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  • il y a 3 mois
“Les gens qui m’appellent Liam ne me connaissent pas”. C’est le titre du livre-témoignage de la Niçoise Léa Dicranian, alias Liam di Benedetto sur les réseaux sociaux, où plus d’1 million de personnes scrutent sa vie.
Révélée par l’émission de télé-réalité Les Marseillais, celle qui a grandi entre Cogolin (où sa mère tenait un PMU) et Saint-Tropez, dans les pas de son père patron de plage privée, y raconte sans fard des épreuves “de la vraie vie” auxquelles elle a été confrontée. De l’incarcération de son mari, Christophe Dicranian, condamné en 2022 à douze ans de prison et 50.000 euros d'amende pour association de malfaiteurs, blanchiment et trafic de stupéfiants, au deuil de son fils, frappé par la mort subite du nourrisson en août 2024, le récit, écrit par l’autrice et réalisatrice Julie Madar, est poignant.
En creux, il livre aussi une analyse claire-obscure des réseaux sociaux et de cette ère où tout se partage en temps réel. Rencontre. 

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Transcription
00:00C'est vrai qu'au début, moi, même à l'enterrement,
00:02le premier jour, je ne voulais même plus partir.
00:03Je me suis dit, je vais dormir là.
00:04Je ne voulais plus m'en aller.
00:05Je me disais, je vais le laisser.
00:06J'abandonne mon enfant, quoi.
00:08C'était horrible.
00:11Et ce qui m'a permis de tenir,
00:14ça, c'est sûr, c'est mes enfants.
00:15Je suis partie de mon enfant déjà assez tragique et pas pire.
00:18T'as le après, le manque, l'espace vide.
00:20Parce que c'était des jumeaux, donc j'avais quand même mon fils Leroy,
00:23mais j'en avais deux, donc c'était double câlin.
00:25Là, j'en avais plus qu'un.
00:26Puis son frère me rappelait mon fils Jude.
00:28Enfin, voilà, c'était tout un truc parce que j'en avais quand même encore un,
00:31mais il me manquait mon fils que je n'avais plus.
00:33Charlie, ça l'a beaucoup impacté.
00:35Elle me posait beaucoup de questions.
00:37Pourquoi ? Il revient quand ?
00:39Ça a duré un moment.
00:40Donc ça, ça me rajoutait encore plus une peine parce que je disais qu'il revenait pas.
00:44Enfin, ça a été compliqué, mais j'avais mes enfants,
00:46Joy qui est dans son petit monde,
00:48donc elle souriait.
00:50Et puis mon fils aussi Leroy qui avait besoin de sa maman.
00:52Je ne pouvais pas pleurer tout le temps,
00:53même si des fois, j'avais des larmes qui coulaient sans raison.
00:56Mais voilà, il fallait quand même que je garde la tête haute
00:58et je n'étais pas tout le temps en train de pleurer devant mes enfants surtout.
01:00Il y avait mon mari aussi qui lui aussi était hyper triste en prison.
01:04Enfin, il faut imaginer aussi.
01:05Alors certes, il est parti en prison pour certaines choses.
01:08C'est un fait, mais il a quand même perdu son fils,
01:10emprisonné dans 8 mètres carrés, sans famille, sans amis.
01:14Moi, j'étais quand même entourée.
01:15J'ai eu des amis, pas beaucoup.
01:17J'en ai perdu beaucoup, mais j'en ai des bons.
01:19Non, je sais que c'est des bons amis.
01:21Mon mari, tout le monde m'a fait tenir.
01:22Ma famille, mes gens proches, en fait.
01:24Ma vie, à moi, le noyau, le cœur de ma vie, quoi.
01:27Mon fils, il décède.
01:30On me vole déjà l'information.
01:32Je ne l'avais même pas annoncé.
01:33De toute façon, c'est tellement un choc
01:35que ce n'était pas du tout dans mes pensées de dire
01:38alors j'ai perdu mon fils, quoi.
01:39Parce que j'étais devant l'enval,
01:42qu'ils ont pris mon fils, des autopsies,
01:43en train de pleurer, en train d'appeler les pompes funèbres
01:45pour essayer de trouver un emplacement à mon fils.
01:47Donc, je n'étais pas du tout en train de me dire
01:48comment je vais l'annoncer sur les réseaux sociaux.
01:50Je le voyais, j'avais mon téléphone,
01:51ça sonnait, ça ne faisait que sonner.
01:53Ça a empiré ma tristesse.
01:54J'étais déjà au plus mal.
01:55Alors avec ça, c'était le pompon, quoi.
01:57C'était intime, là.
01:58C'était quelque chose qu'il fallait qu'on vive entre nous.
02:00Il faut être très fort parce que perdre un enfant,
02:02c'est inimaginable.
02:03On sait que ça existe,
02:04mais on ne pense jamais que ça va nous arriver.
02:06Quand ça t'arrive, c'est très brutal.
02:08Il faut être bien entouré
02:09et se dire qu'après ça, ça ira mieux un jour ou l'autre.
02:13Ça va aller mieux un jour.
02:14Il faut être fort.
02:15Le livre, il m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup aidée.
02:17Ça m'a permis de penser à autre chose
02:19que ce que j'étais en train de vivre maintenant.
02:20En fait, je me suis rendu compte
02:21que j'ai aidé pas mal de gens
02:22parce que j'ai des gens dans la rue qui m'arrêtent,
02:23qui me disent
02:24« Mais moi aussi, j'ai perdu un enfant.
02:25Merci pour ton livre. »
02:27Et vu qu'on a retracé tout le fil de ma vie,
02:29on parlait de plein de choses d'avant.
02:30Ça m'a fait vraiment, vraiment beaucoup de bien.
02:32Ça a été comme une genre de thérapie.
02:34Si je ne l'avais pas fait,
02:35ça aurait été beaucoup plus compliqué
02:37à aller mieux, on va dire.
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