00:00Je crois important de parler de ces 20 ans, puisque 2005, c'est la première fois que les Français découvrent finalement les braises de la guerre civile qui couvre.
00:10C'est ainsi que les Français le ressentent et le perçoivent.
00:13C'est un traumatisme national qui apparaît spectaculaire, alors qu'à l'époque, entre guillemets, il n'y a que 200 villes touchées.
00:19Les émeutes par la suite qui auront lieu démontreront qu'aujourd'hui plus aucune partie du territoire n'est épargnée par ce phénomène, pas même les plus petits villages.
00:27C'est la première grande démonstration de l'échec dramatique finalement de la politique d'immigration, de la politique de la ville, de l'échec de l'assimilation.
00:36Et c'est vrai que j'ai voulu rendre hommage à ces victimes qui sont pour moi les grandes victimes oubliées.
00:41Parce qu'à l'époque, évidemment, les seules victimes de faits dont on parle sont ces deux jeunes, Ziyeh et Bouna, qui sont donc morts accidentellement.
00:50Vous vous en souvenez ? Et qui ont été le prétexte, une fois de plus, à une grande œuvre de culpabilité nationale.
00:56Tout cela a été le résultat de cet état raciste, discriminant, qui ne traitait pas correctement ces populations d'origine immigrée, d'une police qui était structurellement violente et discriminante.
01:12Et à côté de cela, évidemment, personne n'a parlé, notamment de Jean-Claude Irvoas, à qui je rends hommage, à côté du lampadaire,
01:18où il a été à l'époque lynché à mort devant sa femme et sa fille par des racailles, simplement pour avoir pris en photo ce lampadaire dans le cadre de son activité.
01:28Je pense également à Jean-Jacques Le Chénadec, qui lui aussi a été lynché à mort, une fois de plus, pour avoir simplement voulu éteindre un incendie causé par cette émeute.
01:37Alain Lambert, en effet, également, qui lui est mort asphyxié du fait d'un incendie causé par ces émeutes.
01:42Mais voilà, à l'époque, ce n'était pas les bonnes victimes. Ce n'était pas les bonnes victimes parce que finalement, c'était des Français d'origine, des honnêtes gens,
01:50tués par les conséquences de cette racaille et qu'ils ne permettaient pas d'alimenter tout ce discours masochiste qui permettait de dire que finalement, l'État était responsable et raciste.
02:02Et donc, j'ai voulu simplement rappeler qu'ils existent, elles existent, ces victimes, et on doit aussi penser à eux et leur rendre hommage.
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