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  • il y a 4 mois
Pour ce nouvel épisode de "Chocs du monde", le magazine des crises et de la prospective internationales de TVL, Edouard Chanot reçoit le lieutenant-colonel Rémi Bernier.

Le focus du jour : le 1er RPIMa qui est désormais l'outil létal de la France face aux crises. Or, ce régiment d'élite est né à travers celles-ci : cette unité de forces spéciales, ne s'est pas faite en un jour et surtout elle s'est constituée loin des regards. Elle a survécu à trois menaces de dissolution, a été utilisée pour des missions secrètes et s'est adaptée, menant ses opérations commando de l'Afrique au Moyen-Orient en passant par les Balkans. Des opérations que Rémi Bernier accepte aujourd'hui d'évoquer.
Rémi Bernier a servi pendant plus de vingt ans dans les forces spéciales. Il a vécu l'essor de leur modernisation, des années 90 à la décennie 2010. Il vient de publier "Histoire du 1er RPIMa - Le régiment d'exception des forces spéciales", aux éditions Mareuil. Un livre qui permet de comprendre comment un régiment est devenu une unité d'élite.

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Transcription
00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises de la prospective internationale de TVL.
00:27Et parlant de crise, nous allons évoquer aujourd'hui une arme française face aux crises.
00:32Je veux parler d'un régiment des forces spéciales, le premier RPIMA, le premier régiment parachutiste d'infanterie de marine.
00:39Nous allons évoquer les mutations de la guerre et comment ces hommes, les hommes de ce régiment, se sont adaptés à travers plusieurs décennies.
00:46Pour en parler, le lieutenant-colonel Rémi Bernier, ancien de cette unité d'élite.
00:50Rémi Bernier, bonjour.
00:52Bonjour.
00:52Merci beaucoup d'avoir répondu. Présent à l'appel de Choc du Monde vous a servi pendant trois décennies dans l'armée française et deux dans les forces spéciales.
01:01Vous venez de publier Histoire du premier RPIMA, le régiment d'exception des forces spéciales, pardon, aux éditions Mareuil.
01:08C'est un livre qui révèle de nombreuses opérations.
01:11C'est un livre aussi qui permet de comprendre donc comment l'armée française et ses hommes s'adaptent,
01:15comment elle a vu émerger de nouvelles menaces, comment ces unités interagissent entre elles et puis aussi avec les services, j'ai envie de dire, plus clandestins.
01:23J'aurai des questions d'ailleurs là-dessus sur les opérations discrètes, les opérations secrètes qui se sont affinées au fil des ans dans votre ancien régiment.
01:32Première question, j'ai envie de dire plus personnelle, Rémi Bernier.
01:35Vous avez donc servi au sein de ce régiment sur plusieurs périodes, entre 1989 et 2012.
01:40Vous avez vécu évidemment des dizaines d'opérations.
01:44Y'en a-t-il une dans votre esprit qui ressort plus que d'autres ?
01:49Plus personnellement, effectivement, comme j'étais chuteur opérationnel, c'est le fait d'avoir conduit une opération,
01:57la première opération aéroportée sans balisage au sol à 5000 kilomètres de la France,
02:05avec près de 60 chuteurs opérationnels en deux avions en pleine nuit.
02:09Oui, c'était inédit.
02:12Donc, effectivement, cette opération m'a marqué particulièrement.
02:15Donc là, nous sommes en 2007, en Centrafrique, n'est-ce pas ?
02:20Oui, en Centrafrique, dans le nord de la Centrafrique, où un poste français qui existait depuis plusieurs mois
02:26a été soudain attaqué par des rebelles soudanais, enfin qui venaient du Soudan,
02:30des rebelles centrafricains, mais qui venaient du Soudan,
02:32et qui tentaient de déstabiliser le pouvoir en place.
02:35Et donc, la France s'est retrouvée un peu démunie parce qu'il y avait 1000 kilomètres par la route,
02:42le temps de faire acheminer des renforts, puisque la piste de l'aérodrome avait été entravée par les rebelles.
02:47Donc, on ne pouvait pas, on a cherché une solution rapide pour pouvoir porter secours à nos Français là-bas.
02:55Et donc, la solution aéroportée a été choisie par le président Chirac.
02:59Et donc, voilà, on a sauté en toute discrétion.
03:02Bien sûr, ça n'a pas du tout la même portée que l'opération de Colvésie, il y a quelques années avant.
03:07Mais voilà, mais quand même, c'était la première opération aéroportée d'envergure.
03:11Donc, effectivement, elle m'a marqué particulièrement.
03:14Et qui s'est passé ?
03:15Qui s'est passé très bien parce qu'on n'a pas eu de casse.
03:18On a quand même réussi à dépolluer la piste, qu'il y avait des tolots, il y avait des arbres, etc.
03:25Elle a été piégée d'ailleurs, on a retrouvé des grenades.
03:28Donc, on a tout nettoyé pour permettre, trois heures après, de pouvoir faire poser le premier transal.
03:33Alors, une opération parmi des dizaines d'autres, encore une fois, que vous évoquez d'ailleurs dans votre essai.
03:39Alors, ce qui saute aux yeux quand on vous lit, c'est que bâtir un régiment d'exception, ça prend du temps.
03:44Et il y a un mélange de hasard, de nécessité et de volonté humaine.
03:50Je parle de hasard, justement, totalement délibérément, parce qu'on a l'impression qu'à ses débuts,
03:56le premier RPMA est devenu un régiment d'efforts spéciales, par un enchaînement de circonstances, en grande partie lié au hasard.
04:03Est-ce que j'ai bien compris votre intention ?
04:04Oui, c'est exactement ça.
04:05Ce que j'ai voulu retranscrire dans le livre, c'est qu'au départ, c'était un centre d'instruction.
04:10Donc, une unité continent conventionnelle pour préparer les jeunes parachutistes engagés à servir, au départ, en Afrique du Nord.
04:19C'était encore la guerre d'Algérie, entre 1960 et 1962, c'est la fin de la guerre d'Algérie.
04:22Mais on envoie quand même des contingents régulièrement, tous les deux mois, là-bas.
04:26Mais il y a aussi tous les postes outre-mer, donc Madagascar, le Sénégal.
04:32Il y avait des RPMA qui étaient là-bas.
04:34Donc, on formait les jeunes, ces jeunes-là, passés tous par Bayonne.
04:37Donc, au départ, c'est un centre d'instruction. Ce n'est pas du tout une unité spéciale.
04:41Donc, ça, jusqu'en 1973, mais il y a effectivement la convention du contexte géopolitique de la guerre froide,
04:51qui, après la purge politique de 1962, il faut quand même le reconnaître,
04:55on avait dissous toutes les unités de choc, toutes les unités un peu barbouzes, comme je veux dire.
05:00Qui ont participé au POUCH, de plus ou moins loin, mais en tout cas, qui étaient...
05:05Donc, les parachutistes n'étaient pas très bien vus en 1962.
05:09Mais, donc, en 1973, le général d'armée Morin, le CEMA, le chercheur d'état-major désarmé,
05:15il y a trouvé quand même qu'il manquait une unité pour faire face, justement,
05:20aux tentatives de subversion dans le précaré africain-français, en Afrique particulièrement.
05:24Et puis, le comte Alexandre de Marroche, qui était patron des services secrets,
05:29lui aussi, il avait la peur du grand soir, grand soir communiste.
05:32Donc, il dit, moi, je ne sais pas faire.
05:34Donc, ces deux hommes se sont entendus.
05:36Donc, il y a en 1973, le général Morin, lui, dit, bon, OK, on va monter une unité.
05:41Et c'est adressé, donc, à un spécialiste.
05:43C'est le général qui commandait la 11e division parachutiste à cette époque-là,
05:47qui, lui-même, était un ancien des SAS de la Deuxième Guerre mondiale,
05:50qui était lieutenant au quatrième SAS, et lui, il a proposé au général Morin,
05:55moi, je sais où est le drapeau des SAS.
05:58Il est à Bayonne, au premier PMA, dans ce centre d'instruction,
06:02et on peut discrètement former une unité clandestine,
06:06en tout cas, capable d'action clandestine, là-bas.
06:09Et ça a été validé.
06:10Héritière des SAS français de la Deuxième Guerre mondiale,
06:13des commandos héroïques de la Deuxième Guerre mondiale.
06:15Exactement.
06:16Quel est le fil conducteur, d'ailleurs, précisément, vous l'évoquez,
06:19entre ces French SAS de la Deuxième Guerre mondiale
06:23et le premier PMA d'aujourd'hui ?
06:25Y a-t-il un fil conducteur, selon vous ?
06:27Est-ce que l'opérateur, le commando de 45,
06:29est différent de l'opérateur d'aujourd'hui ?
06:31Alors, il a évolué, bien sûr, parce que les techniques
06:34et le recrutement n'est pas le même.
06:38En revanche, l'esprit, ça, c'est le premier fil conducteur,
06:41c'est l'esprit qui est transmis, qui a été transmis dans l'héritage.
06:43Et puis, bien sûr, toute la filiation,
06:46comment dire, toutes les traditions ont été transmises au premier PMA.
06:50Mais je reviendrai sur l'esprit, c'est l'audace, c'est agir autrement,
06:55c'est l'action qui choque, l'action peut-être discrète,
06:58mais surprendre l'ennemi.
07:01Ça, ça n'a pas bougé, c'est l'ADN du premier PMA.
07:03On tient ça dans les racines des SAS,
07:07la manière de, ce qu'on appelle en anglais, le hit and run,
07:09je frappe et je m'esquive.
07:11Voilà, c'est la caractéristique du combat SAS.
07:15Et actuellement, on revient complètement à ces origines-là.
07:18On revient à ces origines-là.
07:20Bien sûr.
07:20Alors, vous avez évoqué l'après, la naissance, en fait,
07:23du premier PMA moderne.
07:25Le grand tournant, encore une fois, si je vous ai bien compris,
07:27si j'ai bien compris votre histoire,
07:29le grand tournant, c'est les années 70, 1973,
07:32la guerre froide, vous le dites, fait craindre le pire,
07:35mais fait craindre le pire aussi au SDS,
07:36qui est l'ancêtre de l'ADGSE,
07:38et qui cherche donc une unité régulière
07:40capable de remplir des missions hit and run,
07:43comme on vous dit, des missions commandos,
07:45en Afrique, pour soutenir ou fragiliser
07:47des gouvernements, c'est selon.
07:49Mais dès le début, on a le sentiment, à vous lire,
07:51que la frontière est très ténue
07:53entre mission discrète et mission secrète.
07:55Il a fallu plusieurs années pour clarifier cela.
07:58En fait, oui, cette unité
08:00qu'on appelle le groupement opérationnel
08:02entre 1975 et 1981,
08:05pendant six ans,
08:07était capable de faire des libérations d'otages,
08:10de la protection d'autorité,
08:12des actions de sabotage,
08:14des actions aussi de conseil,
08:17pour entraîner des armées étrangères
08:22pour reprendre le pouvoir dans un pays,
08:26à partir d'un pays tiers.
08:27Donc, comme les maquisards,
08:30les SAS en Deuxième Guerre mondiale,
08:34encadraient les maquisards.
08:36Vous voyez, dans les maquisards.
08:37C'est vrai qu'il y a eu cette petite partie clandestine,
08:42mais qui a été assez peu utilisée.
08:45Mais en revanche, on était capable
08:47de faire des actions discrètes,
08:49essentiellement en Afrique au départ,
08:51puisque c'est les années 70,
08:53c'est vraiment la tentative de déstabilisation,
08:56comme je le disais,
08:56du précaré africain.
08:58Et là, il y avait aussi un élément important,
09:01c'est le kidnapping de Madame Clostre,
09:05une ethnologue dans le Tibesti en 1974.
09:07Et les politiciens français
09:10se demandaient,
09:12il n'y a aucune arme pour répondre à ça.
09:13On ne savait pas faire.
09:15Donc, il était temps de créer une unité.
09:18Et ça, tout le monde a acquiescé.
09:19Il a dit, bon, maintenant, ça y est.
09:21Alors, ça a mis du temps à se faire.
09:23Mais en fait, la difficulté,
09:26vous l'avez souligné,
09:27c'est entre l'exigence politicienne,
09:31l'exigence tout de suite,
09:32on veut des résultats,
09:33on veut utiliser ce nouvel outil
09:36et faire des sélections,
09:39former les gens,
09:40ça prend un peu plus de temps.
09:42Et c'est un peu le paradoxe
09:43que je mentionne dans mon livre.
09:45C'est-à-dire que, oui,
09:46ça ne s'est pas fait comme ça.
09:48On ne s'est pas fait en un jour
09:49le premier Pays-Mas non plus.
09:51Et recruter des gens,
09:52ce n'est pas simple non plus.
09:55Tout a l'air de changer
09:56à partir de la deuxième moitié
09:58des années 70.
09:591975, il y a l'opération Caban
10:01et le renversement
10:02de l'empereur Bokassa
10:03en Centrafrique.
10:04Donc, les parachutistes français,
10:05les BRRouges français participent.
10:06D'ailleurs, il y a des images
10:07qui ont été publiées à l'époque.
10:09Le premier Pays-Mas y est,
10:10mais pas tant que ça.
10:12Il y a une montée en puissance,
10:14petit à petit,
10:14à la fin des années 70, n'est-ce pas ?
10:16Oui, mais l'opération Caban
10:17arrive à la fin des années 79.
10:20C'est le 20 septembre 79.
10:22Dans la nuit, en 45 minutes,
10:24100 personnes du groupement opérationnel,
10:26donc du premier Pays-Mas,
10:28mais pour emploi,
10:30services secrets,
10:32est projeté à Bangui
10:34et destitue Bokassa,
10:37qui était parti voir
10:38Mohamed Kadhafi à Tripoli.
10:41et on a profité
10:42de cette petite fenêtre
10:44d'opportunité
10:44pour placer David Daco.
10:46Donc ça, c'est vraiment
10:47les services secrets
10:48qui ont piloté cette affaire-là.
10:50Mais le premier Pays-Mas
10:51fournissait partie de Bayonne
10:52avec trois transals.
10:53Donc, voilà,
10:55c'est une idée,
10:57je veux dire,
10:58c'est vraiment le premier Pays-Mas
10:59qui l'a fait.
11:00Le premier Pays-Mas
11:01a failli être dissous
11:03à plusieurs reprises
11:04pour des raisons
11:05principalement politiques.
11:07Vous sentez
11:07qu'il y a eu une résilience,
11:09une capacité à rebondir.
11:10à rebondir ?
11:11Par trois fois,
11:12c'est ça qui est étonnant
11:13dans cette unité,
11:14c'est que par trois fois,
11:15on a failli passer à la trappe
11:17en 1962,
11:19en 1973
11:20et en 1981.
11:22Et par trois fois,
11:22l'unité a réinventé sa mission
11:24avec de l'innovation,
11:27avec des officiers
11:28ou des sous-officiers
11:29qui ont été inventifs,
11:31imaginatifs,
11:31qui ont recréé à chaque fois
11:33il faut rebondir.
11:35Donc, elle s'est réinventée
11:36à chaque fois
11:36et c'est ce qui l'a sauvée,
11:38c'est d'avoir à chaque fois
11:39des cadres,
11:40qui ont pris les devants
11:42et c'est pour ça
11:43que ce livre
11:43est aussi une sorte
11:45de témoignage
11:45et d'hommage
11:46pour la qualité
11:48de ces officiers
11:49ou ces sous-officiers
11:49militaires de rang
11:50qui ont œuvré
11:52pour s'en sortir.
11:55Alors,
11:55dans les années 80,
11:57vous décrivez
11:58un sentiment d'abandon
12:00au sein de l'unité.
12:01Donc,
12:02à l'instant,
12:02vous dites justement
12:03que le régiment
12:04a échappé
12:05à la dissolution,
12:06mais ça ne veut pas dire
12:06qu'il va tout de suite
12:07devenir ce qu'il est aujourd'hui.
12:10Il a fallu
12:10une bonne décennie
12:11de gestation.
12:13Ensuite,
12:13on arrive
12:14au tournant
12:14de l'année 90
12:15où là,
12:16en effet,
12:17on remarque,
12:17le commandement français
12:18remarque un retard
12:19en matière de force spéciale
12:20français
12:20alors que la guerre
12:23du Golfe éclate.
12:24Oui,
12:24c'est effectivement
12:25la fin des années 80.
12:26Le régiment
12:27n'est plus
12:30des SDEC
12:32ni des GSE,
12:33n'a plus rien à voir
12:33avec les services secrets,
12:35mais il a quand même
12:36hérité de ce savoir-faire
12:37du groupement opérationnel
12:38que le régiment
12:40ne veut pas occulter.
12:42Lâché.
12:42Voilà.
12:42Donc,
12:43il y a quand même
12:43encore deux opérations
12:45qui sont confiées
12:46au régiment
12:47par l'état-major
12:47désarmé,
12:49mais pour clarifier,
12:51le régiment
12:52est quand même
12:52embrigadé
12:53dans la division,
12:54divisionné
12:54au sein de la 11e division.
12:56Paris-Justice
12:56et la 11e division
12:57Paris-Justice,
12:58elle n'est pas très à l'aise
12:59avec ça
12:59parce qu'elle nous prépare,
13:02elle nous paye,
13:03elle forme,
13:04etc.
13:05Elle est plus conventionnelle.
13:06Pour deux missions,
13:07elle n'a pas la main.
13:08Et en fait,
13:09on était un peu
13:10en porte-à-faux
13:11dans cette affaire-là
13:12et on a été oubliés
13:13sur des programmes,
13:13sur des programmes
13:14d'équipement
13:14et on n'était pas
13:16vraiment défendus,
13:17on était un peu jalousés
13:18parce qu'on avait encore
13:20des petites missions
13:20un peu discrètes
13:22et pas toujours connues.
13:24Donc,
13:24voilà.
13:25Et concrètement,
13:27il y avait deux hiérarchies.
13:28Il y avait,
13:29oui,
13:29deux hiérarchies.
13:30Et parfois,
13:31soit l'Elysée,
13:32soit le MA,
13:33continuer d'actionner
13:35le chef de corps
13:35du premier RPIMA
13:36directement,
13:37sans en rendre compte
13:39forcément
13:39au général commandant
13:41la 11e division.
13:41ça créait des jalousies.
13:44Donc,
13:44comme je dis,
13:44on est sentis
13:45d'abandon
13:46mais parce qu'on n'était
13:48pas forcément défendus
13:49à juste titre.
13:50Après,
13:51effectivement,
13:52la première guerre
13:54du Golfe
13:54en 1990-91
13:56a mis au grand jour
13:58le mauvais état
14:01des forces spéciales françaises
14:02qui n'existait pas encore,
14:05justement,
14:06mais il y avait ces unités
14:07qui végétaient,
14:08en fait,
14:09donc l'emploi
14:12a été très mal fait.
14:16On a regardé
14:17les Américains,
14:18on a regardé
14:18ce qu'avait fait
14:19la Grande-Bretagne
14:20avec ces forces spéciales
14:21et nous,
14:22en fait,
14:22on était utilisé
14:24comme des forces conventionnelles
14:25mal employées
14:26et pas avec l'équipement
14:27suffisant
14:28pour pouvoir agir
14:29derrière les lignes ennemies.
14:32Donc,
14:32voilà,
14:32ça a été un constat.
14:33Là,
14:33je souligne d'ailleurs
14:34encore une fois
14:35que vous étiez
14:36au sein du premier RPIMA
14:37quand c'est arrivé.
14:37Oui,
14:38c'est vrai que
14:41M. Jox,
14:42le ministre de la Défense
14:43et bien sûr
14:44le chef des armées
14:46président Mitterrand
14:47ont tiré
14:48un constat rapide
14:49en disant
14:49maintenant
14:49on va se former
14:51et on va mettre le paquet.
14:52Donc,
14:53création de la direction
14:54du renseignement militaire
14:55pour avoir des satellites,
14:56pour pouvoir être capable
14:57d'avoir notre propre renseignement
14:59et surtout
14:59cet outil
15:00avec des opérateurs,
15:03enfin,
15:03des équipiers
15:04de différentes armées
15:05donc les commandes marines,
15:06enfin,
15:06le premier RPIMA,
15:08des hélicoptères,
15:09des avions,
15:10tout ça
15:10créé
15:12donc avec un état-major
15:14le commandement
15:15des opérations spéciales
15:16qui était au départ
15:17à Tavernie
15:17dans le nord de Paris
15:18pour pouvoir
15:19avoir des mêmes procédures
15:21et agir plus efficacement
15:23et avec,
15:24voilà,
15:24qu'il n'y ait pas
15:26des têtes
15:27bicéphales,
15:28des commandements
15:28du bicéphales.
15:29Donc,
15:30création du COS
15:30en 1992,
15:32le RPIMA
15:33s'adapte
15:34à la nouvelle décennie
15:35d'ailleurs
15:36qui correspond
15:36avec la fin
15:37de la guerre froide,
15:38Stratos en Sud.
15:38Oui,
15:39entre-temps,
15:39la chute du mur
15:40de Berlin
15:41a redistribué
15:42les cartes.
15:42Et donc,
15:43vous servez
15:44et le premier RPIMA
15:45avec vous,
15:46principalement
15:47dans les conflits
15:48de l'AQ-Yougoslavie ?
15:49Oui,
15:50effectivement,
15:50en même temps
15:51que certains conflits,
15:53la Rébellion Touareg
15:53ou le Mogadiscio,
15:56enfin,
15:56la Somalie,
15:57bon,
15:57tous ces...
15:58On est à la fois
15:59employés en Afrique
16:01tout en étant employés,
16:03bien sûr,
16:03à deux heures de Paris
16:04et Sarajevo.
16:05Qu'est-ce qui se passe ?
16:06Ben oui,
16:06il faut y aller.
16:07Donc,
16:07il y a un conflit
16:09voire un conflit ethnique
16:10important.
16:11Donc,
16:12ça,
16:12effectivement,
16:13ça nous a...
16:13On a été tout de suite
16:14employés en Bosnie-Herzégovine
16:16et un petit peu plus tard
16:18à la fin,
16:18à partir de 98-99,
16:20pour le Kosovo.
16:22Avec quelques difficultés
16:23quand même à la clé,
16:24tout ne s'est pas fait
16:25de manière si simple aussi,
16:27notamment sur des questions
16:28juridiques.
16:29Oui,
16:30alors ça,
16:30c'est un des aspects.
16:32C'est pas l'aspect
16:33le plus important
16:33parce qu'on a participé
16:35à l'entrée en premier
16:36dans le Kosovo,
16:37on a participé,
16:38effectivement,
16:39à des libérations d'otages,
16:42des tentatives
16:42de libérations d'otages
16:43puisque des officiers,
16:44enfin,
16:45des militaires français
16:45avaient été pris en tâche
16:46par les serbes.
16:47Donc,
16:48voilà,
16:48c'est quand même
16:48des opérations
16:49où il fallait des hommes
16:51entraînés
16:51pour aller chercher
16:52ces gens-là.
16:52Mais il y a un volet particulier
16:55qui nous a été confié
16:56en 1997,
16:58c'est la traque
17:01des criminels de guerre
17:02issus de ce conflit
17:04de Bosnie.
17:05Donc,
17:06il y a une liste secrète
17:07qui avait été établie
17:08conjointement,
17:09enfin,
17:10par le tribunal pénal
17:10international de l'AE
17:11et qui a été confiée
17:13conjointement
17:13aux Allemands
17:14et aux Français.
17:15et donc,
17:16les unités spéciales,
17:17le tout jeune
17:18KSK allemand,
17:19l'effort spécial allemand
17:20était aussi
17:21impliqué
17:23dans cette liste,
17:24dans cette traque
17:25et les Français,
17:26bien sûr,
17:27c'est le COS qui a...
17:28Et nous,
17:29le premier PIMA,
17:29bien sûr,
17:30on a participé
17:31tout de suite
17:32à cette...
17:35Je ne dis pas
17:35une chasse,
17:36mais il fallait quand même
17:37faire un travail
17:37de policier
17:38dans un pays étranger
17:40et pas toujours
17:42protégé juridiquement
17:43à la juste mesure.
17:45Voilà.
17:45Donc,
17:45c'est vrai que nous,
17:47c'était pas simple.
17:48Il fallait appréhender.
17:51Le terme juridique
17:52était exactement ça.
17:53Mais...
17:54Et remettre
17:54aux autorités
17:55de l'AE
17:57les gens
18:00qui avaient été suspectés
18:01d'être...
18:02Enfin,
18:02qui étaient recherchés
18:03par le tribunal.
18:04Voilà.
18:05Et ça,
18:05plusieurs années après
18:06la fin des...
18:07Les accords de Dayton
18:08étaient signés.
18:09Donc,
18:09c'est pas simple
18:11d'aller chercher,
18:11faire un boulot de police
18:12dans un pays étranger
18:13sans se faire avoir,
18:14sans se faire repérer.
18:16Vous l'avez vécu vous-même.
18:17Tout à fait,
18:17oui.
18:18Et alors,
18:19quand on attrapait
18:20la cible,
18:22parfois,
18:23on ne disait pas
18:23que c'était nous.
18:24Donc,
18:24on disait que c'était
18:25les Allemands.
18:26Voilà.
18:27Et inversement,
18:27les Allemands attrapaient
18:28des gens
18:29et en fait,
18:29ils disaient que c'est
18:29les Français.
18:32Question,
18:32j'ai envie de dire,
18:34compliquée.
18:34Compliquée.
18:35Pendant cinq décennies,
18:36le premier PIMA
18:37a été la main armée
18:39de la France en Afrique.
18:40Les forces spéciales
18:41étaient au cœur
18:41du dispositif français
18:43de lutte un terroriste.
18:44Ensuite,
18:44en Afghanistan,
18:45au Sahel,
18:46bien sûr,
18:46dans les années 2010,
18:47pardon.
18:48Ce sont des conflits
18:49asymétriques
18:50qui ont façonné
18:52les forces spéciales
18:53et pour lesquelles
18:53les forces spéciales
18:54étaient façonnées,
18:54j'ai envie de dire.
18:55Maintenant,
18:56on nous parle
18:56de guerre de drones,
18:57de guerre de tranchées,
18:58de guerre d'artillerie,
18:59etc.
19:00Alors,
19:00question difficile,
19:01l'âge d'or
19:02des forces spéciales
19:03est-il passé ?
19:04Non,
19:05parce qu'on utilise
19:06encore l'influence,
19:08faire de l'influence,
19:09c'est quand même
19:11dans l'ADN
19:12des forces spéciales,
19:13mais aussi,
19:14on va puiser
19:15l'héritage des SAS.
19:16Comme je vous le disais
19:17au début d'interview,
19:19les SAS
19:21encadraient
19:21les maquisards,
19:22les maquisards
19:23de la France occupée.
19:25Donc,
19:26nous,
19:26maintenant,
19:27si on fait pareil
19:27dans d'autres pays,
19:28pourquoi pas ?
19:29Donc,
19:30on continue,
19:30en fait,
19:30l'âge d'or,
19:33il n'est pas fini.
19:34Et là,
19:34on a encore...
19:35C'est vrai qu'on parle
19:36de conflits à haute intensité,
19:38qu'est-ce qu'on va faire ?
19:38Et en fait,
19:39nous,
19:39le premier pas
19:41revient un peu
19:41à ces savoir-faire
19:43hérités de la Deuxième Guerre mondiale.
19:45Voilà.
19:46La décennie 2000,
19:47c'était évidemment
19:48principalement
19:49dans l'opinion publique
19:50les conflits orientaux,
19:52l'Afghanistan,
19:53l'Irak,
19:54la France,
19:54n'ont évidemment
19:55pas été déployés,
19:56mais l'Afghanistan
19:56a façonné aussi
19:58le premier RPIMA.
20:00À quel point ?
20:00En fait,
20:01le conflit afghan
20:03effectivement
20:04a commencé
20:05après la traque
20:06de Ben Laden,
20:08les Twin Towers,
20:11malheureusement,
20:12le 11 septembre
20:12a été vraiment
20:14l'effet déclencheur.
20:16Et la France
20:16est intervenue
20:17dès le début
20:19à Kaboul,
20:19mais pas forcément
20:20les forces spéciales,
20:21sauf la partie
20:22protection rapprochée
20:23des généraux
20:24sur place.
20:25Après,
20:25nous,
20:25on est intervenus
20:26en fait,
20:28lors de l'engagement
20:29en Irak
20:30des Américains
20:31et des Britanniques,
20:32et lorsque le président
20:33Chirac,
20:34en 2003,
20:35en juillet 2003,
20:37au G8,
20:37au sommet du Déviant,
20:38a dit
20:39à George Bush,
20:40je n'interviendrai pas
20:42à vos côtés
20:42en Irak,
20:44en revanche,
20:45discrètement,
20:46je vous confie
20:47des commandos
20:49des forces spéciales
20:50françaises
20:50pour,
20:51justement,
20:52occuper un espace
20:53à votre profit
20:56en Afghanistan
20:57puisque vous êtes
20:58maintenant
20:58sur les deux théâtres.
21:00Voilà,
21:00donc le général,
21:01enfin,
21:02le président Bush
21:03a accepté,
21:03bien sûr,
21:04et donc on a été
21:05projeté là-bas
21:07sous,
21:09dans le cadre
21:09de l'opération
21:10Enduring Freedom,
21:11donc vraiment
21:12sous le commandement
21:13américain.
21:14Ce commandement américain,
21:14de combien d'hommes
21:15parlons-nous plus en centaines ?
21:16On verra,
21:16on a eu environ 200
21:17à cette époque-là
21:18dans le désert,
21:19dans la frontière
21:20pakistanaise,
21:20dans le sud.
21:21Spinballdac,
21:22c'est bien de saisir.
21:22Spinballdac,
21:23oui,
21:23c'était quand même
21:24un petit village,
21:26enfin un village,
21:27une petite ville
21:27à 7 kilomètres
21:28de la frontière
21:29pakistanaise
21:30et puis un peu après,
21:31on a évolué
21:32vers Jalalabad,
21:33donc plus dans
21:34le Langarar,
21:35près du Torabora,
21:36des grands massifs
21:37de 3 ou 4 000 mètres
21:38d'altitude
21:39où le combat
21:40a été un peu différent.
21:41Et donc,
21:42à l'époque,
21:42c'était évidemment,
21:43je n'ai pas envie
21:43de dire top secret,
21:44mais en tout cas,
21:45c'était...
21:45Oui, c'était top secret,
21:46enfin,
21:46on ne communiquait
21:48absolument pas là-dessus
21:49puisque le président Chirac,
21:51c'est dans le cadre
21:53de ses fonctions
21:53de chef des armées,
21:54a le droit
21:55de projeter des troupes
21:56sans en référer
21:57à l'Assemblée nationale
21:58et il l'a utilisé.
21:59Le fait du prince,
22:00comme vous dites.
22:01Mais voilà.
22:02Et c'est une opération
22:03qui a façonné
22:03le premier Pays-Main ?
22:04Oui,
22:05en fait,
22:05parce que ça nous a,
22:06bien sûr,
22:07continué à nous aguerrir
22:08dans le désert,
22:09dans le travail du désert,
22:10donc avec ces patrouilles
22:11de reconnaissance spéciale
22:12qu'on avait mis en place
22:14dans les années...
22:15Enfin,
22:16au milieu des années 90.
22:18Et puis,
22:18voilà,
22:19ça aussi nous a permis
22:20au sein du commandant
22:21des opérations spéciales
22:22avec nos équipiers
22:23commandos marines
22:24et commandos
22:25de la parajustice de l'air
22:26de mieux se comprendre
22:28avec les mêmes procédures.
22:32Donc,
22:32ça nous a permis
22:33de faire un bon...
22:35un pas en avant
22:35sur le plan opérationnel
22:37et surtout aussi
22:38sur le plan
22:39de la fraternité d'armes
22:42parachutistes
22:43de ces troupes d'élite.
22:45Entre,
22:46vous dire,
22:46au sein du premier Pays-Main
22:47et entre les différentes unités
22:49des forces spéciales ?
22:49Il a fallu à peu près 20 ans
22:51pour qu'on puisse...
22:52Il y a eu le prix du sang aussi,
22:53tout le monde a été touché.
22:55D'ailleurs,
22:55on ne parlait pas à l'époque
22:56puisque votre...
22:57Non,
22:57non,
22:57non,
22:57c'est pas du tout...
22:58Voilà,
22:58on n'était pas...
22:59Mais c'est vrai
23:00qu'on a été éprouvés.
23:02Chaque unité a perdu des hommes.
23:03Donc,
23:04voilà,
23:04le prix du sang a parlé,
23:06donc ça nous a ressoudés.
23:07A plani les différences
23:08entre des unités
23:09et des forces spéciales
23:10qui pouvaient...
23:11Oui,
23:12chaque unité
23:13qui a forcément
23:14des cultures différentes
23:15et se sentir
23:16un peu plus concurrent,
23:16un peu moins concurrent
23:17que les autres.
23:17Oui,
23:17voilà,
23:18et puis voilà,
23:19la mission primaire.
23:21Ensuite,
23:22il y a la décennie 2010,
23:24l'Afrique,
23:25et là,
23:25on sent que c'est quelque chose...
23:27Bon,
23:27évidemment,
23:27vous avez quitté
23:28l'armée
23:29en 2012.
23:32Y a-t-il des choses
23:32que vous voudriez ajouter
23:33justement sur ça ?
23:35Que vous n'évoquez pas ?
23:36Non,
23:36en fait...
23:36Est-ce délibéré ?
23:37Oui,
23:37délibérément,
23:38je n'ai pas évoqué
23:39dans le détail
23:40les opérations
23:41qui ont eu lieu
23:42au Sahel,
23:43dans le Sahel
23:43et la lutte
23:44contre le djihadisme,
23:46notamment au Mali,
23:47dans le Nord-Mali
23:47ou au Niger,
23:48mais en,
23:49j'ai participé,
23:50effectivement,
23:50au tout début,
23:51au tout début
23:52de cette opération sabre,
23:53donc,
23:54à partir de la Mauritanie
23:54et aussi à partir
23:56du Burkina Faso
23:57où on a mis en place
23:58cette base
23:59à Ouagadougou
24:00et voilà,
24:02j'ai vu juste le...
24:03C'est une opération éclaire
24:04d'ailleurs qui a duré
24:04quelques jours.
24:04Oui,
24:05en fait,
24:05elle a duré quand même
24:06quelques années,
24:07mais si vous voulez,
24:07on a mis en place
24:08cette...
24:09à la fois
24:11l'implantation
24:12du camp,
24:14d'un camp,
24:15mais qui était au départ
24:16en Mauritanie
24:17et on l'a projeté
24:19à Ouagadougou
24:21pour des raisons
24:21justement
24:22de projection,
24:25de raccourcir
24:26les délais
24:26pour intervenir
24:27dans le désert,
24:28etc.,
24:28notamment au Mali
24:29et surtout au Niger.
24:31C'est un témoignage,
24:33c'est un livre d'histoire
24:34destiné,
24:36si j'ai bien compris,
24:37surtout à l'origine
24:38aux jeunes
24:39de votre unité.
24:41Oui,
24:41en fait,
24:41moi ce que je souhaiterais
24:42c'est que ce livre
24:42soit lu par les jeunes
24:44qui cherchent à rentrer
24:45au premier PIMA,
24:46qui cherchent à rentrer
24:47dans les forces spéciales
24:48pour qu'ils s'imprègnent
24:50de la culture,
24:52de l'esprit,
24:52mais surtout
24:53qu'ils connaissent
24:54par où on est passé
24:55et que ça ne s'est pas fait
24:55comme ça,
24:57d'un coup...
24:58C'est-à-dire qu'on voit
24:58les jeunes commandos
24:59à la télévision actuellement,
25:01ils ont un équipement
25:02qu'on n'avait pas eu,
25:03on n'a pas eu ça
25:04il y a 40 ans,
25:05donc voilà,
25:07c'est...
25:07On a fait beaucoup de progrès,
25:09beaucoup de progrès
25:09grâce,
25:10comme je vous disais,
25:11à la capacité d'innovation
25:12de chaque homme du régiment.
25:14Il y a des caporos chefs
25:16qui ont inventé
25:16des outils,
25:19des camouflages,
25:21des drones,
25:22voilà,
25:23chacun y va,
25:24il y a tous les grades
25:25et ça,
25:26je trouve ça étonnant,
25:27c'est ce qui fait
25:28la caractéristique
25:30et l'intérêt
25:30de ce genre d'unité,
25:31c'est que tout le monde
25:32peut apporter
25:33sa pierre à l'édifice.
25:34Tout le monde
25:35peut apporter sa pierre à l'édifice
25:36dans les forces spéciales.
25:38Exactement.
25:39Lieutenant-colonel Rémi Bernier,
25:40merci infiniment.
25:42Je rappelle
25:42que vous venez
25:43de publier
25:43Histoire du premier PIMA,
25:45le régiment d'exception
25:46des forces spéciales
25:47aux éditions Maraïe.
25:48Merci beaucoup
25:48d'avoir répondu présent
25:49à l'appel
25:50de Choc du Monde.
25:51Merci à tous
25:51d'avoir suivi cet épisode,
25:53surtout,
25:54surtout,
25:54n'oubliez pas
25:54de le commenter
25:55et bien sûr
25:56de le partager.
25:57Merci à tous
25:58et bien sûr.
25:58Merci à tous.
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