y a des électeurs qui se désespèrent de la situation actuelle.
15:01Il y a des Français, plus globalement, qui ne se résignent pas que la France disparaisse,
15:07qu'elle devienne une nation de seconde zone.
15:09C'est à eux que je m'adresse, c'est à eux que nous nous adressons en disant
15:13« unissons-nous parce que ce qui nous rapproche est infiniment supérieur à ce qui nous sépare ».
15:18La gauche peut être unie, la gauche peut être unie avec LFI, avec le Parti communiste, il n'y a pas de problème.
15:25Ça, c'était le stratagème de M. Mitterrand.
15:27Mais en revanche, les droites, dans leur diversité,
15:31elles, on a jeté un interdit moral depuis des décennies sur leur rapprochement, sur leur union.
15:37Eh bien, moi, je veux casser cet interdit.
15:40Je veux qu'on arrête avec la moraline.
15:45Et M. Retailleau, quelque part, il est prisonnier de ces clichés.
15:49Il est, lui aussi, otage de la peur.
15:52Je l'invite à se libérer pour la France, qui pense à la France,
15:57avant de penser à l'intérêt de son parti.
15:59Mais quand on voit, effectivement, le fait que, pour l'instant,
16:01il n'ait pas souhaité répondre à votre appel,
16:04vous échangez avec lui, Bruno Retailleau ?
16:06Ça fait quelque temps que je n'ai pas échangé avec lui.
16:08En tout cas, pas depuis qu'il a quitté le ministère de l'Intérieur.
16:12La dernière fois que j'ai échangé avec lui,
16:14c'est le jour de la fusillade qui avait fait 7 victimes à Nice,
16:172 morts, 5 blessés, victimes du narcotrafic,
16:20dans le quartier des Moulins,
16:22où je l'avais appelé pour lui demander des moyens de police
16:26pour ma ville, qui nous font, par ailleurs, cruelement défaut.
16:29On le disait, demain, il y a une niche parlementaire,
16:31comme on dit, du Rassemblement national,
16:33qui va proposer notamment une résolution pour dénoncer
16:35les accords franco-algériens de 1968,
16:37pour rétablir le délit de ces jours irréguliers.
16:40Bien sûr, vous allez voter ça.
16:41Bien sûr.
16:41Vous mettez la pression sur vos anciens amis des Républicains aussi ?
16:44Écoutez, lorsque nous avions déposé des textes similaires
16:47au mois de juin dernier, LR avait brillé par son absence,
16:51notamment sur la question, vous vous en rappelez,
16:52des mariages blancs qui sont imposés aux maires avec des OQTF.
16:59On prononce des OQTF en France,
17:01mais les maires qui refusent de marier un étranger
17:05en situation irrégulière, y compris violent et condamné pour violence,
17:09ce fut le cas pour Robert Ménard à Béziers,
17:12c'est le maire qui est condamné et pas l'étranger qui est expulsé.
17:16Nous avions déposé ce texte.
17:17À l'époque, LR avait brillé par son absence.
17:20J'espère demain, et ça sera peut-être un premier signe,
17:24que LR, de façon cohérente, soutiendra des idées
17:28qu'on a toujours défendues.
17:30Il faut arrêter, parce que c'est le Rassemblement national
17:33qui porte une bonne idée, de dire qu'on est contre.
17:36Donc moi, je regarde l'idée avant de regarder celui qui la porte.
17:39Deux questions courtes, deux réponses courtes.
17:41On le disait, ça fait une semaine, un peu plus d'une semaine,
17:43dix jours désormais que Nicolas Sarkozy est incarcéré
17:45à la prison de la Santé.
17:47Quels sont les retours que vous avez ?
17:49On sait qu'il y a deux personnes notamment qui vont être jugées
17:50pour avoir menacé l'ancien président,
17:52promettant justement de s'en prendre à lui pour venger Kadhafi.
17:56Ce que je sais, parce que je me suis entretenu
17:58avec une de ses collaboratrices,
18:01c'est que les conditions de sa détention sont très dures,
18:04qu'il ne bénéficie d'aucun privilège.
18:08Je pense à lui, je pense à l'épreuve qu'il subit,
18:10à l'épreuve que sa famille subit également.
18:14Tout cela dans un cadre, vous l'avez rappelé encore récemment,
18:19qui n'est qu'une condamnation provisoire.
18:22Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est présumé innocent.
18:26C'est un principe fondamental de notre droit.
18:29Il a fait appel d'une condamnation très lourde.
18:33Il est présumé innocent.
18:35Et malgré le fait qu'il soit présumé innocent
18:37et qu'il ne présente naturellement aucun risque pour la société,
18:42il est incarcéré.
18:43C'est un ancien président de la République.
18:45Là aussi, par rapport à l'image de notre pays, ça interroge.
18:48Dernière question rapide.
18:50On a appris par nos confrères du Cannes à enchaîner
18:52qu'il y a eu une altercation à Nice
18:53entre l'ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti
18:56et Christian Estrosi, maire de Nice,
18:58que vous allez affronter, en tout cas que vous souhaitez affronter,
19:00puisque vous êtes vous aussi candidat à la mairie de Nice.
19:04Que je vais battre.
19:05En marge, on verra le résultat au mois mars prochain.
19:09Comment vous avez perçu ça ?
19:11J'ai vu que manifestement, le maire de Nice,
19:14mais c'est assez fréquent, a perdu ses nerfs.
19:20Ça fait partie aujourd'hui de ce que lui reprochent les Niçois.
19:23Un pouvoir usé, un pouvoir agressif
19:26qui ne supporte pas la contradiction.
19:29Un pouvoir d'opportunisme politique.
19:31C'est ce que reprochait, je crois,
19:33j'ai lu la presse comme vous,
19:34mais je crois que c'est ce que reprochait M. Dupond-Moretti à M. Estrosi.
19:38M. Estrosi est le premier macroniste historique.
19:42Il a soutenu trois mois avant l'élection de M. Macron sa candidature,
19:46alors qu'il était encore à LR.
19:47Et puis maintenant, qu'il voit que M. Macron a quelques difficultés,
19:50un peu du plomb dans l'aile, on va dire,
19:52il tente de s'échapper ailleurs.
19:54Voilà, ça fait partie de ces girouettes
19:56qui ne font pas honneur à la politique.
19:58C'est ce que lui reprochent aussi les Niçois.
20:00Merci beaucoup, Éric Ciotti, d'avoir été notre invité.
20:02On suivra bien sûr à Nice, comme partout en France,
20:04ses élections municipales sur BFM TV au mois de mars prochain.
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