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00:00– Bonsoir Philippe Aguillon, merci d'être avec nous, prix Nobel de l'économie.
00:06D'abord bravo, prix Nobel de l'économie aux côtés de l'américano-israélien Joël Mokir et du canadien Peter Owitt.
00:14Bienvenue, votre réaction, je sais que vous l'avez déjà raconté mais j'ai encore envie de l'entendre,
00:19votre réaction quand on vous a appelé pour vous l'annoncer.
00:22– Je n'y croyais pas du tout, parce que j'étais convaincu que ça n'irait probablement jamais,
00:27et certainement pas cette année. Donc je m'étais couché dimanche, tranquille,
00:31je me dis que cette prix Nobel n'a absolument rien à voir avec moi.
00:34Et donc j'étais totalement surpris quand j'ai vu le chiffre 46,
00:37qui est le code de la Suède s'afficher sur mon téléphone portable.
00:41J'étais un peu surpris, c'était à 10h30 du matin lundi,
00:44et ils m'ont dit que je suis tombé des nus, complètement tombé des nus.
00:50– Vous avez dit avoir pensé à vos parents à ce moment-là, des entrepreneurs.
00:53– Oui, c'est vrai que mes parents étaient des innovateurs à leur façon,
00:56donc c'est un prix qui récompense la croissance par l'innovation, d'accord ?
01:00– Vos travaux sur l'innovation.
01:01– Voilà, et enfin toute notre approche, on met l'innovation au corps du processus de croissance,
01:06et la destruction créatrice, le nouveau qui remplace l'ancien.
01:08Et c'est vrai que mes parents, c'était un peu ça, mon père,
01:10il voulait faire la révolution sociale en Égypte,
01:13en s'appuyant sur le mouvement surréaliste égyptien naissant,
01:16et ma mère, elle a dit, il y en a marre des vêtements de luxe,
01:24comment on a appelé ça ?
01:25– La haute couture.
01:25– La haute couture.
01:26Et moi, je vais mettre quelque chose à la place qui s'appellera le prêt-à-porter,
01:30voilà, le prêt-à-porter, vraiment.
01:31Et elle a créé le prêt-à-porter de luxe.
01:33– Elle a fondé la maison Chloé.
01:34– Elle a fondé la maison Chloé.
01:35– Mais c'était vraiment parce qu'elle avait l'idée aussi d'une…
01:38Voilà, je ne vais pas parler des familles, c'est un peu rire.
01:39Mais les femmes, elles vivaient pour plaire à leur mari,
01:44elles changeaient de vêtements cinq fois par jour.
01:45Et là, dans son image, la femme devait être quelqu'un de libre,
01:48qui porte le même vêtement toute la journée,
01:49qu'elle aille dans une fête ou qu'elle travaille.
01:52Et donc c'était une vision, elle était une femme libérée,
01:55et elle voulait que les femmes soient libres dans leurs vêtements.
01:56Et donc elle a eu, c'était vraiment ça au départ,
01:59et elle trouvait que les gens en France étaient très mal habillés.
02:01Il y avait la haute couture,
02:02et puis que la personne, le kidame, était très mal habillée.
02:06Et donc elle a décidé qu'elle a changé.
02:07Donc ils ont été innovants, et voilà.
02:09C'est vrai que j'ai vécu, et beaucoup aussi,
02:11mes parents, c'étaient les surréalistes.
02:13C'est-à-dire que j'en étais très...
02:13Moi, je passais des vacances quand j'étais petit,
02:15chez Tristan de Zara, le père du dadaïsme.
02:17Évidemment, quand t'as six ans, tu sais pas trop ce que ça veut dire.
02:19Mais j'ai baigné quand même,
02:21et mon père avait sa galerie de tableaux,
02:22où Aragon, Eluar, et puis Zara venait régulièrement dans sa galerie.
02:28Et ça vous a décidé à faire de l'économie, vous ?
02:30Non, moi, l'économie, c'est parce que j'étais de la politique au début.
02:32J'étais militant, je voulais changer le monde.
02:35Et j'étais militant communiste au départ, je dois vous dire.
02:38Mais c'était l'époque de l'eurocommunisme.
02:40Mon héros était Berlinguer, qui était le chef du parti italien.
02:44Et le parti italien est devenu un bon parti social-démocrate.
02:46En fait, j'ai évolué comme le parti communiste italien.
02:48Je suis devenu un bon social-démocrate.
02:50Et vous avez fait donc de l'économie.
02:51Troisième prix Nobel de l'économie en 11 ans en France.
02:54Il y a eu Jean Tirole, Esther Duflo et vous.
02:56Il y a quand même des écoles de l'excellence en France.
02:58Mais la France, c'est un pays génial.
02:59Je sais que les gens commencent à me dire.
03:02Parce que dans ce pays, les gens râlent.
03:05Les gens disent qu'on est mauvais, qu'on n'est pas contents.
03:08Je ne sais plus qui disait de la France que c'est un paradis
03:11où les gens croient qu'ils vivent dans un enfer.
03:13C'était Sylvain Tesson.
03:15Je trouve que c'est tellement bien dit.
03:16Lui le dit beaucoup mieux que je ne le dis là.
03:18Et c'est exactement ça, la France.
03:19On est un pays plein d'atouts, plein de talents.
03:22Moi, depuis que je suis rentré en France il y a 10 ans,
03:24je travaille avec des jeunes formidables.
03:26Je n'aurais jamais eu un groupe de jeunes aussi bon, nulle part ailleurs.
03:30Maintenant, il faut arrêter de se plaindre.
03:32Et il faut qu'on se relève.
03:33Et il faut que la France montre au monde ce dont elle est capable.
03:36Et c'est la France qui va permettre de relever l'Europe.
03:38Voilà, absolument.
03:39Sans la France, l'Europe ne peut pas se relever.
03:42Et il faut qu'on arrête de discuter de trucs ridicules,
03:44comme l'attaque Juckmann.
03:45J'adore Gabriel Juckmann.
03:46Mais l'attaque Juckmann est une idiocie.
03:49Et il faut arrêter ça.
03:50Et il faut passer à quelque chose d'intelligent.
03:52Juste un mot.
03:53Vous êtes quand même passé par la case des Etats-Unis, Philippe Aguillon.
03:55Vous avez enseigné à Harvard et ensuite vous êtes rentré en France.
03:58Donc pourquoi ?
03:58Il y a eu un attrait des Etats-Unis à un moment donné.
04:00Non, non, mais les Etats-Unis, d'abord, c'est un pays formidable.
04:02Parce que c'est un pays...
04:05Les universités, le système universitaire est formidable.
04:07C'est-à-dire qu'on a une diversité.
04:08Et c'est vraiment le Humboldtien.
04:10C'est-à-dire les profs interagissent avec les profs
04:11et les étudiants osent poser des questions aux professeurs.
04:15Nous, on avait un système à l'époque assez mandarinal
04:17où on n'osait pas poser des questions aux professeurs.
04:19Tandis que là-bas, j'ai vu des étudiants dire à des prix Nobel,
04:22vous racontez des bêtises.
04:24Et puis, un étudiant est perçu par les professeurs comme un futur collègue.
04:27Ça, c'est formidable.
04:29On te voit comme un futur collègue.
04:30On te traite d'emblée comme un futur collègue.
04:31Et donc, ça te libère, ça, à l'étudiant.
04:32Et donc, ça te libère, évidemment.
04:34Vous êtes rentré en France.
04:35Donc, vous dites quoi ?
04:36C'était il y a 10 ans, à peu près.
04:37Vous êtes devenu professeur au collège de France.
04:38Je suis rentré, donc, il y a 10 ans, au collège de France.
04:40J'ai quitté Harvard.
04:40Les gens m'ont dit au début, tu es fou de démissionner d'Armar.
04:42Et oui, pourquoi vous êtes parti aux Etats-Unis ?
04:44C'était avant Trump.
04:44Je suis parti parce que d'abord, le pays me manque.
04:46On a envie de rentrer chez soi, à un moment donné.
04:48Et moi, chez moi, c'est en France.
04:49Voilà.
04:50C'est un pays que j'aime.
04:51C'est bon pays.
04:52Les Etats-Unis, c'est un grand pays.
04:53Mais ce n'est pas chez moi.
04:54Et je voulais être chez moi.
04:55Voilà.
04:56Et donc, j'ai voulu rentrer.
04:57Et je pensais qu'en France, on pouvait faire beaucoup de choses.
04:59Alors, au début, les gens m'ont dit, mais tu es fou.
05:01On ne démissionne pas d'Harvard.
05:03Mon salaire a été divisé par trois.
05:05Tu te retrouves d'endroit.
05:06Voilà.
05:06Il faut devenir un entrepreneur.
05:08Et j'ai décidé que j'allais bâtir un centre d'économie au Collège de France.
05:10J'avais eu des prédécesseurs au Collège de France.
05:12Mais aucun n'avait jamais construit un centre d'économie.
05:15Et moi, j'ai construit un laboratoire avec plein de jeunes autour de moi.
05:18Et on fait plein de choses.
05:19Et c'est axé sur l'innovation.
05:20Et ça s'appelle un laboratoire d'innovation.
05:22Innovation Lab.
05:23Innovation Lab.
05:23Alors, justement, sur l'intelligence artificielle, vous dites, Philippe Aguillon,
05:27que c'est une révolution équivalente à celle de l'électricité.
05:31Et absolument, c'est une grande révolution technologique.
05:33Alors, tous les économistes ne disent pas ça.
05:34Donc, pourquoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
05:36Une révolution technologique, ça veut dire que ça affecte tous les secteurs de l'économie
05:39et nos modes de vie.
05:41et que ça va avoir un impact macroéconomique sur l'évolution d'un pays.
05:45Donc, ça veut dire plus de croissance, plus d'emploi.
05:46Ça veut dire aussi que beaucoup d'habitudes vont changer,
05:49que les entreprises vont devoir se réorganiser, s'adapter à cette technologie.
05:53Alors, évidemment, ça peut donner le meilleur ou le pire,
05:56selon les institutions et les politiques qu'on met en place en face.
05:58Si, par exemple, on se dote d'un bon système éducatif où on apprend à apprendre
06:03et tous les enfants, un système comme on avait avant,
06:07on avait un très bon système éducatif, il s'est détérioré malheureusement.
06:10Il faut qu'on ait un bon système éducatif et qu'on ait par-dessus
06:13un bon système de flexi-sécurité à la danoise.
06:15Je pense que si on a un système comme ça,
06:17on va pouvoir vraiment tirer parti de la révolution de l'intelligence artificielle.
06:20Ça va créer des emplois en Europe, l'intelligence artificielle ?
06:22Ça peut créer beaucoup d'emplois, absolument.
06:24Mais les pires, qu'est-ce qu'on dit à nos enfants ?
06:26Mais il y a plein de nouveaux emplois qui vont se créer.
06:28Donc d'abord, en plus, les entreprises qui adoptent l'intelligence artificielle,
06:31elles deviennent beaucoup plus productives et donc compétitives.
06:34Et donc la demande mondiale pour leurs produits augmente.
06:36Et du coup, elles augmentent l'emploi.
06:38Cet effet de productivité contrebalance l'effet de substitution
06:41que l'homme est remplacé par la machine.
06:43Mais pour magnifier cet effet de productivité,
06:47il faut avoir un bon système éducatif,
06:49parce qu'à l'école, on apprend à apprendre,
06:51et un bon système de flexi-sécurité par-dessus.
06:54C'est ça dont on n'a pas encore en France.
06:55Voilà.
06:56Il faut apprendre, en fait, à domestiquer cette intelligence artificielle.
06:58Absolument. Il faut apprendre à la domestiquer.
07:00Vous saviez, conseillé Emmanuel Macron, Philippe Aguillon,
07:02dans ce qu'on appelle la politique de l'offre.
07:04Alors c'était la flat tax.
07:05Mais non, mais bien avant, depuis 2014.
07:07Oui, depuis 2014.
07:08Ça a commencé sous Hollande, 2014, avec le CICE,
07:12le crédit d'impôt compétitivité.
07:14Non, non, non.
07:15Après le pacte de responsabilité.
07:17Ensuite, il y a eu les lois Macron.
07:18Tout ça, c'est sous Hollande.
07:20Et puis après, il y a eu la flat tax,
07:22les lois Pénicaud et la formation professionnelle.
07:26Ça a été tout ça.
07:26Mais donc, moi, je vois ça depuis 2014, en fait.
07:28Donc, tout ça, c'était pour rendre la France plus attractive.
07:31C'était plutôt un succès.
07:32C'est devenu un pays plus attractif.
07:33Tous les sondages montaient que la France devenait un pays attractif.
07:36Sauf que le déficit public a explosé l'année dernière.
07:38Comment vous l'expliquez ?
07:39Il a surtout explosé parce qu'on a prolongé le quoi qu'il en coûte trop longtemps.
07:42Mais ça, ce n'est pas la faute du président.
07:44Tous les partis politiques voulaient le prolonger
07:46parce qu'il y avait les élections de 2022
07:48et aucun parti n'osait dire on arrête.
07:50Moi, je me souviens de débats sur le bouclier tarifaire.
07:54Même la droite disait il faut que ça soit pour tout le monde.
07:56Pas juste pour certaines catégories.
07:58Donc, tout le monde est co-responsable du prolongement du quoi qu'il en coûte
08:01bien au-delà de 2021.
08:04Je veux dire, la responsabilité, elle est collective.
08:05On ne peut pas dire que c'est juste le président de la République.
08:07Mais est-ce qu'il n'y a pas eu un problème d'indicateur économique, Philippe Aguillon ?
08:10Parce qu'on avait l'impression qu'il y avait des problèmes d'indicateur économique,
08:13une surestimation du taux de croissance.
08:15L'année dernière, quand le budget a explosé,
08:16tout le monde avait l'air d'être surpris.
08:18Bon, il y a eu des impôts.
08:20La sortie du Covid a été un peu compliquée pour tout le monde.
08:22Il y a eu plus d'inflation que prévue.
08:23Et les modèles économiques ne fonctionnaient pas
08:25avec ces taux d'inflation.
08:27Et il devait y avoir des rentrées d'impôts sur les sociétés
08:30qui ne sont pas venues.
08:31Il y a eu comme ça des décalages
08:32à cause de la sortie du Covid.
08:34Donc ça, c'est un problème.
08:35Mais il y a eu d'autres problèmes
08:36qu'on a prolongé le quoi qu'il en coûte trop longtemps.
08:38Mais je vous le dis, c'est pour des raisons politiques
08:40où tout le monde est responsable.
08:42Il n'y a pas eu un seul parti en France
08:44qui a dit stoppons le quoi qu'il en coûte.
08:46Il n'y a pas eu un.
08:47Le gouvernement de Sébastien Lecornu
08:49n'a pas été censuré aujourd'hui.
08:50C'est formidable.
08:51C'est formidable.
08:52Et moi, je considère que je suis ravi
08:54si j'ai un peu pu y contribuer,
08:55enfin moi et d'autres, y contribuer
08:56en disant, on pense qu'il faut une grosse réforme des retraites.
09:00Il faut travailler plus longtemps.
09:01Il faudra travailler plus longtemps.
09:03Il faudra augmenter le taux d'emploi
09:04des jeunes et des seniors.
09:05C'est très important.
09:07Il faudra reprendre le chantier de la réforme des retraites
09:10et une réforme profonde.
09:11Donc là, on est d'accord.
09:12Ça, c'est sur le fond, sur le moyen et long terme.
09:15Mais à court terme, il y avait un risque d'explosion.
09:18Et donc, il fallait faire baisser la tension.
09:20Et le seul moyen, une autre censure
09:22aurait été dramatique pour la France.
09:23On aurait vraiment eu notre note encore dégradée.
09:26Nos spreads, qui sont les différences de taux d'intérêt
09:28entre nous et l'Allemagne,
09:30qui auraient encore augmenté.
09:31Et vous avez vu que dès que Lecornu
09:32a prononcé son discours mardi,
09:34les taux d'intérêt ont baissé
09:35et la bourse est remontée.
09:37Dès qu'il a dit suspensons l'argent de retraite.
09:38Dès qu'il a dit, voilà.
09:39Et vous, c'est vrai que vous aviez dit...
09:41Donc, il a raison.
09:41Il a raison de faire ce qu'il a fait.
09:42Vous avez dit, il faut arrêter l'horloge.
09:44Il faut stopper l'horloge pour le moment.
09:46Mais il faudra proposer une nouvelle réforme.
09:47À mon avis, à point.
09:49Les Français n'aiment pas
09:50qu'on leur mette le couteau sur la gorge
09:51et qu'on donne des âges pivot, âges limites.
09:53C'est pas pour la France.
09:54Nous, il faut les points.
09:55C'est tout.
09:55Les points, c'est tout.
09:56Il y a des manières,
09:57il y a des choses qu'on aime,
09:58des choses qu'on n'aime pas.
09:59Les Français sont allergiques
10:00aux âges minimums.
10:01Ben voilà, tu contournes l'allergie, quoi.
10:02Tu fais autrement.
10:04La retraite à point.
10:04C'était le projet d'Emmanuel Macron aussi.
10:06En 2017, il ne l'a pas fait.
10:07Mais c'est l'âge pivot
10:07qui a foutu tout en l'air.
10:09C'est l'âge pivot.
10:09Pourquoi est-ce qu'il n'a pas fait ?
10:11Mais c'est l'âge pivot.
10:11Il aurait dû dire à son premier ministre de l'époque
10:13pas d'âge pivot.
10:15Il n'a pas osé.
10:15Il a été trop gentil
10:16avec son premier ministre de l'époque.
10:17Je ne me souviens plus
10:18qui c'était d'ailleurs.
10:19C'était Édouard Philippe.
10:20N'est-ce pas ?
10:20Dissolution du président Emmanuel Macron.
10:24Pour en revenir à cette dissolution
10:25qui est quand même à l'origine
10:26de cette instabilité ministérielle
10:27Philippe Aguillon.
10:29Est-ce que vous ne vous dites pas
10:30quand même que cette dissolution
10:31allait un peu tout gâcher
10:31parce qu'il y avait cette attractivité
10:33de la France
10:33liée à cette politique de l'offre.
10:35Et aujourd'hui,
10:36personne ne va vous dire
10:36que ça allait faire la dissolution.
10:38De toute façon,
10:38vous voulez dire
10:39que j'étais compte de la dissolution.
10:41Bien sûr que oui.
10:42Évidemment.
10:42C'est quoi ?
10:43Du gâchis un peu ?
10:43Tout ça pour ça ?
10:44Je trouve que c'est dommage
10:44qu'il y ait eu la dissolution.
10:45Ceci dit, en France,
10:47moi je ne me suis jamais privé
10:48de critiquer le président de la République.
10:50Déjà en 2018,
10:51nous avions fait une note
10:52avec Jean Pisani
10:53et le regretté Philippe Martin
10:55où nous pensions
10:56que l'avions pensé trop à gauche.
10:58T'as vu qu'il était centriste
10:58d'aller trop à droite.
11:00Trop à droite.
11:00Trop à droite, pas trop à gauche.
11:01Et on disait
11:01qu'il faut faire attention.
11:02Et il y a eu les gilets jaunes
11:04juste après.
11:05Et au niveau
11:06au moment des retraites,
11:06moi j'avais dit
11:0763 ans et revoyure.
11:09Ma position de 63 ans
11:10et revoyure,
11:11Xavier Bertrand
11:12et un autre regretté,
11:14Olivier Marlex,
11:15étaient sur cette position-là.
11:16Et je pense que
11:17si on avait fait 63 ans
11:18avec revoyure,
11:19Laurent Berger était d'accord,
11:21Marlex était d'accord
11:22et on triangulait.
11:23Pourquoi ça s'est pas fait
11:24puisque vous conseillez
11:25Emmanuel Macron ?
11:26Parce que certains,
11:26dans l'entourage du président,
11:27se sont braqués sur le 64 ans.
11:29Je ne veux nommer personne.
11:30Et voilà.
11:31Mais je pense que
11:31ça a été une erreur
11:32de faire ça.
11:33Donc je ne me suis pas privé
11:34de critiquer le président.
11:35Mais d'un autre côté,
11:36vous savez en France,
11:37on a dû son roi au début
11:39et on veut le décapiter après.
11:41Et ça devient comme,
11:41vous savez,
11:42ça devient comme
11:43le crime de l'Orient Express.
11:44Chacun arrive avec son poignard.
11:46Moi, je n'ai pas envie
11:46d'entrer là-dedans.
11:47Je pense que le président
11:48a fait beaucoup de bonnes choses
11:49dont je vous ai parlé.
11:50Toutes les bonnes politiques
11:51qui ont été faites.
11:52Mais la dissolution,
11:52ce n'était pas une bonne chose.
11:52Et puis il y a des choses,
11:53voilà,
11:53des choses que je ne suis pas d'accord.
11:54Mais je ne veux pas
11:55jouer le jeu du bashing,
11:58comme on dit en anglais.
11:58Un mot sur la justice fiscale
12:00parce qu'on a l'impression
12:00que c'est vraiment le débat aujourd'hui.
12:01Moi, je ne suis pas la justice fiscale.
12:02Mais la justice,
12:03ce n'est pas que la justice fiscale.
12:04Pour moi, la justice,
12:05c'est d'abord l'école.
12:06Vous savez, voilà.
12:07Mais non,
12:07mais je suis désolé de le dire.
12:08Donc plus de moyens pour l'école.
12:08Je vois même des gens de gauche
12:09maintenant,
12:10ils mettent leurs enfants
12:11dans des écoles privées.
12:12Et il y a de très bonnes écoles privées.
12:13Donc je ne suis pas contre
12:14l'école privée.
12:15Et il faut les aider.
12:16Mais je vois des gens
12:17qui ont le cœur à gauche
12:18et qui disent
12:19je n'ose pas pour mon enfant
12:20le mettre dans une école publique.
12:21Alors d'abord,
12:22il faut le dire que
12:22le SIEM de l'éducation nationale
12:23est un merveilleux système.
12:25Moi, je travaille beaucoup
12:25avec l'éducation nationale.
12:26Vous dites que ça s'est
12:27beaucoup détérioré.
12:28Mais les profs sont fantastiques.
12:29Ils n'ont pas les moyens.
12:30Ils n'ont pas les moyens
12:30de travailler.
12:30Il faudrait les payer mieux.
12:31Il faut les payer mieux.
12:32Moins de gens dans les classes.
12:34Pouvoir vraiment
12:35suivre des élèves
12:36et donner les moyens.
12:38Se concentrer sur les savoirs de base.
12:39Calculs, dictés, etc.
12:41Mais donc l'inégalité pour moi
12:43elle est d'abord à l'école.
12:43Elle est d'abord à l'école.
12:44C'est d'abord tout.
12:44La justice fiscale.
12:45Je veux y revenir tout de même.
12:46La taxe Zuckman
12:47qui vise à taxer
12:48à hauteur de 2%
12:49Elle est mal ciblée.
12:50Elle manque sa cible.
12:50De plus de 100 millions d'euros.
12:51Mais ce n'est pas le bon moyen.
12:52Les socialistes veulent en débattre.
12:54Ça va retourner sur la table.
12:54Ils veulent en débattre.
12:55Mais je pense que ce n'est pas le bon moyen.
12:57Je pense que ce qu'il faut faire...
12:57Pourquoi vous y opposez ?
12:58Moi, d'abord, je veux dire
12:59que je pense qu'il faut faire.
13:00Je pense qu'il y a un vrai sujet
13:01que tout le monde...
13:02Moi, par exemple,
13:02le prix Nobel avant n'était pas taxé.
13:04Maintenant, il va l'aide.
13:05Je suis ravi de payer des impôts
13:06sur le prix Nobel.
13:07D'accord ?
13:07Je pense que tout le monde
13:08doit mettre la main à la pâte.
13:09Y compris les gens les plus riches.
13:11Mais pas sur l'outil productif.
13:12Parce qu'il ne faut pas...
13:13Lui, il a un plus patrimoine.
13:15On ne peut pas distribuer
13:17ce qu'on ne produit pas.
13:19Il faut d'abord produire
13:20pour distribuer.
13:20Si vous touchez à l'outil productif,
13:22vous réduisez la masse
13:23de ce que vous pouvez distribuer.
13:24Donc, pour moi,
13:25c'est un principe de base.
13:26C'est ça qui fait
13:26que je suis un social-démocrate.
13:28Une taxe sur les holdings, par exemple.
13:28Je crois beaucoup...
13:29Alors, il peut y avoir des taxes...
13:30Une taxe sur les holdings.
13:31Alors, ce qui est important,
13:33c'est de...
13:33Voilà, il y a des gens, par exemple,
13:34qui utilisent des holdings patrimoniales
13:36pour acheter des chalets
13:37ou des avions privés
13:38sur la holding
13:38en payant les impôts des holdings.
13:40Ça, ce n'est pas possible.
13:41Bon, la niche du treille,
13:43elle est très bien,
13:43mais il y a un usage abusif
13:45de la niche du treille.
13:46Je pense que tout ça
13:47doit être mis à plat.
13:48Et il faut faire la chasse aux abus.
13:50Voilà.
13:50Ça, je pense que c'est important.
13:51Et je pense aussi
13:51que les très riches,
13:52il y avait cette idée
13:53de taxes différentielles
13:54sur les hauts patrimoines,
13:55non productifs.
13:56Je pense qu'il faut
13:56que chacun contribue un petit peu.
13:58Voilà.
13:58Donc, je suis pour qu'il y ait
14:00une taxe,
14:00mais elle ne doit pas être dissuasive.
14:02Elle ne doit pas décourager l'innovation.
14:03Et je ne veux pas
14:04que l'IA nous échappe.
14:05Mais donc, la taxe Zuckman
14:05pourrait...
14:06Avec la taxe Zuckman,
14:07il n'y a pas d'intelligence artificielle
14:08en France.
14:08C'est très simple.
14:09Taxe Zuckman,
14:10M. Manch,
14:10où il s'en va,
14:11où il fait un boutique ?
14:11Le patron de Mistral.
14:13Mistral disparaît.
14:14Tout de suite.
14:15Ou c'est ailleurs,
14:15ou ça disparaît.
14:16En fait, Zuckman dit
14:17que, de toute façon,
14:18l'État pourrait prendre 2%,
14:19par exemple,
14:19si c'est capital.
14:20Il y a Zuckman,
14:21M. Manch, c'est terminé.
14:22L'IA se fait ailleurs.
14:23Je vous le garantis.
14:24Pourquoi ?
14:25Parce que quelqu'un
14:26qui fait une start-up innovante,
14:27qui est très valorisée,
14:28qui ne fait pas de cash flow,
14:30au lieu d'utiliser,
14:32d'emprunter
14:33pour investir dans l'innovation,
14:35il ou elle doit emprunter
14:36pour payer ses impôts.
14:38Des impôts sur un profit
14:39qui n'a pas été généré.
14:40Donc, vous êtes en concurrence
14:41avec des gens dans d'autres pays
14:42qui n'ont pas ce problème-là.
14:43C'est évident
14:44que vous perdez la partie.
14:46C'est perdu d'avance.
14:47Et comme vous anticipez
14:48que vous perdez la partie,
14:49vous dites,
14:49je mets la clé sous la porte,
14:50je fais autre chose,
14:51je vais dans, je ne sais pas,
14:52je fais un autre métier,
14:54contemplatif,
14:55je devrais être contemplatif.
14:56On va voir si vous allez peser
14:57dans le débat.
14:57On est très bon
14:58à être contemplatif.
14:59On va voir si vous allez peser
15:00dans le débat, justement.
15:01Mais je suis certain
15:01qu'on va peser.
15:02Parce que même quelqu'un
15:03comme Hollande,
15:04il le sait très bien.
15:05François Hollande,
15:05qui est un homme raisonnable,
15:07il le sait très bien.
15:07C'est pas lui qui est aux manettes,
15:09pour l'instant.
15:09Non, mais je sais
15:10qu'il y a beaucoup
15:10de gens raisonnables
15:11et ils savent très bien
15:12que la taxe Juckman,
15:13c'est pas sérieux.
15:14Mais Gabriel Juckman,
15:15je veux quand même le dire ici,
15:16c'est un grand économiste
15:17et c'est un type merveilleux.
15:20Et vraiment,
15:21il mérite beaucoup.
15:22Mais sur cette histoire de taxe,
15:24nous avons une digère agence.
15:25Merci Philippe Agui
15:25d'avoir été avec nous,
15:26prix Nobel de l'économie.
15:27Nouveaux projets
15:28avec le prix Nobel ou pas ?
15:29Pardon ?
15:30Des nouveaux projets
15:30avec le prix Nobel ?
15:30J'ai plein de projets de recherche.
15:32Je ne vais pas changer
15:33quoi que ce soit
15:33à mon programme de recherche
15:34parce qu'à cause du prix Nobel.
15:36Au contraire.
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