Skip to playerSkip to main content
  • 3 months ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00Générique
00:02...
00:20En un mois, ce quartier s'est vidé.
00:24700 familles afghanes ont pris la route du retour vers l'Afghanistan.
00:28Pour Mohamed et sa famille, l'heure du départ a également sonné.
00:32Les raids et la traque de la police, les expulsions quotidiennes ont fini par le terroriser.
00:38Né ici dans la ville où ses grands-parents avaient trouvé refuge en 1982,
00:43il s'est résigné à entasser 38 ans de vie dans ses bagages pour un pays qu'il n'a jamais connu.
00:51Ce sont les affaires que nous avons emballées depuis un mois, peut-être un mois et demi.
00:56À tout moment, la police peut faire une descente chez nous, alors nous restons prêts.
01:01Il ne reste plus que cette maison à vendre.
01:03J'attends seulement cela et la vente de la boutique.
01:06Quelques affaires sont encore là pour que les enfants puissent y passer la nuit.
01:11Tout le reste est déjà rangé, mais les enfants ne sont pas prêts à partir.
01:15Personne ne l'est.
01:17Mohamed a 8 enfants.
01:19Sa fille n'a est âgée de 6 ans.
01:22Le Pakistan a décidé de ne pas
01:51renouvelé les cartes d'un million et demi
01:53de réfugiés afghans.
01:55Islamabad n'a jamais ratifié la convention
01:57de Genève qui interdit d'expulser
01:59un réfugié si sa vie
02:00ou sa liberté menacée dans son pays.
02:05Mohamed est acculé.
02:07Il a dû céder à la hâte sa boutique
02:09pour à peine un dixième de sa valeur.
02:11Ce matin, il a rendez-vous
02:12avec les nouveaux propriétaires.
02:21Dans ce bazar,
02:3990% de ces boutiques appartiennent
02:41à des afghans.
02:42Moi et mes frères avons deux boutiques.
02:45Nous avons déjà vendu la première
02:46et nous essayons de vendre la seconde.
02:49La police vient souvent ici.
02:52La plupart du temps,
02:52elle arrête les hommes dans les magasins.
02:55C'est la raison pour laquelle
02:56nous partons comme tout le monde
02:57parce que nous sommes constamment harcelés.
03:00Même quand on s'occupe d'un client,
03:01la police arrive et arrête les gens.
03:06Depuis plusieurs mois,
03:08Islamabad durcit le ton
03:09contre les réfugiés afghans
03:11au nom de la lutte contre le terrorisme.
03:14Les autorités accusent
03:15les talibans pakistanais
03:16de se réfugier en Afghanistan
03:18pour y planifier leurs attaques.
03:20Malgré le risque de raid de la police,
03:23Mohamed et son frère
03:24cherchent à liquider leurs marchandises.
03:26Les deux hommes sont amers.
03:29Le gouvernement pakistanais
03:31affirme que le terrorisme augmente
03:33et que les responsables,
03:35ce sont les réfugiés afghans.
03:36Mais nous,
03:37nous sommes des travailleurs,
03:39des commerçants,
03:39des ouvriers.
03:41Comment des gens
03:42qui ont bâti des commerces
03:43peuvent-ils être considérés
03:44comme des terroristes ?
03:46À leur domicile,
03:55la fille de Mohamed
03:56se prépare à faire ses adieux
03:58à ses camarades de classe.
04:00Hina est en CP
04:00dans une école privée
04:01de son quartier.
04:03Son frère aîné,
04:04lui, a dû abandonner
04:05l'école publique
04:05il y a deux ans
04:06au début des rafles
04:07contre les réfugiés afghans.
04:09En Afghanistan,
04:10Hina ne pourra pas étudier
04:12au-delà de l'école primaire
04:13car les talibans
04:14l'interdisent.
04:22Dans sa classe,
04:24ses camarades,
04:25tous pakistanais,
04:26l'attendent
04:26pour lui dire au revoir.
04:27«Henri,
04:29il y a des
04:32de la chale,
04:33le chale,
04:34le chale,
04:36le chale,
04:36le chale,
04:36le chale,
04:37le chale,
04:37le chale.
04:39Je ne suis pas le droit.
04:44Alors, je n'ai pas le droit.
04:47Je ne suis pas le droit pour être avec un profond.
04:51Je vous laisse le droit de l'Aphaneïste.
04:53J'ai compris dans l'Afghanistan.
04:56Je n'ai pas le droit.
04:58Je ne suis pas le droit de l'Aphaneïste.
05:09Dans ce parc, à quelques mètres des ambassades étrangères,
05:17des centaines de familles afghanes survivent dans un camp de fortune depuis deux mois,
05:22exposées aux températures extrêmes, à la pluie, aux maladies et aux regards indiscrets.
05:27Depuis le début de l'année, la police traque aussi les afghans ayant fui le retour au pouvoir des talibans en 2021,
05:34près de 600 000 personnes.
05:35A Islamabad, les propriétaires n'ont plus le droit d'héberger des afghans sans visa, sous peine d'amende.
05:44Alors certains les expulsent, d'autres les dénoncent.
05:48Meher a 24 ans, elle vit ici avec sa famille.
06:05Si on sort d'ici, la police nous arrêtera et nous renverra en Afghanistan.
06:14Nous avons tout installé dans le parc pour vivre.
06:17Il y a des commerçants extérieurs qui viennent nous vendre des produits pour que l'on puisse subvenir à nos besoins.
06:22C'est difficile de trouver tout ce dont nous avons besoin, mais c'est assez pour survivre.
06:26Les réfugiés ici sont fonctionnaires de l'ancien régime, militants des droits humains, journalistes ou issus de minorités persécutées par les talibans.
06:36La plupart ont déposé une demande d'asile.
06:38Leur plus grande peur, être renvoyés en Afghanistan avant d'obtenir une réponse des ambassades étrangères.
06:44La police les a prévenus, l'expulsion viendra tôt ou tard, mais pour l'instant, ils bénéficient d'une certaine tolérance.
06:54Quand les talibans ont pris le contrôle de l'Afghanistan, mon père travaillait avec l'ancienne armée afghane.
07:00Ils l'ont arrêté alors qu'il se cachait.
07:02Ils l'ont torturé horriblement et puis ils l'ont tué.
07:05Nous avons fui au Pakistan pour cette raison.
07:08Mais maintenant, la situation pour les réfugiés afghans est aussi terrible ici.
07:12Ça fait un mois que nous sommes dans ce parc et aucun de nous n'est sorti pendant tout ce temps.
07:17On a peur. On ne peut pas retourner en Afghanistan.
07:20Si on le fait, on risque la mort.
07:23L'Afghanistan, c'est devenu comme un cimetière.
07:26Mais nous ne sommes pas en sécurité ici non plus.
07:28À tout moment, on peut être arrêté.
07:32Dentiste de formation, Meher a dû, en s'exilant, laisser sa blouse derrière elle
07:37car le Pakistan n'autorise pas les Afghans sans papier à travailler.
07:40Chaque jour, elle soigne les malades du camp dans cette clinique de fortune.
07:54Ici, dans le camp, toutes les maladies et infections virales se propagent très vite.
08:00Nous manquons de médicaments.
08:01Les réfugiés afghans ne peuvent pas aller à l'hôpital car ils risquent l'expulsion.
08:06Alors on n'a qu'une solution, se débrouiller avec les moyens du bord.
08:19Retour au nord-ouest d'Islamabad, chez Mohamed.
08:22Le camion est chargé, c'est l'heure du départ.
08:24C'est déchirant pour moi.
08:52C'est trop difficile.
08:56Partir, laisser ses gens, tout quitter, c'est insupportable.
09:03Je n'ai plus de mots.
09:09Kaboul n'est qu'à environ 400 kilomètres.
09:12Mais pour Mohamed, c'est un aller simple, sans retour possible.
09:15Près de la frontière, une longue file de camions chargés de familles afghanes.
09:23Avant de passer en Afghanistan, elles doivent effectuer certaines démarches administratives
09:27dans ce centre du Haut-Commissariat pour les réfugiés.
09:30Selon l'ONU, plus de 800 000 Afghans ont déjà quitté le Pakistan depuis le début de l'année,
09:35parmi lesquels 93 000 qui ont été expulsés.
09:38L'enregistrement leur donne droit à une aide modique, une cinquantaine d'euros par personne, pour tout recommencer.
09:44L'avenir de mes enfants est anéanti au Pakistan.
09:51Les données biométriques ont été prises et la décision est tombée.
09:55Nous devons partir.
09:57Nous ne pourrons plus jamais revenir ici.
09:59Là-bas, nous n'avons rien, ni maison, ni biens, ni repères.
10:03Tout ce que j'ai construit en 38 ans est perdu.
10:06Nous allons devoir tout recommencer à zéro.
10:08Mes grands-parents étaient arrivés ici comme réfugiés il y a 40 ans
10:12et aujourd'hui, c'est à notre tour de repartir comme réfugiés.
10:28À Islamabad, malgré l'incertitude et l'attente d'un hypothétique visa,
10:33les résidents du camp ont monté une école.
10:35Car au Pakistan, les exilés sans-papiers comme eux ne sont pas admis dans les établissements scolaires.
10:41Ici, des cours sont dispensés chaque jour aux 700 enfants du camp et aux jeunes femmes.
10:47Ici, nous leur apprenons à utiliser un ordinateur.
10:50Comme ça, elles peuvent au moins poursuivre leur éducation en ligne.
10:55En Afghanistan, les filles n'ont plus le droit d'aller à l'école.
10:58Également privées de travail, de sport ou même de voyager seules,
11:02elles vivent sous un régime qu'au L'ONU qualifie d'apartheid de genre.
11:05En Afghanistan, les femmes sont recluses dans les maisons, à s'occuper seulement de leurs enfants.
11:23Mais je ne veux pas de ce futur pour moi.
11:25Je veux devenir quelqu'un et innover.
11:27Cela fait un an que nous sommes au Pakistan.
11:28Pendant cette année, je suis allée frapper à la porte de plusieurs écoles,
11:31mais elle n'accepte plus les Afghans.
11:34Je ne vais plus à l'école depuis 4 ans et j'ai oublié tout ce que j'avais appris.
11:44L'Afghanistan traverse l'une des pires crises humanitaires au monde.
11:49Depuis le retour au pouvoir des talibans, l'économie s'est effondrée.
11:53Aujourd'hui, des milliers d'Afghans refoulés d'Iran et du Pakistan affluent chaque semaine.
12:00Une pression de plus sur des infrastructures déjà à bout.
12:05Nous retrouvons Mohamed et sa famille sur ce terrain vague, à 11 km du centre de Kaboul.
12:11C'est là qu'il a déchargé ses affaires.
12:12Il veille sur ses biens nuités jours.
12:31Ses tentatives pour trouver un logement ont tout échoué.
12:34Avec la vague massive de réfugiés, le marché immobilier est saturé.
12:37L'État afghan est dépassé.
12:40Il n'a pas les moyens d'absorber ses retours massifs.
12:43L'aide internationale est en chute libre.
12:45La pauvreté a explosé.
12:4712,6 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
12:54Je vivais très bien dans ma propre maison, avec tout le confort.
12:59Maintenant, je suis ici, à ciel ouvert, avec toutes mes affaires qui s'abîment.
13:04C'est très douloureux.
13:05Nous n'avons reçu aucune aide.
13:07Je ne sais même pas à quelle porte frapper pour trouver un abri.
13:11L'économie est au plus bas et je vais devoir faire des petits boulots journaliers,
13:15payer à peine 4 euros par jour, pas de quoi nourrir ma famille.
13:19Si la situation ne s'améliore pas, je n'aurai pas le choix.
13:24J'enverrai mes enfants vers les pays occidentaux,
13:27que ce soit par des moyens légaux ou pas.
13:30Les économies de Mohamed fondent de jour en jour.
13:37Comme beaucoup, il sait qu'il ne pourra pas tenir sans assistance.
13:42Partir de nouveau semble la seule issue, un exil sans fin.
Be the first to comment
Add your comment

Recommended