00:00 Oh là là, je sais pas, il me vient pas, il me vient pas, il me vient pas à l'esprit là.
00:04 La première grosse claque hip-hop, je crois que ça a été "The Message" de Grandmaster Flash.
00:20 Ça grouvait bien, il y avait une belle histoire, j'arrivais à comprendre quelques mots.
00:29 C'était une description de leur quartier avec leurs espoirs et les malheurs qu'il y avait dans le New York dans ces années-là.
00:36 Je faisais pas de musique, mais c'était la première fois que j'entendais des gens parler sur de la musique.
00:41 C'était radicalement différent de tout ce que j'avais pu écouter auparavant dans la variété française, ou américaine, ou anglaise.
00:49 Je me suis rendu compte que chaque fois que quelqu'un me parlait, que ce soit du reggae avec Musica Liouf,
00:58 ou bien que ce soit Kid Krayol & The Coconut.
01:01 Zut, c'est une autre façon de parler, j'ai toujours aimé ça.
01:07 Quelques années plus tard, on s'est rendu compte que c'était très proche du hip-hop et du rap.
01:12 Oh là là, mais je sais pas, moi j'ai toujours été fasciné par une phrase d'un rappeur qui s'appelle Lafouine.
01:18 "On a des lingots d'or, ils ont du poisson pané".
01:24 Je sais pas pourquoi, quand j'ai entendu ça, j'ai éclaté de rire et je trouve ça super lumineux.
01:29 Elle fait partie des très bonnes.
01:31 Alors, je ne sais pas qui a fait ce sample, mais c'est certainement un morceau de MC Shaidi.
01:37 Le sample faisait...
01:39 Ça crée un univers immédiatement.
01:50 On travaille moins avec des samples aujourd'hui, mais tout sample est cool. Pourquoi ?
01:54 Parce qu'il tourne en boucle.
01:56 Et il te force à faire une autre musique avec tes mots à l'intérieur d'une boucle.
02:01 C'est comme un rail de train.
02:03 Et puis toi, tu dois faire des cadences, des accélérations, des choses.
02:07 Le sample, c'est génial.
02:08 Pour Simon D, pour "Bouge de là",
02:13 moi j'avais rappé la première fois le "Bouge de là" avec un DJ qui avait mis un breakbeat américain,
02:18 qui s'appelait Dynastie à l'époque.
02:20 Et puis, quand je suis allé au studio, je l'ai enregistré sur autre chose.
02:23 Et puis, Jimmy J a dit qu'il fallait faire une musique.
02:26 Donc, il est arrivé avec un sample.
02:28 Il était parfait.
02:29 On rappait et on s'adaptait.
02:31 Donc, souvent, le texte pouvait aller là, là et là.
02:34 Et la puissance de Jimmy J, c'est d'avoir trouvé un sample qui m'a fait rapper différemment,
02:40 être un peu plus "talk over".
02:42 Maintenant, on ne s'adapte plus.
02:44 Avant, il y avait un seul sport et il fallait trouver différentes figures, double axel, axel.
02:49 Là, maintenant, chaque style est bien différencié.
02:52 C'est ça la différence.
02:53 Avant, on était un peu comme les gars qui faisaient des albums entiers de ragas
02:56 avec un seul stalag, un seul beat.
02:58 Et puis, il y a DMC qui arrive.
03:00 Et là, c'est la force du succès.
03:03 C'est qu'il y a plein de styles de rap différents et que chacun peut choisir sa discipline,
03:07 soit en hauteur, athlétisme, curling, que ce soit l'hiver ou l'été.
03:11 Le rap est moins politique.
03:14 Nous, quand on a commencé, il y avait l'apartheid.
03:16 Il y avait la dureté des années 80 aux États-Unis.
03:20 Il y avait dans le monde entier une sorte de libéralisme, de combat
03:24 qui faisait qu'il y avait les débuts de la pauvreté, les tucs, du chômage aux États-Unis.
03:29 Donc, ça se reflétait dans les paroles des rappeurs américains et français.
03:32 C'était aussi la suite des droits civiques américains.
03:34 Les gens reprenaient la parole pour dire que ça ne va pas dans le Bronx.
03:38 Les gens se tirent dessus et puis plein de choses.
03:40 Et aujourd'hui, pour un rappeur, il ne peut pas refaire le message qu'a fait IAM,
03:44 qu'a fait Assassin, qu'a fait X et qu'a fait Y.
03:46 Ce serait une répétition.
03:48 Je ne vois pas quelqu'un refaire les tam-tams de l'Afrique.
03:51 La musique devient plus récréative et ce n'est pas un mal.
04:00 Parce que quand on écoutait Public Enemy, On The MC
04:04 ou bien les groupes de Los Angeles, Ice Cube et tout ça,
04:07 on aimait aussi danser.
04:10 Donc, c'est très bien. C'est juste une évolution.
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