00:00La justice administrative a donc contraint la mairie de Marseille à reprogrammer les séances du film Sacré-Cœur.
00:05Le maire socialiste Benoît Payan avait demandé d'annuler la projection du film prévu au château de la Busine
00:10en invoquant la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État.
00:15Je vous propose d'écouter sa réaction.
00:17Il y a une décision de justice, elle est très claire, et donc les choses seront reprogrammées.
00:21J'ai décidé de ne pas faire appel.
00:23Donc une fois que la justice du pays a dit les choses, je la respecte.
00:27Et le film va être reprogrammé pour que les choses se passent le plus tranquillement possible
00:33en essayant de ne pas faire de polémique.
00:36Voilà, donc les mots de Benoît Payan qui s'exprimait après cette décision.
00:40Des juges, des référés qui ont donc donné raison au réalisateur et au sénateur Stéphane Ravier qui avait saisi la justice.
00:46Yvan Ruffol, c'est un immense camouflet pour le maire de Marseille.
00:49Oui, pour le moins, et on s'aperçoit effectivement qu'il est toujours préférable pour ces municipalités progressistes
00:55de faire des accommodements raisonnables avec la communauté musulmane,
00:58parce qu'elle est quand même assez importante à Marseille,
01:01plutôt que de faire des accommodements similaires avec la communauté catholique.
01:05Donc pour les catholiques, en effet, il est toujours plus aisé de les maltraiter, en tout cas.
01:12Et donc je me félicite, en effet, que ce laïcisme flexible ait trouvé ses limites auprès de la justice.
01:19Mais en même temps, on se rend compte que malgré tout, la quête de Dieu est au cœur de toute civilisation.
01:24Donc vous ne pouvez pas empêcher des gens de vouloir malgré tout renouer avec des cultures,
01:29avec des civilisations et avec tout simplement des croyances.
01:32Et donc il me semble que ce à quoi nous assistons, c'est un retour irrépressible à effectivement un catholicisme.
01:40Alors naturellement, je ne crie pas victoire, je vois bien qu'il y a encore beaucoup d'églises vides.
01:45Mais enfin, il y a des églises également qui se remplissent, il y a des pèlerinages,
01:48il y a ce public qui maintenant, visiblement, va plutôt en masse.
01:52Enfin, ils sont en 300 000 à avoir vu ce film, je crois, à avoir lu cela.
01:55Ce n'est quand même pas si mal que cela pour un film d'essence spirituelle.
02:00Et puis les réalisateurs peuvent remercier Benoît Payan, en fin de c'est clair.
02:02Oui, et donc paradoxalement, effectivement, Benoît Payan leur a fait une bonne pub.
02:06Mais le problème, c'est que ces gens n'ont rien compris avec la notion de laïcité.
02:11C'est-à-dire, la laïcité, ce n'est pas renier son histoire,
02:14ce n'est pas renier l'histoire, la culture chrétienne de la France et de la ville de Marseille, Thomas Bonnet.
02:19Oui, et puis en plus, le concept de laïcité, il est vraiment à géométrie variable,
02:22il est même utilisé à des fins politiques, et ils vont la rappeler.
02:25On est à quelques semaines des municipales, il y avait sans doute des arrières-pensées de la part de Benoît Payan.
02:30Et je constate aussi que dans d'autres villes, on a parlé par exemple de Strasbourg,
02:33avec cette campagne d'affichage officielle de la ville dans laquelle on voyait une femme voilée,
02:37bon ben là, la laïcité, elle n'a pas de place, elle n'a pas son mot à dire.
02:39Et puis là, pour la projection d'un film dans un cinéma public, alors là, oui, effectivement, tout ça est assez grotesque.
02:45La question aussi qu'on peut se poser, pourquoi est-ce que certains politiques de gauche,
02:49pour eux, s'intéresser au catholicisme, s'intéresser à la foi chrétienne,
02:53c'est forcément être de droite, voire d'extrême droite ?
02:57Parce que c'est ça, finalement, le fond de leur pensée.
03:00Ça, il faudrait leur demander, je ne sais pas, parce qu'en plus, je pense que Benoît Payan lui-même
03:03est peut-être de confession catholique, je n'en sais rien, mais je crois.
03:05Donc, effectivement, il faudrait lui poser la question.
03:08Mais je pense plutôt, en effet, que ce sont des clins d'œil, ce sont des messages adressés,
03:12pas forcément d'ailleurs à la communauté musulmane, qui, elle, n'a sans doute rien demandé,
03:15mais peut-être plus à, vous savez, cet électorat bobo qui existe à Marseille
03:19et qui pourrait être tenté de voter pour le candidat de la France insoumise en mars prochain.
03:22Et donc, vous savez, Benoît Payan, il a besoin, chaque voix va compter,
03:25donc il a peut-être besoin de donner des gages et de les rassurer.
03:28Cette interdiction était peut-être un de ces gages.
03:30Yvan Ruffol ?
03:31Ça relève malgré tout de la haine de soi.
03:33On encourage les nouvelles populations dites de la diversité
03:37de se réclamer de leurs racines, de leurs racines musulmanes,
03:41si elles sont musulmanes, ou d'autres.
03:43Et effectivement, on culpabilise la population autochtone,
03:47la population indigène, la population française,
03:49de se réclamer de ses propres racines qui sont des racines chrétiennes,
03:52des racines judéo-chrétiennes.
03:53Donc, il y a toujours cette ambiguïté, cette haine de soi,
03:57en effet, cette détestation des origines,
03:59dès qu'il s'agit de se réclamer de ce que nous sommes, nous, français,
04:03français-français, si je puis dire,
04:04pour privilégier la diversité.
04:08On est effectivement dans cette tyrannie diversitaire.
04:11On va parler à présent de l'Institut de Sciences de l'Islam,
04:13d'Anthony, fermé pour raison de sécurité,
04:16selon le préfet des Hauts-de-Seine,
04:17cette structure dans laquelle les femmes doivent par exemple demander
04:19une autorisation masculine pour y entrer,
04:22prône des valeurs contraires au pacte républicain.
04:24La fermeture administrative de l'Institut Alflouk,
04:27c'est son nom, a semble-t-il libéré la parole sur cette structure
04:30située à Anthony, en région parisienne,
04:33selon des informations d'Europe 1,
04:35sont responsables à tenu, par le passé,
04:37des propos d'une extrême violence,
04:38mêlant incitation à la haine, apologie à la polygamie,
04:41de l'esclavage et de la pédophilie.
04:44On a tous en tête les fermetures du lycée Averroès de Lille
04:48ou du collège Avicenne à Nice qui n'avait pas pu aller au bout.
04:52Là, on utilise un autre prétexte pour la fermeture,
04:54celui de la sécurité.
04:55Grave défaillance constatée en matière de sécurité incendie.
04:58Yvan Rufol, ça veut dire qu'on commence à comprendre
05:01que quand on utilise l'argument du séparatisme
05:03ou de l'atteinte à la laïcité,
05:05on n'y arrive pas, on n'y arrive pas,
05:06on est systématiquement bloqué par la justice administrative.
05:09Il faut donc trouver des parades maintenant.
05:11Oui, félicitons-nous que l'on sorte de cette somnolence
05:14qui a faim, effectivement, de croire que,
05:17en tout, l'islam était compatible avec la République.
05:19C'est le tabou, l'interdit suprême dans les débats,
05:22c'est de pouvoir dire que l'islam n'est pas forcément compatible
05:27avec la République.
05:28Cette forme-là de l'islam, en tous les cas.
05:30Oui, j'allais y venir.
05:32Et quand l'islam se réclame de la charia,
05:34c'est-à-dire de la loi islamique,
05:35cet islam-là n'est pas compatible avec la République.
05:37Et c'est ce que démontre naturellement cet institut
05:40qui appliquait la charia en tout,
05:42c'est-à-dire avec ses conséquences sexistes, antisémites, etc.
05:47Et tout ce que vous pouvez décliner
05:49qui sont des violences faites à notre culture.
05:52Et en revanche, on peut peut-être soutenir,
05:54mais c'est un véritable débat,
05:55que l'islam, si cette religion se réduisait
05:59à ses cinq commandements,
06:01c'est-à-dire la prière, l'aumône,
06:03le jeûne, etc.,
06:05il pourrait y avoir une compatibilité
06:07avec ce qu'est aujourd'hui la République laïque.
06:10Mais ce problème n'est pas posé,
06:12ce problème n'est posé que dans un seul préalable pour l'instant,
06:16qui est de dire que l'islam, quoi qu'il arrive,
06:17est compatible avec la République, même la droite de lui.
06:19Mais ce qui est grave, c'est-à-dire que
06:20quand on parle de manquement grave au principe de laïcité,
06:22ça ne fonctionne pas.
06:24Ça ne suffit pas à faire fermer un établissement.
06:26C'est-à-dire que ces valeurs, Thomas Bonnet,
06:27ces principes, ne représentent rien, finalement,
06:29aux yeux de la justice.
06:30Oui, c'est d'ailleurs, pour moi, les limites de l'état de droit.
06:32Alors, je sais que nous n'avons pas le droit
06:34de nous attaquer au sacro-saint état de droit.
06:36Attention de le critiquer.
06:37Quand Bruno Rotaillot avait osé dire
06:38qu'il n'était pas sacré, justement,
06:40il s'était fait reprendre de voler
06:42par une partie des commentateurs politiques
06:44et même des responsables politiques.
06:45Mais force est de constater que dans notre droit,
06:47à droit constant,
06:48il est très compliqué aujourd'hui
06:49de fermer des établissements
06:50dans lesquels est prôné un discours
06:52qui est en totale opposition à nos valeurs républicaines.
06:55Donc, je me réjouis, moi aussi,
06:57de la fermeture à venir de cet établissement.
06:59Je constate que c'est encore une fois
07:01sur des normes incendies, effectivement,
07:03et on n'a pas les moyens d'aller sur le fond
07:05qui, pourtant, est la clé.
07:07Allez, toutes les infos, en tous les cas,
07:08Europe 1, qui ont été recueillies
07:10autour de la fermeture de cet institut,
07:12l'Institut Alphouc,
07:12les témoignages sont à retrouver
07:14sur le site d'Europe 1.fr.
07:16Avant de terminer, je voulais qu'on dise un mot
07:18sur la tournée du chanteur Amir
07:20qui est visée à nouveau par un appel au boycott
07:22de la part du collectif Urgence Palestine,
07:24une campagne de dénigrement
07:25que ce mouvement avait déjà menée
07:28à l'encontre du chanteur en juillet dernier.
07:31Juste pour rappel,
07:32le collectif Urgence Palestine
07:33a été fondé au lendemain des attaques
07:35du massacre du 7 octobre 2023.
07:38Il prétend défendre la cause palestinienne
07:40parmi ses soutiens des élus
07:42de la France Insoumise,
07:43mais aussi Omar Al-Soumi,
07:44qui avait appelé, souvenez-vous,
07:46à l'intifada dans notre pays.
07:49Bruno Rotailleau avait appelé
07:50à sa dissolution en avril dernier.
07:52Qu'est-ce qu'on attend aujourd'hui, Thomas Bonnet ?
07:53Mais on en revient au sujet précédent.
07:55L'État de droit, sans doute,
07:56contraindra n'importe quel gouvernement
07:58à ne pas pouvoir agir
07:59sur cette question de la dissolution
08:01d'urgence palestine,
08:02malgré les discours véhiculés,
08:05qui sont des discours haineux,
08:06voire antisémites,
08:07parce que, ne nous cacherons pas,
08:09quand il vise Amir,
08:10il vise évidemment Amir
08:11en tant que juif,
08:12en tant qu'israélien.
08:13Donc effectivement,
08:14là, c'est une vraie dérive.
08:16Franco-israélien, d'ailleurs.
08:16Vous avez raison de préciser.
08:17Et alors moi,
08:18ce que je constate juste pour finir,
08:19c'est que malgré les appels au boycott,
08:21Amir, lui, réunit son public
08:22et il prône la paix sur scène.
08:24Et c'est tout ce que je préfère retenir
08:25de tout ça.
08:26Yvan Rufol, en haut ?
08:26Ce que je retiens,
08:27c'est l'extrême naïveté
08:28des mouvements antiracistes.
08:29Alors, je ne connais pas,
08:30je n'ai pas vu la position exacte
08:32de certains de ces mouvements antiracistes
08:34sur cette question-là.
08:34Mais il y a, bien sûr,
08:36en sous-titre,
08:37un antisémitisme
08:38qui est un antisémitisme débridé
08:40quand il s'agit de s'en prendre
08:41à un franco-israélien.
08:42Et cela rappelle que le djihad
08:43n'est pas simplement
08:44un djihad guerrier,
08:45mais ça peut être
08:46un djihad judiciaire,
08:47très souvent,
08:48ou un djihad culturel.
08:49Et là, on est dans le djihad culturel.
08:50La ministre de la Culture,
08:51Rachida Dati,
08:52a apporté son soutien
08:53aux chanteurs Amir.
08:54Intimidation,
08:54campagne de dénigrement,
08:55pression,
08:56c'est inacceptable.
08:57La scène doit rester
08:58un espace de liberté,
08:59de création et d'échange,
09:00soutien plein et entier.
09:02Amir, la liberté,
09:03l'essence même de l'art,
09:04aucun prétexte
09:05à l'antisémitisme.
09:06La justice doit être saisie,
09:08a déclaré Rachida Dati.
09:09Merci à tous les deux.
09:10Merci à vous.
09:11Merci à vous.
09:11Et merci à Yvan Rufol.
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