- il y a 10 mois
Mouvements politiques et islamisme : M. Emmanuel Razavi, reporter
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00:35:46six étapes sur lesquelles j'ai un peu
00:35:49travaillé. La première étape
00:35:51évidemment c'est la contestation. Alors la contestation
00:35:53en général, c'est la contestation
00:35:55évidemment de l'Occident
00:35:57d'accord. Il faut savoir que quand ils
00:35:59contestent l'impérialisme, derrière l'impérialisme, ils considèrent
00:36:01qu'ils parlent de l'Occident, très souvent
00:36:03ces islamistes. C'est évidemment
00:36:05la victimisation
00:36:06la médiatisation qui est très
00:36:09importante, la fascisation
00:36:11de leur cible
00:36:12la décrédibilisation
00:36:14et éventuellement, ça arrive fréquemment
00:36:17la juridisation
00:36:18Je voudrais aussi revenir sur
00:36:23vous avez reçu ma brillante
00:36:25consoeur Nora Bussini
00:36:26et je voudrais le redire, elle a un courage
00:36:29phénoménal cette journaliste, j'ai beaucoup
00:36:31d'admiration pour elle. Nos chemins se
00:36:33croisent souvent, je mesure
00:36:35les risques qu'elle prend
00:36:36Elle vous a parlé
00:36:39elle vous a donné un exemple l'autre jour d'un agent d'influence
00:36:41iranien, je voudrais en reparler ici
00:36:43il s'appelle Shaheen Azami
00:36:45Ce jeune homme dont elle vous a parlé
00:36:49je crois que je vous ai adressé hier, madame, des photos par mail
00:36:51mais il y a des photos de ce jeune homme
00:36:53Shaheen Azami au ministère des affaires étrangères iraniens
00:36:56avec des dignitaires du régime
00:36:58je peux vous garantir que tout le monde n'a pas accès à ces gens-là
00:37:01Il y a des photos de ce monsieur qui prétend être journaliste dans un événement organisé par le Basij
00:37:08Le Basij, c'est la milice civile des gardiens de la révolution
00:37:14Au mois de juin, ce monsieur distribuait des drapeaux de la république islamique d'Iran
00:37:20place de la république dans une manifestation dans laquelle, non loin, il y avait comme par hasard une eurodéputée de la France insoumise
00:37:28qui s'appelle Rima Hassan
00:37:31On y reviendra tout à l'heure
00:37:33Vous m'excuserez, je sais que Nora, vous en avez déjà parlé
00:37:35Il m'a paraissé très important d'insister sur ce qu'elle vous a dit
00:37:39parce que ces gens sont dangereux
00:37:41Ces gens sont en contact avec la force Alcote des gardiens de la révolution
00:37:45La force Alcote, c'est l'unité d'élite des gardiens de la révolution
00:37:48en charge de ces opérations extérieures
00:37:50Quelles sont-elles ?
00:37:51C'est notamment la guerre asymétrique, le terrorisme, l'influence
00:37:56La cyberguerre, l'influence en ligne, compris dans la cyberguerre
00:38:00Donc ces gens-là, aujourd'hui, sont des gens, me semble-t-il, à surveiller d'assez près
00:38:05Shahi Nazami, il est actuellement, il fait l'objet, je crois, d'une plainte
00:38:09Pardonnez-moi, il fait l'objet d'une, comment dire, d'une enquête
00:38:14Je crois, des services de justice pour apologie du terrorisme
00:38:17Je crois d'ailleurs qu'il a été mis en examen pour cette raison
00:38:20Enfin, je crois pas, j'en suis sûr
00:38:22Néanmoins, on le voyait encore ce matin sur les réseaux sociaux
00:38:25Très actifs et évidemment relayés
00:38:29Des propos contre des gens comme Enrico Macias, Nora Bissini, etc.
00:38:33Qui vont tenir une conférence bientôt à Marseille
00:38:35Voilà, je voulais vous le dire parce que journaliste
00:38:37Je suis menacé depuis des années
00:38:38J'ai été blessé, moi, en travaillant sur les frères musulmans
00:38:41J'ai eu plusieurs de mes amis, hein, qui ont été otages
00:38:44Qui ont été blessés parfois, d'autres qui ont été tués
00:38:46Depuis 30 ans
00:38:47Je m'interroge sur le fait que des gens comme ça
00:38:49Soient en liberté, en fait, en France
00:38:51Quand nous, journalistes, n'avons pas de protection
00:38:54Et nous sommes surtout menacés continuellement
00:38:57Par les gens pour lesquels ils travaillent
00:39:00S'il n'y avait que cela
00:39:02J'ai révélé dans Atlantico et Franc-Tireur
00:39:05Les relations de Mathilde Panot, Thomas Port, de Herzilia Soudé
00:39:08De Sébastien Delogu
00:39:10Avec un dénommé Salah Amouri dont vous avez beaucoup entendu parler
00:39:14Qui appartient au FPLP
00:39:15Je rappelle encore une fois que le FPLP est une organisation terroriste
00:39:18Elle est classée comme telle en Europe
00:39:22J'ai raconté aussi, c'est important
00:39:24Comment la 13ème section du Parti communiste
00:39:27Avait accueilli à Paris des agents d'influence iraniens
00:39:30Dans ses locaux
00:39:31Pendant plusieurs années
00:39:32De 2013 avec 2018
00:39:34Nous le racontons dans notre livre
00:39:36La pieuvre de Terran avec Jean-Marie Montali
00:39:38Nous avons les photos de cela
00:39:40Étonnamment, une plainte qui a été déposée en fait en 2024
00:39:47Par avocat sans frontières pour intelligence avec une puissance étrangère
00:39:50Contre Thomas Port, Rima Hassan et Herzilia Soudé
00:39:53Et je dis étonnamment pourquoi ?
00:39:54Parce qu'elle a été classée sans suite en août 2025
00:39:57Étonnamment, à chaque fois que les journalistes font le boulot
00:40:00Que des avocats s'en mêlent
00:40:01Ces gens-là ne sont pas poursuivis
00:40:03A la suite de mon audition devant le Sénat en février 2025
00:40:07Une dame vraiment dont je voudrais saluer le courage
00:40:10C'est la sénatrice Eustache-Brignot
00:40:12A fait un signalement sous forme d'article 40
00:40:15Qui a reçu le même traitement
00:40:17Malgré des éléments factuels que nous avions fournis
00:40:20Je dis nous pourquoi ?
00:40:22Parce qu'était présent à mes côtés
00:40:23L'ancien espion français
00:40:25Mathieu Galleri
00:40:27Qui maintenant est retraité
00:40:28Et donc a une parole je dirais beaucoup plus libre
00:40:30Que lorsqu'il était évidemment en service
00:40:32Si les mouvements d'extrême-gauche pro-palestiniens
00:40:37Sont la cible prioritaire des services secrets iraniens
00:40:39Il est important quand même de rappeler que Terran fait feu de tout bois
00:40:43Vous avez des figures de l'extrême-droite identitaires
00:40:46Comme Alain Soral
00:40:47Qui se retrouvent sur des boucles Instagram
00:40:49Qui sont animés donc par les agents de la force Alkots
00:40:52L'unité d'élite des gardiens de la révolution
00:40:55Comme je vous l'ai dit
00:40:56Qui est spécialisée dans la guerre asymétrique
00:40:59Mais ce n'est pas qu'à Paris que ça se produit
00:41:01Récemment il y a un an et demi
00:41:03Installé à Dijon devant
00:41:05Je crois durant deux ans
00:41:06Deux ans et demi
00:41:07Un agent en fait de haut niveau
00:41:08De la force Alkots
00:41:10A été arrêté
00:41:11Il était installé dans la capitale bourguignonne
00:41:14Et il avait pour mission en fait
00:41:16D'y surveiller pardonnez-moi
00:41:18Les opposants iraniens qui y sont installés
00:41:20Une sorte de diaspora iranienne à Dijon
00:41:21J'en parle en connaissance de cause
00:41:23Etant d'origine iranienne
00:41:24J'ai grandi à Dijon
00:41:26Il avait aussi la promotion
00:41:27La mission pardon de faire la promotion
00:41:29Des proxys palestiniens de Téhéran
00:41:31Dans les milieux universitaires
00:41:35Tout ça je l'ai raconté en spécifiant
00:41:38Que ce monsieur avait évolué à Dijon
00:41:39Dans un écosystème qui était très particulier
00:41:41Parce que Dijon évidemment c'est la Bourgogne
00:41:43Et la Bourgogne vous savez qu'il y a l'IUSH
00:41:45L'IUSH c'est cet institut frériste qui a été fermé
00:41:48Sur lequel moi j'avais enquêté pas mal depuis 25 ans
00:41:51Et qui était un institut des frères musulmans
00:41:53Dont on sait
00:41:54Puisque des policiers du renseignement
00:41:56Moi me l'ont dit il y a des années
00:41:57Que plusieurs personnes qui ont été formées là
00:41:59Sont parties rejoindre les rangs du djihad international
00:42:05Dijon je vous l'ai dit
00:42:06Forte présence frériste avec les réseaux de l'IUSH
00:42:09Mais aussi en raison de la présence d'un imam
00:42:11Qui depuis des années
00:42:13Jouit de ses bonnes relations avec l'ancien maire de la ville
00:42:16L'ancien maire socialiste
00:42:17Je sais qu'il ne faut pas dire de nom
00:42:18Mais chacun en aura reconnu
00:42:20Islamiste en apparence soft parce que très élégant
00:42:22Tous les islamistes ne portent pas des kalachnikovs
00:42:25Et cet imam donc a permis à ses idées de prospérer
00:42:29En se faisant accepter du tissu politique et institutionnel
00:42:31Et surtout en usurpant parfois des fonctions
00:42:34Notamment celles de représentants du culte musulman
00:42:38Pour la région Bourgogne
00:42:40Parce que vérification en fait il y a quelques années il ne l'était pas
00:42:42Alors qu'il se présentait comme tel à la préfecture
00:42:44Et les autorités publiques n'ont rien trouvé à y redire visiblement
00:42:48En tout cas jusqu'à présent
00:42:49A Dijon récemment on voyait cet imam frériste
00:42:53Posé en photo sur Twitter aux côtés d'une ancienne ministre
00:42:56Macroniste
00:42:58Membre du parti Renaissance
00:42:59Ex-député qui assumait publiquement sa présence
00:43:02A l'un de ces événements
00:43:04Ce n'était pas la première fois qu'elle y allait
00:43:05Elle y avait déjà été précédemment
00:43:06En présence d'ailleurs d'une des grandes figures européennes
00:43:09Des frères musulmans
00:43:10Ça avait été raconté dans la presse
00:43:12Ça ne l'a pas gêné elle y retournait
00:43:13Et en plus elle assume
00:43:14Pour les services secrets iraniens
00:43:17Et peut-être en parlerons-nous
00:43:19Et leurs alliés algériens
00:43:20Parce qu'aujourd'hui les services secrets algériens
00:43:22Coopèrent de plus en plus sur le territoire français
00:43:24Avec les services secrets iraniens
00:43:26Je le dis
00:43:27Ce genre de compromission avec les frères musulmans
00:43:29C'est évidemment une aubaine pour eux
00:43:32Mais c'est aussi un véritable danger
00:43:34Pour la sécurité de notre République
00:43:38Vous l'avez compris
00:43:39Je veux vous sensibiliser au fait qu'il se produit
00:43:41Actuellement en France
00:43:43Un scénario très grave
00:43:44Qui est très clairement
00:43:46Le même que celui qui s'est produit en Iran
00:43:48Dans les années 70
00:43:50Je sais que comparaison n'est pas raison
00:43:52Mesdames et messieurs les députés
00:43:54La France n'est pas l'Iran
00:43:57Paris n'est pas Téhéran
00:43:58Mais je parle bien des mêmes mécanismes
00:44:00Je ne sais quelles sont
00:44:02Les conséquences qui s'en suivront
00:44:04Et dans ces mêmes mécanismes
00:44:06On a évidemment la convergence entre les islamistes
00:44:09Et l'extrême gauche
00:44:10Qui instrumentalise la cause palestinienne
00:44:14Je crois
00:44:16Et j'en suis malheureusement de plus en plus convaincu
00:44:19Après mes différents entretiens
00:44:20Mes longues enquêtes
00:44:21Que si l'islamisme a depuis longtemps
00:44:25Imprimé sa marque terroriste
00:44:27En France
00:44:28Plus largement en Europe
00:44:29Je crois que si l'extrême gauche française
00:44:32Evidemment n'a pas encore posé de bombes
00:44:34Mes enquêtes m'ont convaincu
00:44:36Qu'il n'y a pas grand doute
00:44:37Peu à peu nous allons nous diriger
00:44:39Vers ce type de scénario
00:44:40Et je ne viens pas vers vous
00:44:42Pour être alarmiste
00:44:43Je viens vers vous
00:44:44Parce qu'encore une fois
00:44:45Je suis un journaliste
00:44:46Qui travaille sur ces sujets
00:44:47Depuis 30 ans
00:44:48Que je suis un citoyen français
00:44:50Et que donc j'ai évidemment l'obligation
00:44:51En même temps que l'honneur
00:44:52De vous parler
00:44:54Mais je sais aussi aujourd'hui
00:44:55Que je fais partie des rares enquêteurs
00:44:57A avoir tous les accès que j'ai
00:44:59Auprès d'un certain nombre d'opérateurs
00:45:02Ou d'anciens opérateurs
00:45:03Des services de renseignement occidentaux
00:45:05Qui travaillent sur l'Iran
00:45:06Mais aussi avec des interlocuteurs
00:45:08Qui opèrent à l'intérieur de l'Iran
00:45:09Et à l'intérieur
00:45:10J'ai rencontré énormément de cadres
00:45:12De la confrérie
00:45:13Des frères musulmans
00:45:14Pour être très clair
00:45:15En Egypte, au Pakistan, etc.
00:45:16Et j'en passe
00:45:17Voilà
00:45:18Je fais ça, vous l'avez compris
00:45:19Depuis 29 ans
00:45:21Je voudrais terminer d'un mot
00:45:23En quelques lignes aussi
00:45:24Je ne m'imaginais pas
00:45:26Venir vous voir aujourd'hui
00:45:27Quand même
00:45:28Sans rendre hommage
00:45:29A cet ex-policier
00:45:30Qui a travaillé
00:45:31Pour le contre-espionnage français
00:45:32Parce qu'il est d'origine iranienne
00:45:33Comme moi
00:45:34Mais il est français avant tout
00:45:35Qui s'appelle Mathieu Gadiri
00:45:37Il a infiltré
00:45:38Durant des années
00:45:39Je vous l'ai dit
00:45:40Les services secrets iraniens
00:45:41Il a été une source précieuse
00:45:43D'information
00:45:44Et d'expertise
00:45:46Bien sûr
00:45:47Il n'était pas la seule
00:45:48Je vous ai dit
00:45:49Les autres personnes
00:45:50Que j'ai pu interviewer
00:45:51Et que j'ai cité
00:45:52Mais il m'apparaissait important
00:45:53De le mentionner
00:45:54Parce que
00:45:57Certains manipulent aujourd'hui nos propos
00:45:59Je veux toujours rappeler que
00:46:01Dans ces gens
00:46:03Qui défendent l'islamisme
00:46:04Qui parfois sont d'origine orientale
00:46:05Comme moi
00:46:06Evidemment
00:46:07Je veux rappeler que
00:46:08Ces gens-là ne sont pas légitimes
00:46:09Les journalistes comme moi
00:46:10Les journalistes comme Nora
00:46:11Et aujourd'hui
00:46:12Omar Soleiman
00:46:13Je le crois
00:46:14Nous aimons la France
00:46:15Nous aimons la culture française
00:46:16Nous aimons la démocratie française
00:46:18Et nous avons la chance
00:46:19De temps en temps
00:46:20De tomber sur des policiers
00:46:21En fait qui nous ressemblent
00:46:22Qui ont choisi la France
00:46:23Voilà
00:46:24Je suis à l'écoute de vos questions
00:46:26Merci
00:46:28Merci
00:46:29Monsieur Razavi
00:46:30Pour ce propos
00:46:32Liminaire
00:46:33Moi qui appelle demain part
00:46:34Trois questions assez courtes
00:46:36Mais que ce soit des besoins
00:46:37D'éclaircissement
00:46:38Avant que le rapporteur
00:46:40Puisse poser ces questions
00:46:41Vous remontez bien sûr
00:46:44Concernant l'Iran
00:46:45A ces années
00:46:4678-79
00:46:47Au niveau des formations politiques françaises
00:46:52De l'époque
00:46:53Y avait-il
00:46:55Qu'elles soient de droite ou de gauche
00:46:57Enfin c'est à préciser
00:46:58Des liens
00:46:59Qui existaient avec Roménie
00:47:01Quand il était
00:47:02Sur le sol français
00:47:04A Naufle-Château je crois
00:47:05A l'époque
00:47:06Est-ce qu'il y avait des sympathies
00:47:08Qui commençaient à s'exprimer ou non
00:47:11Parce qu'effectivement
00:47:12On voit souvent les rapports
00:47:14Avec des mouvements islamistes
00:47:16Plutôt à partir des années
00:47:18Plutôt au 21ème siècle on va dire
00:47:20Mais est-ce que vous pensez
00:47:21Qu'il y a des racines
00:47:22Qui peuvent être antérieures
00:47:23Et qui datent de ces années-là
00:47:26Merci de votre question
00:47:29Monsieur le Président
00:47:30Parce qu'elle est très intéressante
00:47:31Votre question
00:47:32Alors je vous réponds
00:47:34Oui évidemment par l'affirmative
00:47:35Lorsque l'Ayatollah Roménie
00:47:37Était présent à Naufle-Château
00:47:38Dans les Yvelines
00:47:39Où il avait trouvé refuge
00:47:41D'octobre 1978
00:47:43A janvier 1979
00:47:45Il a reçu un certain nombre
00:47:47De mes confrères
00:47:48Donc de journalistes
00:47:49D'intellectuels
00:47:50Etc de gauche
00:47:51Avant d'en venir aux politiques
00:47:52Je voudrais vous rappeler une chose
00:47:53C'est que
00:47:54Il y a eu
00:47:55Jean-Paul Sartre
00:47:56A fait partie
00:47:57Le philosophe
00:47:58Jean-Paul Sartre
00:47:59Fondateur du journal Libération
00:48:00Faisait partie du comité de soutien
00:48:01A l'Ayatollah Roménie
00:48:03Je vous rappelle qu'à l'époque
00:48:04Tout ça est en source ouverte
00:48:05Il a publié dans Libéan
00:48:07A l'époque des textes
00:48:08Michel Foucault a publié
00:48:09Dans le Nouvel Observateur
00:48:10Le Corriere d'El Lassera des textes
00:48:12Je vous rappelle que Michel Foucault
00:48:13Le philosophe
00:48:14Autre philosophe français
00:48:15Que l'on enseigne
00:48:16En tout cas moi
00:48:17Je l'ai eu enseigné à Sciences Po
00:48:19Que Michel Foucault
00:48:21Disait de l'Ayatollah Roménie
00:48:22Qu'il était un saint
00:48:23Tout ça pour vous dire
00:48:25Que évidemment
00:48:26Tout ce contexte
00:48:27En fait
00:48:28Des intellectuels
00:48:29Si vous voulez
00:48:30De gauche
00:48:31Des journalistes de gauche radicales
00:48:32Encore une fois
00:48:33Je fais vraiment la part des choses
00:48:34Sont
00:48:35Des gens
00:48:36Qui ont porté un discours
00:48:37Auprès
00:48:38Evidemment
00:48:39Du pouvoir politique
00:48:40C'est très intéressant
00:48:41Je travaille beaucoup dessus
00:48:42Il se trouve que vous me posez une question
00:48:43Qui pour moi est d'actualité
00:48:44Avec Jean-Marie Montali
00:48:45Nous travaillons sur ce sujet là
00:48:46Et en fait
00:48:47On s'est rendu compte
00:48:48Que
00:48:49Pendant qu'il y avait la révolution
00:48:51Qui se jouait à Téhéran
00:48:53Que Yasser Arafat
00:48:54Donc soutenait
00:48:55La cause palestinienne
00:48:56Soutenait la cause iranienne
00:48:57Je vous ai raconté
00:48:58Les camps d'entraînement palestiniens
00:48:59Dans la plaine de la Bécat
00:49:00Et bien
00:49:01Il y avait une guerre d'influence
00:49:02Qui se jouait en France
00:49:03A laquelle participaient
00:49:04D'éminences intellectuelles
00:49:06Donc comme Sartre, Foucault, Simone de Beauvoir
00:49:08Et en fait
00:49:09C'est ce qui a fait que Roménie
00:49:10Quand il est rentré
00:49:11Prendre le pouvoir
00:49:12En fait en Iran
00:49:13Bah s'est dit
00:49:15Bah il faut continuer
00:49:16A faire de la guerre d'influence
00:49:17Voilà
00:49:18Et qu'il a décidé
00:49:19Si vous voulez
00:49:20De tout de suite
00:49:21Profiter en fait
00:49:22De la présence
00:49:23Des ambassades iraniennes
00:49:24Dans le monde
00:49:25Et notamment
00:49:26D'ambassades iraniennes
00:49:27A Paris
00:49:28Pour faire ça
00:49:29Et qu'ont-ils fait ?
00:49:30Mathieu Gadiri
00:49:31Cet ancien policier
00:49:32Du contre-espionnage français
00:49:33Vous le raconterez mieux que moi
00:49:34Parce qu'il l'a vécu
00:49:35Il a été recruté
00:49:37Par les services secrets iraniens
00:49:38A l'époque
00:49:39Les services secrets
00:49:40De la république islamique
00:49:41Pour être très clair
00:49:42Qu'il ne savait pas du tout
00:49:43Qu'il travaillait
00:49:44Pour le contre-espionnage français
00:49:46Donc quand ils l'ont approché
00:49:47Il a prévenu sa hiérarchie
00:49:49Il le raconte d'ailleurs
00:49:50Dans son livre
00:49:51Qui s'appelle
00:49:52Notre agent iranien
00:49:53Et sa hiérarchie
00:49:54Il lui a dit
00:49:55Ecoute
00:49:56Tu leur fais croire
00:49:57Que tu vas travailler pour eux
00:49:58Et comme ça
00:49:59On va les infiltrer
00:50:00Et donc il a passé des années
00:50:02A ramener une documentation
00:50:03Extrêmement précieuse
00:50:04J'ai eu l'occasion moi
00:50:05De parler avec
00:50:06Un agent
00:50:07Qui a été longtemps
00:50:08Qui a travaillé longtemps
00:50:09Avec Mathieu Gadiri
00:50:10Qui m'a dit que ce qu'il avait fait
00:50:11C'était exceptionnel
00:50:12L'enseignement israélien
00:50:13Qui infiltre
00:50:14Comment dire
00:50:15Les services iraniens
00:50:16Mais les français l'ont fait
00:50:17Et
00:50:18Cet homme
00:50:19Si vous voulez
00:50:20A eu pour mission
00:50:21Des services secrets iraniens
00:50:23Croyant qu'il travaillait pour eux
00:50:25D'infiltrer le parti socialiste
00:50:27Et d'approcher François de Grosse-Hour
00:50:29A l'époque
00:50:30Il y a la guerre entre l'Iran et l'Irak
00:50:34Vous le savez
00:50:35Et évidemment
00:50:36Les services secrets iraniens
00:50:37Veulent savoir
00:50:38Quelle va être
00:50:39Quelle est la position
00:50:40De François Mitterrand
00:50:41Concernant
00:50:42Comment dire
00:50:44Le conflit
00:50:45Iran
00:50:46Irak
00:50:47C'est pas la seule chose
00:50:48C'est que Mathieu
00:50:49Il est officiellement aussi
00:50:50Il est un étudiant
00:50:51Il connaît bien
00:50:52Les associations étudiantes
00:50:53Notamment
00:50:54En fait
00:50:55Qui sont issues
00:50:56Des diasporas du Moyen-Orient
00:50:57Donc évidemment
00:50:58Pour eux
00:50:59C'est une perle
00:51:00Voilà
00:51:01Ils vont découvrir quelques années plus tard
00:51:02Qu'en fait c'est un agent français
00:51:03Mais pour répondre à votre question
00:51:04Et je voulais l'illustrer
00:51:05Par quelque chose de concret
00:51:06Oui
00:51:07Evidemment
00:51:08Ca a été fait
00:51:09Je vais même plus loin
00:51:10Vous savez
00:51:11Quand j'ai interviewé Moshen Chazeghara
00:51:12Le cofondateur des Gardiens de la Révolution
00:51:14Avec Alic Akbar
00:51:15Motachamipour
00:51:16Il s'est marré
00:51:17Parce qu'il m'a dit
00:51:18En riant
00:51:19Il m'a dit
00:51:20Vous savez nous étions à Paris
00:51:21Avec l'Ayotala Khomeini
00:51:22Enfin pas à Paris
00:51:23À Neuf-le-Château pardon
00:51:24En région parisienne
00:51:25Dit-il
00:51:26Et on était dans la chambre
00:51:27Dans une chambre d'hôtel
00:51:28Et on s'est dit
00:51:29On va créer une armée parallèle en fait
00:51:31Et quand on prendra le pouvoir en Iran
00:51:33Et bien on la mettra
00:51:34Elle prendra le pouvoir avec nous
00:51:36Et cette armée parallèle
00:51:37S'appelle
00:51:38Les Gardiens de la Révolution
00:51:40Made in Paris
00:51:41Ou Made in Neuf-le-Château
00:51:43Merci
00:51:44Deuxième question
00:51:45Vous avez indiqué
00:51:47Alors là c'est contemporain
00:51:48Que la République islamique
00:51:49A pour objectif
00:51:50De provoquer le chaos
00:51:51Sur le sol français
00:51:52Est-ce que c'était
00:51:54La France est spécialement visée
00:51:56Ou est-ce qu'il y a d'autres pays européens
00:51:58Et si la France est spécialement visée
00:51:59Pourquoi ?
00:52:00Je vais commencer par votre dernière question
00:52:02Monsieur le Président
00:52:03Si vous le permettez
00:52:04Pourquoi la France est-elle visée ?
00:52:06Aux yeux de la République islamique
00:52:08Aux yeux des dirigeants du régime iranien
00:52:10La France est le pays qui a le plus d'influence en Europe
00:52:15On peut débattre à l'envie du sujet
00:52:18Mais c'est ainsi
00:52:19Je vous parle de perception
00:52:20C'est ainsi que les services secrets iraniens
00:52:21Perçoivent la France
00:52:23Ils la perçoivent aussi comme une puissance militaire
00:52:26Qui les gêne considérablement
00:52:28Notamment dans le golfe Persique
00:52:29Pourquoi ?
00:52:30Parce que vous n'êtes pas sans ignorer
00:52:31Que la France dispose d'une base interarme
00:52:34À Abu Dhabi
00:52:36Qui est de très haut niveau
00:52:38Je crois que c'est même un euphémisme que de dire ça
00:52:40Et d'une marine aujourd'hui de pointe
00:52:42Qui est très haut niveau
00:52:43Et dont les navires, les frégates
00:52:46Circulent régulièrement
00:52:48Dans le détroit d'Hormuz
00:52:50Pour prévenir toute attaque
00:52:52De la marine des gardiens de la révolution
00:52:54Je vous en parle à dessein
00:52:56Pourquoi ? Parce que le détroit d'Hormuz
00:52:57J'y suis allé plusieurs fois
00:52:58Je l'ai traversé 4 ou 5 fois
00:52:59Et la dernière fois que je l'ai fait
00:53:00C'était pour Paris Match
00:53:01Avec un photographe qui s'appelle Bernard Sidler
00:53:03Nous avons été autorisés
00:53:05À monter à bord d'un hélicoptère
00:53:06Des services de renseignement de la marine
00:53:08Donc c'était vraiment un scoop exclusif
00:53:10Et nous sommes allés survoler
00:53:11Les navires de guerre iraniens
00:53:15Qui sont dans le détroit
00:53:16Et on voit bien que la France
00:53:17Fait aujourd'hui un travail
00:53:18Si vous voulez
00:53:19Ces navires, ils écoutent aussi
00:53:20Les communications des navires iraniens
00:53:22Bref, on voit bien que l'Iran
00:53:24Nous craint
00:53:25Ça c'est une réalité
00:53:26Face à cette crainte
00:53:28Il y a deux options
00:53:29La diplomatie de la terreur
00:53:30Donc c'est poser des bombes
00:53:32C'est ce qu'ils font depuis 45 ans
00:53:34Tout en nous disant
00:53:35Qu'ils veulent négocier avec nous
00:53:36C'est prendre des otages
00:53:37Évidemment
00:53:38Comme les deux qu'il y a actuellement en fait en Iran
00:53:41Et c'est aussi faire de l'ingérence
00:53:44Nous manipuler
00:53:45Quand je dis qu'ils veulent
00:53:47Pour revenir à votre première question
00:53:48Pourquoi ils veulent porter en fait le chaos chez nous ?
00:53:51Simplement parce qu'ils veulent nous montrer
00:53:54Qu'ils ont les moyens de déstabiliser en fait le pays
00:53:57Et il ne vous aura pas échappé que depuis trois ans notre pays est profondément déstabilisé par toutes les manifestations qu'il y a à la suite de l'importation du conflit israélo-palestinien sur notre territoire
00:54:07Et ils tentent en profiter
00:54:09Pourquoi ?
00:54:10Pour faire pression sur les opinions publiques
00:54:12En fait il y a toujours l'instrumentalisation de cette cause palestinienne
00:54:15C'est ça qu'il faut comprendre
00:54:16Pour faire pression sur les opinions publiques
00:54:18Pour faire pression à madouer aussi un certain nombre d'intellectuels qui sont sensibles à la cause palestinienne
00:54:25Que je ne remets pas en question d'ailleurs
00:54:27Pour moi le sujet n'est pas la cause palestinienne
00:54:29Le sujet sont les organisations terroristes palestiniennes
00:54:31On peut tout à fait être sensible à ce qui se passe évidemment à Gaza ou en Palestine en général
00:54:37Pour autant on ne peut pas prendre parti pour des organisations terroristes
00:54:40Sans nous en croire que ce sont des organisations de résistance
00:54:42Encore une fois j'en ai vu certaines tuer sous mes yeux
00:54:44Donc vous comprendrez que je n'ai pas beaucoup de sympathie pour elles
00:54:48Donc il y a ça
00:54:49Et donc en permanence la recherche c'est quoi ?
00:54:51C'est nous influencer
00:54:52Nous influencer pour faire quoi ?
00:54:54C'est pour faire en sorte que nous poussions à notre tour
00:54:57Donc la république française
00:54:59Qu'Emmanuel Macron très clairement
00:55:01Que la diplomatie française
00:55:03Pousse Israël à retenir ses coups
00:55:05A Gaza
00:55:06Au Liban
00:55:07Contre le Hezbollah
00:55:08Et évidemment contre la république islamique
00:55:10Il y a aussi un dossier épineux
00:55:12C'est le dossier du nucléaire
00:55:14Et là aussi
00:55:15On l'a raconté
00:55:16Je ne vais pas y revenir
00:55:17Parce qu'on l'a raconté avec Jean-Marie Montali
00:55:18De façon très détaillée dans notre livre
00:55:20Et là aussi
00:55:21Il y a eu un jeu d'influence et de manipulation
00:55:23Qui a été extrêmement important
00:55:26Voilà Monsieur le Président
00:55:28Merci pour ces éclaircissements
00:55:30Le troisième et dernier point
00:55:32C'est une question assez courte
00:55:34Mais vous avez fait des tas de relations
00:55:36Qui pouvaient exister entre des mouvements islamistes
00:55:38Avec des partis français
00:55:40Et pas seulement d'après ce que j'ai compris
00:55:42Avec les dirigeants
00:55:43Mais également avec la base
00:55:44Avec les militants
00:55:45Donc comment se font ces liens
00:55:50Il y a des adhérents, des militants
00:55:53C'est aussi une question qui est très importante
00:55:55Je vous remercie Monsieur le Président
00:55:56Parce qu'on va vraiment
00:55:57Je trouve au fond des choses
00:56:00Un élément qui est très important
00:56:02Ce sont les universités
00:56:04Les services secrets iraniens
00:56:07Considèrent
00:56:08Depuis 46 ans
00:56:10Qu'il faut miser
00:56:11C'est ce qu'ils ont fait avec Mathieu Gallieri
00:56:13Sans savoir que c'était un agent français
00:56:15Mais considèrent qu'il faut recruter
00:56:17Dans les universités
00:56:19Et parfois ils envoient d'ailleurs
00:56:21Ça va donner des exemples dans le livre
00:56:23La pieuvre de terrain avec Jean-Marie
00:56:25Ils envoient directement des étudiants iraniens
00:56:27Étudiés évidemment dans nos universités
00:56:29Mais pour faire aussi de l'espionnage
00:56:31Et de l'influence
00:56:32Alors pourquoi c'est important ?
00:56:34Parce que dans les universités
00:56:35Ils peuvent approcher comme cela
00:56:36Les associations étudiantes
00:56:38Qui on le sait
00:56:39Sont souvent politisées
00:56:40Qu'elles soient de gauche, de droite
00:56:42Et donc leur jeu
00:56:44C'est justement de les approcher
00:56:45Pour essayer de les animer
00:56:47De les pousser
00:56:48A organiser des événements
00:56:51A organiser parfois des sitings
00:56:53A organiser des manifestations
00:56:55Mais il y a une chose qui est importante
00:56:56Je vous l'ai dit tout à l'heure
00:56:58Ce sont les services secrets russes
00:56:59Qui ont formé les services secrets iraniens
00:57:02Je ne suis pas un spécialiste
00:57:03Des services secrets russes
00:57:04Pour être très clair avec vous
00:57:05Mais j'ai appris une chose
00:57:06Grâce à mes confrères
00:57:08Qui travaillent dessus
00:57:09C'est que les russes
00:57:10Travaillent sur le temps long
00:57:11Et les iraniens ont fait donc
00:57:12Exactement la même chose
00:57:13C'est à dire que quand ils investissent
00:57:14Sur une jeune fille
00:57:16Une jeune étudiante
00:57:17Ou un jeune étudiant
00:57:18Qui est à 24-25 ans
00:57:19Qui est doctorant par exemple
00:57:20Qui se spécialise
00:57:21Sur le Moyen-Orient
00:57:22En général c'est les profils
00:57:23A la fac
00:57:24Ils savent que
00:57:25D'ici 4-5-10 ans
00:57:27Il va se retrouver
00:57:28Sans doute
00:57:29Soit chercheur
00:57:30De haut niveau
00:57:31Dans l'université
00:57:32Soit peut-être journaliste
00:57:33Soit peut-être travaillé
00:57:34En fait au Quai d'Orsay
00:57:35Que donc
00:57:36Il va pouvoir approcher
00:57:37Des gens qui ont de l'influence
00:57:38Il va pouvoir approcher
00:57:39Aussi des gens
00:57:40De partis politiques
00:57:41Parce que nous l'oublions pas
00:57:43Ils approchent
00:57:44Les associations étudiantes
00:57:45Qui sont elles-mêmes
00:57:46Politisées
00:57:47Donc ils vont chercher déjà
00:57:49Une matrice
00:57:50Si vous voulez
00:57:51Politique
00:57:52Et donc il faut pas du tout
00:57:53S'étonner que
00:57:54On retrouve un certain nombre
00:57:55De gens aujourd'hui
00:57:56Qui répètent à l'envie
00:57:57Moi je suis parfois
00:57:58Atterré par ça
00:57:59Surtout quand je connais
00:58:00Je connais le parcours
00:58:01De ces gens
00:58:02Qui répètent à l'envie
00:58:03Si vous voulez
00:58:04Les éléments de langage
00:58:05Et qui finalement
00:58:07Si vous voulez
00:58:09Se lavent les mains
00:58:11Se lavent les mains
00:58:13Pardonnez-moi
00:58:14Contre la population
00:58:15Notamment contre les jeunes
00:58:16Iraniens
00:58:17Merci
00:58:20Monsieur le Président
00:58:21Merci Monsieur le Président
00:58:23Merci Monsieur le Président
00:58:25Monsieur Razavi
00:58:26Merci pour votre présence
00:58:28Alors on a demandé votre audition
00:58:30Suite aux auditions
00:58:31Vos confrères
00:58:32Nora Bussini
00:58:33Et Omar Youssef Souleymane
00:58:34Qui nous ont parlé de vous
00:58:36Et c'est pour ça qu'on a souhaité
00:58:37Compléter leurs auditions
00:58:39Avec la vote
00:58:40Merci d'avoir fait le déplacement
00:58:41Merci pour votre courage
00:58:42Parce que vous l'avez dit
00:58:43Dans votre propos liminaire
00:58:44Et c'est vrai
00:58:45Il n'est pas évident
00:58:46De parler d'islamisme
00:58:47On sait que vous ne faites pas
00:58:48L'objet de menaces
00:58:49Et vraiment
00:58:50Je pense que
00:58:51La représentation nationale
00:58:52Peut être reconnaissante
00:58:53Du témoignage
00:58:54Courageux
00:58:55Et non à huis clos
00:58:56Que vous voulez porter
00:58:57Aujourd'hui
00:58:58En présence notamment
00:58:59De la presse
00:59:00Merci
00:59:01Pour tout ça
00:59:02Je voulais rebondir
00:59:03Sur un de vos propos
00:59:04Parce que votre propos
00:59:05Liminaire
00:59:06Et ceux du président
00:59:08Ont été tellement
00:59:09Bien complétés
00:59:10Que les questions
00:59:11Que j'avais prévues
00:59:12De vous poser
00:59:13Au moins les trois quarts
00:59:14Ont déjà trouvé leurs réponses
00:59:15Mais je voudrais rebondir
00:59:16Sur ce que vous avez dit
00:59:17Tout à l'heure
00:59:18En parlant
00:59:19De la plainte
00:59:20Ou des plaintes
00:59:21D'avocats sans frontières
00:59:22D'ailleurs
00:59:23On a demandé à ce sujet
00:59:24Une contribution
00:59:25Écrite à Gilles William
00:59:27Golnadel
00:59:28Qu'on lira avec beaucoup d'attention
00:59:29Vous avez dit
00:59:31Je vous cite
00:59:32Étonnamment
00:59:33Les gens ne sont pas
00:59:34Poursuivis
00:59:35Alors moi-même
00:59:36J'avais fait
00:59:37Un signalement
00:59:38Au procureur
00:59:39De la république
00:59:40Pour un élu
00:59:41De mon territoire
00:59:43Qui s'appelle
00:59:44Ismaël Bouchde Kada
00:59:45Qui a fait l'objet
00:59:46Déjà d'une première
00:59:47Condamnation
00:59:48Pour apologie
00:59:49Du terrorisme
00:59:50Et qui a renouvelé
00:59:51Certains propos
00:59:53Absolument
00:59:54Édifiants
00:59:55Sur Twitter
00:59:56En faisant du chef
00:59:57Du Hamas
00:59:58Un martyr
00:59:59Et
01:00:00Pour ce qui me concerne
01:00:01En tout cas
01:00:02Les suites
01:00:03Ont été données
01:00:04Par la machine judiciaire
01:00:06Simplement
01:00:07Je voulais savoir
01:00:08Quand vous dites
01:00:09Étonnamment
01:00:10Poursuivis
01:00:11Est-ce que vous pensez
01:00:12Que c'est parce qu'il y a un trou juridique
01:00:13Dans la raquette
01:00:14Parce que la notion
01:00:15L'apologie du terrorisme
01:00:16Est une notion
01:00:17Quelque peu abstraite
01:00:18Qui peut
01:00:19Quelquefois
01:00:20Sembler
01:00:22Difficile à cerner
01:00:23Ou est-ce que vous pensez
01:00:25Qu'on a aussi
01:00:26Un manque de courage politique
01:00:27Dans ce pays
01:00:28Sur ces sujets-là
01:00:30Merci monsieur le rapporteur
01:00:32De votre question
01:00:33Qui est aussi importante
01:00:35Je crois que les temps ont changé
01:00:37Je crois qu'on s'est habitué
01:00:38A certaines formes de discours
01:00:40C'est-à-dire que
01:00:41Des choses qui sont illégales
01:00:43Mais qui sont répétées à l'envie
01:00:44Et banalisées à l'envie
01:00:45Finalement
01:00:47Deviennent acceptables
01:00:48Et en fait
01:00:49On est
01:00:50Depuis quelques années
01:00:51On voit la société
01:00:52Et évoluer dans ce contexte-là
01:00:54Après
01:00:55Vous m'avez fait vraiment
01:00:56L'immense honneur
01:00:57Vraiment je vous en remercie
01:00:58Encore une fois
01:00:59De m'inviter
01:01:00A venir témoigner ici
01:01:01Vous savez
01:01:02Ce sur quoi je travaille
01:01:03Ce sur quoi travaille
01:01:04Nora Bussini
01:01:06Ou ce sur quoi travaille
01:01:07En fait Omar
01:01:08Ce sont des choses
01:01:09Qui sont extrêmement
01:01:10Compliquées
01:01:11Et
01:01:12Je trouve formidable
01:01:13Aujourd'hui
01:01:14Que des députés
01:01:15Prennent le temps
01:01:16De nous entendre
01:01:18De travailler
01:01:19Sur le sujet
01:01:20Mais je comprends bien
01:01:21En même temps
01:01:22Que les juges
01:01:23Et un juge
01:01:24Landa
01:01:25N'a pas les compétences
01:01:26Ou n'a pas les connaissances
01:01:27Forcément que nous avons
01:01:28Et si vous parlez en fait
01:01:29De tout
01:01:30Dans la raquette
01:01:31Je pense qu'aujourd'hui
01:01:32La magistrature
01:01:33Devrait être un peu plus
01:01:34Peut-être sensibilisée
01:01:35Si vous voulez
01:01:36Aux choses par exemple
01:01:38Que je viens de vous raconter
01:01:39Monsieur le rapporteur
01:01:40Ça c'est important
01:01:41Ça c'est important
01:01:42Mais il y a une chose
01:01:43De toute façon
01:01:44Qui est très claire
01:01:45A mon sens
01:01:46C'est que
01:01:47Quand on voit Rima
01:01:48Sainte Thomas porte
01:01:49Enfin ces gens-là
01:01:50Se compromettent
01:01:51Pardonnez-moi
01:01:52Il n'y a pas d'autres mots
01:01:53Et j'assume les conséquences
01:01:54De mes propos
01:01:55Si tant est qu'il y en est
01:01:56Ces gens-là
01:01:57Se compromettent
01:01:58Avec des éléments
01:01:59Travaillants
01:02:00Pour des organisations terroristes
01:02:02Comme le FPLP
01:02:03Ces gens-là
01:02:04Se compromettent
01:02:05Avec Salah Hamouri
01:02:06C'est qu'on ne peut pas dire de nom
01:02:07Mais pour le coup
01:02:08Il a tellement été employé
01:02:09Je tiens à préciser
01:02:10Que la règle n'est pas
01:02:11De dire des noms
01:02:12Ou pas dire des noms
01:02:13C'est l'autre jour
01:02:14Il y avait
01:02:15Une succession d'exemples
01:02:16Qui se sont donnés
01:02:17Et j'ai simplement indiqué
01:02:18Que ce qui nous intéressait
01:02:19C'était les situations
01:02:20Et les cas
01:02:21Que des noms soient donnés
01:02:22Il n'y a aucun problème
01:02:23En général
01:02:24C'était simplement
01:02:25Comme il y avait 7-8 cas
01:02:26On n'allait pas se crisper
01:02:27Non mais je comprends
01:02:28Monsieur le Président
01:02:29N'hésitez pas
01:02:30Si besoin est
01:02:31Par contre une fois
01:02:32Ce n'est pas un tribunal
01:02:33On ne fait pas un procès
01:02:34Sans problème
01:02:35Je le comprends bien
01:02:36Et je crois qu'ils assument
01:02:37De toute façon
01:02:38Comment dire
01:02:39Leurs engagements
01:02:40Rima Hassan
01:02:41Très clairement
01:02:42Mathilde Panot
01:02:43Thomas Porte
01:02:44Sébastien Delogu
01:02:46Erzilia Soudé d'ailleurs
01:02:48Tous ces députés
01:02:50De la France insoumise
01:02:51Ont donné des conférences
01:02:53J'ai envoyé hier
01:02:54Parce qu'ils font le ménage
01:02:55Maintenant sur internet
01:02:56Donc on ne retrouve pas forcément
01:02:57Les éléments que je vous ai adressés
01:02:58Madame
01:02:59Mais on a des photos
01:03:00On a des vidéos
01:03:01Quand on vous en parle
01:03:02C'est qu'on a documenté
01:03:03Je sais que c'est tellement sensible
01:03:05Parfois même les policiers
01:03:06Qu'on interview
01:03:07Ils sont très très épatés
01:03:08Par la façon dont nous travaillons
01:03:09On documente tout
01:03:10D'accord
01:03:11Et évidemment
01:03:12Ces gens là
01:03:13Se compromettent
01:03:14Avec des membres
01:03:15D'organisations terroristes
01:03:16Mais en revanche
01:03:17Vous savez
01:03:18Je pense qu'un juge
01:03:19Ne sait pas forcément cela
01:03:20Et je pense qu'aujourd'hui
01:03:21Il y a un travail
01:03:22Vous savez moi
01:03:23Je pense que
01:03:24Vous savez pourquoi
01:03:25Je suis heureux d'être à cette
01:03:26Devant vous
01:03:27Dans cette assemblée
01:03:28Je pense qu'il est temps
01:03:29Qu'il y a un débat national
01:03:31Sur le sujet
01:03:32Parce que je pense
01:03:33Que la France
01:03:34Je pense que la démocratie
01:03:35Je suis très attaché
01:03:36A la démocratie
01:03:37La démocratie française
01:03:39Est en danger
01:03:40Je vous l'ai dit tout à l'heure
01:03:41Plus mes enquêtes avancent
01:03:43Et je ne fais pas mes enquêtes
01:03:44Depuis hier
01:03:45Ca fait presque 30 ans
01:03:46Que j'enquête sur ces sujets là
01:03:47Plus je vois
01:03:48Le danger
01:03:50Arriver
01:03:51Vous comprenez bien
01:03:53Que quand des gens
01:03:54Cautionnent
01:03:55La violence
01:03:56A Gaza
01:03:57Quotidiennement
01:03:58A la télévision
01:03:59Dans des émissions de radio
01:04:00Place de la République
01:04:01Dans des manifestations
01:04:02Viendra le moment
01:04:05Où des cerveaux
01:04:07Je dirais
01:04:08Mal façonnés
01:04:09Des esprits faibles
01:04:10Passeront aussi
01:04:11A l'action
01:04:12Sur le territoire français
01:04:13Et ce ne sera pas
01:04:14Que sur le territoire français
01:04:15D'ailleurs
01:04:16Parce qu'aujourd'hui
01:04:17Ce que vit la France
01:04:18L'Espagne le vit
01:04:19J'ai vécu quelques années en Espagne
01:04:20Les services secrets iraniens
01:04:22Ce sont très très puissants
01:04:23D'ailleurs en Espagne
01:04:24C'est vrai aussi
01:04:25En Allemagne
01:04:26Donc je pense
01:04:27Aujourd'hui
01:04:28Qu'il faut absolument
01:04:29Et j'espère que ce sera
01:04:30A l'issue de vos travaux
01:04:31Le cas
01:04:32Je pense
01:04:33Qu'il faut absolument
01:04:34Faire
01:04:35De ce dont je viens
01:04:36Vous parler aujourd'hui
01:04:37De ce dont vous ont parlé
01:04:38Mes confrères et consœurs
01:04:39Vraiment
01:04:40Un débat national
01:04:41C'est très grave
01:04:42Ce qui est en train de se passer
01:04:44Merci
01:04:46Notre rapporteur reprendra
01:04:47Ses séries de questions
01:04:48Tout à l'heure
01:04:49Madame Yannan
01:04:50Qui était ici présente
01:04:51Et qui doit s'absenter
01:04:52Va pouvoir poser sa question
01:04:53On remercie le rapporteur
01:04:54De sa compréhension
01:04:55Madame Yannan
01:04:56Merci Monsieur
01:04:57Merci beaucoup
01:05:02Merci Monsieur le Président
01:05:03Merci Monsieur le rapporteur
01:05:05Merci beaucoup
01:05:07Merci beaucoup pour ce témoignage
01:05:08Monsieur Razavi
01:05:09Vous avez vraiment
01:05:10Toute notre admiration
01:05:12Pour le courage
01:05:13Dont vous faites preuve
01:05:15Comme d'ailleurs
01:05:16Nora Bussini
01:05:17Ou Omar Youssef Souleymane
01:05:19Qui sont venus aussi témoigner
01:05:20Parce que vous avez choisi
01:05:22Non pas le huis clos
01:05:23Mais vous avez choisi
01:05:24De rendre cette audition publique
01:05:26Et vraiment
01:05:27Ce courage vous honore
01:05:29Voilà
01:05:30Alors
01:05:31Vous avez donné
01:05:33Beaucoup d'explications
01:05:34Effectivement
01:05:35Et dans la pieuvre de Téhéran
01:05:36Vous décrivez
01:05:37Donc
01:05:38L'influence
01:05:39Iranienne
01:05:41Et vous affirmez
01:05:42Que les services de renseignement français
01:05:44Ont une connaissance fine
01:05:45De ce réseau
01:05:46Mais il existe
01:05:47Et vous en avez un petit peu parlé
01:05:49Un véritable décrochage
01:05:51Du côté politique
01:05:52Une absence de volonté d'agir
01:05:53Que vous qualifiez
01:05:54Que vous qualifiez
01:05:55De naïveté coupable
01:05:56Vis-à-vis d'un Etat
01:05:57Qui est un Etat
01:05:58Donc terroriste
01:05:59Et vous avez
01:06:00Vous allez même
01:06:01Jusqu'à suggérer
01:06:02Alors vous en avez un peu parlé
01:06:03La fermeture
01:06:04De l'ambassade d'Iran
01:06:05A Paris
01:06:06Que vous venez de qualifier
01:06:08De plaque tournante
01:06:09De cette propagande
01:06:13Alors j'ai plusieurs questions
01:06:15Par rapport à ça
01:06:16Ma première question
01:06:17Quand vous parlez
01:06:18De naïveté coupable
01:06:19D'après vous
01:06:20Est-ce qu'il peut encore
01:06:22S'agir d'ignorance
01:06:23Alors vous venez de dire
01:06:26Que oui mais pas que
01:06:27Mais est-ce que vous pensez
01:06:29Que les élus par exemple
01:06:30Que vous venez de citer
01:06:32D'extrême gauche
01:06:33Choisissent cette cause
01:06:36Par naïveté
01:06:37Par aveuglement
01:06:38Ou par une complicité réelle
01:06:40Et assumée
01:06:41Notamment avec
01:06:42La république islamique d'Iran
01:06:44Et la deuxième question
01:06:45C'est quels risques
01:06:46Spécifiques
01:06:47Identifiez-vous
01:06:48A l'approche
01:06:49Des prochaines élections
01:06:50Municipales
01:06:51Municipales
01:06:52Notamment en termes
01:06:53De clientélisme
01:06:54Communautaire
01:06:55En plaisance d'élus locaux
01:06:56Face à ces réseaux d'influence
01:06:58Est-ce qu'il y a vraiment
01:06:59Un entrisme
01:07:00Spécifique
01:07:01Lié à ces élections
01:07:02Municipales
01:07:03Je vous remercie
01:07:04Merci madame Yannan
01:07:05Monsieur Razavi
01:07:07Merci infiniment
01:07:08Pour vos mots
01:07:09Qui me touchent infiniment
01:07:10Madame la députée
01:07:11Venant de vous
01:07:12Vous êtes très courageuse
01:07:13Donc ça me touche énormément
01:07:14Pour répondre à vos questions
01:07:15Il y a des gens qui s'engagent en soutien à la cause palestinienne et pour moi ça fait
01:07:26pas débat ça fait pas je respecte je dirais tous les engagements les gens dont nous parlons soutiennent des organisations terroristes comme le FPLP le Hamas le djihad islamique ces gens là font ça parce que ils sont mu par un esprit révolutionnaire je voulais beaucoup
01:07:43Par un esprit révolutionnaire, je vous l'ai beaucoup dit dans mon propos liminaire, la convergence entre les islamistes et l'extrême gauche en Occident repose, mais c'était vrai aussi en Iran, repose sur un ciment, un pilier, dirais-je, révolutionnaire.
01:07:59C'est vraiment important de bien noter ce mot, derrière lequel, évidemment, on retrouve l'anti-impérialisme, l'anti-sionisme, qui est de l'antisémitisme à peine masqué, et l'anticolonialisme.
01:08:10Donc ces gens-là savent très bien ce qu'ils font, si on parle en tout cas des deux logues, portes et compagnie.
01:08:17Écoutez, je veux bien qu'ils soient naïfs jusqu'à un certain point, c'est pour ça que je parle de naïveté coupable, voilà.
01:08:23C'est que ces gens-là savent très bien ce qu'ils font, ils savent aujourd'hui qui ils soutiennent, et combien même ne l'auraient-ils pas su au début de leur engagement ?
01:08:34Je crois qu'il y a eu suffisamment d'enquêtes publiées par des journalistes.
01:08:37On a beaucoup parlé de ma consoeur Nora, de Omar, mais vous avez Mickaël Prasant, qui a écrit un livre absolument formidable sur ce qu'est le Hamas, qui raconte les écosystèmes de Gaza.
01:08:50Enfin, il y a une littérature abondante. Il y a dans la presse française, de gauche comme de droite, du Nouvel Observateur, au Figaro Magazine, je pense, un nombre d'enquêtes phénoménales.
01:09:00Et vous imaginez bien que les trois intervenants que nous sommes, on ne les a pas tous écrits. Donc, je veux dire par là que ces députés de la LFI, ils ont tout moyen quand même de se renseigner, de se cultiver, d'approcher d'ailleurs des journalistes.
01:09:12Ils peuvent nous questionner. Moi, je ne demande pas mieux. Je l'ai dit d'ailleurs lors d'une intervention à la télévision au mois de juillet. Moi, si M. Mélenchon, demain, veut qu'on débatte, je n'ai aucun problème.
01:09:20Voilà. Et je viendrai également avec les éléments que je vous ai passés. Donc, effectivement, je pense qu'aujourd'hui, ils sont inscrits dans un schéma révolutionnaire.
01:09:29Il faut bien l'entendre. C'est bien pour ça que je parle de danger. Vous comprenez bien qu'on ne peut pas en permanence, si vous voulez, cautionner la violence sans à un moment basculer dedans.
01:09:39Et je vous dis ça parce que je suis un peu particulier parmi mes confrères. C'est que moi, quand je travaille sur mes enquêtes, j'aime bien interviewer des psychiatres.
01:09:46Et donc, je fais travailler les psychiatres qui m'accompagnent sur, évidemment, les motivations des gens qui rejoignent ces mouvements révolutionnaires.
01:09:55Je suis aussi sur les textes. Je leur fais analyser les textes. Je l'ai fait d'ailleurs pour les textes de Roménie. Je les ai fait analyser par deux psychiatres.
01:10:00Je leur raconte dans mon livre « La face cachée des Mollas ».
01:10:04Vous m'avez posé une deuxième question sur, finalement, sur les élections municipales.
01:10:09Je vous en prie.
01:10:16Vous parliez, donc, des élections municipales.
01:10:46Et je crois que le communautarisme est un enjeu important de ces prochaines élections.
01:10:52Alors, moi, je peux vous donner des exemples précis. Encore une fois, ne m'en veuillez pas. Je ne suis pas très analytique.
01:10:56Moi, je suis reporter. Donc, je vous raconte ce que je constate sur le terrain.
01:11:01Et j'ai constaté – je vous ai parlé de Dijon dans le propos liminaire – évidemment qu'aujourd'hui – vous voyez cet imam dont j'ai parlé,
01:11:09islamiste, dont il est documenté qu'il est lié aux frères musulmans, etc.
01:11:14Cet imam, aujourd'hui, il est devenu un véritable levier électoral pour différents candidats, en fait, à Dijon.
01:11:22Pas que de gauche. Il l'est, en fait, pour la mairie socialiste.
01:11:25En fait, il a été pendant des années. Il l'est encore.
01:11:27Mais il l'est aussi, donc, pour cette députée – enfin, cette ex-députée, pardonnez-moi, et ex-ministre – qui va se compromettre dans ces événements.
01:11:36Donc, évidemment – on l'a raconté, d'ailleurs, en détail.
01:11:39Moi, j'ai fait une longue enquête, en fait, pour le journal en ligne Atlantico sur ce qui s'est passé à Dijon.
01:11:44C'est un cas, si vous voulez, qui illustre, d'ailleurs, ce qui se passe au niveau national.
01:11:48Vous avez exactement la même chose dans d'autres villes, par exemple, comme Annecy,
01:11:52où, à Annecy, il y a deux ou trois semaines, la municipalité a décidé d'octroyer un terrain à une association dont on sait qu'elle est proche des frères musulmans
01:12:03pour qu'elle y bâtisse une mosquée et que, comment dire, d'ailleurs, cette mosquée est supposée – alors, je ne sais pas si ça sera le cas ou pas –
01:12:11mais, enfin, elle est supposée ériger, en tout cas, un minaret extrêmement haut, peu importe.
01:12:16Le fait est que personne ne s'est préoccupé de savoir qui était derrière, qui l'a financé.
01:12:21On a expliqué, enfin, les gens de l'association qui portent ce projet de mosquée ont expliqué que c'était des dons.
01:12:27On parle quand même de peut-être 6-7 millions d'euros de financement.
01:12:31Donc je veux bien, moi, que la communauté des croyants finance par des dons.
01:12:35Je voudrais faire une parenthèse. Je le redis parce que je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté.
01:12:38Je suis d'origine iranienne. Je pense que vous avez tous compris qu'il y a des musulmans dans ma famille, forcément,
01:12:43et que j'ai grandi vraiment entre deux cultures. Donc je n'ai pas de sujet là-dessus.
01:12:46Et je ne dis rien. Je ne tiens aucun de ces propos de façon, comment dire, cynique.
01:12:51Je vais être très clair là-dessus. Mais évidemment, il faut arrêter d'être naïf.
01:12:55Donc comment la mairie peut-elle, si vous voulez accepter ça ?
01:12:58Évidemment, il y a une pression. On le voit bien, puisque Atlantico, à nouveau, me demande de travailler là-dessus.
01:13:05On voit bien qu'il y a des pressions à la fois des écologistes, des pressions de la France insoumise,
01:13:10que dès que vous posez d'ailleurs les questions du financement, vous vous faites traiter de fasciste, de raciste,
01:13:16ce qui est complètement idiot.
01:13:19Et on voit globalement, d'ailleurs, que les conseillers municipaux de droite,
01:13:25ils ont plutôt été assez aux abonnés absents sur le sujet,
01:13:28parce qu'ils ont peur justement de se faire traiter, j'imagine en tout cas, de raciste.
01:13:32Il y a un conseiller municipal, LR, qui a osé poser la question,
01:13:36qui s'appelle Nicolas Criveaux-Bocq, et il s'est fait évidemment insulter.
01:13:40Et ses collègues, en tout cas, moi, en tant que journaliste, je n'ai pas...
01:13:42Je vois ça, je regarde ça de près, je n'ai pas vu les gens de LR à Annecy, en tout cas, réagir.
01:13:48Et donc, bien sûr que ça devient un enjeu, parce que les uns en font un enjeu pour récupérer des voix,
01:13:53et les autres se disent, oula, on n'a pas envie d'être fascisés,
01:13:55et donc sont devenus les otages, si vous voulez, de cette extrême gauche.
01:13:58C'est quand même ça, la réalité.
01:14:00Mais, madame la députée, si vous le permettez, moi, je constate ça, c'est pas nouveau.
01:14:05Vous savez, j'ai écrit en 2004 ou 2005, vous m'excuserez sur la date, je m'en souviens plus,
01:14:09mais en tout cas, il y a 20 ans, un livre qui s'appelait « Frères musulmans dans l'ombre d'Al-Qaïda »,
01:14:13où je racontais que les frères musulmans, c'était la matrice du djihadisme contemporain,
01:14:19ils sont à l'origine du Hamas, ils sont à l'origine d'Al-Qaïda.
01:14:22Abdallah Azam, le fondateur d'Al-Qaïda et mentor de Ben Laden, c'est un frère musulman,
01:14:26d'ailleurs un théoricien important des frères musulmans, je racontais il y a 20 ans
01:14:31que ces gens-là deviendraient des leviers électoraux, qu'ils créeraient leur propre liste.
01:14:37A Annecy, j'ai cru entendre qu'il y avait une liste communautaire qui allait se présenter.
01:14:42C'est la République française quand même dont on parle.
01:14:45C'est très surprenant de voir qu'on a des listes communautaires.
01:14:49Moi, mon père, pardonnez-moi, je veux quand même le dire, mon père immigrait iranien,
01:14:53m'expliquait, j'avais 12 ou 13 ans, il expliquait à mes soeurs plus âgées qu'en France, on s'assimilait.
01:14:58Et donc aujourd'hui, on voit bien qu'il y a une volonté d'exploiter le communautarisme
01:15:01et d'exploiter en fait des fractures.
01:15:03Alors évidemment, toutes ces puissances, alors toutes les puissances hostiles à la France aujourd'hui,
01:15:10parmi lesquelles il y a l'Iran et leurs services secrets, évidemment qu'elles exploitent ça.
01:15:15Je vous l'ai raconté pour Dijon, je vous disais que ça représentait des écosystèmes
01:15:19qui sont des écosystèmes très importants pour eux.
01:15:22C'est pour ça qu'ils placent aussi des agents dans ces villes-là.
01:15:26C'est pas qu'à Paris que ça se passe, l'espionnage et l'influence.
01:15:30Ça se passe dans tout l'Hexagone.
01:15:31Vous avez d'ailleurs une dame iranienne à Lyon qui a été arrêtée, voilà, il y a quelques mois,
01:15:37pour les mêmes raisons.
01:15:39Merci, M. le rapporteur.
01:15:42Merci, M. Razavi.
01:15:44Cette question, j'allais justement la poser sur les élections municipales, donc c'est très bien.
01:15:48Je voulais simplement revenir sur le phénomène d'entrisme à l'université,
01:15:52parce que c'est un problème, je pense, absolument majeur.
01:15:55Vous avez visé tout à l'heure des vecteurs d'infiltration qui seraient ici en France,
01:16:01par exemple, de l'Iran par l'apport d'étudiants qui servirait de vecteur d'entrisme à l'islamisme iranien.
01:16:12Bon, on observe évidemment la présence d'étudiants qui sont nombreux aux manifestations que vos collègues ont visées,
01:16:21qui sont assez antagonistes d'ailleurs, parce que c'est auprès d'élus de gauche,
01:16:27qui ont tendance à prôner l'égalité homme-femme, prônent évidemment l'ouverture à la communauté LGBT,
01:16:34alors qu'on sait que tous ces mouvements sont mis à mal dans ces pays islamistes,
01:16:39donc on observe un antagoniste total, un antagonisme total,
01:16:43et puis chez ces jeunes, on se rend compte, quand on les interroge, qu'ils sont incapables,
01:16:47ne serait-ce que de définir le sionisme.
01:16:49Pour eux, le sionisme, c'est la politique de Netanyahou à Gaza, enfin, ils mélangent un peu tout.
01:16:54Pourtant, c'est des jeunes qui ont Bac plus 3, quelquefois Bac plus 4 et plus,
01:16:58qui font partie d'universités prestigieuses,
01:17:00et donc on est en droit de s'inquiéter quand même de cet entrisme.
01:17:04Alors cet entrisme, il vise, vous l'avez dit, des étudiants,
01:17:07mais est-ce qu'il y a aussi, selon vous, des vecteurs d'influence chez les professeurs d'université ?
01:17:12Et si oui, dans quelles conditions ils sont finalement, ils deviennent ces vecteurs ?
01:17:19La réponse, monsieur le rapporteur, et je vous remercie de votre question,
01:17:23et oui, il y a aujourd'hui, au sein de la communauté enseignante,
01:17:26des gens qui, par naïveté, parfois, par idéologie, peuvent relayer
01:17:31une idée qui est favorable aux frères musulmans.
01:17:36J'en étais le témoin, je vais vous dire, il y a 6 ans de cela, ou 7 ans de cela,
01:17:40ma fille passait son baccalauréat, et en classe de terminale,
01:17:43un de ses professeurs, qui leur parlait des religions,
01:17:46en est venu à parler, en parlant d'islam, des frères musulmans,
01:17:48en leur expliquant que les frères musulmans, c'est une organisation pacifiste, je cite.
01:17:52D'accord ? Je suis allé le voir, ce professeur, très gentiment d'ailleurs,
01:17:55parce que j'imaginais que lui-même ne savait pas forcément de quoi il parlait,
01:17:59et il s'excusait, et il m'a dit, il m'a dit précisément,
01:18:02écoutez, je raconte aux élèves, je parle aux élèves de ce que l'on me demande
01:18:08dans mon programme de parler.
01:18:10Voilà. Alors, je ne sais pas si c'est vrai ce qu'il m'a répondu,
01:18:13en tout cas, c'est ce qu'il m'a répondu, et je veux bien le croire,
01:18:15je n'ai pas de raison d'en douter.
01:18:17Évidemment, quand vous voyez, il y a un lien quand même
01:18:20entre ces associations étudiantes et certains enseignants,
01:18:23très souvent, il ne vous a pas échappé que dans certaines universités,
01:18:26vous avez quand même des recteurs d'universités,
01:18:29vous avez des professeurs, des enseignants qui ont eu des propos,
01:18:31qui étaient des propos qui étaient favorables
01:18:33aux organisations proxy de terrain, comme le FPLP ou le Hamas.
01:18:38Donc, bien sûr, et je pense que votre question,
01:18:40d'ailleurs, j'imagine peut-être que je me trompe,
01:18:42vous me corrigerez, mais elle sous-tend en fait une autre question,
01:18:45c'est n'y a-t-il pas aujourd'hui, je parlais de débat national,
01:18:48mais ne faut-il pas complètement reprendre en charge,
01:18:52comment dire, l'éducation nationale,
01:18:54mais aussi ce qui se passe dans nos universités ?
01:18:56Pour moi, c'est un vrai sujet.
01:18:58Je pense que ça commence à l'école.
01:19:00On ne peut pas reprocher à des gamins de 16-17 ans
01:19:02de se retrouver soutien, si vous voulez,
01:19:05de la cause palestinienne, qui encore une fois,
01:19:07pour moi, n'est pas un sujet, mais en l'occurrence,
01:19:09de proxys, qui sont des proxys terroristes,
01:19:11quand ils ne le savent pas eux-mêmes,
01:19:12et qu'ils répètent à l'envie ce que des militants
01:19:15ou des professeurs, parfois, leur ont raconté.
01:19:17Je parle à des simples parce que j'ai d'autres cas.
01:19:19Pour le coup, là, c'est moi qui ferais exprès
01:19:21de ne pas donner le nom là, on pourra en parler peut-être en off,
01:19:23mais évidemment, jusqu'à Sciences Po aujourd'hui,
01:19:26jusqu'à l'IEP, d'accord, vous avez des gens
01:19:28qui relaient un discours, qui est un discours
01:19:30très complaisant avec ces proxys-là,
01:19:33et qui évidemment, donc, manipulent d'une façon ou d'une autre
01:19:36certains étudiants.
01:19:37Attention, je ne mets pas en cause l'IEP,
01:19:39qui a des enseignants formidables,
01:19:40mais vous trouvez toujours des exceptions.
01:19:43Et ces exceptions, malheureusement,
01:19:44elles ont souvent de l'influence,
01:19:45sur un certain nombre d'étudiants.
01:19:47Il y a une autre chose qui est importante.
01:19:49Je crois que je vous le disais dans le propos liminaire,
01:19:50au mois de février, l'ambassadeur d'Iran,
01:19:52l'ambassadeur de la République islamique d'Iran,
01:19:55à Paris, a reçu les étudiants
01:19:57de 12 grandes écoles et universités
01:19:59de la région parisienne.
01:20:02Moi, quand, évidemment, j'ai appris ça,
01:20:04j'ai fait une publication
01:20:05très vite sur Twitter,
01:20:08et le ministre de l'Intérieur, d'ailleurs,
01:20:11Bruno Retailleau, m'a fait savoir
01:20:12par quelqu'un de son cabinet qu'il avait vu
01:20:14qu'il allait, évidemment, se renseigner.
01:20:16Je ne connais pas les suites de l'enquête.
01:20:19Ce qui est sûr, c'est qu'évidemment,
01:20:20quand l'ambassadeur de la République islamique d'Iran,
01:20:23État terroriste, on n'en a pas parlé,
01:20:24ce n'est pas le sujet, mais c'est un État narco,
01:20:27qui est très important.
01:20:28L'Iran, quand ils reçoivent des gamins comme ça,
01:20:32de quoi parle-t-il ?
01:20:33De géopolitique ?
01:20:34Et dans la géopolitique, de quoi vont-ils parler ?
01:20:36Évidemment du Moyen-Orient,
01:20:37évidemment du Proche-Orient,
01:20:39évidemment d'Israël,
01:20:39et évidemment de ce qui se passe à Gaza.
01:20:42Et vous imaginez bien que l'ambassadeur
01:20:44de la République islamique d'Iran à Paris
01:20:46ne va pas se montrer les plus sympathiques,
01:20:50si vous voulez, avec l'Occident
01:20:51et évidemment avec Israël,
01:20:54face à ses étudiants.
01:20:55Donc des choses comme ça,
01:20:56il s'en produit, mais à l'envie,
01:20:58mais des dizaines et des dizaines,
01:21:00chaque année,
01:21:01sur notre sol, parfois,
01:21:03avec...
01:21:04Alors, quand je dis avec la complicité
01:21:07ou le partenariat de certains enseignants,
01:21:10nous, on a compris en enquêtant d'ailleurs
01:21:11que, vous voyez, le numéro 2,
01:21:13enfin, qui sert un peu aussi
01:21:13de directeur de cabinet
01:21:14à l'ambassade d'Iran,
01:21:16Ali Reza Khalili,
01:21:18il est intervenu dans une grande école
01:21:19pendant des années.
01:21:20Mais les gens qui le faisaient venir
01:21:21ne savaient absolument pas
01:21:22pour qui il travaillait derrière.
01:21:24Il savait qu'il travaillait pour l'ambassade d'Iran,
01:21:25il ne s'en cache pas,
01:21:26mais que c'était un agent, je dirais,
01:21:28opérationnel des services iraniens,
01:21:31ça, il ne le savait pas.
01:21:32Merci beaucoup pour votre réponse
01:21:38qui est assez complète.
01:21:40Je vais un petit peu pousser encore
01:21:41un petit peu les choses.
01:21:44Nous sommes un pays qui a été frappé
01:21:45par des terribles attentats islamistes.
01:21:48Nos services de renseignement
01:21:49se sont mis au travail
01:21:52pour développer un antiterrorisme performant,
01:21:55pour éviter que ces terribles attentats
01:21:58se renouvellent sur notre sol.
01:22:00Et puis, il y a parallèlement,
01:22:01le combat contre l'antrisme aussi,
01:22:03qui peut-être n'a pas tout à fait encore
01:22:05les mêmes armes.
01:22:07Et moi, je suis quand même assez étonné
01:22:08de voir le niveau d'antrisme à l'université
01:22:11ou dire des auditeurs
01:22:12qu'on auditionne depuis le début
01:22:14de cette commission d'enquête,
01:22:15sachant qu'une commission d'enquête,
01:22:16elle a quand même vocation
01:22:17à être un instrument de contrôle
01:22:20de la représentation nationale
01:22:22sur le gouvernement.
01:22:23Et je me demande un petit peu
01:22:24quelles peuvent être
01:22:26les responsabilités politiques,
01:22:28parce que les enseignants-chercheurs
01:22:30dépendent quand même d'un ministère,
01:22:33dépendent d'une hiérarchie.
01:22:34Et quand on connaît l'incidence
01:22:37de ces professeurs sur leurs élèves,
01:22:40ce qu'on disait tout à l'heure,
01:22:42on est en droit quand même
01:22:42de se demander
01:22:43quelles sont les responsabilités politiques
01:22:45là-derrière.
01:22:47Qu'est-ce que vous en pensez de ça, vous ?
01:22:48Alors je suis très mal placé,
01:22:51et vous m'en excuserez pour parler
01:22:52de responsabilité politique,
01:22:54parce que je n'ai pas la compétence
01:22:55que vous avez pour le coup
01:22:56pour parler de cela.
01:22:58D'ailleurs, je vous dirais même une chose,
01:22:59c'est que lorsque je parle
01:23:00d'élus qui appartiennent
01:23:01à tel ou tel parti,
01:23:02je ne vise pas particulièrement,
01:23:03alors sauf pour Eléfi,
01:23:04où c'est devenu quand même
01:23:05un peu du vice,
01:23:06mais je ne vise pas particulièrement
01:23:07les partis en question.
01:23:09Je comprends bien que tout le monde
01:23:10n'est pas parfait dans une organisation
01:23:12en fait humaine,
01:23:13et évidemment donc politique.
01:23:14Je pense qu'aujourd'hui,
01:23:16si je devais répondre à votre question,
01:23:18j'aborderais plutôt
01:23:19la dimension philosophique.
01:23:21Quand je vous dis qu'il faut
01:23:21un débat national,
01:23:22ça veut dire qu'il faut repenser
01:23:24ce que nous voulons
01:23:24en termes de projet de société.
01:23:26Est-ce que nous voulons en fait
01:23:27une France qui soit
01:23:28une France multiculturelle ?
01:23:30Ou est-ce qu'on veut une France
01:23:31qui soit une France...
01:23:34Moi, je suis d'origine iranienne,
01:23:36je vous l'ai dit,
01:23:37j'ai grandi donc,
01:23:38je suis un biculturel,
01:23:40binational, comme on le dit,
01:23:42mais pour moi, il n'y a pas de sujet,
01:23:43je suis français.
01:23:43Mais moi, on m'a appris chez moi
01:23:46que c'était la France
01:23:47qui passait avant tout.
01:23:48On m'a appris, moi,
01:23:49que c'était le drapeau français
01:23:50qui passait avant tout,
01:23:51que c'est la République
01:23:52qui passait avant tout.
01:23:53Je me suis toujours
01:23:54assez peu préoccupé des opinions,
01:23:55que des gens soient de gauche,
01:23:56de droite, m'importe peu,
01:23:57parce que je considère
01:23:58qu'on est en démocratie.
01:23:59Je suis journaliste,
01:23:59j'aime le débat.
01:24:00En revanche, je pense que
01:24:01lorsque l'on prend parti
01:24:03pour une organisation terroriste,
01:24:05on prend le parti en fait
01:24:06de l'étranger
01:24:07et notamment de puissance hostile.
01:24:09Et donc aujourd'hui,
01:24:10je pense qu'il faut avoir
01:24:10un vrai débat
01:24:11sur ce que l'on veut faire
01:24:12de notre pays
01:24:13dans les années qui viennent.
01:24:16On est un certain nombre,
01:24:16je pense, ici,
01:24:17à avoir des enfants.
01:24:18Quel type d'héritage
01:24:20va-t-on leur laisser ?
01:24:21Et ce débat,
01:24:22il faut y faire participer,
01:24:23à mon sens,
01:24:23bien sûr,
01:24:24les enseignants du supérieur
01:24:25comme les enseignants,
01:24:26en fait,
01:24:27du primaire et du secondaire,
01:24:29mais il faut y faire participer,
01:24:30je pense,
01:24:30les partis politiques aujourd'hui.
01:24:32Il faut aussi
01:24:33ne pas avoir peur des choses.
01:24:36comment se fait-il que moi,
01:24:38mais je crois que c'est le cas
01:24:38pour Nora,
01:24:40que je connais bien,
01:24:41nous sommes d'origine orientale,
01:24:43nous sommes d'origine immigrée,
01:24:44mais on assume pleinement
01:24:46et on revendique pleinement
01:24:47notre identité française,
01:24:49notre identité républicaine.
01:24:51Donc pourquoi nous n'avons pas peur ?
01:24:53Nous sommes totalement fiers de cela
01:24:55et pourquoi des gens aujourd'hui,
01:24:57on les laisserait ?
01:24:58Je pense notamment
01:24:59à ceux de LFI,
01:25:00et y compris dans le monde
01:25:01étudiant ou universitaire,
01:25:02des gens proches
01:25:03de ces mouvements-là,
01:25:04pourquoi on les laisserait
01:25:06dégrader notre démocratie,
01:25:08notre République ?
01:25:10Moi, je pense qu'à un moment donné,
01:25:11il faut que ça s'arrête,
01:25:12mais donc il faut prendre des mesures.
01:25:13Mais je vous disais tout à l'heure,
01:25:14M. le rapporteur,
01:25:15que je pense que les temps ont changé.
01:25:17Des choses qui sont illégales,
01:25:18comme prendre position
01:25:19pour un proxy palestinien de Téhéran
01:25:22comme le FPLP,
01:25:22qui est une organisation
01:25:23listée terroriste en Europe,
01:25:25on voit bien qu'aujourd'hui,
01:25:26des gens le font très librement
01:25:27et ne sont pas poursuivis.
01:25:31Ils ne sont pas poursuivis.
01:25:32Donc c'est bien pour ça
01:25:33qu'on est arrivé à un moment
01:25:34dans la société.
01:25:35Je suis journaliste,
01:25:36je m'intéresse quand même
01:25:37à ce qu'est la société française.
01:25:40Il faut se demander
01:25:41ce que nous voulons en faire.
01:25:42Alors je ne sais pas
01:25:43si je réponds bien de fait
01:25:44à votre question,
01:25:45j'ai bien compris,
01:25:45qui ciblait vraiment le politique,
01:25:47mais j'ai moins de compétences que vous.
01:25:49Mais je vous donne par contre ma vision.
01:25:50De toute façon,
01:25:52on ne changera pas
01:25:53et on ne fera pas évoluer le politique
01:25:54si on n'aborde pas des questions.
01:25:56La politique, pour moi,
01:25:57c'est d'abord de la philosophie.
01:25:59Donc il faut aborder ces questions.
01:26:00Et c'est pour ça que je parle
01:26:01de débat national.
01:26:03Ça peut faire une conclusion,
01:26:04mais qui ouvre sur des perspectives.
01:26:07Parce qu'effectivement,
01:26:07je crois aussi que notre commission
01:26:09d'enquête s'inscrit dans ce débat.
01:26:12Écoutez, il me reste à vous remercier.
01:26:15Vous pouvez répondre par écrit
01:26:16aux questions que vous avez envoyées.
01:26:18Et puis peut-être,
01:26:19suite à nos échanges,
01:26:19vous avez également
01:26:20les éléments à nous transmettre.
01:26:22et donc nous vous remercions
01:26:25encore une fois
01:26:26pour votre disponibilité.
01:26:27La séance est suspendue.
01:26:28Nous reprendrons nos travaux
01:26:29à 18h30
01:26:29avec l'audition de M. Galep Benchek,
01:26:32président de la Fondation
01:26:33pour l'Islam de France.
01:26:33Je vous remercie.
01:26:34Merci beaucoup.
01:26:52Merci.
01:27:22Merci.
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