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  • il y a 3 mois
Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Lundi 27 octobre 2025, l'auteur, compositeur et interprète nord-irlandais Neil Hannon. Avec son groupe The Divine Comedy, ils sortent leur 13e album, "Rainy Sunday Afternoon"

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Transcription
00:00Bonjour Edouard Niel-Hannon.
00:03Bonjour Elodie.
00:04Vous êtes le chanteur du groupe nord-irlandais Divine Comedy que vous avez formé en 1989,
00:09devenu projet solo en 1993, puis de nouveau un groupe jusqu'à aujourd'hui.
00:14C'est dans votre chambre de jeune adulte, effectivement, que vous avez enregistré, composé, écrit le premier album, Libération.
00:19Je crois que tout était dit d'ailleurs dans cet album.
00:21C'était une période où vous manquiez de confiance en vous.
00:25C'est d'ailleurs l'artiste Bjork qui vous a regonflé à bloc.
00:28Le Casanova nous a alors livré a short album about love, c'est-à-dire un petit album autour de l'amour.
00:34Car oui, ce qui vous tient malgré vos doutes qui perdurent, reste l'amour.
00:39Vous, le francophile, passionné par la culture française, au point de mettre la marseillaise au début de votre tube The Frog Princess.
00:46La bonne nouvelle, c'est que dans Rainy Sunday Afternoon, enregistré dans les studios d'Aberhaud,
00:51il y a encore beaucoup d'amour.
00:53C'est votre 13e et dernier album au sein du groupe Divine Comedy vient juste de sortir.
00:5811 titres tourbillonnants.
00:59Le premier, Achille, donne le ton avec cette guitare qui semble nous conter l'histoire d'un lonesome cow-boy,
01:05emprunt au doute dans un duel dans lequel finalement il s'affronte d'abord lui-même avant d'affronter le monde.
01:10Est-ce que c'est ça que vous souhaitiez réaliser à travers cet album, Neil ?
01:16Avec Achille en particulier ou tout l'album ?
01:28Tout l'album.
01:29Avec l'album, je voulais représenter qui j'étais et ma relation avec les autres et ma relation avec le plus grand monde, en quelque sorte.
01:50Je suis un Irlandais d'âge moyen, je parle de qui je suis et de ce qui se passe.
01:58Ce n'est pas très compliqué.
02:01Quand on voit Achille, Neil, on pense d'abord à la mythologie grecque, de fait, parce que c'est la première chose qui nous vient à l'esprit.
02:09On pense aussi au roman de l'écrivaine américaine Madeleine Miller basé sur les relations amoureuses.
02:15Et puis finalement, pas du tout. C'est là où vous aimez bien brouiller les pistes.
02:20Vous êtes inspiré d'un poème de Patrick Shaw-Stewart qui date de 1915.
02:26Vous avouez lire assez doucement, mais on comprend que vous avez un esprit littéraire qui est très, très vagabond finalement.
02:31Je lis très intensément, mais je me rends compte que quand j'ai fini de lire une page entière, je ne l'ai pas vraiment lu.
02:53Je pensais à d'autres choses. Je crois que c'est un peu l'esprit créatif qui fait ça par manque de vocabulaire.
03:07Donc ça me prend longtemps pour lire un livre, mais si je le lis, je me régale vraiment.
03:11Je voudrais qu'on parle du son, puisque vous ne vous intéressiez pas forcément à ça au départ.
03:16Mais là, aujourd'hui, quand on écoute cet album, ce qui ressort, c'est aussi ce côté brut.
03:19Ce côté finalement humain, on a l'impression qu'on a assisté en même temps que vous à l'enregistrement de cet album.
03:29Il y a un côté très concert finalement, très tête à tête, de vérité aussi.
03:38Oui, vous savez, j'adore les vieux disques des années 50, 60 et 70.
03:47C'est un son très organique, un peu boisé en quelque sorte.
03:57Et évidemment, j'adore les orchestres, j'adore les cordes, les cuivres et tout ça, tout le monde le sait.
04:02Mais je suis devenu meilleur dans le fait de ne pas déconner avec ces instruments.
04:16Parce que c'est facile de faire en sorte que tout ça sonne synthétique.
04:21Mais je crois que cet album, il est un peu plus le son des musiciens dans la pièce en fait.
04:26Et la plupart de l'album a été enregistré live, en direct, je crois, ça s'entend.
04:32Vous abordez la disparition de votre père, vous abordez la maladie d'Alzheimer.
04:38The Last Time I Saw The Old Man, c'est une chanson qui prend au trip, de fait.
04:43On voit un vieil homme, on est tous touchés, ça transpire le chagrin, les regrets, la tristesse aussi.
04:48Cette chanson, elle raconte justement les derniers instants de votre père.
04:53Et on comprend ô combien ça a dû être difficile de mettre des mots qui ne sont pas que les vôtres.
05:00On comprend aussi que votre but, c'est de raconter une histoire qui va sans doute toucher les gens.
05:05Parce que beaucoup sont dans cette situation.
05:06La seule manière dont je peux parler de ça, c'était d'être le plus observateur et sincère possible.
05:22Je n'ai fait aucune déclaration profonde sur la situation ou comment je me sentais.
05:36Parce que ça semblait un petit peu de prendre les gens de haut.
05:43La seule manière dont je peux trouver de la dignité dans cette situation,
05:46c'était de décrire ses mains, le regard, les conversations telles qu'elles furent.
06:00Et parfois, quand je chante cette chanson aujourd'hui,
06:07j'ai l'impression que ça parle plus spécifiquement de lui.
06:15Parce que ce n'est pas la manière dont je veux me rappeler mon père.
06:20Je m'en rappelle.
06:21Je me rappelle au travers de son merveilleux sens de l'humour, son intellect, ses qualités de musicien.
06:34Donc, Old Man, cette chanson, pour moi, c'est l'expérience de tout le monde.
06:39Tous les gens que je connais et que je rencontre,
06:44apparemment quelqu'un qui décline de cette manière-là dans leur entourage,
06:48c'est pour tout le monde. Je la donne au monde.
06:52Neil, vous avez, semble-t-il, passé votre vingtaine à regarder dans le vide.
06:55Vous avez avoué ça il n'y a pas si longtemps que ça.
06:57Vous vous dites avoir eu une enfance assez ennuyeuse.
07:00Elle vient de là, cette imagination, ce besoin justement de sortir de cette condition,
07:04entre guillemets, de vous créer d'autres vies, en quelque sorte.
07:08Oui, en partie.
07:15Je ne sais pas d'où vient mon opus créatif.
07:20Je crois que c'est toujours comme la théorie du chaos.
07:24Vous savez, j'ai un père qui joue du piano.
07:27J'ai un grand-père qui raconte des histoires rigolotes.
07:30J'apprécie toute la musique à la télé, que ce soit du classique, de la pop, du jazz.
07:44J'intègre tout.
07:47Et j'ai toujours pensé que mon écriture était une continuation de quand je jouais avec des Legos.
07:54que j'ai commencé à construire de manière obsessive des chansons au lieu de château.
08:08L'Irlande du Nord, c'était vraiment un endroit vraiment gris et désolé dans les années 70 et 80.
08:16Et évidemment, les infos étaient absolument atroces en permanence.
08:22Donc, je crois que je cherchais ce monde de fantaisie, en quelque sorte.
08:32Mais en grandissant, en vieillissant, j'ai de moins en moins besoin de la fantaisie.
08:37Et j'accepte d'exister dans le monde réel.
08:41Les concerts arrivent, Neil.
08:44Vous allez monter sur scène avec la salle Playel le 2 mars, le 4 mars au Bikini de Toulouse,
08:50au Rocher de Palmaire le 11 mars, le 12 mars au Stérolux de Nantes,
08:54le 13 mars au Mème, à Rennes, et le 25 mars à l'Aéronef de Lille.
08:59J'imagine que vous êtes assez ému.
09:01Le public français vous a toujours suivi avec Divine Comedy.
09:04C'est vrai qu'il y a un accueil assez fou.
09:06Vous êtes totalement adopté par le public français.
09:08Ça représente quoi de jouer ici, en France, et de remonter sur scène ?
09:12Il y a toujours une période qui est trop longue entre deux tournées,
09:22parce que c'est tellement de plaisir et de joie quand je suis accueilli à nouveau ici.
09:30J'ai hâte.
09:32Je suis même agacé que ce ne soit pas avant février, mars.
09:37Je m'excuse pour ça, mais tenez le coup, j'arrive.
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