- il y a 3 mois
C'est une légende du rap français : Rim'K a tracé une trajectoire impeccable dans le rap français, de ses débuts au sein du groupe mythique 113 à ses projets solos, toujours plus étonnants. Et pour cause, même 25 ans plus tard, le rap de Rim'K est toujours aussi actuel : s'il sait s'entourer des jeunes rappeurs du moment (L2B, SDM...) c'est aussi qu'il est une des figures les plus respectées dans le rap français.
Après avoir dévoilé son projet RUN au printemps dernier, le rappeur de Vitry-sur-Seine vient nous faire découvrir la réédition de son projet et ses nouveaux titres (dont "Cités de France", qu'il interprète en live dans l'émission).
Retrouvez "À la régulière" sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere
Après avoir dévoilé son projet RUN au printemps dernier, le rappeur de Vitry-sur-Seine vient nous faire découvrir la réédition de son projet et ses nouveaux titres (dont "Cités de France", qu'il interprète en live dans l'émission).
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00:00Bienvenue dans A la Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:13Aujourd'hui, n'ayons pas peur des mots, je reçois une légende, un artiste qui traverse
00:18les époques, les modes et les générations sans jamais perdre sa vitesse de croisière.
00:21Depuis plus de 25 ans, Rimka fait partie du décor, mais surtout, il continue de le transformer.
00:26Du 113 à Famille Nombreuse, de Tonton du Bled à Air Max, il a posé les bases d'un rap
00:30populaire, fédérateur et visionnaire.
00:33Et s'il est encore là en 2025, c'est parce qu'il n'a jamais cessé d'évoluer.
00:36Son nouveau projet s'appelle justement Run Evolution, un titre qui dit tout.
00:40La course continue, mais elle change de trajectoire.
00:43On y retrouve un Rimka plus introspectif, plus technologique aussi, entre trappe futuriste,
00:47mélodie froide et vision du monde connectée avec lui.
00:50On va parler de cette nouvelle étape, de ce que ça veut dire de durer, de transmettre
00:54et de rester en mouvement quand tout va si vite.
00:56Parce que Rimka, c'est plus qu'un ancien, c'est un exemple vivant de l'évolution
01:00du rap français.
01:01Rimka est avec nous pendant une heure à la régulière.
01:04France Inter, à la régulière, Mehdi Maizy.
01:13Comment ça va Rimka ?
01:15Ça va très bien, et toi Mehdi ?
01:17Très bien, je suis content que tu sois là.
01:19Tu es là parce qu'il y a un nouveau projet qui sort aujourd'hui même, Run Evolution,
01:24qui est une forme de suite au projet Run qui était sorti il y a quelques mois.
01:28Exactement, qui est sorti début d'année.
01:30Exactement.
01:31Et puis il y a aussi un autre événement, c'est en décembre, le concert Adidas Arena
01:34qui va être une grande fête, une grande célébration aussi de ta carrière, on peut le dire.
01:38Ouais, c'est ça.
01:39Le 12 décembre prochain.
01:40Mais Run, on l'a dit, c'est un EP, un format que tu aimes bien, sur lequel il y avait plusieurs
01:45morceaux, notamment un morceau avec SDM.
01:47On ramène le putain au village.
01:50Moi qui t'ai tendonné, derrière le temps je t'ai avalé.
01:54Je laisse des gens derrière moi, j'ai juste peur de m'égarer.
01:58J'ai pas changé pour les taffes, je fais des taffes, pas les taffes.
02:02Mais les taffes me voient m'éteindre, je fais des taffes sans tendre.
02:05Moi qui t'ai tendonné.
02:07Alors, la première question elle est très simple, comment t'arrives chaque année
02:11à avoir un petit tube comme ça ? C'est quoi la recette ? Comment on fait ?
02:16Déjà la première chose, moi je suis un monstre de travail, la vérité.
02:22C'est ce qui m'anime.
02:23J'aime bosser, j'aime créer, tout le temps en fait.
02:27J'ai mis du temps à apprécier les vacances par exemple.
02:31À prendre des vraies vacances.
02:33Et qu'à partir du moment où j'ai commencé à fonder une famille,
02:36quand j'ai rencontré ma femme, etc.
02:38Où là je prenais vraiment le temps de respirer.
02:41Sinon je bosse tout le temps en fait.
02:43Tout le temps, tout le temps.
02:44C'est ce que je fais.
02:45Et donc j'aime expérimenter, j'aime tenter des choses.
02:48Et c'est ce qui fait que voilà, on y arrive.
02:51On arrive à avoir des résultats et à faire de beaux succès.
02:54Ça veut dire qu'en fait toi, t'es tout le temps, tu l'as souvent dit,
02:57mais tout le temps en train d'écouter des choses.
02:59Tout le temps, tu restes encore curieux de tout ce qui se fait.
03:01Même ce que tu comprends peut-être pas forcément en premier abord.
03:03Ce qui peut arriver.
03:04Moi je sais que c'est mon cas.
03:05Parfois il y a des choses dans le rap qui sortent.
03:07Et il me faut du temps avant de comprendre.
03:09Tu es encore dans cette forme de curiosité encore aujourd'hui.
03:12Vraiment à fond, à fond.
03:14C'est même ce qui m'anime musicalement.
03:16Et c'est l'un de mes moteurs aussi.
03:19Parce que je suis resté très connecté à ce qui se passe outre-Atlantique en vrai.
03:25C'est là où je regarde en vrai.
03:28C'est là où tout se passe pour moi depuis…
03:30Encore aujourd'hui pour toi, c'est eux qui donnent la température.
03:33Ça reste les Américains pour toi.
03:35Ouais à fond parce que c'est eux qui ont connu le truc, qui ont créé le truc,
03:39qui ont fait évoluer le truc.
03:41Donc à un moment donné, c'est comme dans le foot.
03:44Si tu aimes vraiment le foot, tu veux voir les plus beaux matchs, les meilleures équipes.
03:48Donc pour moi ce qui se fait là-bas, c'est ce qui se fait de mieux.
03:53Pour donner un exemple justement d'évolution et de connexion,
04:02j'avais écouté le projet de Playboy Carty que je trouvais pas si ouf.
04:08Le dernier en date ?
04:09Exactement.
04:10Je le trouvais très moderne.
04:12Mais j'avais du mal à entrer dedans.
04:14Et puis après plusieurs écoutes, etc.
04:16Je le sur-kiffe le projet, tu vois.
04:19C'est vrai que c'est un rappeur qui maintenant doit avoir la trentaine,
04:23mais qui est vraiment un des héros de la nouvelle génération,
04:25qui fait un rap parfois très abrasif, un peu bruitif.
04:29Ça peut être très dur à écouter quand, comme toi, tu as commencé à écouter du rap dans les années 90.
04:34Je sais qu'il y a beaucoup de gens pour qui c'est horrible les Playboy Carty.
04:38Toi, tu as fait l'effort en fait.
04:39Tu t'es dit non, s'il y a autant de gens qui aiment ce gars-là, c'est qu'il doit y avoir quelque chose en fait.
04:44Exactement.
04:45Après, il suffit de capter les énergies.
04:47Moi, j'ai été un jeune rappeur aussi, comme eux tous.
04:51Donc, ce qui nous animait nous, c'est différent dans la forme.
04:56Mais dans le fond.
04:57Mais dans le fond, ça reste les mêmes choses.
04:59C'est des jeunes des quartiers difficiles, c'est des gens qui ont eu des vies dures,
05:03et ils l'expriment d'une autre manière.
05:05Mais ça reste le même cri.
05:07Et puis je pense que quand on est jeune aussi, on n'a pas envie de faire la musique de nos grands frères.
05:11C'est-à-dire que vous, vous êtes arrivé, le rap, les gens de 40 ans ne faisaient pas,
05:14puisque ça n'existait pas encore en France.
05:16Mais je pense que c'est normal que les gens de 20 ans aujourd'hui,
05:18ils ne veulent pas faire du rap comme il y a 10 ans, 15 ans, 20 ans.
05:21Ils veulent créer leur propre son, aussi un son qui est propre à leur génération, aussi qui leur ressemble.
05:24Oui, c'est réel. Et puis même la notion du temps, ce n'est pas la même quand tu es jeune,
05:27et quand après tu deviens adulte.
05:29Pour nous, quand on était gamins, ce que tu écoutais quand tu avais 16 et 18 ans, ça n'a rien à voir.
05:35Quand tu as 18 ans, ce que tu écoutais à 16 ans, tu trouves ça ringard.
05:39Et donc il y a ce truc-là aussi dans la jeunesse.
05:42Et puis même par les temps qui courent, le nouvel ère, comme je l'appelle, le nouveau monde,
05:46il y a une consommation boulimique, en fait.
05:50Ça consomme à toute vitesse et ça mange tout en fait, ça assimile tout.
05:56Et c'est ce que vivent aujourd'hui la jeunesse d'aujourd'hui et le rap d'aujourd'hui.
06:01Tu parles de la jeunesse, alors il y a des jeunes artistes qui sont invités évidemment sur ce projet.
06:05Il y a Genesio, par exemple, qui est un jeune artiste qu'on voit de plus en plus,
06:09ou encore le groupe L2B sur le morceau French Riviera.
06:12Je te vois danser ! Tu danses sur tes propres morceaux !
06:40Oui, je kiffe ce titre, je kiffe L2B, ils ont une super bonne énergie.
06:47C'est un des groupes de l'année, on peut le dire, qui a vraiment explosé l'année dernière,
06:51en tout cas sur l'année qui s'est écoulée, on en parle beaucoup.
06:53Justement, ça c'est une question que je voulais te poser, c'est que toi tu es là depuis longtemps,
06:57on ne va pas refaire encore ton parcours parce que peut-être que tu en as marre à chaque fois on dit les mêmes choses,
07:01mais c'est juste factuel, tu es là depuis longtemps et tu es encore là aujourd'hui.
07:06Et aujourd'hui, tu sais, j'avais cette histoire avec Emmanuel de Buretel dans cette émission cette semaine,
07:10c'est que les temps, les durées de vie parfois des artistes sont beaucoup plus courts
07:13parce que, tu l'as dit, une consommation boulimique, on passe vite à autre chose
07:16et puis on a surtout beaucoup d'informations.
07:18Il y a beaucoup plus d'artistes aujourd'hui qu'il y a 20 ans.
07:21Donc, comment, à ton avis, c'est quoi la recette aujourd'hui quand on a un jeune artiste pour durer ?
07:26Ça me semble dur, enfin compliqué aujourd'hui de réussir, tu sais, à fidéliser des gens sur le long terme.
07:31En fait, de notre époque, dans les années 2000, dans le rap français, pour exister,
07:37il fallait arriver avec une proposition différente de ce qu'il y avait dans le paysage du rap français.
07:44Et puis, je ne dis pas que ça suffisait pour pop, mais presque.
07:48Là, aujourd'hui, il faut en faire des tonnes, il faut être un génie des réseaux sociaux.
07:53En plus d'être bon derrière un micro.
07:55À fond, il faut des diplômes en communication, c'est trop, il y a trop de choses à gérer.
08:01Moi, je les vois faire, je suis admiratif parce que c'est d'autres moyens de faire,
08:08mais finalement, il y a plus de taf qu'à l'époque et il y a plus d'exigences
08:14que pour pouvoir déjà réussir et ensuite tenir, quoi.
08:19Je vois, c'est...
08:20Et je n'ai pas vraiment de recette pour eux.
08:22Moi, je pense qu'il faut juste être soi-même et donner le meilleur.
08:27Alors, tu as une carrière qui a commencé notamment avec un groupe, 113, au sein d'un collectif.
08:33Enfin, qu'à Afrique, je te propose qu'on écoute un morceau de 113, un petit morceau qui s'appelle
08:38« Les Princes de la Ville ».
08:39Eh oui, incroyable.
08:40On s'écoute ça ?
08:41Ça te fait plaisir d'aller écouter ce morceau ?
08:43Est-ce que tu en as marre ?
08:44Toujours.
08:45C'est toujours un plaisir ?
08:46Non, c'est toujours un vrai, vrai plaisir.
08:48Et surtout qu'il y a des morceaux, ils ont marqué des périodes de nos vies.
08:53On ne les entend pas comme les gens peuvent les entendre.
08:56Ils nous rappellent des souvenirs, ils nous rappellent des...
08:58Toi, tu revois des gens, en fait, quand tu entends ça.
09:00Exactement.
09:01C'est ça, en fait.
09:02113, « Les Princes de la Ville ».
09:04Un classique, s'il en est, dans ce rap français.
09:32Je suis armé, des brancos à m'armé.
09:34Tout ça, y'en a m'armé.
09:35Un jour, les keufs viennent te ramener.
09:368-3-9-4 de ma ville, je veux être le prince.
09:38Je veux pas te cacher, que monsieur le maire est une passe.
09:41Je promets, y'a pas à dire.
09:42Il y en a toujours, rénover les bâtiments.
09:44On attend toujours, les bons monuments à s'en bas.
09:46Nous, on s'en fout, soit-disant députés hors costard.
09:48Ils s'en fout, comme tous citoyens.
09:50Je suis censé aller voter, histoire de dire que j'existe dans leur communauté.
09:53C'est impossible.
09:54Quand je vois des frères me noter, au déboire à Bénoir, c'est pas une nouveauté.
09:57À la suite, je félicite, les gros bonnets l'illicite.
10:00Pas d'ingénieurs dans mon équipe.
10:01On est jeunes et ambitieux, parfois vicieux.
10:03Faut que tu dises que tu peux être le prince de la ville si tu veux.
10:06Si tu veux.
10:07Où tu veux.
10:08Quand tu veux.
10:09Quand tu veux.
10:10Ambitieux.
10:11Parfois vicieux.
10:12Faut que tu dises que tu peux être le prince de la ville si tu veux.
10:15Où tu veux.
10:16Quand tu veux.
10:17C'est quand tu veux.
10:18On vit en HLM, les uns sur les autres.
10:20Et l'issue t'a reposé.
10:21Si y'a rien connu d'autre, on a la rage.
10:23Mais comment rester sages ?
10:24On vit en HLM, on brûle, on est tous barges.
10:27Souvent les huissiers à ta porte font éruption.
10:29Si tu payes pas ton loyer, c'est l'expulsion.
10:31Vague de Marne, le pourcentage d'immigration.
10:33Aussi élevé que tous mes frères qui mettent en prison.
10:35Pour se payer un avocat, pour plein de Pascal.
10:37Au tribunal, on s'en sort toujours mal.
10:39Ça se ressent dans les sentences.
10:40On a jamais eu de chance.
10:41Plus les circonstances.
10:42T'as pas réglé tes amendes, le trésor public t'a coincé.
10:45Oublie les vacances d'été.
10:46C'était des TNG.
10:47Surtout on met la pression.
10:48Ta boîte honnête est pleine de rappels et d'assignations.
10:51Ouais mec, c'est ça notre vie.
10:53Code 94-400 Vitry.
10:55Maman lui a ses qualités et ses défauts.
10:58Peuplé d'artistes et de sportifs de haut niveau.
11:00D'escrocs dans les halls jusqu'aux bureaux municipaux.
11:02Gros, tous vitriaux.
11:04Même si c'est pas tous les jours facile.
11:06J'vouep le prince de ma vie.
11:07On est jeune et ambitieux, parfois ambitieux.
11:10Faut qu'tu dises que tu peux être le prince de la ville,
11:11si tu veux, s'il te dit, où tu veux,
11:13quand tu veux, quand on veut.
11:17Ambitieux, parfois ambitieux.
11:19Faut qu'tu dises que tu peux être le prince de la ville,
11:21si tu veux, quand tu veux, quand on veut.
11:36113, les princes de la ville, morceau important produit évidemment par DJ Mehdi, il y avait
12:05un excellent documentaire qui lui a été consacré, qui est sorti l'année dernière, si je ne dis pas de bêtises, voilà, morceau atemporel, qu'on écoute encore aujourd'hui avec beaucoup de plaisir en fait.
12:16À fond, c'est sans prétention et en toute humilité, je pense que c'est un morceau qui a marqué la musique française dans les années 2000, l'impact de l'album Prince de la Ville, c'est quelque chose d'incroyable,
12:30on s'est retrouvé aux victoires de la musique parce que leur émission, elle n'aurait pas marché sans nous en gros, c'était le truc du moment.
12:38Vous étiez incontournable à ce moment-là.
12:40C'est ça, tu faisais l'émission sans le 113, c'était un plat sans sel, et donc c'est un morceau incroyable.
12:51RIMKA est avec nous dans A La Régulière.
12:54France Inter, Medi Maizy, A La Régulière.
13:01Et deux actualités pour RIMKA, le concert à la Ditas Arena le 12 décembre prochain et surtout aujourd'hui même la sortie d'un nouveau projet, Run Evolution.
13:09Avant de continuer à parler de ce projet, j'ai préparé un petit blind test, mais un blind test RIMKA.
13:13Que des morceaux à toi, on va voir si tu les connais tous, je pense qu'il y en a certains, c'est évident.
13:20Et surtout c'est un prétexte pour parer de ces morceaux-là aussi, évidemment.
13:23Premier extrait.
13:24Donc c'est le morceau Portrait, évidemment, qui est un de tes classiques persos, en tout cas je pense un des premiers morceaux.
13:40Alors moi je vais donner mon point de vue à moi, c'est qu'évidemment je connais 113 avant, bien sûr, je suis fan de 113.
13:45Et quand t'as son premier album solo et que t'as des morceaux comme Bousillet, comme Portrait, c'est là où je me dis, ah il est encore plus chaud que ce que je pensais.
13:52Tu vois, dans l'écriture, parce que forcément en groupe, je pense qu'il y avait des thèmes aussi, t'as qu'un couplé par morceaux, donc t'as forcément des compromis.
13:59Là, je te sens beaucoup plus intime, beaucoup plus profond dans l'écriture.
14:04J'ai un point qu'avec ce premier album-là, il y a beaucoup de gens, en tout cas dont moi, qui ont compris quel rappeur solo t'étais en fait.
14:11Et quel rappeur t'étais avec cet album-là, avec ce genre de morceaux.
14:14Moi vraiment, vraiment, je pense que t'as bien cerné le truc.
14:16Et puis, je sortais tellement d'un énorme succès avec le 113, qu'en vrai, on avait segmenté les choses pour voir justement, avoir un vrai réel et un truc costaud avec DJ Mehdi.
14:33Et Manu qui est à l'époque aussi.
14:35Donc, quand j'ai eu la chance de faire mon album solo juste derrière, ça a été un énorme exutoire, où vraiment, et je voulais aussi montrer tout mon potentiel, que j'ai pas forcément pu faire sur l'album Prince de la Ville.
14:53Et donc voilà, jusqu'au prod, jusqu'au compo musical, où je voulais vraiment me détacher de 113 et faire vraiment un truc très très personnel.
15:03Deuxième extrait.
15:05Un peu plus compliqué, mais je sais c'est quoi le titre.
15:13Alors, c'est même pas toi qu'on entend, c'est Oxmo Puccino.
15:17Est-ce que tu te souviens du morceau et où est-ce qu'il figure ?
15:20Le titre, il s'appelle Passager clandestin.
15:24Exactement.
15:24Oui, sur Illégale Radio.
15:27Exactement, exactement.
15:28Mais tu sais, Illégale Radio, c'était un projet que toi, t'avais mené, Illégale Radio.
15:32Et aussi, justement, dans cette période des années 2000, où t'avais des albums, ce qu'on appelait aussi des street CD à l'époque, il y avait ce terme-là qui était à la mode.
15:39Et Illégale Radio, c'était un peu ça.
15:40C'était ce qu'on te dirait aujourd'hui une mixtape, où tu te faisais plaisir, t'as invité beaucoup de gens.
15:43Oui, c'est ça, c'est comme une mixtape, on peut même l'appeler comme ça.
15:46Et je crois que j'avais fait 18 titres, un truc comme ça.
15:51Et j'ai rappelé vraiment, sur ce projet, c'est tellement varié et éclectique.
15:59T'as toujours aimé collaborer avec des gens, toi, en fait.
16:02Tu viens de ça, Vincent, tu viens du collectif, du groupe.
16:05Donc j'ai l'impression quand même que t'aimes bien la collaboration, le featuring.
16:08C'est presque ce qui t'amuse le plus, quoi.
16:10Et je vais en dehors des gens musicaux dans les cases, dans lesquels on veut nous mettre dans le rap.
16:16Oui, lui, c'est plus un rappeur à plumes.
16:20Moi, je m'en fous, c'est l'humain qui compte.
16:23À partir du moment où j'arrive à me connecter avec des humains et qu'on pense la même chose, qu'on a des atomes crochus,
16:30on peut faire de la musique ensemble.
16:32C'est comme ça que je le vois.
16:33Sur ce projet-là, t'as Ghetto Fabulous Gang et t'as écoué de la rumeur.
16:37Tu vois ce que je veux dire ?
16:38Qui est un frérot de fou, tu vois ?
16:41On ne fait pas du tout la même musique, ça fait 25 ans.
16:44Et pourtant, on a un respect mutuel incroyable, tu vois ?
16:47Extrait suivant.
16:53Quel tube !
16:54On est à Paris, il fait moins deux.
17:00C'est la force de DJ Amida, ça.
17:02Il nous emmène, il ramène du soleil partout.
17:04Ouais, c'est un titre en collaboration, il y a l'artiste dessus aussi.
17:10Et toi, et DJ Amida.
17:14Et le titre, c'est déconnecté.
17:17Pour l'instant, c'est un sans-faute.
17:19Pour l'instant, c'est un sans-faute.
17:20Extrait suivant.
17:21Quand j'ai un trou de nez morts, normalement, je pose ma main ici.
17:34Derrière la tête ?
17:35Et là, tout me vient.
17:38Mais là, c'est bon, je laisse celui-là.
17:40C'est quoi ?
17:41Vladimir Cauchemar, featuring moi-même et Lailo.
17:47Exactement.
17:47Le titre, c'est Brrr.
17:49Exactement.
17:51Et c'est intéressant, parce qu'on voit à quel point les productions sur Kalturab sont très différentes.
17:55C'est une production électronique, avec un rappeur, Lailo, qui est un rappeur très intéressant,
18:01mais qui aussi rappe sur des choses électroniques.
18:03Très différent de ce que tu fais à la base.
18:05Et là, vous collaborez, il n'y a pas eu de problème, en fait.
18:07Ça a été assez naturel.
18:08Naturellement, surtout que, en fait, quand Vladimir Cauchemar, il me contacte pour faire le titre,
18:14il m'envoie des prods, je crois, à trois ou quatre, pour qu'on fasse un truc ensemble.
18:19Et je kiffe cette prod.
18:21Et il me dit, tain, fais chier, Lailo aussi, il a kiffé.
18:26Je dis, ben, je ne sais pas, peut-être qu'on peut essayer de faire un truc à deux.
18:31Et entre-temps, Lailo lui avait envoyé une petite snipette, un petit extrait,
18:35qu'il m'a envoyé, et moi, tout de suite, je vais renvoyer un truc derrière, tu vois.
18:39Et c'est comme ça que ça s'est fait.
18:41Et j'aime beaucoup ce morceau qui est single d'horreur.
18:45C'est incroyable.
18:45Exactement.
18:46Tout à fait.
18:47Extrait suivant.
18:47C'est les émotions.
18:54Là, c'est les émotions.
18:59Donc, c'est ?
19:00C'est, ben, je vais à l'école du crime, je ne l'avais pas.
19:04C'est que je ne l'avais pas.
19:05Je me dis ça à bord, je vais piéger moi-même.
19:07Tu as mis le bon extrait.
19:09J'avais un doute sur le titre.
19:11C'est 113 featuring Mobjip.
19:12Exactement.
19:14Mobjip, évidemment, une duo mythique du Queensbridge.
19:17Prodigy, un des plus grands rappeurs de tous les temps,
19:20qui nous a quittés il y a quelques années.
19:21Un nouveau album de Mobjip est sorti, d'ailleurs, il y a deux semaines.
19:24Un album posthume, qui est de vraiment de bonne qualité.
19:26Qu'est-ce que ça représente pour toi d'avoir collaboré avec un groupe
19:30que tu as forcément beaucoup écouté, comme tous les Français ?
19:32Je pense que Mobjip est un des groupes qui a eu le plus d'influence dans le rap français.
19:36Qu'est-ce que c'était pour toi de rapper avec eux ?
19:38Déjà, c'était un énorme honneur, et surtout de rencontrer les humains.
19:42Et de me rendre compte qu'en fait, ils étaient exactement comme j'imaginais.
19:47Des petits gars de la rue qui se font, qui ne se prennent pas pour...
19:51Tu n'as pas été déçu par le côté des Américains qui auraient pu prendre de haut des Français,
19:55comme parfois on raconte ? Pas du tout.
19:57Pas du tout.
19:57D'ailleurs, il y avait Alchemist qui était là, qui a carrément offert la prod pour le titre.
20:03Il n'a rien demandé, aucun droit, aucun...
20:06Non, c'est vraiment une super expérience.
20:08Et moi, prodigie, paix à son âme, c'est...
20:13Je n'aime pas dire ça, mais c'est l'un de mes gouttes, on ne va pas se mentir.
20:17Mais comme, bien sûr.
20:18Et on peut même remonter après, c'est l'un des élèves de Rakim qui est vraiment mon goutte.
20:26Ah, toi, c'est Rakim, toi ?
20:27Oui, c'est Rakim.
20:29Rakim, il a exterminé le rap, il a exténué le rap US.
20:33Ce qui est fou, Rakim, c'est que c'est vraiment, il rappait en 88 ou 89, comme on rappe aujourd'hui, presque.
20:39Il a vraiment modernisé la manière de rapper, de rimer, c'est incroyable.
20:42Mais de fou, je vais même penser que c'est lui qui a amené le flot.
20:47Parce qu'après, à l'époque des Africa Bambaata, The Message, tous ces grands morceaux qu'on fait, le hip-hop, du départ, on rappait comme ça, très saccadé.
21:03Rakim, il est arrivé sur les prods, il surfait comme sur une vague et ça révolutionnait le rap, en fait.
21:10Morceau suivant.
21:17Tous les mêmes choses à perdre, et tous les mêmes choses à gagner.
21:21C'est le nouveau Gainsbourg, c'est le nouveau Gainsbourg.
21:25Ça, c'est...
21:27Est-ce que tu as le titre du morceau ?
21:28Le titre !
21:30J'hésite entre deux, je crois, c'est soit All In, Texas Old Them.
21:35Texas Old Them, exactement.
21:37C'est un titre de 113 avec Benjamin Belay.
21:40Exactement, Benjamin Belay qui d'ailleurs était dans l'émission la semaine dernière et qui vient de sortir lui aussi un nouvel album, le disque bleu.
21:45Qui est aussi quelqu'un qui a toujours été intéressé par le rap.
21:48C'est lui qui est venu vers vous ? Comment ça s'est passé cette collaboration avec le nouveau Gainsbourg, comme tu le dis ?
21:53En fait, on s'est rencontré aux Victoires de la Musique dans les années 2000.
21:57Oui.
21:58Voilà, l'année où 113 avait gagné justement deux victoires, on était rentré avec la 504 et tout.
22:03Et lui nous racontait plein d'anecdotes parallèles, puisque lui était déjà bien intégré dans le showbiz français.
22:10Et nous, on était des petits nouveaux, tu vois ? Et puis, il nous racontait les anecdotes.
22:15Il disait, les gars, comment ils vous voyaient ? Il disait, fermez les loges, faites attention, ils arrivent.
22:19C'est lui qui vous disait que les gens avaient peur de vous.
22:21Exactement, tu vois, il nous faisait des rapports là-dessus.
22:23Du coup, on est devenus potes.
22:25Et puis, à un moment, on a pensé à lui pour un feat.
22:27Et il a tout de suite dit oui, ça s'est fait rapidement.
22:32C'est plus moi et lui quand on fait un peu la réelle du titre.
22:37Et vraiment, humainement, c'est quelqu'un d'incroyable et très ouvert.
22:41Très ouvert au rap et il bosse beaucoup avec les gens du rap français aussi.
22:45Pour l'instant, c'est un sans-faute, Rimka.
22:47Dernier extrait.
22:47Je savais que t'avais un piège.
22:52J'ai oublié.
22:53Je me suis dit, c'est pas possible.
23:00Et bien, alors, ça me rassure un peu.
23:05Car j'avais oublié l'excellence de ce morceau qui est un featuring, donc, entre toi et Jams.
23:12Dicton du bled, c'est le titre du morceau.
23:14J'avais complètement oublié.
23:15Et est-ce que tu te souviens un peu de ce morceau, de cette collaboration ?
23:18Moi, franchement, en préparant l'émission, j'ai, je crois même, appris l'existence de ce morceau.
23:22Je ne sais pas si je l'avais déjà écouté ou alors il y a vraiment très longtemps.
23:25Oui, parce qu'en fait, au moment où je fais ce titre, médiatiquement, Jams, elle a déjà décroché.
23:33Elle est déjà plus, c'est un peu la fin de sa carrière médiatique, ça que tu veux dire ?
23:37Exactement, c'est-à-dire médiatiquement, on ne la voit plus trop.
23:39Elle n'a pas vraiment annoncé de fin de carrière ou de retrait.
23:42Mais ça commençait déjà en vrai.
23:45Nous, dans le milieu, dans le rap français de ça, on savait que la suite, c'était ça.
23:50Donc, je l'appelle en disant, écoute, t'as vu, j'ai un super projet qui s'appelle Maghreb United, etc.
23:56Et en fait, elle ne s'est même pas posé de question, elle m'a dit, t'es où ?
24:01Je lui ai dit, ouais, je suis à la muette, j'étais dans le 16e dans un studio.
24:05Elle m'a dit, écoute, combien de jours t'es là et tout ?
24:07Je lui ai dit, je suis là ce soir, demain et tout.
24:09Elle m'a dit, ce soir, je passe direct en fait.
24:11Et donc, elle est venue, il y avait cette prod là qui tournait au studio et puis on a fait ça naturellement, rapidement et c'est des artistes faciles, ça.
24:21C'est des gens bourrés de talent et même le thème qu'on a abordé, c'est un truc vraiment un peu écrit sur les dictons, sur les proverbes, les leçons de vie.
24:31Donc franchement, c'est cool que tu le joues, ça fait plaisir.
24:34Ouais, ça fait plaisir, même moi, ça me faisait plaisir de l'entendre.
24:37Autre extrait, vraiment un petit morceau inconnu, complètement inconnu.
24:48Je ne te ferai pas l'offense de te demander ce que c'est, évidemment, c'est Air Max, ta collaboration avec Nino, qui est un des, pour moi, des plus gros, enfin, pour moi, pour tout le monde, des plus gros tubes du rap français de ces dix dernières années.
24:58Et vraiment, qui s'est imposé comme une collaboration importante, vraiment très importante.
25:04Et puis, bon, c'est le moment aussi, c'est Nino en 2018, il est en pétard, c'est là où le rap français le découvre vraiment.
25:09C'est une sacrée époque aussi, quand même, ce morceau, je trouve.
25:12Alors, sur ce nouvel EP, enfin, ce nouveau projet Run Evolution, il y a plusieurs morceaux.
25:16Il y a un morceau que j'aime particulièrement, c'est Cité de France.
25:19Et tu vas nous faire l'honneur de le jouer, aujourd'hui, ce morceau.
25:22Allez, let's go.
25:23Il t'est venu d'où, ce morceau, justement ?
25:25Est-ce que c'était un morceau que t'as écrit au début, à la fin du projet ?
25:29Comment t'as créé ce titre-là ?
25:31Ce titre, je l'ai créé, je pense, vers les débuts.
25:35Dès les débuts du projet, je me suis dit, il fallait que je fasse un titre qui parle un peu d'où je viens.
25:41Mais 25 ans après, tous les titres que j'ai pu faire sur ce sujet-là, en fait.
25:47Et donc là, avec le recul de l'âge, le recul d'être un père de famille, d'avoir une carrière,
25:55donc de ne plus être dans la même situation financière qu'à l'époque où j'ai fait ce titre-là aussi,
26:00je trouvais ça intéressant.
26:02Et c'est ce qui a donné ce titre-là, en fait.
26:04Et bien maintenant, Rimka dans La Régulière pour nous interpréter Cité de France.
26:08Rimka, Rennes Évolution, sur France Inter.
26:20Yeah.
26:25Les grandes familles dans les cités, le manque d'argent, ça crée des complicités.
26:29La misère s'invite chez le voisin d'à côté, à trois sur un, deux roues, on fait des atrocités.
26:34Le vieux pétard qui t'a planqué, il a changé huit fois, demain il est recyclé.
26:37On a tous nié devant les autorités.
26:40J'ai porté le flingue comme j'ai porté le deuil, comme j'ai porté le cercueil de frères que je ne reverrai plus,
26:44les rues ne sont plus sûrs.
26:46Un genre et au chaud, à bonne température, c'est des places comme les frontaux, on traverse les murs.
26:50Depuis mes scrims, il a changé le crime, du narcotrafic, des morts sur les points d'île.
26:54On a les gyrofards et les brassards polices, on peut venir chercher en peine, ils se sont touchés.
26:58À plusieurs, on piétine, ta cramouille des parcours atypiques comme Francis Nganou, j'enterre le Bénet.
27:03Jusqu'à la croûte terrestre, je crois en mes rêves, comme un OQTF.
27:06Encore une grenade dans la boîte aux lettres, l'état sur tes côtes comme le pote de Marès.
27:10Les larmes chaudes d'une mer sur un cadavre, tout ce que tu sais, la rue le sait déjà, j'ai des cités de France.
27:16On va tout prendre, c'est maintenant, si t'es en prison, t'as pas de chance.
27:20Le soir du nouvel an, j'marche entre les voitures qui flambent, j'ai des cités de France.
27:26Les flics qui vous défendent, c'est ceux qui nous descendent.
27:31Le monde continue de tourner sans toi, je t'en vais à être où ce qu'il faut, au prochain parloir.
27:35Un passé lourd, une âme qui se noie, j'peux payer quelqu'un qui le fera mieux que moi.
27:39Un conseil, veille sur tes proches, j'ai les mains sages, les caches dans mes poches.
27:43Mon bâtiment, ils l'ont rénové huit fois, même Picasso l'aurait trouvé moche.
27:47Pareil que toutes les vies se valent, sache que les drames n'arrivent pas qu'aux autres.
27:51Unis dans la douleur, on n'est pas des vôtres.
27:53On veut tous une barre, des commissions rogatoires.
27:56Des bonbonnes de protoxyde d'azote qui longent le trottoir.
27:59Des silhouettes en parc à noir, il fait tout noir.
28:03Je viens des cités de France, on va tout prendre, c'est maintenant.
28:06Si t'es en prison, t'as pas de chance.
28:09Le soir du nouvel an, je marche entre les voitures qui flambent.
28:13Je viens des cités de France, des flics qui vous défendent.
28:17C'est ceux qui nous descendent.
28:19Cité de France, on va tout prendre, c'est maintenant.
28:23Si t'es en prison, t'as pas de chance.
28:24Le soir du nouvel an, je marche entre les voitures qui flambent.
28:29Je viens des cités de France, des flics qui vous défendent.
28:33C'est ceux qui nous descendent.
28:37RIMCA avec Cité de France, morceau présent sur son tout nouveau projet disponible aujourd'hui.
28:42Run Evolution.
28:45France Inter, Medi Maïzi, à la régulière.
28:52Nous sommes avec RIMCA, ce soir.
28:54RIMCA, on l'a dit, qui est là depuis longtemps, qui a une carrière avec presque plusieurs primes.
29:00Le prime d'un artiste, c'est le moment où l'artiste se sent le mieux.
29:03Et c'est vrai que souvent, on raconte qu'un prime, ça dure seulement quelques années.
29:07Et je propose de parler de trois artistes qui, justement, comme toi, ont eu plusieurs primes dans leur carrière
29:13pour montrer justement que c'est dur, mais que c'est possible d'avoir une longue carrière.
29:16Et on va commencer avec, peut-être, tu me diras si tu es d'accord, le modèle absolu de longévité dans le rap.
29:22Début des années 90, Jay-Z est ce hustler de Brooklyn qui observe les blocs-parties et rêves de business.
29:27Et puis en 1996, il sort l'album Reasonable Doubt, un album qui installe un ton mature,
29:32une écriture adulte dans un genre encore jeune.
29:35Incroyable ce morceau !
29:49Incroyable !
29:51Et puis il s'est adapté à chaque ère.
29:53A l'ère du bling bling, il devient le symbole du luxe et du succès.
29:56Au début des années 2000, il est redéfini le son new-yorkais en remettant les centres de sol à la mode.
30:00Quand le rap se digitalise, il fonde Tidal.
30:02Et ce qui est fascinant, c'est qu'il a compris très tôt qu'il fallait changer de rôle sans perdre de voix.
30:06Il est passé du rappeur ambitieux au père de famille contemplatif dans 444.
30:10Il a cessé de courir après la jeunesse, mais il continue de parler à toutes les générations.
30:32Est-ce que c'est l'exemple de longévité ultime dans le rap pour toi, Jay-Z ?
30:40Franchement, c'est plus qu'un exemple musical parce que même en termes d'entertainement, de mainstream, d'invention, de se réinventer tout le temps, il est méga chaud.
30:56J'ai eu la chance d'aller au concert de Beyoncé, il n'y a pas longtemps.
31:04On m'avait soufflé que Jay-Z venait.
31:06Et en même temps, il y a plein de gens de ma famille, les femmes plutôt, qui voulaient y aller.
31:10Donc, j'en ai profité et quand je l'ai vu rentrer sur scène, j'ai vu tout le monde comme ça, tout le monde l'aduler comme ça.
31:19Lui, le mec de Brooklyn, moi, je sais le parcours qu'il a eu, les petites mixtapes qu'il faisait.
31:26C'est juste incroyable le parcours qu'il a et l'icône que c'est devenu.
31:30Ce n'est pas forcément mon exemple dans le sens d'aboutissement, d'avoir plein de biens, des trucs, des équipes, de foot.
31:43Ce n'est pas trop, trop.
31:45Toi, tu es plus Snoop Dogg, toi ?
31:47Je suis plus Snoop Dogg.
31:48C'est-à-dire, je suis tranquille, je fais mes kiffes, je continue de kiffer.
31:54Et voilà, sans me prendre la tête.
31:56Mais il faut vraiment quand même souligner que c'est l'un des gouttes, si ce n'est le goutte.
32:02Tu as parlé de réinvention par Andrzejie.
32:04Je propose qu'on parle de Prince, qui est peut-être l'exemple ultime du créateur qui refuse de stagner.
32:09Dans les années 80, il réinvente la pop avec Purple Rain, un mélange de funk, de rock, de sol et de sensualité.
32:26Mais là où beaucoup auraient répété, la formule lui change tout.
32:33Chaque décennie, il se réinvente, nouveau look, nouveau son, nouveau combat.
32:37Dans les années 90, il se rebaptise avec un symbole imprononçable en rupture totale avec son label.
32:41En 2007, par exemple, il distribue 3 millions d'exemplaires de son album Planet Earth avec un hebdomadaire britannique.
32:47Et jusqu'à sa mort, Prince est resté curieux, affamé de sons, d'expérimentation, de jeunes musiciens.
33:07Prince, c'est l'idée que l'évolution n'est pas un risque, c'est une nécessité que pour durer.
33:11Il faut accepter de ne jamais être confortable.
33:14C'est un peu quelque chose que tu partages avec lui.
33:15Évidemment, Prince, je ne vais pas faire de comparaison parce que c'est complètement autre chose.
33:19C'est un artiste qui a changé de presque de registre musical.
33:22Il a fait du jazz, il a même fait un peu de rap, de R&B, de rock.
33:24Mais cette espèce de toujours se renouveler, toujours être en permanente mutation, c'est ce que tu disais un peu avant finalement.
33:30Oui, ça colle avec mon état d'esprit.
33:33Et puis même jusqu'à la fin, Prince faisait des choses hors normes.
33:39Oui, complètement.
33:40Je me rappelle qu'une fois, il est venu au Grand Palais, il ne l'a pas annoncé.
33:44Il l'a annoncé une heure avant.
33:47Il pouvait le faire, lui.
33:48Il pouvait se permettre.
33:50Elle a cool, tu vois.
33:52Elle n'est pas venue avec tout le gros truc.
33:54Elle est venue quelques musiciens.
33:57T'es déjà allé le voir, toi ?
33:57T'es allé le voir ou pas ?
33:58Je n'ai pas eu la chance de le voir.
34:00Je n'ai pas eu la chance de le voir.
34:02Et j'ai mis du temps à rentrer dedans, en vrai.
34:04Parce que c'est tellement loin de ce que j'écoutais, en vrai.
34:07Et puis, quand on était jeunes, il y avait un peu cette espèce d'opposition entre lui
34:10et Michael Jackson, que les gens faisaient.
34:12Et c'est vrai que souvent, les familles un peu...
34:14Il y avait Michael.
34:15C'était Team Michael, pour être franc.
34:17On nous a presque obligés à prendre parti.
34:20Parce qu'il y avait cette espèce de compétition entre eux.
34:22Alors qu'on peut aimer les deux, comme on peut aimer Nassau et Jay-Z.
34:25Mais c'est vrai qu'il y avait un peu ça, à l'époque.
34:27De fou, vraiment.
34:28C'est vrai que quand on recadre à l'époque, il y a vraiment cette grande rivalité entre Michael et Prince.
34:35Et je pense que ça a aidé les deux, un peu.
34:37Je pense que ça les a aidés, les deux.
34:38Ça tire vers l'eau, peut-être.
34:39Ouais, ça tire vers l'eau, c'est sûr.
34:41Et puis, en France, il y a un autre exemple.
34:42Un contre-exemple, même.
34:43C'est Etienne Dao, qui, lui, n'a pas cherché la rupture, mais la continuité.
34:46Dans les années 80, il a su faire évoluer sa pop avec une constance presque zen.
34:50Toujours élégant, toujours à la bonne distance du moment.
34:53Etienne Dao, c'est l'école de la subtilité.
35:12Savoir s'adapter au son d'aujourd'hui, mais sans jamais forcer la modernité.
35:16Il a collaboré avec Air, The Shoes, Fabien Berger, toujours à la croisée des générations,
35:20sans jamais paraître en décalage.
35:21Il incarne une autre forme de longévité, celle de l'artiste qui avance doucement,
35:25mais sans faux pas.
35:26Pas besoin de grands gestes, juste une cohérence à long terme.
35:28Puis un soir, le rideau tombe, c'est pareil pour tout le monde.
35:37Rester debout, mais à quel prix ?
35:41Sacrifier son instinct et ses envies, les plus essentielles.
35:49Si un jour, on m'avait dit que j'écoute Etienne Dao avec Rimcar,
35:52mais voilà, c'est pour ça que je fais ce boulot.
35:54Je te jure.
35:56Sacré Etienne.
35:58Sacré Etienne.
35:58Mais il y a des productions comme ça, des années 80,
36:00qui je trouve redeviennent très actuelles.
36:03Le premier morceau Week-end à Rome,
36:05que j'ai entendu quand j'étais petit, sans forcément me poser la question,
36:07je le trouve extrêmement bien produit.
36:09J'ai un fond qu'on pourrait presque râper dessus.
36:11À fond, justement, ça aussi, c'est une forme d'évolution,
36:18d'aller piocher dans ce qui se faisait avant,
36:21dans le bon de ce qui se faisait avant,
36:25et le remettre au goût du jour,
36:27en le réactualisant un peu,
36:30en réalisant un peu différemment, etc.
36:32C'est des choses qui ne sont pas interdites.
36:34Au contraire, même pour les générations futures,
36:37de pouvoir remettre comme ça des petits courants musicaux
36:39ou des façons de faire à l'ancienne,
36:43les réactualiser, c'est incroyable.
36:45Rimka est avec nous ce soir.
36:57Rimka, tu es là car un nouveau projet est sorti aujourd'hui,
36:59Run Evolution.
37:00Je rappelle aussi, parce que ça va être une belle fête,
37:02c'est le 12 décembre prochain, l'Adidas Arena.
37:05Est-ce que c'est le concert d'une carrière pour toi ?
37:08Est-ce que c'est comme ça que tu le vois ?
37:11Je pense que c'est le début d'un nouveau truc,
37:15en fait.
37:15Dans le sens où j'ai eu la chance d'être beaucoup présent
37:20sur les scènes de Paris.
37:22On m'invite souvent dans les festivals.
37:25Tu as rappelé avec tout le monde aussi, c'est normal.
37:27Franchement, récemment, même jusqu'au Stade de France,
37:30où les gens du Stade de France, de la com,
37:33ils s'amusaient, ils disaient,
37:34t'es chez toi, ici, tonton !
37:35J'ai pour Snake, j'y avais été pour Nino,
37:38deux fois de suite, etc.
37:39Donc, je suis très présent sur les scènes parisiennes,
37:42mais il fallait quand même un rendez-vous
37:45pour les miens, les fans,
37:48ceux qui me suivent depuis un moment,
37:50et puis aussi pour leur montrer un peu,
37:51aussi justement, cette évolution
37:53et le fait que ma musique a aussi mûri.
37:57Donc, c'est ça que je voulais aussi faire.
38:00Et donc, d'où cette date qui va être une belle fête,
38:02parce que c'est plus qu'un concert.
38:04En vrai, c'est plus qu'un concert,
38:06parce que ce n'est pas une rétrospective non plus de ma carrière.
38:10C'est un truc entre les deux, en fait.
38:11On célèbre ma carrière,
38:14mais en même temps, on célèbre le rap,
38:15puisque ma carrière, elle est peut-être presque aussi longue
38:18que le rap français.
38:21Donc, il y a un truc comme ça, un peu cool à faire.
38:24Et puis, comme tu as dit,
38:26j'ai tellement collaboré avec plein de gens
38:27qu'il y aura tellement de surprises,
38:31de trucs incroyables qui vont se passer
38:32que j'ai hâte d'y être, en fait.
38:34C'est impossible que quelqu'un te dise non, toi.
38:37Tu le prendrais mal.
38:38Je pense que, justement, je le prends pas mal.
38:42Quand quelqu'un me dit non,
38:43ça arrive peu de fois, mais je le prends pas mal.
38:46Et je pense que les gens le sentent.
38:47Et c'est pour ça qu'ils ne me disent pas non, en fait.
38:49Lui, il est vraiment cool.
38:52Je peux lui dire oui, tu vois.
38:53Il va pas m'emmener dans un bourbier.
38:55Ouais, ouais, je comprends.
38:56Ça, c'est une vraie question,
38:57parce que comment on t'explique ?
38:58Parce que toi, t'invites des gens,
38:59mais on t'invite aussi beaucoup.
39:00Et sur des projets, parfois,
39:02en préparant l'émission,
39:03j'ai retrouvé des featurings de jeunes artistes,
39:05vraiment, ou de gens de ta génération.
39:07Enfin, il y en a énormément.
39:08Comment on t'explique qu'on t'appelle aussi fréquemment ?
39:11Parce que je pense que, moi, je me souviens,
39:13pardon de te couper,
39:14Zecpi, le producteur, une fois m'avait expliqué,
39:16il paraît, lui, il disait,
39:17moi, si on m'appelle autant,
39:18c'est pas parce que je suis...
39:19C'est évidemment parce que j'ai du talent
39:20et que je suis un bon producteur,
39:21mais c'est aussi parce que je suis sympa.
39:23Les gens, ils aiment bien traîner avec moi.
39:24Est-ce que tu penses qu'il y a ça aussi avec toi ?
39:25Qu'il y a un truc comme ça qui se met en place ?
39:28Je pense, ouais,
39:28parce que c'est aussi dû au passé,
39:30parce que j'ai un passé lourd.
39:33J'ai pas fait 20 ans de prison,
39:35je rassure les auditeurs.
39:36Mais j'ai un passé lourd.
39:38Voilà, Rimka, le quartier populaire,
39:41la mafia qu'un frit, etc.
39:42On a une histoire quand même très compliquée
39:45et très lourde de sens
39:46qui me colle à la peau
39:48parce que ça fait partie de moi.
39:50Donc les gens ont peut-être une a priori
39:53avant de me connaître.
39:55Puis quand on voit que je suis
39:56le vrai Snoop Dogg français,
39:58vraiment cool,
40:00avec qui tu peux passer un vrai bon moment,
40:03ça détend tout de suite.
40:04Et puis,
40:05je suis pas un mec qui reste fermé dans mon coin.
40:08Je suis partout, je vais partout.
40:09Donc je croise tout le monde
40:11et on en arrive à se dire
40:14qu'il faut qu'on se retrouve en studio.
40:18Avec les gens, oui.
40:19Je pensais que t'étais en train de faire
40:20la mafia qu'un frit,
40:21à se retrouver en studio.
40:21J'étais en train de faire des...
40:23Est-ce que cette image-là,
40:24mafia qu'un frit,
40:25est-ce que t'as fermé des portes ?
40:27Parfois, est-ce que t'as l'impression
40:28qu'il y a des gens
40:28qui avaient des a priori sur vous,
40:31sur ce que vous pouviez incarner
40:32à un moment dans le rap français ?
40:33Tu penses que ça t'a causé du tort
40:35à un moment ?
40:36C'est pire que ça.
40:38C'est parce qu'en fait,
40:39c'est les vieux clichés
40:41auxquels ce groupe répondait.
40:47On répondait à tous les vieux clichés
40:48français et au bord du racisme,
40:54on peut dire.
40:54Donc par rapport à ça,
40:56c'était quelque chose de préjudiciable,
41:00médiatiquement parlant,
41:01au niveau des médias et tout.
41:03Mais en termes de ferveur,
41:06c'est ce qui a fait aussi
41:07que c'est devenu ce groupe légendaire.
41:10C'est qu'on avait une histoire singulière
41:12que personne n'avait
41:13et authentique
41:15comme personne n'a vu auparavant.
41:19Alors dans toutes les choses
41:20mutilées,
41:21il y a les cuirs.
41:22Tu as encore le cuir de l'époque
41:24ou est-ce que quand ils l'ont
41:25recommmercialisé,
41:26tu as réussi à en avoir ?
41:27J'ai un vieux dressing chez moi
41:29où je garde tous les trophées de guerre.
41:31Ça, c'est un vrai trophée de guerre,
41:33le cuir,
41:34ma frère qu'un frère.
41:34Ouais, c'est celui-là,
41:35il faisait gilet pare-balles,
41:38gilet de sauvetage,
41:39parachute.
41:41Pour moi, c'est important
41:42parce que l'époque,
41:43ma frère qu'un frère,
41:43c'est les années 2000,
41:44c'est aussi un moment
41:44où beaucoup de gens s'habillaient
41:46comme les rappeurs américains,
41:48y compris dans le public rap,
41:48c'est-à-dire avec des énormes baguilles,
41:50des t-shirts très larges.
41:51Et vous, c'était en opposition.
41:54En tout cas,
41:54vous n'étiez pas comme ça.
41:55Il y avait vraiment le côté
41:56trois quarts cuir,
41:57le jean,
41:57la paire de chaussures blanches,
42:00idéalement.
42:00Mindorev, c'était aussi quelque chose
42:02qui marquait une opposition
42:04avec une autre partie du rap,
42:06et même des auditeurs de rap
42:07qui allaient s'habiller en fubu,
42:09avec des marques très américaines.
42:10Vous, il y avait quelque chose
42:11de français,
42:12les cités de France,
42:13comme le morceau que tu as joué tout à l'heure.
42:14Exactement, exactement.
42:16Et c'est vraiment
42:16une direction artistique
42:17et des principes artistiques
42:20qu'on y avait très tôt.
42:22C'est des longues discussions
42:24que j'ai eues avec DJ Mehdi,
42:25Père à son âme,
42:26pendant des nuits entières,
42:27des jours entiers
42:28en parler de ça,
42:30où on se disait
42:31qu'il y a la culture américaine
42:33qu'on surkiffe,
42:34mais on a une culture très riche.
42:37On peut faire la même chose
42:37avec nos principes à nous,
42:39nos musiques, etc.
42:41Et ça allait musicalement parlant
42:44jusqu'à des thèmes.
42:45C'est comme ça qu'on a créé
42:46Tonton Dublède, par exemple,
42:47avec la musique de nos parents,
42:49mais ça aussi vestimentairement parlant,
42:51où on voulait s'habiller
42:53comme on s'habillait
42:54dans nos quartiers,
42:55comme les grands frères s'habillaient,
42:56du Trévois,
42:58du Redskins,
43:00tu vois,
43:01et tous ces cols-là,
43:02les 500 et les vice.
43:04Oui, bien sûr.
43:05Et on s'est dit,
43:05c'est ça notre culture à nous.
43:07Et donc,
43:08naturellement,
43:09c'est comme ça qu'on s'habille, en fait.
43:11C'est ce que vous avez incarné.
43:12Malgré tout,
43:13on va écouter un morceau
43:13de rappeur américain maintenant,
43:14mais je sais que tu adores ça aussi.
43:15Et je pense que tu as écouté cet album,
43:17c'est l'album,
43:17le dernier album en date,
43:18des clips,
43:19sur lequel,
43:20notamment un morceau
43:20qui s'appelle
43:20Chains and Whips,
43:22sur lequel ils invitent
43:23Kendrick Lamar.
43:25Petit rappeur californien,
43:26qui a gagné les clashs
43:26entre Kendrick et Drake ?
43:29On va dire Kendrick,
43:31on va dire Kendrick.
43:32C'est Kendrick.
43:32C'est noir.
43:33Allez, on s'écoute ça.
43:35Clips et Kendrick Lamar.
48:48comme des mecs qui ont une vraie connaissance de l'image et du cinéma parce que tous leurs
48:59petits montages qu'ils faisaient, des courts-métrages et tout, c'était incroyable, c'était déjà incroyable.
49:04C'est une vraie génération, il y avait un moment au contraire, c'était quelque chose dans les années 2000.
49:07Non mais vraiment, à l'image ils ont vraiment apporté quelque chose à l'arrivée des grosses
49:13plateformes comme Youtube, Dailymotion et tout. Donc on voyait qu'il y avait quelque chose et même
49:19d'ailleurs pour le clip, ils ont réussi à voir ce que nous on voyait pas. En fait c'est des endroits où
49:25on passe cent fois devant tous les jours, on fait même plus attention et c'est ces trucs là qu'ils
49:30ont filmé et tout et on voyait qu'ils avaient vraiment un truc particulier et différent de ce
49:38qu'il y avait. Mais c'est surtout les mecs avec qui on pouvait parler comme on se parle entre nous.
49:44Est-ce que pour ceux c'est le plus grand clip de l'histoire du rap français ?
49:48Je pense ouais et c'est même pas moi qui l'a dit, c'est Jay-Z qui l'a dit en plus.
49:53Jay-Z l'a dit ça ? Ah ouais ?
49:54Jay-Z l'a dit qu'il connaissait le clip, qu'il était que Romain Gavras lui avait montré le clip.
50:00Ah c'est possible parce qu'en plus Romain Gavras a bossé sur l'effet Notchers in the Wild sur
50:05l'album de Jay-Z et Kanye donc c'est possible que Jay-Z ait vu ça ? Exactement et qui avait
50:09parlé justement de ce clip, qui avait trouvé ça incroyable etc etc et même d'ailleurs quand on
50:15avait vu Mob Jeep en studio, il nous parlait de ce clip là, il ne savait pas, il n'arrivait pas
50:22à nous dire que c'était Mafia Capri pour ceux et il nous expliquait le clip au fur et à mesure.
50:26Après on dit, c'est la famille ! C'est incroyable ! C'est aussi un clip qui a été beaucoup même,
50:33on peut dire, qui a été recopié en tout cas des gens qui s'en sont ou en tout cas qui a inspiré
50:37des gens parce que ça a amené une nouvelle esthétique quelque part dans le rap français,
50:40ça c'est indéniable. C'est ça et ça a débridé aussi les mentalités dans le sens où de se dire
50:45assumez-vous les mecs, nous voilà on a filmé en bas de notre quartier, on n'est pas obligé d'aller
50:50faire des grands sprods dans des grands studios de production de cinéma ou autre pour faire des
50:58gros clips comme le faisaient les groupes de l'époque parce qu'à l'époque les AYAM,
51:01NTM etc c'était des gros sprods, des gros clips, ça appelait des Gondry, je me rappelle Solar
51:09qui avait fait des clips avec Gondry. Exactement ! AYAM aussi, je danse le mien, c'était Gondry exactement.
51:13Exactement, qui était l'un et toujours l'un des plus grands réalisateurs français donc voilà c'était
51:20un œil différent, une approche différente. RIMKA, c'est l'heure de la question qui tue.
51:30Mais avant de poser ma question, j'aimerais te faire écouter un extrait d'Oxmo Puccino qui est venu
51:37dans cette émission il y a quelques jours. J'ai une réponse qui va au-delà de mes goûts, je parle
51:43de sociétal, je parle de politique, je parle de l'histoire de la banlieue, c'est le prince de la
51:49ville. C'est-à-dire cet album, Tonton Dublède, Les Princes de la Ville, DJ Mehdi, ce que ça a amené en
51:57termes d'évolution pour le rap français, en termes de sonorité. Il y avait quelque chose d'avant-gardiste
52:02qui est devenu quelque chose de naturel. Pour moi c'est Les Princes de la Ville, Les Princes de la Ville.
52:08La question était, quel est le plus grand album de rap français de tous les temps ? Selon toi,
52:14Oxmo a répondu Les Princes de la Ville. Maintenant, ce qui m'amène à cette question, que je te pose
52:18à chaque fois que je te vois, quand est-ce que Les Princes de la Ville sera disponible en streaming ?
52:25Qu'on puisse toutes et tous l'écouter quand on veut. Elle me fait pousser la question. Je l'ai pris en plein cœur.
52:32Je sais que t'en as marre que je te l'impose, mais je suis obligé. Non, en fait, c'est simple à expliquer.
52:37C'est quelque chose que j'explique et que je pourrais expliquer encore longtemps. C'est des questions de droit,
52:41des problèmes de droit, parce qu'à l'époque, on faisait beaucoup de sampling. Donc, l'album
52:47Princes de la Ville est truffé de samples. C'est pas seulement un titre ou deux, c'est vraiment
52:52quasiment la totalité. Donc, c'est au titre par titre en vrai. C'est ce qu'on a le droit de faire.
52:56Donc, ça prend du temps. Parce qu'à chaque fois, les gens me disent, oui, Rimcat a dit ça, etc.
53:00Mais en fait, c'est que ça prend du temps.
53:01Ça dépend pas de moi en vrai. Parce que la plupart des ayants droit, c'est des artistes américains.
53:07Il y en a qui sont plus de ce monde. Donc, c'est les enfants, les familles, les frères,
53:12les machins, les ayants droit. Donc, tu discutes avec d'autres gens qui s'en foutent un peu
53:19de la musique, puisque c'est que des ayants droit. C'est pas ces gens-là qui ont créé
53:22la musique. Donc, pour eux, c'est que du côté business. Donc, c'est de longues négociations,
53:27c'est de longues tractations entre avocats, etc. Mais ça voit le bout. C'est vraiment si
53:34il n'y avait pas d'espoir de le voir un jour sur les plateformes, je ne me serais
53:39pas avancé. Maintenant, vu l'avancée du dossier et dès le départ, j'ai pu comprendre
53:45que ça va arriver. À un moment ou à un autre, ça va arriver. Il faut être patient.
53:50Et quand Oxmo dit ça, ça t'inspire quoi ?
53:53Déjà, je suis honoré. Venant de la part d'Oxmo, l'une des plus belles plumes du rap français,
53:58c'est honorable, c'est touchant. Et il a tout dit. Il a tout dit, il a tout dit.
54:08C'est un album mythique, c'est un album incroyable. Franchement, c'est l'album des années 2000.
54:16Rimka, c'était un plaisir de t'avoir avec moi aujourd'hui. Vraiment, on rappelle donc
54:21que le projet Run Evolution est disponible partout. Écoutez-le et puis après, prenez
54:27votre place pour le 12 décembre 2025, si ce n'est pas encore fait à IAS Arena. Et
54:33puis après, vous attendez d'avoir les Princes de la Ville en streaming comme tout le monde.
54:35Et quand vous l'aurez, vous l'écouterez. Merci beaucoup. Merci aussi aux personnes
54:38qui ont préparé cette émission. Alexia Lacour, Redouane Tella, une émission réalisée
54:42par Gaëtan Colli. La programmation musicale est signée Jean-Baptiste Odibert et La Technique.
54:46Ce soir, c'était Laurent Baudoin et Gaspard Guy Bourget. Merci aux équipes web et vidéos.
54:50Lundi, même heure, nous aurons une émission spéciale Trappes. On va parler de Trappes
54:53Musique. Lundi avec Raphaël Dacrouz et Nicolas Pellion. Pour découvrir et redécouvrir
54:56nos émissions, abonnez-vous sur l'application Radio France. Merci.
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