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  • il y a 3 mois
L’ancien Premier ministre et ancien ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, était l’invité du Grand Rendez-vous ce dimanche 16 octobre sur CNEWS. Il s’est exprimé au sujet de la Nouvelle-Calédonie : «La France doit aussi donner les moyens à la Nouvelle-Calédonie de se développer».

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Transcription
00:00Il faut faire attention parce qu'il y a un mouvement général qui concerne l'ensemble d'ailleurs de nos territoires outre-mer,
00:04lié à l'affaiblissement de l'État, à la relation entre ces territoires et l'Hexagone,
00:09à des mouvements géopolitiques dans l'océan Indien, dans la Caraïbe et dans l'océan Pacifique,
00:15qui peuvent conduire à une forme de détachement.
00:17Donc il faut que les réponses que nous apportions soient des réponses adaptées à chacun de ces territoires.
00:22Il faut s'en dire sortir de la départementalisation,
00:25qui avait été le grand projet de Victor Schoeschler, la politici de l'esclavage,
00:28jusqu'à Aimé-Césaire au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, pour inventer autre chose.
00:34Je pense qu'à terme, la Nouvelle-Calédonie, et c'est ce qu'au fond écrit Bougival d'une certaine manière,
00:39c'est une forme d'État associé.
00:43C'est vrai pour la Polynésie, qui a énormément déjà de responsabilités.
00:46Un État ici, c'est un État pour avoir l'indépendance.
00:48Ça va plus loin que le statut de la Polynésie à l'heure actuelle.
00:52Exactement, mais c'est aussi une demande aujourd'hui du gouvernement polynésien.
00:57Je ne sais pas si c'est une demande, je ne le crois pas encore, de la population.
01:01Mais on voit bien qu'à 20 000 kilomètres, dans des environnements,
01:04notamment dans le Pacifique, où il y a la grande confrontation entre la Chine et les États-Unis,
01:09sur le plan militaire, sur le plan économique,
01:11il faut trouver, pour la France, c'est une chance pour la France, d'avoir ces territoires.
01:17Mais la France doit aussi donner les moyens à ces territoires de se développer pour eux-mêmes.
01:21Donc il faut faire sauter un certain nombre de verrous, de nords, etc.
01:23Mais vous comprenez les Canaques qui souhaitent l'indépendance ?
01:25On comprend très bien l'idée de l'intérêt de la France de conserver la Nouvelle-Calédonie.
01:28Vous comprenez de l'intérieur, en tant qu'homme de gauche,
01:32les Canaques qui souhaiteraient avoir notre pays ?
01:34On peut comprendre que les Canaques, peuple premier, aspirent en effet à la pleine souveraineté.
01:39Mais les indépendantistes, compris le FNKS, mais les indépendantistes de l'Uni,
01:46qui sont les vieux partis indépendantistes et qui soutiennent les accords de Bouchival,
01:50veulent garder ce lien avec la France pour des régions aussi stratégiques,
01:54pas seulement économiques et financières.
01:56Ils veulent garder ce lien historique, même s'il a été douloureux parfois avec la France,
02:00plutôt que de plier sous le joug chinois.
02:01Donc, il faut inventer cette relation.
02:04C'est ça la crainte, il faut le dire, Manuel Valls.
02:08C'est la Chine qui lorde sur les minerais, sur les réserves naturelles.
02:12C'est pour cela que nous avons renoué le débat au début de l'année,
02:16nous avons conclu à un accord, celui de Bouchival,
02:19qui était le premier accord depuis 1998,
02:22préserve à la fois cette aspiration à la souveraineté et ce lien avec la France.
02:27C'est complexe, je le reconnais humblement,
02:29mais d'une manière générale, même si la Nouvelle-Calédonie a sa propre histoire,
02:34c'est encore un territoire en voie de décolonisation,
02:37c'est une ancienne colonie de peuplement comme l'Algérie,
02:40une colonie pénitentiaire, donc il faut trouver un chemin.
02:44Mais d'une manière générale, ce que je crois,
02:46c'est que nous allons vers un changement très profond
02:48de la relation de ces territoires en général.
02:50– Et inversement, j'ai posé la question du point de vue des Kamaks,
02:54les Européens, les Français, les Kaldoches,
02:57est-ce que vous comprenez de leur point de vue leur crainte d'être abandonnée par la France ?
03:01– Pas leur crainte seulement, leur peur.
03:02– Parce que lorsqu'on parle avec certains d'entre eux,
03:04certains disent « nous serons les prochains pieds noirs ».
03:06– Oui, c'est un mot, le lien avec l'Algérie m'a été souvent rappelé,
03:10la peur liée aux événements de mai 2024,
03:13il représente aussi une part très importante de la population.
03:16C'est 50-50 là-bas, les deux aspirations.
03:18Donc nous n'avons pas d'autre choix,
03:20il n'y avait pas d'autre choix que de trouver ce chemin.
03:22Et je dois dire, même s'il faut évidemment le parfaire,
03:24il faut continuer le débat, la discussion avec le FNKS,
03:26j'étais particulièrement fier de mettre en œuvre cet accord,
03:31ou de conclure cet accord, de le signer,
03:33parce que c'est moi qui l'ai signé au nom du gouvernement.
03:35Et je suis, et je suis, on verra ce qu'il en est,
03:37de ne pas pouvoir le mettre en œuvre,
03:39mais je suivrai cela parce que j'ai la passion de la Nouvelle-Calédonie
03:41depuis déjà de nombreuses années.
03:42– La Nouvelle-Calédonie.
03:46– La Nouvelle-Calédonie.
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