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  • il y a 3 mois
Le journaliste et spécialiste du grand banditisme, Frédéric Ploquin, parle de la sécurité au Louvre : «La salle Apollon est probablement "la bijouterie" la moins bien gardée de Paris».

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Transcription
00:00Le compte n'est peut-être pas là, mais ça n'est qu'une première étape.
00:05Le seul souci, si vous voulez, c'est que ça a été probablement inventé trop vite.
00:10Le fait que l'un des suspects, ce soir, ont fui, c'est-à-dire a cherché à s'enfuir,
00:16ce soit présenté dans un aéroport, pour l'occurrence se carapater en Algérie,
00:21a précipité l'enquête, a fait fuiter l'affaire et le fait qu'ils étaient neutralisés,
00:27qu'ils étaient identifiés en tout cas dans la presse.
00:30Et du coup, d'une certaine manière, au fond, ce sont des bâtons dans les roues des enquêteurs.
00:36Ils sont peut-être très ravis de voir que tout le monde sait qu'ils ont bien bossé,
00:40qu'ils ont fait le boulot, que les traces ADN étaient suffisantes pour remonter jusqu'à ces deux individus.
00:45Mais je pense qu'ils auraient aimé avoir un petit peu plus de latitude et de discrétion
00:50pour justement identifier les deux autres personnes, tenter de retrouver les bijoux
00:56si tentait qu'ils soient encore dans les parages.
00:58mais aussi peut-être se poser des questions qu'ils vont certainement poser aux deux individus en garde à vue
01:06sur le fait de savoir s'ils ont procédé à ce cambriolage de leur propre chef,
01:12s'ils ont ou non été conseillés par des personnes travaillant à l'intérieur du musée,
01:21si oui ou non, ils ont été commandités.
01:25Je rappelle quand même que ces derniers temps, on a vu de nombreuses opérations importantes dans la délinquance,
01:31commandités soit depuis leur prison, soit depuis l'étranger,
01:35par des caïds un petit peu plus capés,
01:39qui recrutaient par les réseaux sociaux des individus pas forcément très professionnels,
01:45mais professionnels on va dire, mais qui acceptaient, qui partaient au casse-pipe en fait pour faire une opération.
01:50Donc ça ce sont des questions que je me pose,
01:53évidemment moi qui observe depuis longtemps la question du banditisme,
01:56mais que se posent nécessairement les policiers,
01:58parce qu'on ne peut pas s'arrêter là,
02:02on ne peut pas s'arrêter à ce stade,
02:04outre le fait qu'on a besoin de retrouver les bijoux évidemment.
02:06– La semaine dernière, alors que nous étions en spécial suite à ce cambriolage,
02:10certains de mes invités disaient oui, il y aura sur des méthodes un peu de pieds nickelés.
02:13Quand on voit et on découvre le CV via notre ami Savouina Birlin à Bouillet,
02:19on est loin des pieds nickelés, c'est une opération mûrement réfléchie,
02:23même si c'est gros, et Bruno Ledoux, qui était notre invité également,
02:26qui est un des plus grands collectionneurs d'art dans le monde,
02:29disait plus c'est gros, plus ça marche,
02:32mais mine de rien, c'était pensé, c'était organisé.
02:35Et on peut potentiellement, et Savouina l'évoquait aussi,
02:38peut-être qu'il y a eu quelques fuites,
02:40parce qu'on savait qu'il y avait potentiellement une faille sur cette fameuse fenêtre
02:44qui est devenue un endroit où il est de bon ton de se faire photographier.
02:49Il y a quand même beaucoup d'éléments quand même.
02:51Et effectivement, est-ce qu'il y a un commanditaire derrière tout ça ?
02:56– D'une part, est-ce qu'il y a un commanditaire
02:58qui saurait écouler les bijoux d'une manière ou d'une autre ?
03:02Et d'autre part, quelles sont les complicités
03:04à l'intérieur de ce musée ?
03:06Parce que je ne vois pas ces braqueurs…
03:09Ça ne colle pas avec le profil,
03:12le fait d'aller se balader régulièrement au Louvre
03:14et de se dire « ah tiens, non ».
03:15De toute évidence, on leur a signalé cette faiblesse.
03:19De toute évidence, ils avaient des informations
03:21à la fois sur les alarmes, sur les caméras,
03:24sur la qualité des fenêtres.
03:24Et d'ailleurs, c'est comme ça dans la plupart des grandes affaires criminelles,
03:30dans la plupart des attaques de bijouterie,
03:32puisque ce sont des spécialistes d'attaques de bijouterie.
03:35Dans la plupart de ces attaques, on constate au final
03:38qu'il y avait soit un vigile, soit un employé en bise-bise avec ses patrons.
03:45Il y avait une source, on va dire quelqu'un,
03:47qui fournissait les éléments d'information
03:49sur la qualité de la protection des lieux.
03:53Là, c'est la question qui se pose,
03:56sachant qu'effectivement, cette salle à Pologne
03:59était probablement la « bijouterie »
04:02la moins bien gardée de Paris,
04:03et que c'était probablement plus facile pour eux
04:05de passer par cette fenêtre
04:06que d'essayer d'attaquer une bijouterie
04:09Place Vendôme, rue de la Paix,
04:12où quand même, à France, de prendre des coups,
04:14ils ont commencé à se protéger davantage.
04:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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